‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 56 sur 144 · Louis Blanc, Organisation du travail · texte numérisé non relu

Louis Blanc, Organisation du travail

1845. Même l’année 1846 avait été extrêmement prospère puisque l’augmentation avait été de 82 millions sur la moyenne précédente et de 58 millions sur l’année 1845. Mais une dépression extraordinairese manifesta en 1847. Le chiffre total des importations et des exportations réunies baissa de 106 millions et l’année suivante de 512 millions, soit une diminution lotale de 618 millions du chiffre des affaires extérieures de la France dans ces deux années. On peut aisément se figurer combien de bras devaient forcément rester inoccupés en pareille occurence, d'autant plus que, par suite de l'introduction du moteur à vapeur, un moins grand’ nombre d’ouvriers devenait nécessaire pour exécuter une même besogne (1).

4. Le tableau suivant indique les fluctuations commerciales pendant toute cette période.

Commerce extérieur spécial de la France {en millions de francs). OO QU QT À

Total des :

He ; ; ; Augmentation : 1 - | Exporta- | i années | ns | tons [ongerex.. Moyenne | moyenne portations FRRon 1) DORTANQRE 374 456. 830 1882 4 24 505 507 1.012 1833 72%. 491 260 10 1.001 5à.5 SSL | 504 d10 1.01% SENS 520 d78 1.098 RCI 565 628 1.193 ASS E RN 569 515 4.084 LES, 656 659 1.315 1,272 49,8 JS ASS 651 677 1.328 LS40 4 2. 747 695 1.442 ASE 804 761 1.565 :

184204 S47 644 1.491 1843...... 846 687 1,533 1,590 27.8 RER 868 790 1,658 ‘ 1845... 856 848 1.704 1846..,... 920 852 dite 68 ASIE CICR 956 720 1.676 106 dimin. AS AS RTE ER 474 690 1.164 : 512 KP SSARE 124 938 1,662 498 augm.

SR

L'emploi du moteur à vapeur était assez répandu dans toute la France depuis nombre d'années, mais jamais jusque-là, la transformation de l'outillage n'avait été aussi rapide (1).

Les premières statistiques officielles que nous ayons sur le nombre et la puissance des machines à vapeur ne remonte par au-delà de 1839. À cette date existaient 2.450 machines à vapeur déployant une force de 53.808 chevaux vapeur. Deuxans après, en 1841, nous trouvons 2.810 machines et une force de 37.304 chevaux vapeur, soit une augmentation moyenne pendant chacune de ces 3 années, de 120 machines et de 1.332 chevaux vapeur. La progression s’accroît très sensiblement pendant la période de 1841-1845 ; la moyenne annuelle monte à 260 machines et 2,576 chevaux vapeur par an ; mais la progression s'élève beaucoup plus vite encore dans

1. Villermé disait déjà à ce sujet, en 1838 : « Si l’industrie organisée, comme nous la voyons, est l’un des plus admirables phénomènes de la société, dès qu’il y a crise c'est un des plus affreux ; des multitudes d'ouvriers tombent dans une horrible détresse, qui accable principalement les plus faibles, ceux qui gagnent les moindres salaires. Ainsi, tandis qu’à la rigueur les hommes dans la force de l’âge peuvent encore vivre, soit en continuant la même besogne, soit. comme je l'ai vu, pour des fileurs, en 1837, en se chargeant eux-mêmes du travail des enfants qui leur servent d’aides ; ces aides, beaucoup d’autres enfants,et beaucoup de femmes restent sans ouvrage, c’est-à-dire sans pain.

« Les grands ateliers produisent ces fâcheux résultats, en même temps que les machines tendant chaque jour à remplacer le travail des hommes et des adultes par celui des femmes et des enfants. »

(Rapport sur l’état physique et moral des ouvriers, par Villermé, Rapport à l'académie des sciences morales et politiques, p. 228).

les années qui précèdent immédiatement la Révolution de Février 1848.

De 1845 à 1846 l'augmentation est en effet de 281 machines et de 4.280 chevaux, de 1846 à 1847 de

458 machines et de 7.163 chevaux.

= Les troubles occasionnés par la Révolution entravèrent cette marche ascendante sans l'arrêter immédiatement. De 1847 à 1848 il y eut un accroissement de 359 machines et de 3.159 chevaux vapeur. L'année suivante non‘seulement le progrès était arrêté, mais le retour en arrière se manifeslait violemment. De 1848 à 1849 il y avait une diminution de 263 machines et de 3.159 chevaux-vapeur. C'était la conséquence des troubles de la Révolution. La France était déjà peu en avance pour la transformation de son outillage, il devait lui falloir plusieurs années d'efforts pour réparer cette nouvelle perte de temps.

Nous pouvons encore nous rendre compte d’une autre façon du progrès de la vapeur, c’est en consultant les statistiques qui nous indiquent la consommation des combustibles minéraux. (1). Nous suivrons mieux: encore le développement du machinisme, car la consommation domestique ne variant pas d’une année à l’autre dans des proportions très sensibles, les fluctuations sont donc généralement provoquées par les nécessités de l’industrie.

La consommation des combustibles n’était en 1820 que de 1.348.122 tonnes ; elle était en 1830 de 2.493.944 tonnes, ce qui représente une augmenta-

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