Au début (commencement de mars) les brigadiers étaient
nommés par l'administration, ce fût, devant l’insistance de M. Thomas, que cette mesure fût rapportée.
Enfin un chef d'arrondissement avait sous ses ordres tous les chefs de service de son arrondissement. Les communes de la banlieue étaient rattachées, pour le recrutement, à l’un des arrondissements de Paris.
Les salaires étaient réglés de facon différente, suivant que l’homme travaillait ou ne travaillait pas ; car les ateliers étaient beaucoup trop étroits pour contenir les ouvriers, et tous ne pouvaient être occupés le même jour.
Voici comment les salaires étaient fixés :
Jours d'activité.
Bésadiens. eur 3 fr. » par jour.
Chef d’escouade . . 2 fr. 50 »
Travailleur. . … . . DET »
Jours d'inactivité.
BiSadier ae et #8 TN ‘Chef d’escouade . . 1 fr. 50 (1 fr. à partir du 16 mai) Travailleur... .… 4:16 »
Le dimanche, tout lé travail était suspendu et personne ne recevait de salaire (1\.
Le travail durait de 6 h. 1/2 du matin à 6 heures du soir, avec deux heures de repos pour les repas. Chaque jour, deux appels au moins devaient être faits pour vérifier les présences.
Les outilsétaient fournis par l'administration, mais les ouvriers étaient responsables de leur conservation.
Cette organisation fonctionna d’une façon déplorable et donna les plus fâcheux résultats.
1. Cette mesure avait été prise par raison d'économie. Marcel Lecoq 15
Au moment de l’entrée en fonction de M. Thomas, on estimait, nous l’avons vu, à environ 17.000 (en dehors de quatre à cinq mille déjà employés) le nombre des ouvriers inoccupés. Encore pensait-on pouvoir retrancher de ce chiffre un cinquième représentant les doubles emplois. — « Personne ne fut d'avis que ce chiffre dût beaucoup s’accroître, faisait-on remarquer, et on taxa d’exagération un des maires, celui du huitième, qui pensait devoir fournir à lui seul sept à huit mille ouvriers. Qui aurait cru à cette époque que ce chiffre, bien loin d’être excessif, n’atteignait que le tiers de la réalité! Le huitième arrondissement envoya pour sa part aux ateliers nationaux plus de vingt-deux mille hommes » (1).
Les doubles emplois étaient largement facilités par un manque de surveillance, résultant et de la surabondance des demandes, qui empêchait toute vérification sérieuse sur les droits à l'inscription, et de la négligence des commissaires de police à s’assurer de l’exactitude du domicile et de l’état de l’ouvrier. En fait, ces fonclionnaires n’avaient que le temps matériel de donner leur visa,sans avoir la possibilité de faire aucune enquête.
Ce manque de contrôle encouragea l'immigration des ouvriers de province. Il en arrivait même de l'étranger. Le préfet de police Caussidière publia, le 19 mars, un avis annonçant qu’en persistant à vouloir Venir à Paris, les ouvriers étrangers à la ville s’exposaient à se voir expulsés par une mesure exceptionnelle que les circonstances motivaient. Les