Lettre de Ch.le-Bel. Archives nationales JJ 61. p
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qu'il avait vue directement sur la Ville-Basse. Le lieu était donc des mieux choisis au point de vue hygiénique; l'hôpital était hors de la ville dans un lieu aéré et sur les bords de la rivière ce qui permettait d'expulser au loin les résidus de toute nature.
Il possédait une petite chapelle consaîrée à Notre- Dame et qui existe encore aujourd'hui sous le nom de Notre-Dame de la Santé. Cette modeste chapelle qui nous rappelle de si lointains souvenirs, est le . seul reste de cet hôpital dont Carcassonne fut fière pendant trois siècles. Les bâtimeuts ont été démolis et sur leur emplacement, s'élève aujourd’hui la Maternité. Ste
Les débuts de l'hôpital Notre-Dame du bout du pont furent desplus modestes, mais sa prospérité augmenta rapidement, car tout Carcassonne s’intéressa à lui et les dons affluèrent. La petite église elle-même, richement ornée, concurrença les paroisses voisines et le jour de la fête qui correspondait avec celle de lAnnonciation, si nous en croyons un document de mars 1435 rapporté par Mahul, les fidèles étaient si nombreux que la chapelle était trop petite pour les recevoir tous. On fut obligé ce jour-là de célébrer la messe dans une des paroisses de la Ville-Basse ; mais Ja veille avant les complies et le jour même de la fête avant la grand'messe, les deux paroisses réunies se rendaient en procession au petit oratoire.
Notre-Dame du bout du pont était un Hôtel-Dieu, c'est-à-dire qu'il était créé spécialement pour les malades. Les infirmes, les blessés, les vieillards, les
enfants trouvés, les femmes enceintes y étaient aussi acceplés, quant aux voyageurs et aux pèlerins, on ne les recevait qu’accessoirement et d’ailleurs l'hôpital Saint-Jacques qui leur était destiné était à quelques-pas. :
: Quels soins y recevaient les malades? Aucun document ne nous a permis de répondre à cette question intéressante ; toul ce que nous savons, c’est que la maison les soignait el les nourrissait jusqu’à leur guérison ou leur décès et tout en soignant les infirmités de leur corps, elle se préoccupait de guérir les maladies de leur âme. Elle pratiquait les sept œuvres de la miséricorde telles que les concevait le moyen âge : Esurientes pascere; potare silientes ; hospitio extipere advenas ; vestire nudos ; œægros curare ; liberare captivos ; sapelire mortuos.
Pour remplir cette mission l’hôpital ne disposait au début que d’une petite maison achetée à un particulier et affectée aussitôt à la réception des malades. Ce n’est que dans la suite, à mesure que les dons affluèrent que de nouveaux bâtiments purent être contruits. |
L'hôpital fonctionnait depuis peu de temps, lorsqu'en 1347 une terrible épidémie de peste fit son apparition dans la contrée. L'Hôtel-Dieu reçut-il des pestiférés ? C’est peu probable, car à cette époque on éloignait des Maisons-Dieu les malheureux atteints d’affections contagieuses et le pestiféré que tout le monde fuyait devait en être chassé plus que tout autre. La terrible maladie ayant désolé le Languedoc
plusieurs fois en très peu de temps, un riche Carcassonnais, Jean Saix, par testament déposé chez M. Arnaud Taranelli, légua à l’hôpital en 1529 la somme de /.000 livres pour être employée à la construction de bâtiments d'isolement pour les pestiférés. A partir de ce moment l'hôpital Notre-Dame du bout du pont put donc recueillir ces malheureux, mais il est peu probable comme nous le verrons en étudiant la peste que, vu l'intensité des épidémies, ce pavillon d’isolement ait été d’un grand secours.
En 1686 Notre-Dame du bout du pont fut réuni à l'Hôpital-Général ; les lettres patentes du roi confirmatives de cette réunion sont de 1688 et elles furent enregistrées l’année suivante par le parlement de Toulouse. Enfin quelques années plus tard, les consuls de Carcassonne trouvèrent l’hôpital trop petit et décident de construire un autre établissement. L’H6tel-Dieu actuel fut commencé (1723) et peu aprés, les malades de Notre-Dame du bout du pont y furent transportés.