CONCLUSIONS
Nous avons cru faire œuvre utile, en retraçant depuis les origines (1629), jusqu'aux premières années du xvure siècle (1723), l’histoire souvent confuse de l’Assistance publique à Carcassonne, histoire qui malgré son importance, n'avait pas encore été écrite jusqu’à ce jour.
Nous avons donc étudié séparément les anciens hôpitaux de la ville. Nous les avons vu naître, grandir, puis disparaître une fois leur tâche remplie.
Nous avons vu d’abord les trois premiers établissements dont les origines malgré toutes nos recherches n’ont pu être établies, et qui existaient bien avant la fondation de la Ville-Basse (1243) : l'hôpital Saint-Eloi, le seul qu'a possédé dans ses murs, l'antique cité; l'hôpital des Pauvres, refuge de tous les mendiants pendant quatre siècles ; la maladrerie de la Madeleine qui abritait les lépreux, ces parias du moyen âge.
Nous avons ensuite décrit dans la nouvelle ville, l’asile des pèlerins et des voyageurs, l'hôpital Saint- Jacques dont nous avons établi l'existence en 1316, . alors que plusieurs historiens le croient fondé en
Ga) 1348. À propos de cette dernière maison, nous avons fait connaître un point intéressant : l'adjonction en 1651 de loges destinées à recevoir des aliénés.
L'ancienne Maison-Dieu, l’hôpital Notre-Dame du bout du pont, qui fut un des premiers en France à. posséder un pavillon d'isolement pour les pestiférés, a fait ensuite l’objet de notre étude, et nous l’avons complétée en faisant un récit des grandes épidémies de peste et des moyens employés pour combattre le fléau.
Enfin dans les derniers chapitres, nous avons passé en revue tous les hôpitaux secondaires et autres maisons charitables de cette époque: Saint-Nicolas, Sainte-Croix, l'hôpital de la conception de la Vierge, la Maison des Filles repenties, les commanderies de Sainte-Eulalie et de Saint-Antoine, l'œuvre de la Miséricorde et nous avons terminé cet ouvrage par l’histoire des premières années de l'Hôpital-Général, auquel furent réunies toutes les maisons qui existaient encore à la fin du xvue siècle. |
Quelques faits importants se dégagent de cette étude :
1° La multiplicité des établissements dans une petite ville de province.
2e Le rôle particulier attribué à chaque maison dans le soulagement de l'infortune : l'hôpital des Pauvres, et plus tard l'Hôpital-Général, uniquement réservés aux mendiants, aux vagabonds, aux orphe
lins, etc. ; la maladrerie aux lépreux ; l'hôpital Saint- . Jacques aux pèlerins, aux voyageurs et aux aliénés ; l’hôpital Notre-Dame du bout du pont aux malades.
3 L'importance accordée à l'isolement : isolement des lépreux et des pestiférés qui nous montre que les moyens employés étaient aussi sévères que ceux de notre époque.
4° Lés efforts faits de tout temps pour supprimer le vagabondage et la mendicité, et qui n'ont pas encore abouti: création d’un hôpital des Pauvres et plus tard d’un Hôpital-Général.
5° Le rôle presque exclusif, de l'initiative privée, pendant plusieurs siècles, dans les fondations charitables. Sauf l'hôpital Saint-Jacques créé par les consuls et l'Hôpital-Général dû à l'intervention de l’autorité royale, tous les autres établissements que nous avons étudiés, ont été fondés par le clergé, par des confréries, ou par des particuliers, et ont vécu uni- quement de dons et d’aumônes.
Ainsi dans l’histoire de la Charité avant la Révolution, Carcassonne s’est signalée parmi les villes de province par le nombre, la diversité, et l’organisation de ses hôpitaux.
Nous devions donc entreprendre cette étude, pour faire revivre ce passé dont il ne subsiste que quelques vestiges, et pour rendre hommage aux senti-
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ments charitables de la population carcassonnaise qui a toujours prodigué au moyen âge comme aujourd’hui, son dévouement et ses sacrifices pour venir en aide aux malheureux.
Vue Président de la these, -
VAQUEZ Yu: Le Doyen RE
ROGER Vu et permis d'imprimer Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris