Archives nationales, JJ 53, n
Ch. Boyer 3
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Nous avons tenu à reproduire celte charte, car elle prouve d’une façon irréfutable que l'hôpital Saint- Jacques existait dès 1316 et qu’il n’a pas été construit comme l’affirment plusieurs historiens (1) en 1348 par Isabelle de Levis.
Get établissement fut comblé de toutes sortes de faveurs par le roi Philippe VI. Celui-ci en 1335 remit aux confrères de Saint-Jacques un cens annuel de deux sous et un denier qu’ils lui devaient (2).
Deux ans plus tard, il leur permit d'acquérir jusqu’à dix livres tournois de rente dans les fiefs et arrière-fiefs tenus par lui, pour contribuer à la dotation d’une chapellenie qu’ils venaient de fonder (3).
Cet hôpital resta longtemps un des plus considérables de la ville.—La popularité dont jouissait le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, que la piété des fidèles assimilait à ceux de Rome et de Jérusalem explique cette importance. C'était une sorte d’hôtellerie gratuite où les pèlerins sans ressources réparaient leurs forces pendant quelques jours avant de reprendre leur pieux voyage.
Comme tous les hôpitaux destinés aux voyageurs, il était bâti dans la banlieue de la ville, hors des remparts. C'était une situation tout à fait favorable, car à ces époques malheureuses, les villes fermaient de bonne heure leurs portes, laissant le voyageur
1. Cros-Mayrevieille, opuscule cité ; Mahul, Cartulaire, t. VI, p. 509 ; Vaissette, Hist. Lang, t. IV, p. 267.