‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 100 sur 229 · RENSEIGNEMENTS SUR LES DIFKKRENTES PROVISIONS · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS SUR LES DIFKKRENTES PROVISIONS

Le pain et la viande sont fournis journellement par la maison de Scipion sur les demandes faites par la sœur supérieure, et voitures par la voilure des Enfants-Trouvés, du fauxhourg. Les œufs, heurre salé, fèves, lentilles, morue, harengs, saumon, riz et pruneaux sont fournis et voitures par le magasin général de la Pitié, sur des hillets d'ordre signés d'un de MM. les administrateurs.

La provision du vin se fait tous les ans par l'Hôpital Général, pour la maison du S' Esprit, comme pour les autres maisons.

Le bois à brûler est fourni et voiture par le chantier de l'Hôpilal Général.

La provision du charbon est aussi fournie et voiturée par rHopiliil Général, lors de l'arrivée de cette marchandise au port.

La chandelle est fournie et voiturée par Scipion.

Le tout sur des billets d'ordre signés de MM. les administrateurs.

Les autres objets de nourriture, comme beurre frais, [)oisson, racines, légumes verts selon la saison, et autres dillerents besoins, sont achetés journellement par la sauir supérieure sur une somn^e de i5o^ par semaine, qui lui est payée j)ar l'économe sur un ordre signé d'un de MM. les administrateurs, et dont elle rend compte sur un registre particulier cpi'elle tient à cet elïet; le([uel est arrêté tous les mois par MM. les admiin'straleurs-conmiissaires du bureau de la compfabililt'-.

358 L'ASSISTANCK PUBLIQUE A FAIUS.

Quels sont les revenus particuliers de l'hôpital du 6' Esprit?

L'hôpilal du S' Esprit et l'administralion de ses biens ayant été réunis à ceux de l'Hôpital Général, par déclaration du Roi, du 28 mars 1680, registrée en Parlement le 1 9 avril suivant, ses revenus se trouvent confondus avec ceux des autres maisons de l'Hôpital Général, en sorte qu'il n'y a point actuellement de revenu particulier attribué à la maison du S' Esprit, qui est considérée comme la quatrième maison de l'Hôpital Général.

Le fonds et les revenus de ses biens, aux termes de la déclaration ci-dessus, sont devenus, comme ceux de rHôj)ital Général, à la disposition de MM. les administrateurs , de sorte que le tout ne forme qu'une seule et même manse. Au moyen de quoi, suivant les circonstances et les temps de détresse dans lesquels l'Hôpital Général s'est trouvé, l'administration a en effet disposé de ces biens en mettant en vente une partie de ses maisons iocatives, dans le nombre desquelles il y en avoit qui appartenoient au S' Esprit ; comme aussi, dans des temps plus heureux, l'administration a fait des acquisitions au profit de l'Hôpital Général, et par conséquent aussi au profit du S' Esprit qui en fait partie.

Ainsi, il est aisé d'appercevoir par ces observations qu'il n'est plus possible de fixer les revenus particuliers de l'hôpital du S' Esprit.

Comment s'en fait la recette ? Comment se fait la dépense ? El à qui les comptes sont-ils rendus?

Les revenus de l'hôpital du S' Esprit se trouvant confondus, ou plutôt étant les mêmes que ceux de l'Hôpital Général, les recettes et les dépenses concernant le S' Esprit se trouvent tout naturellement faites avec celles de l'Hôpital Général, par les différents receveurs.

COMPTES DE L'ÉCONOMAT DU s' ESPRIT.

L'économe du S' Esprit, aux fonctions duquel sont réunies celles de chef du bureau de la comptabilité de l'Hôpital Général, est chargé entr'autres choses, comme économe, savoir :

Recette.

1 ". De la perception des loyers de maisons , terres , fermages , et autres loyers appartenants tant à l'Hôpital Général qu'à celui du S' Esprit,

lesquelles recelles ne sont nullement distinguées les unes des autres dans ses comptes ;

9°. De toutes les rentes sur particuliers, appartenant de même, tant à l'Hôpital Général qu'à celui du S' Esprit;

3°. Du produit des messes de la sacristie;

h". De plusieurs autres différents objets.

Dépense.

Les objets de dépense payés par l'économe du S' Esprit sont relatifs à la maison du S' Esprit, seulement, et consistent, savoir :

Dépense de bouche.

Etoffes pour l'habillement des enfants.

Toiles pour tout le linge de la maisor» et de la sacristie.

Souliers pour les enfants.

Fournitures relatives aux lits, à l'ameublement et à l'église.

Messes aquitées tant au S' Esprit qu'au dehors.

Honoraires, apointements, gages et journées d'ouvriers.

Blanchissage.

Réverbères, et autres objets, tant ordinaires qu'extraordinaires.

Le tout sur des ordres signés de MAL les administrateurs.

Lesquels comptes de recette et de dépense, après avoir été vérifiés et arrêtés tous les mois par MM. les commissaires du bureau de la comptabilité, sont portés, chaque quartier, avec le reliquat des dits comptes, à M. le receveur général et charitable de l'Hôpital Général.

COMPTES DES MINEDRS DU s' ESPRIT.

L'économe est chargé en outre de la comptabilité particulière des élèves du S' Esprit depuis leur admission en ladite maison jusqu'à leur majorité.

Pour cette comptabilité, l'économe est obligé de tenir un journal général de recette et de dépense, qui est arrêté tous les mois par MiM. les commissaires de la comptabilité de l'Hôpital Général , après en avoir vérifié et paraphé tous les articles sur un compte ouvert particulier établi pour chaque mineur, dont l'avoir consiste d'abord dans les '2ho^ qu il apporte en entrant dans ladite maison, et ensuite dans ce qui peut

lui éclioir ou avenir par succession , donation, fondation ou autrement ; objets dont l'administration s'occupe aussitôt après l'admission de l'enfant au S' Esprit, au moyen de ce qu'elle devient tout naturellement tutrice des enfants admis dans cette maison.

L'économe place au Mont-de-Piété ces différentes sommes, particulièrement pour chaque mineur, au fur et à mesure qu'il les reçoit, et non toutes ensemble; en sorte que l'intérêt de ces sommes accroît chaque année l'avoir de chacun.

Ce qui augmente encore chaque année l'avoir de chacun de ces enfants, ce sont les tirages de loteries, faits par eux, tant de l'Hôtel de ville, que de la liOterie royale de France, des Enfants-Trouvés, de piété et de la Compagnie des Indes : pour chacun desquels tirages il leur est alloué une rétribution qui est perçue par l'économe, qui en tient un registre particulier, arrêté aussi par MM. les commissaires de la comptabilité, et dont le partage se fait chaque année par égale portion entre les soixante garçons existant en ladite maison, de laquelle portion il est fait recette sur leur compte particulier, et est ajoutée ensuite à la somme placée au Mont-de-Piété pour chacun d'eux.

Plus, feu M. l'abbé Trois, ministre du S' Esprit, a créé et constitué une rente perpétuelle de 58 1^ 7' qui doit être touchée par l'économe du S' Esprit, pour être distribuée par égale portion, le premier jour de chaque année, entre les filles de ladite maison qui auront été mises en apprentissage pendant le courant de l'année précédente.

Nota. Les sommes placées au Mont-de-Piété, pour le compte des mineurs du S' Esprit, montent actuellement en totalité à 9/1,670^.

Lorsque ces enfants ont fait leur première communion , et ont atteint l'âge de i5 ou 16 ans, on s'occupe de les placer en métier, et l'économe est chargé de faire passer leur brevet d'apprentissage, après un mois d'essai, suivant les conditions convenues entre les maîtres et l'économe, pour les garçons, et les maîtresses et la supérieure, pour les fdles : et le prix de leur apprentissage est payé en deux parties par l'économe sur l'avoir particulier de chacun de ces mineurs.

Il est accordé à toutes les filles qui sont mises en apprentissage , lorsqu'elles n'ont que les 9/10*^ qu'elles ont apportées, une somme de 5o*+ pour être employée en un trousseau, outre les deux jupons qu'elles ont sur elles, une paire de souliers à talons, un mouchoir de col. et une chemise neuve qui sont fournis par la maison.

A l'égard des garçons mis en apprentissage, la maison leur fournit 5 aunes de drap Liane de S' Lô, à 7^ lo' l'aune; une chemise neuve, 3 cols neufs et une paire de souliers neufs, outre celle qu'ils ont aux pieds , et le surplus de l'habillement est pris sur leur avoir.

Plus, il est encore accordé, par délibération du 16 avril 17 33, une somme de 3o^ à chacun des enfants du S' Esprit qui sortent de ladite maison pour s'établir ou pour apprendre un métier, lorsqu'ils n'ont que les 9 /lo^ qu'ils ont apportées; laquelle gratification provient d'une somme de dix mille livres, remise à l'économe du S' Esprit par une personne inconnue, le 7 desdits mois et ans.

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