‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 101 sur 229 · COMPTE DES MINEURS ET INSENSES DE L'HOPITAL CÉNÉUAL · texte numérisé non relu

COMPTE DES MINEURS ET INSENSES DE L'HOPITAL CÉNÉUAL

L'économe est encore chargé, comme chef de bureau de comptabihté, d'une comptabilité particulière, concernant les revenus que peuvent avoir les mineurs et insensés des autres maisons de l'Hôpital général ; laquelle comptabilité est absolument montée et établie comme celle des mineurs du S' Esprit.

Nota. Les sommes placées au Mont-de-Piété, pour le compte des dits mineurs et insensés, montent actuellement en totalité à20,i Ao^.

Quelle est, année commune, la recette, et quelle est In dépense de l'hôpital du S' Esprit?

Les recettes et les dépenses du S' Esprit étant communes avec celles des autres maisons de l'Hôpital Général, ainsi qu'il a été ci-devant observé, il est impossible de fixer la recette et la dépense de chacune des dites maisons en particulier.

Quels sont les objets de celte dépense, et à quelle somme, année commune, peut monter chacun de ces objets ?

Les objets de dépense sont, d'une part, comme il a été ci-devant observé, les grosses consommations qui sont fournies comme dans les autres maisons, tant par Scipion, pour ce qui concerne le pain, le vin et la viande, que par le magazin général, pour ce qui concerne les œufs, heures, légumes, salines, riz, pruneaux, bois à brûler, charbon, etc.

Plus, rcnticlien des bàtimenls.

Les(piels objets étant communs à toutes les maisons de l'Hôpital

Général , sonl payés par la caisse générale sur des ordonnances expédiées aux fournisseurs, et pour chacun desquels objets on ne peut fixer la somme à laquelle ils peuvent monter, année commune, pour la maison du S' Esprit particulièrement, parce que dans cette maison qui n'est pas considérable, il ne se tient pas de rôles pour les vivres comme dans les autres maisons ; tellement que , par exemple pour le pain et la viande, il n'y a que Scipion qui pourroit dire le prix et la quantité fournie pendant le courant de chaque année.

D'une autre part, ce sont les objets payés par l'économe du S' Esprit, sur des ordres particuliers signés de MM. les administrateurs; lesquels objets sont désignés ci-après, et montent, année commune prise sur y années, savoir :

La menue dépense de bouche à 5,78/1*^

L'habillement y compris les souliers 6,189^ /i' 6*^

Les toiles 3,2 06*^ 17' 8''

L'ameublement y compris les lits ^S'2^ 1' 7'

Les dépenses relatives à l'église i,63o^ 3' 7'

Les messes aquitées 1 2,3/iy^ 7* 3

Les journées d'ouvriers a,6/ii5^ 1 o' 8''

Le blanchissage, fixé par abonnement à 3,goo^

Le blanchissage des bonnets ronds des fdles. ... 3 12^

L'entretien et allumage des réverbères, id,. à. . . . 1,731^ 8' 8' Les honoraires des ecclésiastiques, prédicateurs.

médecin et chirurgien, fixés à 2,786^

Les apointements des sœurs, maîtres, sous-maîtres

et officiers externes 5,35/i^

Les gages des gens de service et domestiques, à. . 1.372^ Les apointements du bureau de la comptabilité, y

compris les gratifications annuelles et les gages du

garçon de bureau 7, A 00^

Les autres objets sont absolument de détail et consistent en partie en plusieurs petites rentes et pensions, quelques gratifications, indemnités, menues dépenses de bureau, ports de lettres, ouvrages de tonélerie, chaudronnerie, poêlerie, merceries, menues épiceries, cire et encens, drogues et simples, eau-de-vie, vinaigre, faïence, livres pour les enfants, etc. etc.

A quel prix doit-on établir, par journée commune, la dépense de chaque enfant ?

Il faiidroit pour y parvenir, entrer dans un détail immense qui devient pour ainsi dire impossible, attendu que les affaires courantes et le service journalier y mettent un empêchement absolu. D'ailleurs, il est une infinité d'opérations qui ne peuvent être faites que par ceux qui ont connoissance de certains objets qui ne concernent nullement l'économe du S' Esprit, tels que le pain, la viande et généralement tous les comestibles ; de chacun desquels il seroit absolument nécessaire de savoir la quantité fournie et le prix commun , pendant un certain nombre d'années.

Si la maison du S* Esprit étoit seule et gouvernée à part, comme avant sa réunion à l'Hôpital Général, ou que même ses revenus et ses dépenses ne fussent pas confondus avec ceux dudit Hôpital Général, on pourroit parvenir à établir, par journée commune, la dépense de chaque enfant; mais dans l'état actuel des choses, ce travail emploieroit un temps considérable sans espoir d'arriver à un résultat certain.

Fait à Paris, ce lo mai i 790.

(Signé) : Berthellier,

chef du bureau de la comptabilité de l'Hôpital Général et chargé des fonctions d'économe receveur de l'hôpital du Saint-Esprit y uni.

Minute, Archives nationales, F^*i86i.

LETTRE DE M. DE JUSSIEU, LIEUTENANT DE MAIRE AU DEPARTEMENT DES HÔPITAUX, À M. BERTHELLIER , DEMANDANT QUELQUES ÉCLAIRCISSEMENTS COMPLÉMENTAIRES TOUCHANT L'HOPITAL DU SAINT-ESPRIT, À PLACER SOUS LES YEUX DE LA MUNICIPALITÉ.

2 1 mai 1790.

M. BcrthcUicr.

En parcourant. Monsieur, les détails que vous avez pris la peine de me communiquer relativement à l'hôpital du S' Esprit, j'ai trouvé qu'il me manquoit encore quehjues éclaircissemens pour completter le tableau

de ceux que je dois mettre sous les yeux de la Commune, Je joins en conséquence ù cette lettre un état de questions par supplément à celles que je vous avois adressées, et auxquelles vous avez bien voulu répondre. Je vous serai très obligé de vouloir bien dilTérer le moins qu'il sera possible votre réponse à celles-ci, le moment où je dois rendre mon compte devenant cbaquc jour plus prochain. Je suis très parfaitement, etc.

Minute, Archives nationales, F'^ 1861.

Uh'l'ONSES AL SUPPLEMENT DE QUESTIONS FAITES l'Ali M. DE JUSSIEU TOU- CHANT L'HOPITAL DU SAINT-ESPRIT, ADRESSEES AL DEPARTEMENT DES HÔPITAUX PAR M. BERTHELLIER.

ta juin 1790.

La déhhération du i"" août IJ26, insérée dans le Code de l'Hopilal Général, page 386 , porte que les garçons pourront être reçus à ï hôpital du S' Esprit depuis trois ans jusques à huit, et les fiUcs depuis trois ans jusqu'à sept. Dans les réponses aux questions, onjixe l'âge de réception pour tous les enfants indistinctement de 3 à 8 ans. Y auroit-il eu, comme cette réponse paraît le supposer, une dérogation à la délibération du 1" août ija6?

Réponse. On ne connoît aucune dérogation à celte délibération du i""^ août 1726.

L'expérience ayant fait connoîlre (|ue généralement il se présente moins de filles que de garçons pour être admises au S' Esprit, vraisemblablement il a paru naturel de porter jusqu'à huit ans l'âge, passé lequel les filles ne seront plus admises en ladite maison, ainsi que cela étoit pratiqué pour les garçons.

On voit par les lettres patentes de i36fi que le nombre des enfants élevés a l hôpital du S' Esprit étoit quelquefois de 3 00. Par celles du à août iââ5, on indique une très grande quantité d'enfants, et par la déclaration du 20 mars 1680, plus de soc de ces mêmes enfants. Quelles causes ont porté à réduire ce nombre, et quand cette réduction a-t-elle été faite ?

Réponse. Il ost à présumer que cette réduction s'est opérée lors de la réunion des biens du S' Esprit à ceux de l'Hôpital Général pour venir plus aisément au secours de ce dernier. On pourroit présumer aussi que cette réduction s'est opérée d'elle-même, si on fait attention qu'il n'y a que 6 ans que l'on se trouve obligé d'inscrire les enfants qui se présentent, pour être admis à leur tour, parce qu'avant cette époque l'administration actuelle et même les personnes les plus anciennes de la maison du S' Esprit n'avoient jamais vu le nombre des 60 fdles complet et presque jamais celui des garçons; ne se présentant pas d'enfants en quantité sulfisante pour remplir les places vacantes.

Dans la réponse à la 5"'" question, il est dit que les enfants restent dans rhôpilal jusqu'à l'âge de i5 à 16 ans, et qu'alors on les met en métier. Quel est, année commune, le nombre des enfants mis en apprentissage ?

Réponse. Le nombre est, année commune, de 10, savoir : G garçons et II fdles.

Quels métiers leur fait-on apprendre de préférence ?

Réponse. Les métiers que l'on fait apprendre le plus ordinairement aux garçons sont : orfèvre , tailleur, cordonnier, menuisier, peintre et doreur, papetier, cbapelier et parfumeur.

Et aux fdles : couturière et ouvrière en dentelés, sans cependant excepter les autres états.

Combien, depuis 10 ans, a-t-il été mis d'enfants en apprentissage? Réponse. 108, savoir, 65 garçons et 43 fdles.

Combien en reste-t-il aujourd'hui ?

Réponse. Il en reste aujourd'hui en apprentissage 3o, savoir : 9 i garçons et 9 fdles.

Que sont devenus les autres, et que deviennent en général les enfants du Saint Esprit, leur apprentissage terminé?

Réponse. On ignore ce que sont devenus la plus grande partie des autres, par la raison que quand leur a[)prentissage est fini, ils deviennent tout à fait libres. Ils restent chez leurs maîtres, ou vont travailler

de leur métier chez d'autres maîtres, soit à Paris, soit en province. Quelques unes des filles rentrent au S' Esprit dans la communauté des sœurs, quand elles en ont la vocation et les qualités requises, cette communauté n'étant composée que de sujets élevés dans ladite maison. Quelques autres se marient avec le consentement de l'administration. Mais en général , au moyen de ce que tous ces élèves jouissent de leur liberté en sortant d'apprentissage , on en perd de vue une très grande partie, et on ne les revoit guères que lorsqu'ils ont besoin de quelques secours, et à leur majorité pour recevoir le reliquat de leur compte.

// paraît, par les lois atées dans la seconde question ci-dessus et rapportées au long dans le Code de rHôpital, quil se faisait beaucoup de mariages de ûUes élevées à l'hôpital du Saint Esprit. S'en mane-t-il encore beaucoup aujourd'hui, et que deviennent celles qui ne se marient pas ?

Réponse. On voit en effet par les lettres patentes du U août i/i/»5 que l'on marioit aux dépens de l'hôpital du S' Esprit les filles élevées dans ledit hôpital, lorsqu'elles étoient en âge de se marier. Mais il paroît qu'il y a très longtemps que l'on n'en marie plus, et on seroit porté à croire que c'est depuis la réunion des biens de ladite maison à ceux de l'Hôpital Général.

Il existe cependant une fondation de M. Jean Baptiste Dubois, secrétaire du Roi, qui, par une des clauses de son testament, du 3o mars 1666, charge l'administration de marier de 10 ans en 10 ans, à perpétuité, une fdle qui auroit demeuré au moins trois ans à l'hôpital du S' Esprit, et à laquelle il seroit donné 3 00^ en dot.

N'. Cette fondation a eu son effet les li novembre 1761,28 décembre 1767 et 1 3 novembre 1780.

On vient de répondre précédemment à ce que deviennent celles qui ne se marient pas.

Quel est le nombre de celles mariées depuis 1 0 ans avec l'agrément de l'administration ?

Réponse. Ce nombre depuis 10 ans est tout au plus de 6 à 8.

On voit par la réponse faite à la dixième question que fojfice canonial se chante tous les jours à l'hôpital du S' Esprit et qu'il y a pour la célébration

de cet office et le gouvernement spirituel de la maison, cinq ecclésiastiques résidents et appointés.

L'hôpital est-il obligé par des fondations particulières a la célébration de cet office et à l'entretien des 5 ecclésiastiques ?

Réponse. D'après la vérification faite de tous les titres et fondations concernant l'hôpital du S' Esprit depuis son établissement, il ne paroît pas que cet hôpital soit obligé à la célébration de l'olTice canonial ni à l'entretien d'un nombre fixé d'ecclésiastiques.

Ces fondations étoient immenses et s'étoient accrues au point qu'une grande partie non seulement ne s'aquitoient plus depuis long temps, mais qu'elles ont encore été réduites ainsi qu'il suit, savoir :

Page 1