RUE DE LA ROQUETTE
LETTRE DE M. DE JUSSIEU, LIEUTENANT DE MAIRE AU DEPARTEMENT DES HÔPITAUX, À M. DE SAINT-FELIX, SUPERIEUR TEMPOREL DES HOSPI- TALIERES DE LA ROQUETTE ET DE LA PLACE ROYALE, DEMANDANT UNE NOTICE SUR L'ADMINISTRATION ET LE REGIME DE CES DEUX MAISONS.
1 h janvier 1790.
M. de S' Félix, contrôleur général de h Chancellerie de France, rue S^ -Honoré, allée n° 38.
En qualité de représentant de la Commune, Monsieur, vous savés que l'on presse le Département des hôpitaux de rendre compte de tout ce qui est relatif à leur administration.* Je désirerois, pour completter le tableau qu'on nous demande, avoir des renseignemens sur les maisons des Hospitalières de la Roquette et de la Place Royale. Comme supérieur temporel de ces deux maisons, vous êtes à portée de me procurer les détails dont j'ai besoin , et je compte sur votre obligeance pour me mettre en état de répondre sur ce point au vœu de la Commune. Je vous prie de vouloir bien comprendre dans la notice que j'ai l'honneur de vous demander tout ce qui a rapport à la fondation des maisons hospitalières dont il s'agit, à leur administration et à leur régime, quel a été l'objet de leur établissement, quels sont leurs revenus, leurs dépenses, leurs obligations, enfin tout ce que vous jugerés capable de donner à la ^Municipalité une idée précise de ces deux maisons.
J'ai l'honneur d'être avec un sincère attachement, etc.
P. -S. Comme vous êtes, mon cher collègue, également directeur
HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH. r375
temporel de S'-Gervais, je fais joindre ici la lettre qui est destinée pour les dames de S'-Gervais, et je vous prierai de hâter les communications que vous m'avez promises, vous savés que la Commune nous presse pour recevoir nos comptes et nos éciaircissemens et je désire beaucoup ne pas retarder les miens.
Minute, Archives nationales, F'^aGg.
MÉMOIRE FOURM AU DEPARTEMENT DES HOPITAUX SUR LE Re'gIME ET LA SITUATION DES RELIGIEUSES DE LA CHARITE-DE-SAINT-JOSEPH, DITES HOSPITALIÈRES DELA ROQUETTE, e'taBLIES FAUBOURG SAINT-ANTOINE.
Sans date ( 1790.)
Celte maison consacrée aux soins et soulagement de filles et femmes malades désignées par les fondateurs de lits, ou reçues dans la saHe pour le temps de leur maladie, moiennant 20 sols par jour, étoit originairement la maison de campagne des religieuses Hospitalières établies en 1626 à la Place Roiale, sous le titre de la Charité de Notre-Dame. Cette maison s'étant accrue par le nombre des religieuses et celui des fondations, en 1690, M. l'archevêque de Paris en fit deux maisons par son décret, sur lequel sont intervenues des lettres patentes regislrées en 1691; les biens et les fondations furent partagées entre les deux maisons, telle est l'origine du monastère des rehgieuses Hospitahères de la Rocquette.
La salle des malades contient 28 lits, dont seize seulement sont fondés et ne peuvent être occupés que par les malades désignées par les fondateurs, les sept autres par des personnes qui paient 20 sols pour le temps de leur maladie. Il n'y a pas de manse distincte pour les religieuses et les malades , ainsi qu'il est prescrit par leur constitution, vraisemblablement pour que les religieuses ne mesurent pas les soulagements sur ce qu'elles reçoivent mais sur les besoins des malades.
Cette maison en fonds et rentes sur le Roi possède de revenus 36,908^5' a"*
A reporter 86.908^5' 2''
Report 36,908" 5'
Et les revenus évantuels pour pension des malades dont les lits ne sont pas fondés, et de plusieurs dames qui occupent des appartements dans la maison 8,505^ A'
65,A73tt9'y
La maison est composée de :
Dii-huit religieuses de chœur 18
Six sœurs converses 6
Une novice 1
Trois postulantes 3
Deux chapellains «i
Trois sacristains et jardinier 3
Six fdles de service G
Seize dames en chambre 16
Vingt-trois malades 3 3
78 personnes.
Cette maison est composée de 78 personnes, saines et malades, qui sont nourries dans la maison.
Pour nourrir, chauffer, éclairer et médicamenter les personnes saines et malades ([ui sont à la charge de la maison, il en coûte, année commune 3 1,260"
Pour l'enterrement des religieuses, achat de meubles, de linge, blanchissage, réparation des bâtiments, gages des domestiques et honoraires des médecins et chirurgiens 9, 9 3/1" G'
Pour rente viagère due parla maison i,/ioo"
Pour la sacristie, compris les honoraires des chapellains, sacristain et ceux des prédicateurs 2,682^
/i5,tG6ttG'
Suplément à l'extrait fourny à M. le lieutenant de maire au Département de l'administration des hôpitaux par Mesdames les religieuses Hospitalières de la Charité-de-S'-Joseph , dittes Hospitalières de la Roquette, établies à Paris, faubourg S'-Antoine.
Des 28 lits établis dans la maison pour les malades, 16 seulement sont fondés, auxquels sont affectés :
1°. 3,988 livres 8 sols /i d. de rente sur le Roy, les corps, communautés et particuliers, confondu dans leur manse, cy. 3,988^8' k"^
9°. 62,000 livres donnés par diverses en argent, (jui ont été employés en réparation des bâtiments et construction de la salle, mais dont le produit doit être évalué au denier 20 2,600^
Ce qui revient pour chaque lit à lioS^ iS\ La maison est composée de 78 personnes.
(Même détail que plus haut.)
Le chapitre de dépense, année commune, pour nourrir, chauffer, éclairer et blanchir, même médicamenter, tant en santé qu'en maladie, les 78 personnes dont la maison est chargée, compris les médecin et chirurgien, monte à 3i,55o^
Gages des domcsticjues 1,000^
Ce qui revient à /i ly*^ G' par tète.
Minules {n p.). Archives natiouaics, F'-' i8()i.
ETAT DES BIENS, REVENUS ET CHARGES DES RELIGIEUSES HOSPITALIERES DE LA CHARITÉ DE SAINT-JOSEPH, e'tABLIES RUE DE LA ROQUETTE, PRe'sENTÉ par le SIEUR CHARLES-JEAN MARCHANT-DUPLESSIS , LEUR MANDATAIRE, AVEC INVENTAIRE DU MOBILIER.
2G février 1790.
Aujourd'hui vingt-six février mil sept cent quatre-vingt-dix, est comparu par devant nous Barthélemi-Jean-Louis Le Couleulx de La Noraye, lieutenant de maire au Déparlement du Domaine de la ville de
Paris, M. Charles-Jean Marchant-Duplessis, avocat en Parlement, demeurant rue de la Tixeranderie, paroisse S'-Jean en Grève, au nom et comme fondé des pouvoirs spéciaux à l'effet des présentes des dames prieure, dépositaire et religieuses du monastère de la Charité-de-S'-Joseph, dites Hospitalières de la Roquette, établies à Paris, rue de la Rocquette, fauxbourg S -Antoine, lesdits pouvoirs en date du vingtcinq du courant, sous signature privée, certiffiés véritables, signés et paraphés, demeurés à la minute des présentes, lequel déclare : i°. que la communauté dudit monastère consiste en dix religieuses de chœur, six sœurs converses, une novice, trois postulantes, deux chapelains, un sacristin; 2°. que les revenus dudit monastère consistent : 1°. en une somme de 9,270 livres montant des loyers des maisons sises à Paris ; 2". en celle de 5, 81 2 livres pour les loyers de 87 arpcns de terre en culture ; 3°. en quarante-huit parties de rentes perpétuelles sur les Aides et gabelles, montant à 19,660 livres; /i°. en une rente de 1 12 livres sur les tailles; 5°. en celle de i33 livres 6 sols 8 deniers sur les gages du Parlement; 6°. en celle de 983 livres i5 sols provenant d'effets au porteur au principal de 1 i,35o livres; -y", en une rente de 26 livres provenant d'un effet du Canada ; 8°. en une rente perpétuelle de 2 ko livres sur le clergé; 9°. en celle de /i3o livres 8 deniers, montant de 9 parties de rente perpétuelle sur l'ancien clergé; 10°, en 9 parties de rentes viagères sur la tête de diverses religieuses, tant sur le Roi que sur particuliers, montant ensemble à 9^7 livres 1 2 sols ; 1 1°. en une somme de 7,/ioo livres, montant des pensions des dames, filles et femmes malades demeurant audit couvent ; 1 2°. en une somme de 665 livres h sols, accordée audit monastère pour indemnité pour entrée du vin ; 1 3°. en celle de 5oo livres pour loyers de chaises et offrandes; revenant ensemble tous les objets détaillés ci-dessus et de l'autre part à la somme totale de lio,li'jS livres 9 sols 2 deniers.
Et que les charges dudit monastère, consistant en décimes, honoraires aux chapelains, fondations de messes, fourniture de cire, encens et autres objets détaillés dans un état ci-joint, se montent annuellement à /i 5, 186 livres 6 sols.
Déclare en outre mondit sieur Duplessis audit nom qu'il appartient et dépend dudit monastère un mobilier, aussi détaillé dans un état annexé à celui ci-dessus énoncé, lesdits deux états certiffiés véritables par les dames religieuses dudit monaslère.
ÉTAT DES BIENS, REVENUS ET CHARGES DES RELIGIEUSES HOSPITALIERES, SOUS LE TITRE DE LA CHARITE-DE-SAINT-JOSEPH , ETABLIES À LA RO- QUETTE, FAUBOURG SAINT-ANTOINE, PAROISSE SAINTE-MARGUERITTE , À PARIS.
Etat de leurs biens et revenus.
ARTICLE l".
Leur monastère composé de plusieurs corps de logis, dans lesquels il y a plusieurs appartements occupés par des dames séculières, dont les loyers font partie de leurs revenus , ainsi qu'il sera cy après rapporté dans l'ordre des revenus.
Plus, leur église, chœur et salle des malades, et les jardins des religieuses, qui sont tirés ici pour mémoire, contenant 2 1 arpens environ, cy Mémoire.
Une maison, rue Traversière, butte S'-Roch, donnée à vie au sieur Soleliach et la dame son épouse, moyennant 1,200 livres par année, cy. . 1,200^
Un bâtiment faisant ci-devant la boulange, tenant au monastère, avec un petit jardin, donné à vie au s'^ Verpv et à la dame Lefèvre, moyennant ^00 livres, cy /»oo^
ARTICLE à.
Les bâtimens de la basse-cour, avec écurie et deux cours, ayant sortie sur la rue de la Muette et tenant au monastère, loués au s'^Duval et sa femme, nourrisseurs de bestiaux, par bail moyennant 1,100 livres 1,100^
A reporter 2,700^
Report 2, '700^
Un corps de logis faisant l'entrée extérieure des cours du monastère, loué par bail à M"" la comtesse d'Erlach, moyennant 85o livres par année, cy. . . 85o^
Environ 5, 000 livres que produisent annuellement le loyer des appartements des dames et demoiselles dans les bâtiments de la clôture, mais dont presque la moitié est actuellement vacante, cy. 5, 000^
ARTICLE y.
Une petite maison, ruelle de la Roquette, et 3 arpens et demi de terres, loués au nommé Placet, par bail moyennant 720 livres par année, cy. 720^
87 arpens de terres en culture, loués à 1 9 locataires par bail, moyennant la somme de 5,8 1 2^
kS parties de rentes perpétuelles sur les Aydes et gabelles , ensemble au principal de 7 8 1 , 1 6 0 livres , qui réduit au denier Ao produisent 1 9,65/1^ 10' 10^
Une partie de rente aussi perpétuelle de 1 1 2 livres sur les tailles, au principal de 12,000 livres, cy 112^
Deux parties de rentes aussi perpétuelles de
A reporter 3 /i, 8/18^ 10' 10
Report 3/i,8/i8^îio' lo''
1 33*^ G' 8*^ sur les augmentations de gages de MM.
du Parlement, au principal de io,i25 livres, cy. i33*^ 6' 8'*
ARTICLE i 2.
Deux parties de rentes perpétuelles, ensemble 283 livres i5 sols, provenantes des effets au porteur, au principal de ii,35o livres, cy 288^1 5'
ARTICLE l3.
Une partie de rente perpétuelle de 9 5 livres provenante d'un effet du Canada, au principal de 1,000 livres, cy 26^
ARTICLE 1 h.
Une rente perpétuelle de 2 /lo livres sur le clergé, au principal de 6,000 livres, cy 2^0^
ARTICLE l5.
Neuf parties de rentes perpétuelles, ensemble de li3o livres 8 deniers sur l'ancien clergé, au principal de 17,201 livres 1 0', cy /j3o^ 8*^
Neuf parties de rentes viagères sur la tête de diverses religieuses, tant sur le Roy que sur des particuliers, ensemble 997 livres 12 sols, cy. . . . 997^12'
On peut évaluer à 5,ooo livres les pensions des dames en chambres, qui sont nouries par la maison, en observant que cet objet est éventuel et ne peut que diminuer, cy 5, 000*^
A reporter /i 1,968^ 5' 2''
Report /il ,908*+ 5' a'
Les pensions des iilles et femmes malades qui sont reçues dans les lits non fondés, peuvent (être) évaluées, années communes, à 2,/ioo^, cy a, li 00^
Il est payé tous les ans à la maison 665 livres Il sols pour indemnité de l'entrée du vin et du pié fourché, cy 665^^ IC
Les loyers des chaises et les petites offrandes faites à la sacristie peuvent être évaluées à la somme de 5oo livres par année, cy 5 00^
Total des revenus /i5,523^ ij' 2'
OBSERVATION
Dans cet état des revenus on a employés jusques à ceux qui sont éventuels, si on veut les réduire aux seuls produits des fonds, il faut ôter les articles 17, 18, 19 et 20. montant ensemble à. . . 8,565^ û'