‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 218 sur 229 · ÉTAT DES MEUBLES ET IMMEUBLES · texte numérisé non relu

ÉTAT DES MEUBLES ET IMMEUBLES

dépendants de la principale maison des Sœurs de la Charité, établies à Paris, grande rue du faubourg S'-Denis

Orifjinal signé, Archives nationales, S 6157.

PBOCÈS-VERBAL DE RÉCOLEMENT DES MEUBLES ET EFFETS DES FILLES DE LA CHABITÉ PAR JEAN-THOMAS DEFRESNE, RENE LE ROCLX DE LA VILLE ET JEAN-NICOLAS FALLET, ADMINISTRATEURS DE LA MUNICIPALITE.

10 juillet 1790.

L'an mil sept cent quatre-vingt-dix, le samedy dix juillet, à quatre heures de relevée, nous Jean-Thomas Defresne, conseiller assesseur, René Le Roulx de La Ville et Jean-Nicolas Fallet, conseillers administrateurs de la Municipalité de Paris, pour l'exécution du décret de l'Assemblée Nationale concernant les religieuses, sanctionné par lettres patentes du Roy du 9 -i avril dernier, transcrit sur les registres de la municipalité de Paris, le 17 mai suivant, et en conséquence de la mission à nous donnée par le Conseil de Ville, sommes transportés Grande rue du fauxbourg S -Denis, en la maison des Filles de la Charité, oiî étant, nous avons été introduits dans la salle d'assemblée, en laquelle sont survenues la sœur supérieure générale et les sœurs olficières présentement en charge dans la communauté, nous leur avons annoncé l'objet de notre transport, fait lecture du décret, des lettres patentes cy-dessus énoncé et de l'extrait du registre du Conseil de Ville, en ce qui concerne notre mission, et au même instant, sœur Marie-Antoinette Deleau, supérieure générale , sœur Geneviève Pilloy,

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économe, sœur Claude-Sébaslienne Tonellier, dépensière, sœur Marie- Franroise Bessière, première secrétaii'c, sœur Gilbert Duranton, procureuse générale, et sœur Marie de la Geneste, maîtresse de novices, toutes Sœurs de la Charité, représentants comme officières le surplus de la maison, nous ont déclaré que par leur institut elles ne font que des vœux simples, et particulièrement celui de servir les malades spirituellement et corporellement , et qu'elles sont libres de quitter la communauté quand bon leur semble, que lorsqu'il se présente une personne pour y être reçue, les seules formalités sont qu'elle doit être d'une famille intacte, de mœurs pures, qu'elle n'ait point été dans l'état de domesticité, qu'elle ait les qualités nécessaires pour être ulilc aux pauvres et aux malades, qu'elle apporte une dot qui n'est point fixée et un trousseau, qui sont mis de côté et rendus à la sœur qui a été aggréé et reçue, sans la moindre retenue, si elle juge à propos de se retirer, mais qui reste à la maison, si elle vient à y décéder.

Elles nous observent que les sœurs ont la liberté la plus absolue pour se retirer, mais qu'elles ne peuvent être renvoyées après les cinq premières années, qui sont pour elles un noviciat, (jue pour des cas très graves, tels que vol, passion pour la boisson, libertinage et insubordination :

Que chaque sœur conserve son bien patrimonial, recueille les successions qui lui adviennent, peut tester et donner son bien à qui bon lui semble, que jamais la communauté n'a aucun droit sur le bien personnel des Sœurs de la Charité, que d'après ces observations elles croyent n'être pas dans le cas du décret, mais pour donner un exemple et une preuve de leur soumission à la lov, à laquelle elles se feront toujours un devoir d'obéir comme citoyennes libres, elles sont prêtes à nous représenter tout ce qui est dans leur maison pour en être par nous fait inventaire, et nous déclarent que leurs revenus annuels montent, déduction faite des impositions, à la somme de 26,260 livres et consistent en 21,000 livres de rentes sur le Roy et les Etats et en 5,2 5 0 livres, produit de deux maisons situées au faubourg S'-Martin, qu'elles sont aussi propriétaires de la maison où nous sommes et dépendances, contenant environ cinq arpents, que cette maison, qui est le chef- lieu de la communauté, contient habituellement 260 à 3 00 sœurs et novices, du nombre desquelles il y en a beaucoup d'infirmes, et les domestiques, qu'elles ne peuvent établir le nombre fixe

FILLES DE LA CHARITE DU FAUBOURG SAINT-DENIS. lUl

des sœurs, attendu qu'il varie journellement par mutation; total des

revenus, cy 26,360^

Et ont iesdittes sœurs signé.

En conséquence de la déclaration ci-dessus, nous avons estimé que notre opération devoit se borner à faire le recollement sur l'état annexé à la déclaration faite par la sœur supérieure générale aux domaines de la Ville, le 1 1 février dernier, des meubles et effets y énoncés, pour connoître s'ils sont en nature, ce que nous avons fait ainsi qu'il suit :

Dans la cuisine, le grand réfectoire attenant, dans les corridors, un dortoir d'infirmerie, une autre pièce servant aussi d'infirmerie pour les incurables, une autre petite infirmerie de séminaire et les différentes pièces qu'il compose, tous les meubles et effets garnissants les susdits lieux ont été trouvés en nature et conformes à la description faite en l'état annexé à la déclaration du 1 1 février dernier, faite au département du Domaine de la Ville.

11 en est de même des effets dans le magasin du noviciat, dans un corridor, dans la boucberie, dans la buanderie, les cabinets des portières, la petite apotbiquairerie près la porte d'entrée, les parloirs, un petit laboratoire, dans la boulangerie et différentes petites pièces.

Il en est de même des meubles et effets dans l'apoticairie, le grand laboratoire à côté, dans l'olfice de la sacristie, dans les grandes et petites chapelles, dans la sacristie et différentes autres pièces, le tout au rez de chaussée.

Déclarent Iesdittes sœurs susnommées que les drogues qui sont dans la petite apoticairie près la porte d'entrée sont pour l'usage et donner des secours aux pauvres passants qui ont quelques blessures, que l'une des sœurs chargée de ce soin pansent leurs plaies, leur donnent des onguents, emplastres, et il est aussi délivré des médecines à ceux qui sont malades, et que quelquefois elles ajoutent à ces secours pour les plus malheureux quelques monnoies.

Après avoir vacqué jusquà huit heures sonnées sans avoir pu terminer le recollement et vérification, nous avons remis la vacation au mercredy 28 juillet, quatre heures de relevée, et tous lesdits meubles ont été laissés à la charge et garde desdites sœurs qui ont signé avec nous.

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Du mercretly a 8 juillet ausdits mois et an, ([uatic heures de relevée,

nous olïlciers municipaux cy devant nommés

avons procédé à la continuation dudit recollement, ainsi ([u'il suit :

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