À PAYER
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210" 1,715** i4' i,54ot* 8*
La communauté du Sauveur invoque les secoui's les plus pressants.
à cause de la suppression des moyens de subsistance que la Révolulioii lui a occasionné, et dont l'état suit, savoir :
La Police donnoit annuellement, l'un dans l'autre. . . . 'j,/ioo'*
L'archevêque de Paris 9,/ioo^*
Cinq quêtes dans l'année, l'une dans l'autre *j,5oo'^
(lelle du vendredi saint, à peu près l'io'^
Celle du jour de Pâques, environ i i o*^
Les chaises de l'église 1,100^*
Sept tribunes qui étoient louées chacune 100*^ 'yco'*
L'hôtel de Bretonvilliers sur les entrées du vin /ioo^
Les fermiers {généraux sur le grenier à sel 3oo^
• Différentes aumônes pendant l'année -^,000^
Total 17,030*^
Le nouvel ordre de choses privant la communauté de ces i "7,030^ la mettent hors d'état de payer les fournisseurs de première nécessité, entr'aulres le boulanger, (jui menace de ne plus fournir, si on ne .s'acquitte au plutôt envers lui de la somme qui lui est duchupjcile monte à li,'200^, et celle du boucher à 3,127*^ 1 i\ .
Minutes (3 p.), Archives nationales, S 'i7»9-
RAPPOUT PRÉSENTÉ PAR M. TEMER AU COMITE DE LA SECTION DL TEMPLE, AU SUJET DES FILLES PÉ.MTE.NTES DU SAUVEUR, CONCLUANT AU MAIN- TIEN DE CETTE MAISON QUI REND LES PLUS GRANDS SERVICES.
31 septembre 1791.
COPIE DO CAHIER DES DÉLIBÉRATIONS DU COMITÉ DE LA SECTION DU TEMPLE DE PARIS EN L'ASSEMBLÉE DU 2 1 SEPTEMBRE « 7<J I •
Messieurs et confrères.
Par votre arrêté du 1 3 septembre présent mois, vous m'avez nommé à l'effet de prendre les renseigneraens nécessaires sur l'utilité ou
FILLES DL SAUVELH. 781
inulililé tic la maison des Filles pénitentes du Sauveur, établie dans notre section, rue de Vendôme, conformément à la lettre de MM. les commissaires à l'administration des biens nationaux, adressée au comité, en date du 1 1 août dernier; pour m'acquitter de ma commission et d'après les édaircissemens par moi pris à ce sujet, en voici le résultat. Je n'entrerai dans d'autres détails de l'avantage de conserver l'établissement de la maison des Filles pénitentes du Sauveur, qu'en vous annonçant que c'est un de ces aziles oii le libertinage trouve son rapel à la vertu, j'ajouterai que la société est heureuse d'avoir de pareils établissemens, tant pour cacher la honte et le déshonneur à ces jeunes victimes des passions, que pour les rapeller aux bonnes mœurs et les faire rentrer dans cette même société, dont les écarts et la mauvaise conduite les enauroient éloignées pour toujours, sans les secours qu'elles trouvent dans ces paisibles retraites, ([ui les ramènent aux vrais principes et aux vrais senlimens de l'honneur, ressources bien intéressantes pour les familles qui ont le malheur d'avoir des enfans qui ne répondent point à l'éducation qu'on leur a donné.
Quant à l'ordre, l'économie, la propreté, la tranquillité qui régnent dans la maison des Filles du Sauveur, sans être entousiaste, je ne puis m'empêcher de dire qu'il n'est point d'administration mieux organisée que celle dont je suis chargé de vous rendre compte, grâce aux soins de M'"*^ d'Espinars, supérieure de cette maison, et qui mérite par son zèle, par son amour pour ses semblables, par son humanité, par son patriotisme, par la position de ses finances, parcelle de ses dettes, qui n'ont été contractées que par la nécessité de rétablir certains murs qui menaçoient de s'écrouler, dont partie ont été reconstruits à neuf et d'autres repris en sous-œuvre, comme aussi pour former des cellules dans les dortoirs afin de séparer les lits qui, tous réunis dans une seule et même salle, olfroient quelquefois des tableaux scandaleux pour les mœurs, par la conduite de ces jeunes filles entr'elles; mais, grâce à la vigilance de madame la supérieure, ces désordres n'existent plus, mais la dépense qu'il a fallu faire pour y mettre de l'ordre et la dette existent, considérations qui doivent engager le comité à appuyer de tout leur crédit les justes demandes de M™" d'Espinars auprès de MM. les administrateurs des biens nationaux, les prier même de ne point apporter de délai à accorder les secours demandés, vu ce besoin journalier pour faire subsister cent personnes, et vu la position de
M"" d'Espinars à l'égard des fournisseurs qui réclament leur dû, position d'autant plus affligeante que la prodigalité n'en est pas le fruit, comme MM. les administrateurs en pourront juger eux-mêmes en jettant un coup d'œil sur l'état général des revenus et des dettes de cette maison, fait par MM. les commissaires de la Municipalité, ainsi que par leur raport tout à l'avantage de M™" la supérieure.
J'engagerai encore le comité à profiter de cette circonstance et de la position oii se trouve M'"^ d'Espinars pour inviter le Département à ordonner que le service divin dans l'église de cette maison redevienne public, pour qu'il en résulte un double avantage, d'abord pour les citoyens éloignés de l'église paroissiale et qui sont quelquefois dans l'impossibilité d'entendre la messe par la foule et trop grande quantité de monde que ne peut contenir l'église; le vœu des citoyens pour demander qu'il fût ouvert quelqu'autre église dans l'arrondissement de la section, pour suppléer à celle de S'-Francois-d'Assise, a souvent été manifesté, se réunissant tous à ce que celle des Filles du Sauveur eut la préférence; il en résulteroit un avantage pour la maison, tant à cause du loyer des chaises que par les aumônes qui deviendroient d'un -grand secours et d'une économie pour l'administration des biens nationaux. J'observerai encore au comité que dans une des ailes de la cour de la maison des Filles du Sauveur, à j)eu de frais, il pourroit être construit un petit bâtiment dont la distribution pourroit servir à des écoles publiques pour des enfans, ce qui seroit d'un grand secours pour la section; quant à la dépense pour la construction de ce petit bâtiment, comme toutes les fondations des principaux murs sont faites, elle se réduiroit à quelques planches et cloisons en pans de bois; cet objet doit être pris en considération tant pour l'avantage de la conservation de l'établissement de la maison des Filles du Sauveur que du bien qui en résulteroit pour les citoyens de pouvoir donner les premiers principes d'éducation à leurs enfans et sous les yeux de leurs parens.
Le comité a arrêté que le rapport de M. Texier sera envoyé au Bureau d'agence générale des biens nationaux, et a nommé à cet effet ledit sieur Texier et M. Huet, commissaires, qu'il charge d'inviter MM. les administrateurs des Biens nationaux de prendre ledit raport en considération.
Délivré le présent extrait conforme à la minute par nous, commis
am i'onclions de secrétaire greffier dudit comité, ce 3o septembre
Signé : Boudy.
Pour copie conforme à l'original, resté au Bureau de l'agence, ce I 3 octobre 1791.
(Signé) : J.-J. Hardy.
Copie conforme, Archives nationales, S 4709.