‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 52 sur 229 · ADMINISTRATEURS DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS · texte numérisé non relu

ADMINISTRATEURS DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS

MM. Boncerf, Cousin, Le Camus.

(Le reste sans changement).

Le i3 avril 1791, sur la démission donnée par les administrateurs de THôtel-Dieu, le directoire du Département confia provisoirement cette administration à MM. Moulinot, Cousin , Thouret, Cabanis et Aubry- Dumesnil. (Cf. Brièle , Délibérations de Vancien Bureau de VHôlel-Dieu, p. 286. )

OBSERVATIONS ADRESSEES PAR LES MEDECINS DE L'HOTEL-DIEU RELATIVE- MENT AU COSTUME DANS LEQUEL ILS DOIVENT SE PRESENTER AU BUREAU DE L'ADMINISTRATION.

21 mars 17^0.

Nous voyons dans le Bureau de l'administration les premières dignités de l'Eglise et de la Robe, nous voyons tout ce qui peut donner

(lu prix à ces dignités, le mérite le plus éclatant, nous ne pouvons donc qu'être pénétrés de respect pour le Bureau d'administration, et toute manière de montrer ce respect nous paroitra toujours convenable, du moment où elle sera en notre pouvoir; mais pouvons-nous et devonsnous nous présenter au Bureau en robe mms sans chaperon, ces derniers mots soulignés sont de la lettre que nous a écrite le greffier le 1 7 mars 1 789: nous ne le pouvons, ni ne le devons. Le greffier ignore parfaitement nos usages et nos devoirs; nous ne le pouvons ni ne le devons, parce que nous avons un statut précis sur la manière dont nous devons paroître en public, et nous ne pouvons pas nous écarter de nos statuts, attendu qu'ils sont enregistrés en cour de Parlement et que nous faisons serment de les suivre. La loi, la relligion nous lient donc sur ce point, les seules bienséances nous iieroient également, le Bureau de l'administration étant composé de ce qu'il y a de plus grand dans l'Eglise et dans la Robe, nous ne devons pas nous présenter autrement devant l'administration que devant le Parlement. Toutes les fois que nous paroissons en députation devant la cour des Pairs, toutes les fois que nous paroissons devant Sa Majesté à Versailles, avec M. le Recteur ou autrement, nous n'y paroissons qu'avec nos habits de médecin. Tout nouvellement, un de nos confrères, M. Guillotin, a été mandé par la Cour, les pairs y séants, pour répondre sur son ouvrage de la Pétition des citoyens de la ville de Paris : on lui a signifié d'y paroître avec la robe de médecin, et il s'est conformé aux ordres de la Cour et à nos statuts, qui lui en faisoient un devoir avant l'ordre dé la Cour. La Faculté, attentive à maintenir l'exécution de ses statuts, nous a rappelle sur ce point nos obligations dans un décret qu'elle a donné au 20 octobre 1788.

Nous venons de présenter à l'administration nos usages, nos devoirs, et nous ne pouvons plus ignorer la réponse que nous fera l'administration.

Extrait , Archivps do l'Assistance publique, Registre des délibérations du Bureau dirHôtnl-Dinil.

LETTRE DE M. MARTIN, ADMINISTRATEUR DE L'HOTEL-DIEU, À M. DE LA MILLIÈRE, INTENDANT DES FINANCES, DECLARANT MAL FONDEE L'OPPOSI- TION DE LA MÈRE PRIEURE AUX MESURES ORDONNEES PAR M. DESAULT ET ANNONÇANT QUE LE RUREAU REFUSE DE S'OCCUPER DESORMAIS DU GOUVERNEMENT DE L'HOTEL-DIEU.

7 mai 1789.

k M. de la Minière, intendant des Finances.

Paris, le 7 may 178g.

Monsieur,

Vous verres par la copie d'une lettre que la mère prieure a écrite hier au Bureau f^' et qu'il me charge de vous envoyer, qu'il ne lui est plus possible de s'occuper du gouvernement de l'Hôtel -Dieu, sans courir les risques de se voir arrêté à chaque instant.

Bien n'est plus sage que la délibération qui donne lieu à l'opposition de la mère prieure, vous en avés été instruit dans le tems. Monsieur, mais peut-être n'en avés vous pas eu une expédition , j'ai l'honneur de vous l'envoyer afin que vous puissiés mieux juger combien l'opposition de la mère prieure est mal fondée.

La position où nous nous trouvons est des plus désagréables, nous désirons bien vivement d'en voir arriver la fin d'une manière ou d'une autre par un arrêt qui nous apprenne à quoi nous devons nous en tenir.

J'ai été chargé d'envoyer à M. le Procureur général l'original de la iettfe de la mère prieure, avec les pièces qui peuvent le mettre à même d'en juger.

Je suis avec respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Martin.

Minute, Archives nationale», F^*933.

-*' Le texte de la lettre en question a vembre 1788, par M. Brièle dans son in-

été reproduit , ainsi que la délibération du ventaire analytique des De/t6era/fons rfe /'an- Bureau de l'Hôtel-Dieu , en date du 96 no- eien Bureau de VHôtel-Dieu, p. 935, aSo.

LETTRE DE M"« NECKER À M. FIEUX, PREMIER COMMIS AU DEPARTEMENT DES FINANCES, LE PRIANT DE PRENDRE DES RENSEIGNEMENTS AU SUJET DES RAISONS QUI MOTIVENT L'OPPOSITION DE LA SUPERIEURE DE L'IlÔ-

10 mai 1789.

Je VOUS renvoyé, Monsieur, le travail que vous m'aviez confié, j'en ai parlé en route à M. Necker, il pense que vous devez lui proposer une lettre pour M. le Procureur général, qu'il signera directement, mais il croit qu'il faudroit auparavant s'assurer positivement des raisons qu'a la supérieure pour s'opposer à des arrangements si humains et si raisonnables. Voyés, Monsieur, comment il convient de se procurer ces renseignements, vous pourries peut-être écrire vous-même à la supérieure. Je crois que M. Necker, avant de faire agir l'autorité , désire qu'elle ait tous ses droits, au reste, la chose est si convenable qu'il me paroît qu'il n'y a point de tems à perdre. M. de la Millière déterminera la route, dites lui, je vous prie, combien il m'est constamment cher et recevez les assurances du sentiment qui m'attache à vous pour le reste de ma vie.

Adieu, Monsieur. A la hâte.

Autographe, Archives nationales, F'^ 933.

LETTRE DE M. DE LA MILLIERE À M. FIEUX, AU SUJET DU RILLET DE M"^ NECKER, DÉCLARANT QU'IL JUGE PARFAITEMENT INUTILE TOUTE CONFÉRENCE PRELIMINAIRE AVEC LES RELIGIEUSES.

1 ) mai 178(),

Ce 1 1 mai 1 789.

M. de la Millière est bien fâché de ne pas s'être trouvé chez lui quand M. Fieux s'est donné la peine d'y passer pour lui c()mmunif[uer

102 L'ASSISTAINGE PUBLIQUE A PARIS.

le billet de M'°' Necker relatif à l'Hùtel-Dieu. Il pense, comme elle, qu'il convient de faire écrire par M. le Directeur général à M. de Fleury, mais quant à la conférence préliminaire à avoir avec les religieuses, il avoue qu'il la juge absolument inutile, attendu que leurs intentions et leurs motifs sont parfaitement connus, et que cette conférence ne produirait rien de plus que toutes celles sans nombre qui ont eu lieu sur ce même objet depuis plusieurs années. Au surplus, si M. le Directeur général persistait à croire cette conférence utile, on ne verrait que M"^ Necker qui pût se flatter d'en obtenir peut-être quelque succès; car M. Fieux serait certainement suspect à ces religieuses, ainsi que M. de la Minière le serait lui-même. Quant à M. Colombier ou aux administrateurs, il est facile de sentir qu'on pourrait encore moins les employer dans cette occasion.

P.-S. Je prie M. Fieux d'assurer M°'^ Necker de toute ma reconnoissance de la marque de bonté pour moi que j'ai trouvé dans son billet, et de lui témoigner tous mes regrets de ce que les circonstances me tiennent aussi éloigné d'elle.

Minute, avec post-scriptum autographe, Archives nationales, F'* a33.

LETTRE DE M. FIEUX, PREMIER COMMIS AU DEPARTEMENT DES FINANCES, À M. DE LA MILLIÈRE, INTENDANT DES FINANCES, LUI ENVOYANT LE PROJET DE LETTRE À ECRIRE PAR M. NECKER AU PROCUREUR Ge'nÉRAL DU PARLEMENT, EN CONFORMITE DES VUES DE M"* NECKER.

i5 mai 1789.

Paris, le i5 mai 1789.

Monsieur,

Je viens de recevoir un billet de M°'^ Necker, dans lequel elle me trace les vues, d'après lesquelles elle désire que soit rédigée la lettre à écrire par M. le Directeur général à M. le Procureur général relativement à l'opposition formée par les religieuses à l'exécution des arrangemens délibérés parles administrateurs concernant la salle S' Paul de

l'Hôtel-Dieu ; j'ai l'honeur de vous envoyer le projet de cette lettre'^', je vous serai obligé, Monsieur, après y avoir fait les corrections que vous jugerés convenables, de vouloir bien me le renvoyer, pour que je puisse en faire faire de suitte l'expédition et que je sois à même de la faire signer demain matin au ministre , qui revient ce soir avec M^'^Necker pour repartir tous deux demain après midy.

Je suis avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

FlEUX.

Je joins le dossier de l'affaire et le billet de M"' Necker.

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