BILLET DE MADAME NECKER
M. Necker, Monsieur, désire d'écrire une lettre à M. le Procureur général, qui lui expose : i° la résistance des religieuses à l'amélioration la plus convenable dans la salle des blessés; 9° qui demande, si lui M. le Procureur général veut écrire à cette supérieure pour sçavoir la raison d'une conduite si déraisonnable, ou, supposé qu'il se trouve suffisament instruit, s'il ne pense pas avoir droit de donner des ordres positifs à ces filles , sans faire juger la grande affaire à cause du tems que cette opération exigeroit, et, 3° enfin, s'il croit ce jugement absolument nécessaire, M. Necker le prieroit de l'accélérer et de l'en prévenir, afin qu'il put de son côté écrire h. M. le Premier Président dans le même but ; il faudra insister sur la chaleur qui augmente l'inconvénient du mauvais air dans la salle des blessés et qui exige de la promptitude dans le remède. Je dicte tout cecy à la hâte et bien confusément, afin que je puisse profiter du départ de mes gens et que vous ayés le tems de composer la lettre et de la présenter à M. Necker pendant les vingt-quatre heures que nous passerons à Paris . . .
Je pense qu'il faudra soumettre à M. de la Millière le projet de lettre à M. le Procureur général et vous pourries le faire par écrit dans la journée de demain . . .
Minutes (a p.). Archives nationales, F'^ 933.
C' M. de la Minière approuva le projet de lettre en ces termes : ttCelte lettre est parfaite, comme tout ce que M. Ficux a le temps défaire lui-même, ce 1 5 mayi789.''
LETTRE DE M. NECKER À M. JOLY DE FLEURY, PROCUREUR GÉNe'rAL DU PARLEMENT, LE PRIANT DE FAIRE CESSER LA RESISTANCE OPPOSEE PAR LES RELIGIEUSES DE L'HÔTEL-DIEU AUX AMe'lIORATIONS RECLAMEES, DANS LA SALLE SAINT-PAUL, PAR M. DESAULT, CHIRURGIEN EN CHEF, EN VUE DE LA SALURRITE DE LA SALLE ET DU BIEN-ETRE DES MALADES, ET APPROUVe'eS PAR DELIBERATION DU BUREAU DE L'HOTEL-DIEU, DU 26 NOVEMBRE 1788.
i6 mai 1789.
Paris, le iG mai 1789.
Vous avés été. Monsieur, informé par les administrateurs de i'Hôtel- Dieu de Paris de la résistance absolue qu'apportent les religieuses de cette maison à l'exécution de la délibération prise par le Bureau, le 26 novembre dernier, relativement aux changemens et arrangemens que le chirurgien major avait proposé de faire à la salle S -Paul et qui ont pour objet la salubrité de cette salle et le bien-être des malades^^^; je sais qu'ils ont même eu l'honneur de vous faire passer l'original de la lettre que la mère prieure leur a écrite le 6 du présent mois, ainsi que les pièces qui pouvaient vous mettre à même de porter un jugement éclairé sur la conduite des religieuses dans cette circonstance; je n'ai donc pas besoin, Monsieur, de rappeller ici des faits qui sont entièrement à votre connaissance, et je crois ne devoir vous entretenir que de l'affaire en elle même. J'aurai d'abord l'honneur de vous observer qu'une opération, proposée par l'officier de santé et dont l'exécution a été consentie et ordonnée parles administrateurs, après qu'ils se sont assurés de l'avantage qui en résulterait pour les pauvres, me semble mériter toute confiance et faveur. J'ajouterai que si l'on jette les yeux sur le détail des améliorations reprises dans la délibération, on ne peut se réfuser à i'évidence de leur utilité, enfin, il me paraît
(" M. Desaull demandait : 1° ia siip- de pierre aux abords; à° la diminution de
pression de trois tambours en cliarpente l'espace occupé par la chapelle pour ajouter
faisant saillie dans la salle; 9° l'établisse- quelques lits; 5° une nouvelle distribution
ment de commodités à l'auglaise; 3° Tenlè- de lits dans la salle Saint-Paul qui permit
vemenl d'une pierre à laver et des dalles d'en installer 3ao au lieu de 210.
contre tous les principes de l'administration des établissemens de charité que des religieuses, qui doivent être uniquement vouées au service des pauvres, puissent s'arroger une autorité temporelle et arrêter l'exécution de ce qui a été délibéré par les administrateurs, et par ceux là seuls à qui une pareille autorité doive appartenir. Quoiqu'il en soit, il est d'autant plus instant de faire cesser la résistance des religieuses à des améliorations aussi désirables, que les chaleurs qui se font déjà sentir vont augmenter les inconvéniens du mauvais air, et que les effets en sont surtout pernicieux dans la salle des blessés, circonstance qui exige la plus grande promptitude dans le remède. Les religieuses se prévalent d'être en instance au Parlement et annoncent l'intention de s'opposer à tout ce que les administrateurs voudront faire jusqu'à ce que cette instance soit jugée. Je ne pense pas que, pour l'objet particulier de la salle S'-Paul, il faille attendre un jugement qui pourrait entraîner des délais dont l'effet serait si préjudiciable aux pauvres. Il me semble. Monsieur, qu'après avoir écrit à la supérieure pour savoir la raison d'une conduite aussi déraisonnable que la sienne, dans le cas oii vous n'en sériés pas déjà suffisamment instruit , vous auriés le droit de donner des ordres positifs aux religieuses de laisser exécuter les changemens et arrangemens à faire à la salle S*-Paul, conformément à la délibération du 96 novembre dernier, et ce qui me confirme dans cette opinion, c'est que la mère prieure termine sa lettre du 6 mai par dire qu'elle et sa communauté s'en tiennent à l'opposition que vous avés faite vous-même, Monsieur, pour arrêter les ordres que le sieur Desault avait donnés pour cette même salle. Si vous pensiés, néanmoins. Monsieur, qu'avant tout il fût absolument nécessaire de faire juger l'instance pendante au Parlement, je vous prierais instamment de faire ce qui dépendroit de vous pour accélérer ce jugement et de vouloir bien m'en prévenir, afin que, de mon côté, je puisse écrire à M. le Premier Président pour l'engager à accorder l'audience le plus promptement possible. J'ai l'honneur d'être, avec un très sincère attachement, etc.
Minutes (a p.), Archives nationales, F'^ 233.
106 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAHIS.
PRESTATION DE SERMENT D'ANTOINE-ISAAC SILVESTRE DE SACY, ADMINISTRATEUR DE L'HOTEL-DIEU.
i5 mai 1789.
Du vendredy i5 may 1789, du matin.
Ce jour, en présence du Procureur générai du Roi et des Prévôt des
Marchands et Eclievius de ceste Ville, Antoine-Isaac Silvestre de Sacy,
conseiller en la Chambre des Monnaies, élu pour administrateur de
l'Hôtel-Dieu, a fait le serment de bien fidèlement et charitablement
exercer ladite fonction.
(Signé) : Bocuart.
Minute, Archives nationales, X''' 8990.
LETTRE DU SIEUR SORDELOT, DEPENSIER DE LHOTEL-DIEU , À M. DE JUS- SIEU, LIEUTENANT DE MAIRE AU DEPARTEMENT DES HOPITAUX, ADRES- SANT LES PRIX DE L'ADJUDICATION DES ABATIS DE LA BOUCHERIE DE L'HÔTEL-DIEU, DE PAQUES 1790 À PAQUES 1791.
7 avril 1790.
A M. de Jussleu, lieutenant de Maire.
Paris, 10.7 avril 1790.
Monsieur,
Les prix de l'adjudication des abatis de la boucherie de l'Hôtel- Dieu pour l'année de Pâques 1790 à Pâques 1791, ont été, savoir :
Le cent pesant de cuir de bœuf vendu au s' Rulland, marchand tanneur à S'-Germain en Laye, et qui les a pour la quatrième fois, est de SGtta'G''
La douzaine de peaux de veaux au s' Maheu, marchand tanneur à Meulan 70^ 5'
HUTEL-DIEU. 107
Les peaux de moutons d'été dites loujardes ne se vendent que de Pâques à la S-Remi (et à la S-Remi on fait une autre adjudication pour les peaux d'hiver dites w.s^wfs jusques à Pâques) le s'' Le Clair père s'en est rendu adjudicataire à raison de i38^ lo' le cent, les à au cent déduites i 38^ i o'
A l'égard des tripes, comme les acquéreurs de cette marchandise ne sont pas fortunés et que les cautions qu'ils donnent ne valent pas mieux, l'administration s'est déterminée depuis longtems, après beaucoup de pertes, à ne plus les adjuger en public; elle les vend, suivant le cours, à une tripière qui depuis quinze ans paye très bien, le prix de cette année est le même que celui de l'année dernière, savoir :
La tripe de bœuf à A^ i o*
La tête et les quatre pieds de mouton 5'
Tous ces marchés se font devant notaires. A l'égard des conditions, elles sont les mêmes que les autres années, les marchands doivent enlever les marchandises à leurs frais à fur et à mesure des tueries, en compter sur les registres du dépensier ou de tel autre qu'il plaira à l'administration de charger de ce détail, ils doivent payer sur les quittances du dépensier, en quatre payemens, le premier à la S- Jean d'été, le 2* à la S'-Remi, le 3° à Noël de la présente année 1790 et le h" et dernier à Pâques 1791-
Il y a eu beaucoup de tumulte à l'adjudication , des gens qui ne cherchoient point à achetter, crioient à chaque instant : Adjugé, adjugé, de sorte qu'en comparant les prix de la vente des bouchers de Paris, je crois que ce tumulte a pu faire tort aux pauvres de ho sols sur le cent pesant de cuirs et de 20a 25 livres sur le cent de peaux de moutons d'été.
L'on ne fait point de procès-verbal de la vente des abatis , mais le Bureau la constate par une délibération, dont M. le greffier vous enverra copie, si vous le désirés.
Je suis avec respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
SORDELOT,
dépensier de l'HôlcI-Dicii.
Minute, Archives nationales, F'' 1861.
ÉTAT GÉNÉRAL DES LITS EXISTANT DANS LES DIFFERENTES SALLES DE L'HÔTEL-DIEU, LE 12 AVRIL 1790.