‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 57 sur 229 · REGIME · texte numérisé non relu

REGIME

Les salles auront une inscription et seront distribuées de manière qu'elles ne contiendront chacune que ceux qui sont attaqués de la même maladie.

Chaque malade aura son lit numéroté, composé d'une paillasse piquée, deux matelats, un traversin, un oreiller, deux draps, une couverture, un couvre-pieds en hyver et un tour de lit, garni de rideaux de serge verte.

Quand une maladie aura cessé de faire des progrès et que le malade aura repris des forces , il sera translaté dans la salle des convalescents.

Les médecins seront tenus de visiter les malades deux fois par jour et de se rendre néanmoins auprès d'eux dans les cas imprévus, sitôt qu'ils seront appelles.

Ils seront accompagnés dans la visite commune d'un élève en chirurgie, qui écrira sur un état, par ordre de numéros, les divers trait emens qu'ils prescriront, l'heure à laquelle on doit donner une potion, un bouillon et la nature et quantité d'aliments convenables à chacun.

Ces ordres seront exécutés ponctuellement, l'état à la main, par les

garçons de l'apolhicairerie, les serviteurs et servantes, sous peine de punition et même d'être renvoyés.

Les serviteurs et servantes surveilleront tour à tour les malades, la nuit comme le jour, afin de completter les soins cpii leur sont dûs.

Pour remplacer les dames religieuses, adoptons une infinité de pauvres veuves, plus recommandables à nos yeux; elles entendent mieux tout ce qui convient aux malades , elles auront de meilleurs procédés.

Eh! à quoi serviroit-il d'ouvrir de nouveaux hospices, si le malade n'y étoit aussi bien secouru, qu'il le seroit chez lui, si ses facultés lui eussent permis d'y rester?

On ne sera pas longtems à entendre dire aux malades qu'ils sont bien, que rien ne leur manque, et ils béniront nos établissements.

On verra ces veuves , plus lentes à se rendre au réfectoire que promtes à voler à leurs devoirs, ce qui étoit préciséinent l'opposé,

A l'égard des femmes grosses, ce changement leur devient pareillement avantageux. La pluspart de celles que l'on transportoit à l'Hôtel- Dieu, accouchoient en chemin, et quelquefois en y arrivant, avant qu'on ne les montât.

Elles ne seront plus reçues à l'avenir que dans le cours de leur neuvième mois, pour éviter les anciens abus, à moins que ce ne soit pour des causes déterminantes et d'après le rapport d'un accoucheur.

Une fois inscrites , il ne leur sera plus permis de sortir, comme par le passé, mais elles auront la liberté de se rendre au parloir, lorsqu'on viendra les demander.

Elles auront chacune leur lit. On redoublera de soins pour les surveiller nuit et jour, et lors de leur délivrance, on les traitera avec toutes les attentions qu'exige leur état.

On ne les forcera plus de s'en aller qu'elles ne soient parfaitement rétablies, pour prévenir tout accident.

On continuera de baptiser les enfans dès le moment de leur naissance et on les enverra au dépôt des Enfans trouvés, avec l'extrait baptistaire.

ADMIMSTRATION GÉNÉRALE.

L'Administration générale commencera par approvisionner les hospices de tout ce qui leur sera nécessaire.

Les sous -économes feront enregistrer toutes les dépenses, ilè donneront un bon, qu'ils signeront conjointement avec les contrôleurs, à tous les fournisseurs extraordinaires.

Ils rendront compte à l'Administration générale, chaque mois, de la quotité des consommations, afin de pourvoir à tout, avec une abondance suffisante et que le service ne se ralentisse jamais.

Ils produiront aussi chaque mois à l'Administration générale l'état par dattes de ceux qui seront décédés dans le cours d'iceiui, à l'effet d'en tenir double registre, selon l'usage accoutumé.

Les extraits de baptême et mortuaires seront délivrés, sans aucun déboursé.

La masse des immenses revenus de l'Hôtel-Dieu devant refluer sur les neuf hospices, il seroit absurde de proposer des administrations pour chacun, qui coûtcroient beaucoup inutilement, tandis qu'une Administration générale, peu nombreuse, est suffisante pour les régir tous à la fois, à l'aide seulement d'un sous-économe dans chacun.

Le choix ne doit pencher que pour des gens actifs et désintéressés. Ils sont tout trouvés, si comme on le doit, on veut éviter à frais; ce sont les mêmes administrateurs proposés pour gouverner et administrer le bien des pauvres. Loin de se croire trop surchargés, ils se signaleront par le zèle infatiguable que donne l'amour de la patrie.

Il y a même trop d'analogie entre ces deux gestions pour hésiter à les admettre.

Avec de l'ordre on vient à bout de tout et rien n'est confondu, au lieu d'un compte ils en rendront deux annuellement à Sa Majesté , au premier ministre des finances et à la Nation.

Page 1