TOTAUX
Dans ce nombre total de -710 lits, sont compris : 1° les auges des Tous, 9° les lits des gens de service des cabanons, de la Force, S' Prix, etc., 3° les lits de charpente de la salle S' Léger, transformée depuis peu en infirmerie de galleux, au nombre de lU lits à quatre, mais on n'y comprend pas les lits de charpente en forme de grandes auges, garnis de paillasses seulement, sur lesquelles couchent tous les prisonniers des travaux, tant du Grand Puits que du Poly des Glacés, avec des couvertures pour se couvrir.
1" QUESTION. La pension que payent quelques pauvres apporte-t-elle quelque changement à leur régime, et quel est ce changement?
Réponse. Le changement que la pension des Bons-pauvres, (fous et prisonniers) apporte à leur régime, n'est applicable qu'à leur traitement en vivres, qu'elle améliore à raison de son taux, ainsi qu'on le verra dans l'état du traitement accordé à chacun desdits pensionnaires.
HOSPICE ET MAISON DE FORCE DE BICÊTRE. 2/i5 2' QUESTION. A qui se payent les pensions ? Réponse. A l'économe.
S" QUESTION. Quels sont leurs taux ordinaires ? Réponse. Depuis 100^^ jusqu'à /loo^.
k" QUESTION. Combien y a-t-il de pensionnaires à cliaqne taux?
Réponse. Il y en avoil, le 19 avril 1790, y compris les prisonniers et les fous, savoir :
A3oott 8
A 35ott 7
A /ioo^ //
^re
QUESTION. Quelle sorte iF éducation reçoivent les enfants à Biceslre?
Réponse. Les enfants de chœur de Ricestre (au nombre de 2/1 pauvres enfants, tirés de la Pitié, etc.] ont un maître et un sous-maître qui leur enseignent à lire, écrire, chanter, compter, le catéchisme etc.
Ceux de la Visitation (division du Râfiment neuf), presque tous attaqués d'humeurs froides, épilepsic, teigne, ulcères, imbécillité, défaillance de nature, etc., ont également un maître et un sous-maître qui enseignent le catéchisme, la lecture, l'écriture, etc., à ceux qui sont susceptibles de prendre quelques leçons.
Les enfants de la Correction, tous prisonniers par difïérents ordres, sont régis par un gouverneur, deux sous-maîtres de classes, un maître et un sous-maître d'ouvrages, et tout leur tems est partagé entre la lecture, l'écriture, le catéchisme et le travail, qui consiste à faire des lacets ou Hzières au boisseau.
2" QUESTION. Qui sont ceux que l'on y admet ?
Réponse. Aucun autre que ceux désignés ri-dessus, et c'est en vertu
2/iG L'ASSISTANCE l'UBLIQUE A PARIS.
de réce[jlions faites an Bureau de la Pitié que sont reçus à Bicestre ies enfans de chœur de lad. maison, ainsi que ceux de la Visitation. On vient de voir plus haut quels sont ies enfants de la Correction, lis y restent ordinairement jusqu'à IVige de i 8 à 20 ans. suivant leur force.
A . B. Vu le j)etit nombre d'enfants prisonniers existants en ce moment dans l'emploi de la Correction et la surcharge de ceux de la Visitation, l'économe de Biccstre vient d'obtenir de l'administration de faire passer quelques-uns de ces derniers dans un dortoir libre de la Correction.
3*" QUESTION. Quel est leur nombre?
HkpOiNse. Le nombre invariable des enfants de chœur est de . 2k Celui des enfants de la Visitation étoit. le 1 9 avril 1 7 90. de . 116 Celui des enfants de la Correction, à la même date, étoit de. ^29
6" QUESTION. Leur manière d'exister ?
Réponse. La manière (Texister des enfants de chœur de Bicestre est d'être logés dans un bâtiment particulier, à côté du presbytère. Tout leur tems est partagé entre la crasse, les oflices de l'Eglise, etc. Ils sont vêtus d'une soutanne de tiretaine noire et couchent seuls. Leur nouriture est la portion double, plus un poisson de vin, etc.
Les enfants de la Visitation couchent tous dans un même dortoir, à lits seuls. Ils ont en outre une très belle classe au rez-de-chaussée et une cour assez vaste, où ils prennent l'air une partie de la journée. Plusieurs fois la semaine, ils vont promener dans la campagne, sous la conduite de leurs maîtres. lis ont un quarteron de pain de plus que les Bons-pauvres, et le même traitement pour le surplus.
Une partie des enfants de la Correction couche seul à seul, dans des loges séparées, et l'autre dans un dortoir commun, à lits seuls. Ils ont 6//4 de pain, comme ceux de la Visitation, le surplus comme les Bonspauvres, excepté qu'ils mangent en réfectoire à heures réglées. Ils ont plusieurs récréations par jour, dans une cour attenante à leur classe. On les mène aux (»(fices de l'Eglise, ies dimanches et fête?. Tous les
HOSPICE ET MAISON DE FOllCE DE BICETP.E. 2Zi7
mois, 011 leur paye rouvragc qu'ils ont fait, en lacets ou lizièies, et ils disposent de cet arçent pour se procurer cpielques douceurs.
i"' QUESTiOiv. Quel est le nombre des prisonniers détenus à hi Force?
Uéponse. Le nombre des prisonniei\s détenus à Bicestre, le i y avril
1790, étoit de /i y a
Savoir :
Cabanons tj
Fort Mahon 1/1
Force 26
3 Polis des Glaces 66
Grand Puits nfi
Infirmeries des prisonniers 1 /n
Correction yq
Nombre égal h '2^
yV. B. Non compris, comme l'on voit, les tous détenus d'ordres supérieurs, et les galleux libres traités dans la salle S^ Léger.
, 2" QUESTION. Leur régime?
Réponse. Tous les prisonniers de Bicestre sont enfermés sous h gouverneurs différents, (non compris celui des fous), tant dans les cabanons que dans les salles de force , Polis des Glaces , Grand Puits , Correction et salles d'infirmeries, où ils sont traités conformément à l'état imprimé ci joint et au journal des vivres.
3" question. En vertu de quels ordres sont-ils reçus?
Re'ponse. En vertu 1" iVordres du Roij passés par les bureaux des Ministres ou de lu Police, 2" (ïarrêts du Parlement, 3" par sentences de la Prévôté.
A° QUESTION. Les soumet-on généralement à quchiue travail?
Répoimsu. Non. Et tous ceux qui travaillent, soit au Puits, soit au Poly des Glaces, le font librement et volontairement, (excepté cependant
2/i8 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
les enfants de la Correction, ({ue l'on oblige de travailler pour les soustraire aux dangers de l'oisiveté).
5" QUESTION. Qui sont ceux que l'on employé au Grand Puits, au Poly des Glaces?
Réponse. On n'employé au Poly des Glaces que des prisonniers de bonne volonté, et c'est par tour d'ancienneté qu'ils passent du Poly au Grand Puits, ;i mesure qu'il vient îi y vacquer des places.
AHTICLE XI.
i'" QUESTION. Quels sont les prisonniers détenus aux cabanons?
Réponse. Ils ne diffèrent de ceux de la Force que parce qu'ils sont pensionnaires, ou qu'ils ont servi dans la sijreté, et que ces derniers seroient assassinés par leurs camarades, s'ils étoient mis dans les salles de force.
9" QUESTION. Comment sont-ils gouvernés?
Réponse, Le lieutenant de la garde de la maison est le gouverneur particulier des cabanons, il a sous ses ordres des porte-clefs et garçons de service, (au nombre de 16), pour distribuer les vivres, faire les commissions et autre service de ces prisonniers, qui, comme on le sait, sont logés tous séparément chacun dans une petite chambre d'environ 8 pieds en carré, dans laquelle il v a un lit composé d'une paillasse, sur un fond sanglé, avec matelas, draps, couvertures, traversin, etc.
3' QUESTION. Est-il, en ce moment, quelques prisonniers détenus au cachot, combien et pourquoi?
Réponse.. Non, et le dernier qui y fut mis, au mois de novembre dernier, pour peu de jours, et par forme de correction, y fut mis pour avoir fait un faux sur son extrait de baptême et avoir voulu tromper le Rureau.
1 " QUESTION. Quel est le nombre des vénériens annuellement traités à Bicestre ?
HOSPICE ET MAISOPs DE FORGE DE BIGETRE. 2/i9
Réponse. Le nombre des vénériens traités régulièrement , tous les ans, à Bicestre, est de 663, savoir :
Hommes 338/ ^/.<,
femmes j2D )
non compris, i° ceux et celles qui reçoivent des secours provisoires, soit dans les infirmeries, soit dans les salles d'attente de S' Eustache et de la Miséricorde, 2° les prisonniers vénériens, soit de la maison, soit des prisons de Paris, qui sont traités dans les infirmeries de la Force, et dont le nombre n'est point régulier.
9" QUESTioiv. Quel est le nombi^e des malades qui se présentent annuellement au traitement?
Réponse. Le nombre des vénériens qui se présentent au traitement à Bicestre est, année commune, de 1,763 et plus, puisque le nombre total des vénériens admis dans la maison pendant 1 0 ans est de 1 7,638
Savoir : Hommes 9,/i52 / ^„o
Femmes 8,186 j ''
dont le 1 0*" est : Hommes o/iB 2/1 0 / ^^ n ,
remmes 010 0/10 1 '
Le tout d'après un relevé exact des registres de la maison, d'oij l'on voit quelle est la proportion des malades traités méthodiquement, avec ceux qui ne le sont point du tout ou qui ne reçoivent que des secours passagers ou des remèdes palliatifs.
3* QUESTION. En est-il beaucoup dont la maladie ne soit pas k fruit de la débauche?
Réponse. Sur à peu près ()0 0 femmes gâtées, il y a environ une douzaine de nourices d'enfants trouvés, autant de femmes mariées honnêtes, quelques filles trompées, quelques nourices bourgeoises; les maris de la plupart de ces nourices d'enfants trouvés et bourgeois, et une trentaine d'enfants de ces mêmes nourices; on pouroit y ajouter quelques hommes prétendant avoir été gâtés par leurs femmes libertines, et quelques enfants ou jeunes personnes des deux sexes, nées avor le vice vénérien.
h" QUESTION. Quelle esl la mèlhodc nnploijéc pour leur hmlemcnl, cl combien dure-t-il?
Réponse. Voyez pour la nature du traitement la réponse à la i" question de l'article 3% page G . sa durée est régulièrement de six semaines, cependant on le prolonge autant qu'il est nécessaire pour ceux dont les simplômes annoncent qu'ils ne sont pas guéris au bout dudit lems: il y en a même qui repassent jus(ju'à deux et trois fois les remèdes.
Le traitement fini, on prend i5 jours pour nettoyer et réparer les salles, lits et infirmeries, et pour donner le tems à la nouvelle bande d'arriver, en faire l'appel, etc., ce qui réduit à fi 1/2 le nombre des traitements qui se font chaque année.
0" QUESTION. Sort-il beaucoup de mahidea pnrfmlemenl ffuéris?
Réponse. Nous avons dit, dans notre réponse à la i"^ (jucstion du présent article, que le nombre des vénériens annuellement et méthodi(|uement traités à Ricestre, est de 6fi3. En rapprochant ce nombre des calculs faits sur le même sujet, article 3% 1" question, page i) . on verra que le nombre des malades sortant guéris, ou réputés tels, après avoir passé les remèdes, est, année commune, de fiG3 et consé- ([uemment
6* QUESTION. Quelle esl. année commune, la morlahlé de cel eniplo
Réponse. La morUilité de l'emploi des vénériens libres, morts dans le traitement, est, année commune, de 00. et celle totale dudit emploi, aussi année commune, de SS 2/1 0. dont les s/S meurent, avant d'être admis au traitement, de maladies compliquées qu'ils prennent dans les salles des expectans.
N. B. Pour avoir des détails plus circonstanciés sur cet objet et sur tous ceux relatifs aux malades et infirmeries de Ricestre, il serait bon de recourir au mémoire que le sieur Cullerier, chirurgien [)rincipal de ladite maison, et v gagnant maîtrise, a eu l'honneur de présenter à M. de Jussieu, il v a environ deux mois, et qui doit être présentement entre les mains de MM. de La Saudade ou Raignères, commissaires au Département des hôpitaux.
HOSPICE ET MAISON DE FORGE DE BICETTiE. 25t
i""" QUESTION. A qui le régime intérieur de la maison csl-il confé? Réponse. A l'économe, sous l'autorité de l'administration.
2^ QUESTION. Quels moycus sont cmplotjés pour le maintenir? Réponse. Vigilence, force et prudence.
3" QUESTION. Quel nombre de personnes chargées de concourir à sa manutention ?
Réponse. L'état ci-joint répond à cette question, quant au nombre et aux qualités de ces personnes, et celui des vivres, quant à leur traitement en aliments. On peut cependant ajouter ici que le nombre total de ceux qui sont chargés de concourir ù la manutention du régime de Ricestre est de 196 personnes, y compris l'économe, sous-économe, ecclésiastiques, la communauté des sœurs olïicières, gouvernantes, etc. les commis des différents bureaux, les chirurgiens, gardes, apothicaires, maîtres et sous-maîtres, gouverneurs et sous-gouverneurs, etc. et non compris les maîtres et compagnons des boutiques, garçons de services, ouvriers, etc.
h" QUESTION. Quels sont les gages et traitements de ces personnes?
Réponse. L'économe de Ricestre enverra à M. de Jussieu, dans le courant de la semaine prochaine, l'état de recellc et dépense, appointements, gages et fixations de ladite maison, et cet état répondra complettement à la question ci-confre.
1" QUESTION. Comment se font la recette et la dépense?
Réponse. Par l'économe de la maison, en vertu du pouvoir qui lui en est confié par l'administration, et conformément à ses délibérations, etc.
2' QUESTION. A (jui les comptes sont-ils rendus? Réponse. A l'administration de l'Hôpital Général.
3^ QUESTiOîv. La maison a-t-cllc quelques objets de recetle paiiiculière , indépendants de la caisse générale de l' Hôpital ?
Réponse. Non, vu ([ue l'on compte à celte caisse de toutes recettes et dépenses, cependant l'économe de Bicestre reçoit, à cette condition, le prix des lits seuls des Bons-pauvres, ainsi que leurs pensions et celles des prisonniers et fous, (|ui en payent. 11 reçoit de même le produit de la vente du vin et de l'eau de vie, des vieilles futailles, pots à beurre et autres bagatelles.
Par exemple : i° Le produit du travail des pauvres?
Réponse. La maison de Bicestre a i/h de bénéfice, ajouté sur la totalité du produit des glaces polies par les prisonniers de ladite maison pour le compte de la manufacture royale etc., objet qui pouvoit produire environ 1,200 livres par an et qui se trouve réduit bientôt à rien, depuis que le nombre des prisonniers qui y travailloient, diminue de jour en jour, et que le peu qui reste se décourage du travail et ne respire plus que la liberté.
2° La même maison a un sou pour livre pesant net de la laine ouvrée par environ 60 Bons-pauvres travaillant au profit du couverturier de l'Hôpital Général, objet qui produit annuellement 1,000 à 1,200^.
N. B. L'économe reçoit aussi le bénéfice de ces deux objets et en rend compte à l'administration.
3° Il y a encore à Bicestre une petite manufacture de lacets et lizières, établie à la Correction, dont le bénéfice, (s'il y en avoit), devroit être également versé àlacaisse économale, mais la décadence du commerce est cause qu'il n'y en a point eu depuis plusieurs années.
2" La dépomlle de ceux qui meurent?
Re'ponse. Cette dépouille, (tant des Bons-pauvres que des prisonniers), étoit vendue autrefois au profit de la maison, et le produit de cette vente versé à la caisse de l'économe, qui en rendoit compte à l'adminisl ration, mais le grand nombre de prisonniers sortis de Bicestre, depuis quelques années, et qu'il a fallu revêtir, à leur départ,' parce que leurs bardes se trouvoient perdues ou mangées des vers, a
épuisé presque totalement cette bninche de recette, le peu qui en reste entre toujours dans la comptabilité de l'économe.
Fait et arrêté au château de Bicestre par nous économe soussigné de ladite maison, ce 3o avril 1790.
(Signé) : Hagnon.
Original signé, Arcljives nationales, F'^ 1861.
[t).] LETTRE D'ENVOI PAR M. HAGNO?» À M. DE JUSSIEL DE SES REPONSES AU QUESTIONNAIRE RELATIF À LA MAISON DE RICÊTRE.
2 mai 1790.
2 may 1790.
J'ai l'honneur de présenter mon respect à monsieur de Jussieu et de lui envoyer ci-joint les réponses aux questions qu'il méfait relativement à la maison de Bicestre, et je désire avoir rempli ses vues.
Hagnon.
Minute, Archives nationales, F'* 1861.
LETTRE DU COMITE DES LETTRES DE CACHET À M. BAILLY AU SUJET DE LA REQUÊTE PRe'sENTÉE À L'ASSEMBLe'e NATIONALE PAR DIX PRISONNIERS DE BICÊTRE.
7 octobre 1790.
i M. Bailly, maire de Paris.
A Paris, ce 7 octobre 1790.
Dix prisonniers de Bicêtre, Monsieur, ont présenté, il y a plus de trois mois, à l'Assemblée nationale une requête, où ils se plaignent qu'on n'exécute point son décret à leur égard.
Le premier est Louis-Martin Patureaux, détenu depuis le 6 octobre 1786, sur la demande de son frère, marchand conliseur, rue des Lom-
-25/i L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
bards, lequel avoit imputé au détenu d'être un homme violent et fort à craindre, s'étant trouvé saisi d'un j)istolel, d'une poire remplie de poudre à tirer et de cinq balles, dont (il) annoncoit vouloir se servir contre sa famille et ensuite contre lui-même. La note de Bicétre porte qu'il avoit déjà subi une détention de quelques années dans cette maison, mais qu'il se comporte bien. Quoiqu'il en soit, si depuis le décret du 16 mars, sanctionné le 2 G du même mois, on n'a pas porté de plainte contre ce particulier, il doit être élargi, suivant l'article fi de ce même décret.
Le 9% le sieur de Fontalard, renfermé à S' Yon par lettre de cachet du 1 1 mai 1786, et transféré à Bicêtre le if) mars dernier, est accusé, porte la note de S' Yon, d'avoir tué son frère d'un coup de fusil. Son procès a été instruit au Parlement de Pans. L'état de M. de S^ Priest, contenant le nom des personnes frappées par lettres de cachet, porte que le sieur de Fontalard est renfermé parconmiutation do peine de mort en celle d'une détention perpétuelle. S'il n'y avoit pas de jugement en dernier ressort, il seroit dans le cas des articles IV et V du décret ci devant cité, et on ne pourroit lui refuser la faculté de se faire juger.
Le 3% Antoine-Martin Dumagny, inculpé par sa mère, est détenu à sa requête, sans qu'aucune plainte paroisse avoir été portée contre lui, conformément au décret de l'Assemblée nationale, en sorte qu'il nous semble être dans le- cas d'être relâché. Quoiqu'il soit accusé de vol chez sa tante, de s'être tiré un coup de pistolet dans la bouche aux Champs Elisées, rien n'est prouvé. Il a un certificat avantageux du sieur Hagnion sur sa conduite à Bicêtre.
Le li% Jean-Baptiste La Bottière, a été transféré du Chùtelet à Bicêtre le 01 octobre 1788, comme mauvais sujet, arrêté plusieurs fois pour vols. L'ordre du Boi pour sa détention n'a pas encore paru, et les notes de Bicêtre portent que ce jeune homme est un bon sujet. Pourquoi retient-on encore ce prisonnier?
Le 5% Jacques Phelug, détenu pour avoir volé une montre, avec sa chaîne d'or, au sieur Vatrin, maître de pension à Picpus. Il a été renfermé à la prière de sa famille et transféré du Chùtelet à Bicêtre. Il doit être dans le cas de l'article /» ou 6 du décret.
HOSPICE ET MAISON DE FOKCE DE BIGETHE. i>55
Li! C)% Jean-François Le Clerc, âgé de 20 ans et demi, transféré le 19 juin 1789 des prisons dn Chàtelet à Bicêtre, en vertu d'un ordre du Roi. Le dernier état de Bicêtre porte que les motifs de sa détention ne sont connus qu'à la police. Une note écrite sur un premier état, fourni par la même maison, dit qu'il est coupable de vols chez des particuliers que sa mère s'est empressée de désintéresser, et qu'elle l'a fait renfermer. Au reste, l'état atteste qu'il se comporte bien. Nous le trouvons dans un cas non moins favorable que les trois précédents.
Le 7% Pierre Le Beau. L'ancien état de Bicêtre porte qu'il est prévenu de vols pour lesquels il n'a pas été condamné, faute de preuves, et qu'il se comporte bien. Or peut-on punir sans preuves?
Le 8% Dominique Henriot, âgé de 33 ans. Un état de Bicêtre porte: «prévenu et même convenu d'avoir volé chez M. Perrier, notaire, son ancien maître, 9,82 i^ 17% tant en or qu'en argent, et d'avoir aussitôt pris la fuite pour se rendre dans son pays, où il a été arrêté par la mareschaussée, transféré sur la demande de M. Perrier, qui paye sa pension. -5 Le même état ajoute que ledit Flenriot est assez tranquille. Un second état dit que ce particulier a été transféré des prisons du Chàtelet à Bicêtre le 29 septeml)re 1787, en vertu d'un ordre du Roi. S'il y a plainte et qu'Henriot soit trouvé coupable, il doit être jugé conformément aux articles III et V du décret du mois de mars, à moins qu'il ne préfère de finir en prison le temps déterminé par sa lettre de cachet, lequel ne pourra cependant excéder six années, suivant l'article IV du même décret, bien que le terme de la détention fût illimité.
Le 9% Dominique la Porte, renfermé, dit l'état de Bicêtre, sur la demande de sa famille pour penchant au vol, ayant déjà été renfermé à Bicêtre. Cet état ajoute qu'il se comporte très bien. Point de preuve, point de plainte à ce qu'il pareil. Pourquoi donc n'est- il pas élargi?
Le 10% Joseph Chapuis, âgé d'environ 18 ans, prévenu, dit l'état de Bicêtre, d'être auteur ou complice de vols, pour lesquels il n'a pu être condamné faute de preuves. Détenu depuis le 7 juillet 1 789, sur la demande de son père, il a été transféré du Chàtelet à Bicêtre. N'estil pas dans le cas du prisonnier ci- dessus cité, article 8? ou s'il y a
une sentence de décharge de l'accusation, il doit sortir, suivant l'article 8 du décret du 1 6 mars
Nous avons l'honneur d'être avec un sincère attachement. Monsieur, votre, etc.
Signé : Barère.
Copie, Archives nationales, DV 6, n° 78, fol. 22.
LETTRE DU COMITE DE MENDICITE À M. HAGNO.N, ÉCONOME DE BICETRE, AU SUJET DES MAUVAIS TRAITEMENTS QUE FERAIT EPROUVER LA SOEUR OFFICIÈRE DE LA CUISINE À UN EMPLOYE NOMME BUQUET POUR AVOIR FOURNI DES RENSEIGNEMENTS AU COMITE.