‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 88 sur 229 · SALPÊTRIÈRE · texte numérisé non relu

SALPÊTRIÈRE

Le vêtement des pauvres infirmes et valides est composé d'un juste et d'une jupe de bure grise, appelée vulgairement tiretaine sur fd, qu'on leur délivre tous les deux ans, avec une paire de bas de laine tous les ans. Celui des jeunes fdles et enfans, d'une jaquette et d'un jupon, de pareille étolfe, avec une paire de bas de laine pour l'hiver et des chaussettes de toile pour l'été.

On donne des sabots en général à tous les pauvres qui en ont besoin, de plus une chemise par semaine et quelquefois plus, suivant leur besoin, avec mouchoir et cornette, et des draps tous les mois autant ([u'il est possible.

J'ai l'honneur de présenter mon respect à M. de La Saudade.

(Signé) : Dommey.

Minute, Archives nationales, F'^ 1861.

LETTRE DE M. DOMMEY À M. DE JIJSSIEU, ACCOMPAGNANT L'ENVOI DES RÉPONSES AUX DEMANDES FAITES PAR LE DEPARTEMENT DES HOPITAUX SUR LA SITUATION DE LA SALPETRIERE.

19 mai 1790.

M. (Je Jussieu.

Monsieur.

J'aurois satisfait bien plutôt à vos dernières demandes sur différents

objets concernant la maison de la Salpetrière, si je n'eusse été obligé de les quitter jDour donner à M. le duc de Liancourt une infinité de renseignements qu'il m'a fait l'honneur de me demander, relatifs aussi à cette maison, et que je lui ai fournis dimanche dernier.

Je joins à mes réponses pour vous. Monsieur, un état détaillé des lits de la maison, et un autre état du dénombrement par distinction de personnes de toutes celles qui composent ladite maison de la Salpetrière, que j'ai trouvé qui manquoient à tous ceu\ que j'ai eu l'honneur de vous remettre jusqu'à présent concernant cette maison.

11 ne me reste plus, Monsieur, à vous fournir que le relevé de la recette et de la dépense de chaque mois depuis le i" janvier dernier, ainsi que l'état des diverses provisions, ou objets de consommations, qui existoient à cette même époque, et qui m'ont été demandés de votre part par M. Henaut, chef de la comptabilité au Déparlement des hôpitaux, mais il me seroit dillicile de pouvoir vous dire quant ils seront prêts, car je suis excédé de toutes sortes d'autres demandes pressées que je ne puis différer de fournir. Vous pouvez être sûr, Monsieur, que je m'en occuperai le plutôt qu'il me sera possible, avant on ne peut pas plus à cœur de remplir toutes vos vues à cet égard comme à toutes autres choses.

Je suis avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

(Signé) : Dommey.

Miniile, Archives nalionales, P''^ 1861.

RÉPONSES \UX DEMAÎNDES FAITES PAR LE DEPARTEMENT DES HÔPITAUX AU SUJET DE LA SALPETRIERE.

19 mai 1790.

t""*. A quelle époque remonle la fondation des Ménages; qui les a fondes ; quel est leur nombre, déterminé par la fondation, et pourquoi a-t-il été réduit, quelles conditions jaut-d réunir pour ij être admis; quels sont les

nvantnp-es dont ils jouissent ; quobserve-t-on en cas de prédéccs de l'un des époux, et que devient le survivant ?

Répo>se. L'édit d'établissement de l'Hôpital Général, d'avril 1-656, ne parle point de celui des Ménages.

Parle règlement donné par le Rov, le 27 avril audit an i656, il est dit, article 3, «les pauvres mendians mariés ne seront admis dans l'Hôpital Général 5?.

Par un arrêt du Parlement, du 7 septembre 1660, il est dit entr'autres choses que «les Directeurs de l'Hôpital Général se pourvoiront par devers le Roy pour obtenir la permission d'enfermer les mendians mariés».

Par une déclaration du Roy, d'aousl 1661, il est dit que « dérogeants cvpressément au cinfjuièine article des règlements du â-y avril i6ô6 pour l'exception des mendians mariés, nous voulons et ordonnons <jue tous les mendiants mariés soient incessament renfermt's dans l'Hôpital Gén'éral comme les autres non mariés?'.

Suivant l'extrait du procès-verbal de MM. d'Oviat et Saintot, commissaires députés par la Cour pour connoilre l'état de l'Hôpital Général, du •2'2 janvier iGG3, appert qu'il v avoit alors 2G0 ménages mariés, mais il n'est pas dit comment ils éloienl logés.

Par un acte passé devant Mounier et son confrère, notaires, le 3o décembre i665, appert que M. le cardinal de Mazarin a donné de son vivant à l'Hôpital Général la somme de cent mille livres pour employer à la construction du grand bâtiment de la Salpétrière, où logent les hommes mariés, et a légué encore audit hôpital par .^ou testament, du 6 mars 1661. la somme de soixante mille livres (pii a été exactement payée.

Telle est la seule fondation dont on ail connoissance et qui se soit trouvée dans les archives de l'Hôpital, il paroit qu'elle n'a eu pour objet que le logement, mais que d'ailleurs elle n'a rien ajouté au traitement ordinaire des pauvres dans les hôpitaux, ni en avoir déterminé le nombre.

Le nombre actuel des ménages est de 108 pour maris et femmes, faisant 216 individus. On auroit pu même en loger un plus grand nombre, si l'on n'eût été obligé de prendre une partie des chambres du bâtiment pour v pratiquer deux petites inlirmeries et pour v loger les

personnes employées pour le gouvernement et le service de cet employ, ainsi que les chirurgiens et autres personnes employées au service commun de la maison, sans cela le nombre se rapporteroit à celui de 260, dont il est parlé dans l'extrait du procès verbal, dont est mention cy-dessus.

On n'a point de connoissances positives que le nombre en ait été diminué, l'extrait du procès-verbal, dont est mention cy-dessus, prouve qu'ils étoient autrefois un plus grand nombre, mais on ne peut dire quand et comment ils ont été réduits.

Au-dessus des chambres sont pratiquées des soupentes en espèces d'entresols , qui servent à loger en dortoirs les travaillants de la maison.

En examinant les états et journaux, l'on pourra observer que le nombre des ménages (jui v est annoncé est moindre que celui désigné cy dessus, et dans le fait la différence en est sensible, mais néanmoins le nombre n'en est pas moins complet ; cette diflférence apparente provient de ce qu'une partie des hommes de ces ménages étant employés à dilférens travaux , se trouvent classés à l'article des autres travaillans de la maison, par la raison qu'ils ont un traitement différent de celui des simples pauvres, et paroissent par conséquent diminuer d'autant le nombre des ménages.

Pour être admis aux Ménages, il faut que le mari et la femme soient âgés de 60 ans, qu'il soient nés de la ville, banlieue ou vicomte de Paris, ou qu'ils v soient domiciliés au moins depuis deux ans; qu'ils fournissent chacun leur extrait baptistaire avec leur extrait de mariage, et un certificat de pauvreté du curé de leur paroisse. En se présentant au bureau de l'administration avec toutes ces pièces, on y expédie le billet d'admission, après quoi, on enregistre ces pauvres à la Salpétrière, à l'effet d'y prendre datte pour y entrer à leur tour, n'y ayant jamais de place vacante qu'elle ne soit remplie sur le champ par le premier enregistré. Après cet enregistrement, si l'un ou l'autre, ou tous deux mêmes veulent entrer dans les maisons de l'Hôpital en attendant leur tour, le mari est placé à Bicestre et la femme à la Salpêlrière.

Les seuls avantages dont jouissent les pauvres des Ménages sont ceux de se trouver réunis maris et femmes dans des chambres, chacun en particulier ; leur traitement d'ailleurs est exactement le même que celui des autres Bons-pauvres de la maison.

268 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A l'AUlS.

Si la femme meurt la première et (jiie le mari demande à rester à l'hôpital, on le fait passer à Bicestre: si au contraire c'est le mari qui meurt le premier, dans le même cas, la femme passe dans un des dortoirs de la maison.

2^ Quelles espèces de pauvres sont reçues à lu Snlpêlrière ; quel â/re, quelles qualités exige-t-on pour l' admission ; les injirmités sans làge sontelles un titre ?

Réponse. A l'exceplion des Ménages pour maris et femmes réunis, on ne reçoit à la Salpètrière que les pauvres du sexe féminin.

Pour être admis dans cette maison comme Bon-pauvre, il faut être né de la ville, faubourgs, banlieue, vicomte et prévôté de Paris, ou y avoir été domicilié au moins pendant deux ans. être âgé de 60 ans et au-dessus ; les jeunes iilles n'v sont admises que depuis l'âge d'un an jusqu'à 1 9 , à moins d'infirmités reconnues et attestées par des médecins ou chirurgiens de Paris, lorsque les pauvres se trouvent entre l'âge de 1 2 à 60 ans. Il faut en outre que tous les pauvres fournissent leurs extraits de ba[)têmes avec un certificat du curé de la paroisse où ils demeurent, qui attestent qu'ils sont pauvres, (infirmes, s'ils le sont) et hors d'i'tnt de gagner leur vie.

3^ Comment les pauvres sont-ils distribues; réunit-on ensemble les malé- Jiciés, les infirmes; y a-t-il des salles ajfectées à telle infirmité , à telle maladie; les pauvres de tout âge, attaqués d'un même mal , sont-ils réunis: a-t-on des locaux particuliers pour les enfans, sains, malades : en cas de maladie, tous les Bons-pauvres sont-ils envoyés à l'Hôtcl-Dicu : n'ij a-t'il à ce sujet aucune distinction de personne, de maladie; quel est habituellement à ta Salpètrière le nombre des malades, et année commune, celui des morts; T Hôtel-Dieu reçoit-il de l'Hôpital Général quelque chose pour leur traittement. et en* cas de mort pour leur sépulture ?

Réponse. Tous les pauvres en général sont logés en commun dans différens bàtimens, classés et réunis en dortoirs par distinction d âges et d'infirmités. On peut consulter à cet égard les feuilles journalières qui ont été déjà fournies au bureau du Département des hôpitaux.

Avant l'établissement dans la maison d'une infirmerie générale pour

HUPITAL DE LA SALPETIUEHE. :>(iU

les pauvres, qui y sont à demeure, on les envoyoit tous à l'Hôlel-Dieu, mais depuis ce nouvel (Hablissement, (|ui a conmicncé à avoir lien en juin 1787, on n'y envoyé plus que los folles et les épileptiques.

Le nombre commun dos malades, cpii varie journellement, est toujours d'environ 34o, y compris les infirmeries des prisonnières.

Avant l'établissement de ladite infirmerie générale pour lespauvr.cs, le nombre des morts, année commune, étoit de liSj, et depuis cet établissement jusques et compris l'anrK'o i78(), il est de 628.

On n'a j)oint de connoissance que l'Hôpital Général ait jamais rien payé à l'Hôtel Dieu pour le traitlement et la sépulture des malades qu'il lui envoyé.

k\ Quelles sont à In Salpêtrière les maladies régnantes; en est-il dont le fréquent retour paroisse devoir être attrilmé à quelque eause particulière, tenant à la disposition des bâtimens ou au régime des pauvres de cet hôpital?

PiÉPONSE. La galle est la maladie la plus babiluellc parmi les enfans delà maison; quelques grandes personnes en sont attaquées aussi; il y a une infirmerie établie uniquement pour cette maladie, où l'on met tous les enfans qui en sont atta(jués et où ils sont traités avec grand soin, mais toujours infructueusement et sans que jusques à présent on ait pu parvenir à la détruire, parce qu3 souvent ceux qui se trouvent guéris, rentrant dans leur dortoir, la reprennent par la communication qu'ils ont les uns avec les autres, ou par l'air même qu'ils respirent dans ces dortoirs.

De plus, les médecins et chirurgiens de l'hôpital ont depuis 20 l\ 26 ans observé qu'il règne à la Salpêtrière presque sans interruption, une quantité prodigieuse de fièvres intermitantes, dont la pluspart ont une fort mauvaise issue, ou tout au moins fort rebelles à guérir. C'est plus particulièrement en automne qu'elles naissent, elles s'éteignent à peine pendant l'hiver et se renouvellent au printems pour continuer pendant l'été. Cette continuité de maladie, jusqu'icy inouie dans la maison, fait augurer avec vraisemblance que l'émanation méphitique des eaux stagnantes de la Garre et l'exhalation putride de la voirie qui l'avoisine, portent le plus grand préjudice à la santé et sont la cause principale des fièvres de tous genres qui ont déjà moissonné une infinité d'individus, et en elTet, la Salpêtrière, déjcà insalubre par elle-

270 L'ASSISTANCE I'IjBI.IQUE A PAKIS.

même à cause de sa grande population et de ses acqueducs qui l'infectent du côté du nord, et de sa situation proche la petite rivière qui charrie tous les immondices des Gobelins et du faubourfr S' Marcel, ne peut manquer de le devenir davantage par le surcroi d'infection qu'elle éprouve au levant à cause de la Garre et au midi par la voirie. On ne se permettra ici aucunes réflexions sur le danger de ces émanations dépopulatives, il est généralement reconnu qu'elles peuvent frapper mortellement une infinité d'individus, et que c'est toujours dans les lieux où il se trouve des marres, des étangs et des marais, que régnent avec abondance des fièvres de toutes espèces.

En éloignant la voirie placée près du cimetière de la maison, qui déjà dans de certains tems y donne de l'infection, cet objet meurtrier d'insalubrité étant retranché du voisinage de la Salpétrière, cette maison n'auroit plus rien à désirer pour la santé des individus qui l'habitent, sinon que de voir l'hôpital en état de s'occuper du soin de supprimer l'infection qui provient des rigoles fangeuses qui servent de décharge aux immondices de cette maison, en les voûtant en totalité, comme le sont déjà en partie les autres acqueducs. On ne revient point ici sur l'objet de la Garre, dont on a parlé plus haut, en ce qu'il paroit qu'on s'occupe maintenant de la remplir.

5*. Quel est à la Salpétrière le régime des Bons-pauvres, tant infirmes que valides; comment sont-ils nourris, couchés, vêtus; les oblige-t-on a quelque exercice de piété; comment leur journée est-elle remplie, quelle en est la marche, et à quoi occupe-t-on les valides; où va le produit de leur travail, appartient-il en totalité à l'hôpital, ou s'il leur en laisse une partie; n'y a-t-il pas un nombre de pauvres employés aux ouvrages de la maison, quel est ce nombre, quels sont ces ouvrages et comment ces pauvres sont-ils traités ?

Réponse. Les dimanches, mardis et jeudis, on donne à tous les pauvres pour portion h onces de viande crue, réduite à 2 onces cuite; les lundis et mercredis, 1 once de beurre ou de fromage: les vendredis, le quart d'un litron de pois ou le tiers d'un litron de fèves: les samedis, 1 once de beurre ou de fromage.

Tous les jours en général, les pauvres ont depuis trois ([uarts jusqu'à cinq quarts de pain commun; une chopine de bouillon gras ou

IIÙPITAL DE LA SALPETRIERE. '211

inaijjn', suivant los jours, cl les septuagénaires ont de plus un demi seplicr de vin.

■ Les lundis el mercredis de chaque semaine, il est distribué la même portion de viande des dimanches, mardis et jeudis, au quart du nombre total des autres pauvres.

La plus grande partie des pauvres couchent seuls et a deux, les autres couchent trois et même quatre, plus ou moins ensemble, selon que l'on est plus ou moins chargé; leurs lits sont garnis pour l'ordinaire d'une paillasse, d'un matelas, d'un traversin et de deux couvertures, el on leur donne une j)aire de draps tous les mois.

Le vêtement des pauvres infirmes et valides est composé d'un juste et d'une jupe de bure grise appelée vulgairement liretaine sur fil, qu'on leur délivre tous les deux ans avec une paire de bas de laine tous les ans. Celui des jeunes filles et enfans, d'une jaquette et d'un jupon de pareille étoffe, avec une paire de bas de laine pour l'hiver et des chaussettes de toile pour l'été.

On donne des sabots en général à tous les pauvres qui en ont besoin, de plus une chemise par semaine et quelquesfois plus, suivant leur besoin, avec mouchoir et cornette.

Tous les jours, les pauvres vont à la messe, ainsi que les jeunes filles et enfans, excepté ceux de la crèche; il y a des chapelles dans tous les dortoirs d'infirme, où l'on dit la messe tous les jours pour ceux qui ne peuvent point aller à l'église; l'on fait la prière en commun matin et soir dans tous les dortoirs, et à différentes heures de la journée, il se fait des exercices de piété en prières et lectures spirituelles, de même (pi'il y a des heures aussi dans la journée où l'on fait garder le silence aux pauvres dans leurs dortoirs.

Tous les pauvres valides, jeunes filles et enfans sont occupés journellement ;i différens ouvrages, soit à tricotter, soit à filer de la filasse et de la laine, soit à travailler en linge pour la maison, ou pour le dehors, ainsi qu'en broderies, tapisseries et dentelles. Le produit de leur travail tourne au profit de l'hôpital, on leur en alloue environ le tiers pour leur procurer des douceurs et différens besoins que l'hôpital ne fournil point par son régime ordinaire; les uns en retirent une rétribution manuelle, et le produit des autres tourne entièrement au profit de dortoirs d'enfanls.

Il n'y a exactement que les paraliliijiies, les autres infirmes el les folles de qui l'on n'exige point d'ouvrages.

Cf. La pension que payent certains pauvres apporte-t-elle un changeinent à leur condition, et quel est ce clianfyenient ; quels sont les taux ordinaires des pensions, et combien y a-t-il de pensionnaires à chaque taux; ces pensions entrent-elles toutes et en totalité dans la caisse de Vliôpital; à qui se payent-elles et quel est, année commune, leur produit?

Réponse. Le nombre des pauvres et prisonnières payant pension varie journellement, il est au g février 1790 de 66, savoir : 4 de 600^, 1 de /loo^, 1 de 35o^, 7 de 3oo^, 3 de 960^, a6 de 200^, 1 8 de 1 5o*^, 6 de 1 00^ et i qo^.

Leur traitement est toujours proportionné au taux de leur pension.

Celles qui payent 600^ ont, tous les jours gras, à diner la soupe, le bouilli et une entrée; à souper du rôti et des légumes. Les jours maigre, à dîner la soupe, du poisson frais ou salé, avec des œufs et des légumes; à souper, des œufs, de ia salade ou des légumes. Tous les jours, du dessert, soit en fromage, soit en fruits, lorsqu'il y en a, avec 6//i de pain blanc et 'i/li 1/8 de vin, et en outre elles sont logées dans des cbambres à feu particulières et garnies de meubles, où on leur fournit 3 voyes de bois et 1 8 livres de chandelles par an.

Celles de /ioo*^ ont le même traitement, tant en gras qu'en maigre, que celles de 600^.

Celles de 35o^ ont, les jours gras, à dîner la soupe, le bouilli et une entrée, à souper du rôti. Les jours maigres, 5 dîner deux portions, dont une de morue et une de légumes, et à souper de la salade, des œufs ou des légumes, avec 6/4 de pain blanc et a/Zi de vin par jour.

Celles de 30 0*^ ont, les jours gras, à dîner la soupe, le bouilli et une entrée, à souper du rôti. Les jours maigres, pour dîner et souper trois portions, une de morue, une de légumes et une de trois œufs ou de trois onces de fromage, avec 6//1 de pain blanc et i/A 1/8 de vin par jour.

Celles de abo^ ont, les jours gras, à dîner la soupe et du bouilli, à souper du rôti. Les jours maigres, à dîner une portion de morue et une de légumes, et à souper une portion de deux œufs, ou de légumes, ou de fromage, avec 6/4 de pain blanc el )/'i 1/8 de vin par jour.

Celles de 200^ ont, les jours gras, à dîner la soupe et du bouilli, à souper du rôti. Les jours maigres, à dîner une portion de morue ou de légumes, et à souper une portion de deux œufs, ou du fromage, avec 6/^ de pain blanc et i//i de vin par jour.

Ces pensionnaires, depuis 200^ jusqu'à /loo^, sont ordinairement logées dans des petites cellules sans feu, ou dans des dortoirs.

Celles de i5o^ ont, les .jours gras, la soupe et un morceau de bouilli pour dîner et souper, et les jours maigres, aussi pour dîner et souper, la soupe, trois onces de beurre ou de fromage, ou le tiers d'un litron de pois, avec 5//i de pain blanc et 1/8 de vin par jour.

Celles de 100^ ont, les jours gras, la soupe et un morceau de bouilli pour dîner et souper, et, les jours maigres, aussi pour dîner et souper, la soupe, deux onces de beurre ou de fromage, ou le tiers d'un litron de pois, avec 5//i de pain blanc par jour, sans vin, à moins qu'elles ne soient septuagénaires, auquel cas il leur est donné ijk comme aux autres pauvres.

Ces pensions se payent toujours à la caisse de l'économat de la maison; leur produit, année commune de dix ans, est de .So,^^^^, y compris celle de 1789 qui n'est que de 1 8,366^, à quoi pourront monter environ à l'avenir les années communes, à cause de la diminution des prisonnières pensionnaires, qui s'est opérée depuis un an. Ce produit est versé ensuitte en totalité à la caisse générale de l'hôpital.

n"'. Acquierl-on par la pension le droit de coucher seul, ou y a-t-d quelnu autres moyens d'obtenir cette faveur ; tous les infirmes sans exception sontils couchés seuls; combien les lits communs réunissent-ils de pauvres; quel est le nombre de ces lits , quel est celui des hts particuliers?

Toutes les pensionnaires, excepté celles prisonnières, sont obligées de payer une fois seulement en entrant, en sus de leur pension, la somme de 120^, en apportant leur lit, ou iSo^sans fournir de lit, de même que pour jouir d'une cellule elles payent également en entrant une somme de 3 00^.

Les infirmes et autres pauvres sont aussi obligés de payer leur lit de la même manière que cy dessus pour jouir d'un lit seul , à l'exception de quelques dortoirs où les jeunes filles et enfans couchent seuls; il y a même aussi dans différens dortoirs, quelques autres pauvres

qui couchent seuls sans payer leur lit, suivant la nature de leur infirmité.

Les dortoirs dans lesquels sont placés les pauvres qui payent leurs lits sont ceux deS'^ Héleine, S' Charles, le Pavillon S' Louis, S** Renée, S'** Cécile, S' Claude et S'* Ursule, ainsi que celui de l'Ange gardien, où sont les cellules.

Les lits communs dans lesquels les pauvres couchent deux, trois, quatre et quelquefois même cinq, suivant la presse où l'on se trouve, réunissent environ 3,ooo personnes, et les lits particuliers environ 2,600.

On joint à ces réponses un état détaillé de tous les lits, loges et cellules de la maison.

S". Les infirmes sont-ils soumis à quelque traitement et quel en est le résultat; guérit-on à la Salpêtrière beaucoup de galeux, de teigneux, d'écrouellés, quel est liabituelletuent le nombre des malades de chaque espèce?

On ne traite point particulièrement les infirmes à moins de maladies formées.

On guérit à la Salpêtrière la galle, la teigne et les écrouelles. Le nombre des galeuses au traitement est toujours d'environ 100, celui des teigneuses et écrouellées de 160, l'un et l'autre nombre varie journellement.

Q*. La jolie est-elle traitée à la Salpêtrière, quel est le nombre des folles, leur régime, leur nourriture; en vertu de quels ordres y sont-elles reçues; arrive-t-il souvent que des malades de cette espèce recouvrent leur raison , soit par un bienfqit de la nature , soit par le secours des remèdes ?

On né traite point la folie à la Salpêtrière: le nombre des folles est toujours d'environ 5oo. Cet emploi est régi comme les autres emplois de la maison ; la nourriture des folles est la même que celle des autres pauvres, excepté qu'on leur donne 6/^ de pain par jour et que les autres pauvres n'en ont que b/h.

C'est en vertu d'ordre du Roy, d'arrêts, sentences, réception du bureau de l'administration , billets de l'Hôtel-Dieu et ordre de M. le Procureur général , qu'elles sont reçues et admises dans la maison.

Il y a très peu qui recouvrent leur raison naturellement, et point du tout par le secours des remèdes, puisqu'on n'en administre point à la Salpêtrière.

I o^ Quelle sorte d'éducation reçoivent les enfans â la Salpêtrière ; depuis quel âge y sont-ils reçus; jusqu'à quel âge y restent-ils; comment sont-ils tenus, alimentés; quel est fiabituellement leur nombre; perd-on beaucoup de ces enfans et par quelles maladies ?

II y a des écoles dans la maison, où les jeunes filles et enfans apprennent à lire et à écrire ; on les instruit d'ailleurs dans chaque classe particulière, dans la religion catholique, apostolique et romaine.

Les enfans sont reçus à la Salpêtrière depuis l'âge d'un an jusqu'à environ douze, pourvu que cet âge ne soit point accompli.

Ces enfans restent ordinairement dans la maison jusqu'à leur majorité, mais il arrive souvent qu'ils en sortent avant ce tems, lorsque des personnes de probité reconnue ou leurs parents les en retirent pour leur procurer des talens ou des métiers qui les mettent en état de gagner leur vie.

Voyez, quant au régime et à la nourriture, l'article 5 dans lequel se trouvent les détails sur ces objets.

Le nombre des jeunes filles et enfans est journellement d'environ i,6oo.

On ne tient point de compte particulier des enfans qui meurent dans la maison, ni de leurs maladies, ils se trouvent confondus parmi le nombre des autres pauvres qui y décèdent.

1 1 '. Quel est, relativement au nombre total des pauvres, celui des individus capables d'un travail quelconque; exige-t-on ce travail de tous ceux qui sont en état de s'y livrer, et quels sont les moyens que l'on employé pour l'obtenir; a quelle somme peut-on évaluer annuellement le produit du travail des pauvres ?

Le nombre des pauvres en état de travailler est d'environ i,8oo, dont environ 8oo travaillent au profit de la maison, environ 700 au profil des dortoirs où sont placés des enfans, pour leur procurer des douceurs particulières, et environ 3 00 travaillent à leur profit person-

nel à des ouvrages, soit en linge, soil en fiUiture de filasse pour la maison, qui leur en paye la rétribution, comme il est expli(jué en l'article 5 cy dessus.

Suivant l'édil d'établissement de l'Hôpital Général, tous les pauvres sont obligés de travailler au profit de la maison, au moyen du tiers qui leur est alloué sur le produit de leurs ouvrages, et on l'exige d'eux autant qu'il est possible ; on n'emplovo d'autres moyens de les y contraindre qu'en les privant de sortie, ou d'enfermement dans des dortoirs où les pauvres y sont couchés quatre et quelquefois même jusqu'à cinq , selon que l'on est plus ou moins pressé.

Le produit des ouvrages des pauvres au profit de la maison est évalué, année commune de dix ans, à i3,/i6f)^, y compris celle de 178c), qui n'est que de 11,810^, à quoi pourront monter environ à l'avenir les années communes, vu la diminution considérable des ouvrafjies que l'on donnoit à faire dans la maison, qui a eu lieu depuis environ un an.

12*. On renferme à la Salpêlnère les Jilles et femmes de mauvaises mœurs ; quel est habituellement le nombre de ces prisonnières ; y garde-ton celles qui se trouvent attaquées du mal vmérien ; quel est le régime de cette classe de femmes; en cas de grossesse que deviennent-elles et que fait-on de leurs enfans ?

Il y a aussi d'autres femmes détenues en vertu de jugements, ou d'ordres du Roi; quel est leur nombre, leur régime, etc.?

Le nombre habituel des filles et femmes de mauvaises mœurs, renfermées et détenues prisonnières à la Salpêtrière, étoit ordinairement cy devant d'environ de /i à 5oo. Ce nombre est considérablement diminué depuis un an et ne peut être évalué actuellement qu'à environ

Celles de ces prisonnières qui se trouvent attaquées de la maladie vénérienne, sont, dès leur entrée dans la maison, déposées dans un petit local particulier qui leur est destiné, elles y restent en dépôt jusqu'au moment où on les transfère à Bicestre pour y être traittées et y passer les grands remèdes, après leur guérison elles sont renvoyées à la Salpêtrière et réintégrées parmi les autres prisonnières. Pendant tout le tems qu'elles restent à la maison avant d'être transférées à Bicestre.

ce qui a toujours lieu le mardy, qui suit le jour de leur entrée dans la maison, leur traitement est par jour de 6/4 de pain commun et de 6 onces de viande crue, réduite à 3 onces cuite.

Le traitement des autres prisonnières de cette nature non malades est le même de celui dos pauvres de la maison, à l'exception d'un quarteron de pain qu'on leur donne de plus, c'est-à-dire qu'elles en ont 6//i par jour et que les pauvres n'en ont que 5//i.

On occupe ces prisonnières à travailler journellement en linge ou à tricotter, et le produit de leurs ouvrages tourne au profit de la maison, sans qu'il leur en soit rien attribué.

Lorsque parmi elles il s'en trouve enceintes, on les garde avec les autres prisonnières jusques vers la fin de leur grossesse, auquel tems , on les passe dans un dortoir uniquement destiné pour les femmes grosses; elles y accouchent, et leurs enfans, après être baptisés, sont envoyés aux Enfans-Trouvés; après le rétablissement de leurs couches, on les remet parmi les autres prisonnières.

Quelques unes des plus jeunes de ces prisonnières et celles renfermées par différons ordres à la sollicitation de leurs familles, formant une classe particulière dans la maison de force, sont astreintes aussi à travailler au profit de la maison et c'est ordinairement des ouvrages en linge. On retient une partie du produit de leurs ouvrages pour leur procurer quelques douceurs au delà du traitement ordinaire de la maison.

Le produit des ouvrages des unes et des autres se monte, année commune de dix ans, à environ 3,ooo^, y compris l'année 1789, qui n'est que de 2,269^, l^i^iuelle se trouvera encore beaucoup plus réduite à l'avenir, à cause de la grande diminution des prisonnières et des ouvrages que l'on était dans l'usage de donner cy devant à faire dans la maison.

Ce produit est versé à la caisse de l'économat, qui en compte à la caisse générale de l'hôpital , comme de toutes les autres parties de ses receltes et dépenses.

Le nombre des autres prisonnières détenues en vertu de jugemens, ou d'ordres du Roy, n'est actuellement que d'environ 220.

Le produit des divers ouvrages de ces dernières, qui sont ordinairement en tricot et filage de filasse, tourne entièrement à leur profit, la maison n'en retire rien.

Leur nourriture par jour est de ^jh de pain commun, 6 onces de viande les dimanches, mardis et jeudis, et k onces seulement les lundis et mercredis, réduite à moitié après la cuisson; les jours mai^jres, 2 onces de beurre ou de fromage ou le tiers d'un litron de pois.

i3*. On reçoit à la Salpêtrière des enfans légitimes allaités par leurs mères, qui par ce moyen restent dans la maison jusqu'au tems du sevrage de ces mêmes enfans. On désireroit avoir quelques détads sur cet usage, savoir quel est habituellement le nombre de ces enfans, de ces femmes, etc.?

Les enfans légitimes ou illégitimes non sevrés, que l'on reçoit à la Salpêtrière, n'y viennent jamais sans leurs mères; ils y restent ordinairement jusqu'à leurs sevrages , après lequel tems les mères se retirent de la maison et emmènent avec elles leurs enfans. Il est très rare que dans ces cas, elles les y laissent; lorsque cela arrive, on les place à la crèche, il n'est pas moins rare que les mères restent dans la maison, après leur nourriture, et si elles y restent, ce n'est toujours que pour très peu de tems.

Le nombre de ces nourrices est habituellement d'environ 20 à 3o, ce qui fait environ 5o individus pour l'hôpital.

Le traitement des mères et des enfans est désigné dans les différens états et journaux qui ont été produits à M. le président du Département des hôpitaux; il consiste pour les mères, savoir, les jours gras, en 6 onces de viande crue, réduite à 3 onces cuite, et les jours maigres, en 3 onces de beurre ou de fromage, ou le tiers d'un litron de pois, avec 6//i de pain commun par jour ; quant aux enfans on leur donne journellement de la bouillie, et de plus 3 de pain blanc pour leur faire du potage.

I k^. A qui le régime intérieur de la maison est-il confié, quels moyens sont employés pour le maintenir, quel est le nombre de personnes chargées de concourir à sa manutention ?

II y a à la tête de cette maison un économe et une supérieure en chefs, qui y représentent l'administration et y maintiennent en son nom 1 ordre et la police ; ils comptent de leur gestion à l'administration. De plus, un sous-économe et différens employés subordonnés à l'économe,

pour la régie, la comptabilité et les affaires tant intérieures que de correspondances publiques; des médecin, chirurgiens et apothicaires à demeure; et pour le spirituel un recteur et quinze ecclésiastiques desservants.

A la tête de chaque emploi ou dortoirs classés il y a une sœur officière , qui elle-même , a en sous ordre d'autres sœurs et gens de service pour le soin des pauvres, proportionément au nombre et au genre d'individus dont est composé l'employ. Toutes doivent compte et sont subordonnées à la sœur supérieure.

Les sœurs officières au nombre de 82 forment une communauté particulière, dominée et présidée par la sœur supérieure de la maison.

1 5^ Comment se font la recette, la dépense, à qui les comptes sont-ils rendus ; la maison a-t-elle quelques objets de recette particulière indépendans de la caisse générale de l'hôpital , par exemple, le produit du travail de ses pauvres, la dépouille de ceux qu elle reçoit , etc.

L'économe est seul chargé des recettes et dépenses intérieures de la maison; il en compte tous les trois mois à l'administration qui en arrête les comptes sur les différens journeaux et registres à ce destinés, et il verse tous les ans à la caisse générale de l'hôpital l'excédent en deniers de sa recette à sa dépense, sur un compte particulier, arrêté également par l'administration , dont M. le Receveur général et charitable lui donne décharge.

La recette consiste en 1 2 chapitres qui sont pris sur le compte rendu à ia caisse générale pour l'année 1789, savoir :

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