‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 94 sur 229 · PREMIÈRE OBJECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBJECTION

Les commissaires de police se trouvant placés dans les différentes sections de la capitale. et à la portée des habitans de chacune de ces sections, pourquoi ne leur donneroit-on pas à tous le droit d'envoyer aux Enfans-Trouvés les enfans qui dans l'étendue de leur arrondissement seront dans le cas d'y être portés ?

re'ponse.

Les commissaires de police et leurs secrétaires-greffiers seront souvent dans ]a nécessité de s'absenter de chés eux pour l'exercice de leurs fonctions, il arriveroit donc fréquemment que les sages-femmes ou autres personnes s'v présenteroient inutilement pour faire enregistrer des enfans, et l'on sait combien en pareilles circonstances les retards et les courses inutiles sont à la fois nuisibles à la conservation des enfans et dispendieux pour les personnes qui s'en chargent et qui pour se soustraire aux regards publics en remplissant une commission aussi répugnante à la sensibilité, prennent, quand elles le peuvent, une voiture de place. Il est encore une considération non moins puissante

et qui est présentée dans le plan. C'est l'avantage qui résulteroit évidemment pour le public de la réunion dans un même lieu de tous les enregistrcmens, on éviteroit par là aux personnes qui voudroient faire des recherches sur l'existence de ces enfans le désagrément de parcourir souvent sans succès les différens quartiers de Paris, lorsqu'elles ignoreroient la demeure du commissaire qui auroit fait l'enregistrement.

Il ne faut pas perdre de vue que ceux qui sont forcés de placer un enfant aux Enfans-Trouvés fuyent les regards de tous ceux qui les environnent. Si tous les citoyens étoient obligés de se présenter chés les commissaires de police de leur section, ils courroient toujours les risques d'y rencontrer une ou même plusieurs personnes de leur connoissance. Le secret qu'ils auroient tant à cœur de cacher se trouveroit par là divulgué, et le public se trouveroit privé de l'avantage dont il jouit aujourd'hui, puisqu'il a la liberté d'aller où il veut pour cet objet. Et c'est là sans doute la raison pour laquelle les commissaires qui avoisisinent les Enfans-Trouvés réunissent presque tous ces enregistremcns et que ceux qui sont éloignés n'en font pas ou presque pas. Il en est même plusieurs qui n'ont pas de registres ouverts à cet effet.

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