MANUFACTURES (PROJETS DE
AVIS DONNÉ À LA MUNICIPALITÉ DE PAHIS l'AH LE SIELH DELISLE POUR LA CRÉATION DE MANUFACTURES AU DEHORS, AVEC LETTRE D'ENVOI.
3 octobre 1791.
A MM. le Maire et Commune de Paria.
Paris, ce 3 octobre 1791.
Messieurs, j'ai l'honneur de vous adresser ci-cios mon avis relativement à vos désirs inse're's dans diffe'rents (journaux), que j'ai lus depuis mon arrivée à Paris, je connais cette partie et le local, j'avais écrit en conséquence à M. le Maire en août 1790, et, suivant sa réponse du 2 septembre suivant, il aurait bien voulu, mais la charge des ateliers de charité l'en empêchait; aujourd'hui. Messieurs, que vous voulez former un bien-être pom" la classe indigente de vos habitants, je récidive mes services et ne demande qu'à pouvoir subsister.
On peut commencer les achats par petites sommes de 12 à 10,000 livres, pomlescpielles je pourrai donner nantissement en contrats, et après la certificalion en forme de lemploi de cette sonune, vous en laites passer une pareille, et ainsi de même à fm* et mesure.
Je puis vous assurer que , si j'avais été liquidé des sommes qui me sont dues par l'Etat depuis 1788, j'am-ais contribué à cette entreprise avec plaisir.
J'ai l'honneur, etc.
(Signé) : Delisle.
Ans donné à MM. le Maire et de la Commune de Paris p/ir le sieur Delisle.
La capitale n'étant pas située avanta^'eusement pour v former des manufactures, à cause de l'éloignemenl des matières premières, cherté
564 l/ASSISTANCK PliniJQi;!-: A 1»AHIS.
(Il' iiKiiii-d'rr'iivio, cluiufTaffci cl I;i (lidiculh' de se procurer les nrjiirics iwoiirfs ;'i I;i M.'iMclicrio, il est évulfril (iiif si hi (wtMiimmc de l*;iiis a (If's fonds à faim valider [tour soulager la classe indijjeiile de ses liahilanls, il faut (lu'clle ('laMisse pour son comple, dans les endroits dénommés ei-après, différentes espèces de manufactures, et qu'ensuite elle forme un ma{jasin {jénéral à Paris pour la venle d'icellcs.
Kn diiïi'rents endroils de l'Arlois on peut <'(al)lir avec avan!a{je des nianulactures pour des has d(! fil, colon et laine, des toiles de toute espèce et rpialité, nappes, serviettes, mouchoirs blancs à raies rouges et autres ([ualités, conformes à ceux du Béarn et à meilleur comple, attendu ralxmdance el (pialité des lins et le modique prix de maind'œuvre. On peut, en outre, y faire faire lout(! espèce de dentelles blanches de fd, façon de Valenciennes, Malines, points de Bruxelles et d'An{;leterre.
Pour avoir la pr('poiid('rance pour la bonté et finesse sur toutes les porcelaim.'s fabiKjuécs en l'rancc!, il faudrait en établir uiu; aux environs de fiimo{fcs, où la matière se trouve des meilleures pour cette fabrication, \(' bois et la inaiii-d'ceuvre à jusl(? prix.
Tout ceci exifje des mises liors c.ons('îqueiil(îs et des personnes intactes à la léte de ces établissements; par ce moyen on labrupiera du beau et du l)on avec avantage des plus grands.
Les achats des lins se font à la fin de l'automne, afin de les faire filer l'hiver.
Noie (lu DéparlciiKMil des Klahlissomonls puMics :
ffli n'esl pas aisé de roinprciidn; comiiH^ril des iiiamifaclurcs et l'ahriqiios <''la- Mics il cent iieiios d(^ i'ai'is procnrcraionl des inoyeris de sid)sislaiire aux pauvres de ('('(le capitale, ni comineiil de paicilles riiln'|)rises, (|ui soiiveni nul |)t>ine à SI- soiilciiir iii;)lj|r(' loul(- racli\il(' de riiil(''i'(M parliciiliei-, iiiospéreiaieiil cuire les iiiaiiis (I Une adiMiiiisli-alioii |iiil)ji(pie. On conçoit seiilciiiciil ([iic le siciir hdislc a licsoiii (1)111 emploi. n
Mi)iuleH('j |i.), \irlilvcs nali(iii;ilcs, K'-' •i/i'j.
MANlirACTURKS (IMIOJKTS DK). r,G5
UKMVXDK \ L\ MIMCII'VMTI'; l'\U Li:s SIKIUS DlHOIS KT F.KN\IN, KNTHKl'IlKNKl IIS DK I.V MWLKACTIIII'; DK TOILK l'KINTK DU CI.OS l'AYKN SliH lA HIKVIli;, D'I \ l'ItlVr DJi 30,000 LlVIUiS l'OLIl DKVJiLOPI'lill LKUU INDLSTHIE.
7 fiivrier fj^f.i.
A M. I\'li()u. maire de Paris.
Monsieur, los sieurs Dubois, père cl fils, et le sieur Lenain, liomnie (le loi, onl entrepris, au mois de juin 1790, le rétahiisscincnt Av la inamilacliire de toile peinle dans I(ï clos Payen, sur la rivière de Blèvre, altciiarit le boulevard.
(^elte nianufaclure peut facilement mettre en activité 3 à /ioo ouvriers, mais les deux entrepreneurs, avec la meilleure volonté et le plus grand eoura{;e, avouent (pi'ils ne peuvent étendre leurs travaux autant que l'objet en est susceptible, parce qu'ils ont employé, depuis deux ans et six mois qu'ils ont commencé, toutes leurs facultés; ils ont la satisfaction de la réussite dans celle entreprise, ils ont surmonté infiniment d'obslades, ils ont soutenu des perles inévitables dans le commencement; l'expérience qu'ils ont ac([uise, leur zèle pour le succès de cette manufacture, le patriotisme qui les anime pour procurer de l'occupation à une multitude de familles «lu quartier de Saint- Marceau et (le la paroisse de (jentilly, les (b'iermuienl à eujplover leur crédit pour augmenter leurs travaux; ils demandent un secours à titre de prêt de la caisse de l'Administration pour un terme de fi , (» et 19 mois; ils offrent de comnMmi([uer à toute n''(juisition les rei'istres et livres de leur situation; les commissainjs, auxquels ils juslilieronl de leurs opérations, seront en état de certifier leur exactitude et leur intelligence.
Si, comme ils l'espèrent, M. le Maire a la bonté de proU'jjer leur ('tablissement, en leur faisant faN(; un pr<'l de 3o,ooo livres, il apprendra, peu (le jours après, (ju'une multitude de gens oisifs seront employés utilement dans cette manufacture, et, à rexem[)le de cette entreprise, plusieurs autres pourront se former, tant au dedans (pj'au deliors de cette ville; il est évident (jue tous ces ouvriers relenus dans
.IGG L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAHIS.
les ateliers seraient détournés des attroupements, d'où il no peut résulter que des insurrections toujours alarmantes.
(Signé) : Dubois, père et fds, Lenain.
Rue Simon-le-Franc.
Note du Département des Etablissements publics :
ff D'après les éclaircissements pris à ce sujet et ime conférence que nous avons eue avec le sieur Dubois, l'entreprise dont il s"a{;it ne nous pai-aît point de nature à mériter un pareil encouragement. »
Oriffiiial si[jné, Archives nationales, F'^ ai a.
REQUÊTE PRÉSENTÉE PAR LE SIEUR VOLLANT, À L'EFFET D'ORTENIR LA . JOUISSANCE DE LA HALLE AUX DRAPS POUR Y ÉTARLIR UNE MANUFAC- TURE DE DRAPS QUI OCCUPERAIT 800 À 1,000 OUVRIERS.
a8 mars 179a.
Il serait aussi dangereux qu'impossible d'accueillir tous les projets de bien public présentés par des particuliers, mais il y aurait de l'injustice à les rejeter sans examen. Ils sont tous, il est vrai, plus ou moins appuyés sur l'intérêt particulier de celui qui les présente, mais, outre ([u'il paraît juste que celui qui trouve le moyen d'opérer le bien général y trouve sa récompense, il est des caractères et des principes d'après lesquels on doit les juger. Lorsqu'ils sont simples, d'une facile exécution, d'une utilité frappante, et que l'intérêt public semble y dominer sur l'intérêt que peut y avoir l'auteur, il est bien difficile de leur refuser quelque attention, il est même important de les encourager.
Tel me paraît être celui que j'offre aujourd'liui. Je ne demande ni avances, ni encouragements, je me cbarge moi-même de tous les moyens d'exécution, je ne veux autre cbose qu'un local qui existe et dont l'emploi actuel est totalement inutile au bien public.
Je propose d'établir une manufacture de draps dans la capitale, d'y avoir journelb'inent 10 à 1 •.? métiers et d'y occuper 800 à 1,000 personnes.
MANUKACTIIIKS ^MUKIKTS l)K). 567
Parmi ces ouvriers, j'aurai un uonihrc (lélerniiné d'élèvos, ce qui otïrira un très grand avantage , cl [M)iir les hal)ilanls de la ( apilale (|ui pourront faire instruire leurs enfants dans imo. branche d'industrie nouvelle pour eux , et pour les manufactures et les fabriques des provinces, où ces élèves multiplieront le nombre des ouvriers; cette dernière considération est d'autant plus importante dans les circonstances que les manufactures et les fabriques manquent de bras.
Les troupes auxiliaires et les troubles ont enlevé beaucoup d'ouvriers, et les fabricants se trouvent dans l'impossibilité de fournir assez promptement aux demandes qu'on leur fait tous les jours. Il faut bien observer que la consommation de nos draps est devenue beaucoup plus considérable qu'elle ne l'était, soit par les besoins de l'intérieur, tels que l'habillement des gardes nationales, des auxiliaires, etc., soit par les commandes de l'étranger, qui, au lieu de nous vendre, vient acheter, parce qu'il y trouve son compte à cause de la perte des assignats.
Je crois qu'il est inutile de m'étendre davantage sur la nature de mon projet pour faire sentir jusqu'à quel point il contribuerait au bien public, mais je dois indiquer comment je désire qu'on me mette à même de l'exécuter.
Je ne demande pour tout encouragement que la jouissance du local de la Halle aux draps.
Jusqu'à ce jour elle a servi d'entrepôt pour les octrois, et, lorsqu'il existait des corporations, les marchands s'étaient arrogé le droit d'y nommer des commissionnaires, qui n'ont jamais été que d'une utilité très bornée et qui ont plutôt nui au commerce qu'ils ne l'ont servi, sont désormais sans but par la suppression des entraves de l'industrie particulière: ce qu'ils déposent à la Halle, ils le déposeront dans leurs magasins, et ils en ont tous. D'ailleurs, leur existence dans ce local n'est nullement de droit, et, supposé qu'il leur soit avantageux, peuton mettre en parallèle l'avantage de cinq ou six individus avec celui de plus de mille qu'alimenterait l'établissement que je propose?
J'espère que les bons citoyens, n'y voyant que l'intérêt général, le jugeront digne de la protection du Gouvernement.
Signé : L. Vollant.
Note du Département des établissements publics :
rPoiu- apprécier la demande du sieqi' Vollant, nous am-ions eu besoin de
quelques détails que nous n'avons point été à portée de lui demander, cet arlisto ne s'élant point présenté et son adresse n'olanl point indiquée, n
Copie, Archives nationiilos, F'^ a'ia.
LETTRE DU SIEUR VIRCHAUX AU M\IRE DE PARIS, PROPOSANT LA CREATION D'ÉCOLES DE FILATURE POUR PERFECTIONNER À PARIS L'ART DE LA FI- LATURE.
1 5 avril i 792.
(^e dirnanclie 1 .j avril 179-», et l'an '1 de la Liberté conquise.
Monsieur le Maire,
Je fus effrayé, hier au soir, d'apprendre au Conseil général de la Commune le peu de ressources que la Municipalité se trouve avoir pour se tirer du chaos où l'a placée l'ancienne Municipalité. Cependant, je crois que les revenus de la petite poste et du Lombard suffiront (moyennant qu'ils soient administrés par de bons cito\ens) pour la mettre à même de faire face à son passif. Mais cela ne sullira pas, si la Municipalité veut se ménager des fonds propres à éteindre la mendicité et à encourager l'industrie. La Municipalité, de la manière qu'elle s'organise, va inspirer la plus gratide confiance aux capitalistes, elle poiH'ra donc aisément trouver des fonds à 3 ou /i p. 0/0, sur lesquels elle gagnera, moyennant qu'elle veuille créer les établissements que je projette et d'autres qui seront propres à faire fleurir le commerce de Paris, au moins i5 à 20 p. 0/0.
Le premier commerce, ou plutôt l'àine du commerce, c'est l'agriculture, et on peut la considérer comme la tige de l'arbre. La filature tient le second rang avec tout ce qui en dépend, ce sont les maîtresses branches de l'arbre. Il n'v a peut-être pas de ville dans le contineiil plus favorabL' poiw établir des écoles de lilatiire (jue Paris, mais il faudrait y attirer (|uelques familles d'Allemagne, et surtout du duché de Luneboiiijj et du Voijftiand, pour former les élèves. En proposant des prix pour les femmes (jin' produiraient le plus beau lil, et en donnant tant d'Iiciires (lu in;ilin (a\;inl le dijcuner. poin' leur pro|»re bént-lice), vous verrez ('(lorc des prodiges et dis|»ar;iîlre l'ii peu jdc temps] les lilles de
MANUFACTURES (PROJETS DKl r)GO
débauche et toute esp(''ce de {jcus dt'sd'iivn's cl iiidijn'iils. Il l'iiiidiMit qu'il y eût un de ces i''(;iblissements dans chaque section de l'aiis, av(.'c un adininislraleur et [tlusicurs Inspcclriccs, amovIMcs. Je voudrais, par exemple, qu'il y l'ùl sept inspectrices pour chaque ccole, alin (|u'elles se relevassent tous les jours de la semaine. Ces inspectrices seraient des citoyennes qui auraient remporté un prix pour la lilalure et n'auraient aucuns appointements, ces fonctions hebdomadaires seraient purement bonoriliques.
En moins de cinq ans, il n'y aura [)lus d'enfant de huit ans qui ne Ijagne au delà de sa subsistance.
J'entends par fdature tout (il de chanvre, de lin. de laine, de soie et de coton. Il faut qu'à Paris on puisse labri(pier depuis la plus {jrosse toile à voile juscju'à la plus fine batiste. En décernant des prix en argent et en médailles analogues, vous atteindrez la plus grande perfection en ce genre. J'ose me flatter qu'il n'y a peut-être personne dans Paris f[ui soit à même de donner là-dessus les meilleurs renseignements que moi. J'indiquerai sous peu les moyens de rendre les comestibles abondants et à des prix très modiques, ils sont en vos mains. Monsieur le Maire.
Je suis, etc.
G. ViRCHAUX.
Note du Département des Etablissements publics :
ffNous n'avons déjà que trop de pauvres familles étrangères, attirées dans cette ville par les facilités qu'elles espèrent y trouver pour subsister, el (|uaiif aux ateliers, leur réduction paraît plus désirable que leur extension. ^
Original, Archives nationales, F'^ 96-3.
ATELIERS DE FILVTIRE.
RÈGLEMENT GENERAL POUR LES \TELIERS DE FILATURE ÉLARORÉ PAR LE DEPARTEMENT DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS.
38 novembre 1791-
!. les administrateurs des Etablissements publics, convaincus que l'ordre et la bonne harmonie, joints à la plus scrupuleuse économie, doivent être les bases cjui assurent la conservation des ateliers de fdature, dont l'établissement fait tant d'honneur à l'humanité, se sont occupés de ce but important depuis la création de ces maisons de bienfaisance.
Pour y parvenir plus sûrement, MM. les administrateurs ont cru devoir donner un règlement général et commun à chaque atelier, dont les différents articles déterminent presque toutes les fonctions que chacun aura à remphr, et établissent, en même temps, une subordination qu'il est absolument nécessaire de faire régner dans tout établissement.