HOSPICE SAINT-ANTOINE
(lëmiairc dernier, à la lettre que nous vous avions écrite, ic i 'i du même mois, relativement à la d('moli(ion de l'éj^lisc de la ci-devatit abbaye Saint-Antoine et des bâtiments adjacents, vous nous avez fait passer le rapport lall par le citoyen Clavareau , votre architecte, au sujet du plan que vous avez adopté pour les extensions de cet hospice et des démolitions qu'il exige.
Vous nous marquez qu'un nouvel examen vous a confirmé dans l'opinion que vous avez toujours eue de la nécessité indispensable de toutes ces démolitions, mais vous croyez que dans ce moment on peut se borner à faire démolir les trois lots lavés sur le plan de l'architecte de l'Agence nationale de l'enregistrement, en bleu, en jaune et en vert, et quant au lot lavé en rouge, vous pensez qu'il serait dangereux de ne pas faire un isolement entre une démolition de cette importance, qui sera longue, et une maison qui sous peu de temps sera remplie de malades.
En conséquence, vous nous faites part que vous adoptez le rapport du citoven Clavareau en tout ce qui concerne les trois lots ci-dessus et devant aboutir au mur de clôture et enfin jusqu'au corps de bâtiment que vous devez conserver dans la première cour, désigné sous les lettres A, B, C sur le plan; vous ajoutez que, quant à cette dernière démolition lavée en rouge, elle se fera lorsque les nouvelles extensions que vous avez cru nécessaires seront terminées, et que ces corps de bâtiments serviront pendant ce temps aux différents besoins de l'hospice.
Nous avons cru, citoyens, devoir communicpier à l'Agence nationale de l'enregistrement le rapport et le plan de votre architecte et lui donner en même temps connaissance de vos vues sur l'exécution de -ce plan, pour qu'elle eût i!i faire faire un nouvel examen de tout le projet et à nous en transmettre de suite le résultat avec ses observations. L'Agence nationale vient df satisfaire à ce que nous lui demandions, et nous nous empressons de vous instruire de la détermination dont les opérations projetées nous paraissent susceptibles.
Nous pensons qu'il faut non seulement faire démolir les deux petites maisons marquées AA sur le nouveau plan fait par le citoyen Clavareau, votre architecte, pour former la rue d'entrée directe de l'hospice, l'église marquée C, les petites parties de bâtiments marquées D, E, F, le tout teint en jaune, mais encore les bâtiments marqués H ,
situés dans les emplacements désignés par ce plan pour former la première et seconde cour.
Nous vous observons, citoyens, qu'il y aurait beaucoup d'inconvénient à surseoir à la démolition de ces derniers bâtiments, que vous proposiez de ne faire exécuter que lorsque les autres opérations nécessaires seraient terminées; il résulterait de ce retard un préjudice réel pour les intérêts de la République, qui serait exposée à perdre les avantages que l'on peut tirer dans le moment actuel de la vente de ces bâtiments, et la circonstance qu'ils peuvent servir momentanément aux différents besoins de l'iiospice nous semble mériter d'autant moins de considérations qu'on ne poui-ra se dispenser de les abattre par la suite, tant pour donner de l'air au principal corps de bâtiment que parce qu'ils deviendraient nuisibles à ceux que l'on doit y ajouter pour former l'ensemble de l'hospice. Enfin , nous pensons qu'il y a lieu d'adopter le plan du citoyen Clavareau dans son entier, et que les rues projetées, l'une en face de l'hospice, l'autre en travers, non seulement lui procureront la salubrité nécessaire, mais encore donneront les moyens de vendre avantageusement les terrains qui seront bordés par les rues et qui appartiennent à la Nation.
Nous vous prions, citoyens, de nous faire connaître si vous adhérez à cette détermination, afin que, d'après votre assentiment, nous soyons à même de donner les ordres convenables à l'Agence nationale de l'enregistrement pour qu'elle ait à faire procéder à l'adjudication des bâtiments dont il s'agit, à la charge de les démolir, d'en enlever les matériaux, et nous vous demandons de différer le moins possible votre réponse, attendu que le moment est favorable pour tirer un bon parti de ces matériaux au profit de la République.
(Signé) : Bocher, Poussielgue.
Original siyiié, Archives nationales, F" 370.
HOSPICE DES VÉIMËUIENS. 51
HOSPICE DES VENERIENS.
LETTRE DU DIRECTOIRE DU DEPARTEMENT DE PARIS AU MINISTRE DES CO>TRIRUTI0.\S RELATIVEMENT À UNE Re'clAM.ATION DU SIEUR DUGY, PORTIER DE L'HOSPICE DES VÉNe'rIENS, AVEC RAPPORT DES COMMIS- SAIRES DES HÔPITAUX À CE SUJET.
■2 , 3 janvier' 1793.
Le Ministre des contrihuUons.
Paris, le 3 janvier 1798, l'an 1" de la République.
Citoyen, nous vous faisons passer copie Je l'éclaircissement qui vient de nous être donné par les Commissaires des hôpitaux et prisons du Département, relativement à une réclamation du citoyen Dugy, portier de l'hospice des Capucins, rue Saint-Jacques.
Avant que cette maison ait été occupée par le Département pour servir au traitement des vénériens, elle était entre les mains du Gouvernement, qui payait les dépenses relatives à sa conservation.
Le citoyen Dugv avait alors été choisi par le Gouvernement pour garder cette maison, et il a été payé de ce service sur les ordonnances du Ministre. Vous verrez que, par une indifférence qui sans doute n'a pas été réfléchie, on lui a signifié, au mois de juillet 1791, dans les bureaux, qu'il n'était plus au service du Gouvernement, et on a refusé en même temps de le payer de six mois qui étaient échus jusqu'à cette époque.
Le citoyen Dugy a porté sa réclamation au Département, qui l'a écartée par la raison qu'il ne lui appartenait pas de payer un service fait pour le Gouvernement, avant que l'Administration prit possession de l'hospice des Capucins, de sorte que, rebuté d'une part par le Département qui ne l'a pas employé avant juillet 1 791, et, de l'autre part,
52 L'ASSISTANCE PLBLIQLE A PARIS.
par If Goiivernemont (jiii semble mik-onnaître son service, ce citoyen, restreint au plus simple nécessaire, souffre et se plaint du préjudice qu'il éprouve.
Nous vous prions, citoyen, de prendre en considération cet objet et de nous faire passer votre décision.
Les administrateurs composant le Directoire du DépurtemeiU de Pans, (Signé) : Salmon, (^olli.n, Leblanc, Dlbois.
RAPPORT DE LA COMMISSION DES HOPITAUX SDR LA RECLAMATION DU CITOVEN DUGY, DU PREMIER SEMESTRE DE SES APPOINTEMENTS DE I79I, EN QUALITE' DE PORTIER DE L'HOSPICE DES VENERIENS.
Du 2 janvior 1793, 1" de la République Irançaise.
Le Gouveriienient ayant lait en 178;} l'acquisition de la maison des ci-devant Capucins du faubourg Sainl-Jaccpies pour y former un hospice de ve'nériens , le citoven Diigy y fut placé au mois de juillet par M. de la Millière, comme concierge pour garder cette maison et veiller à sa sûreté. Le Gouvernement formant cet hospice à ses frais, on lui accorda, sur les fonds qui lui étaient destinés, 3o sols par jour pour tout Irnilement, qui lui furenl payés par M. Fieux, premier commis des finances.
Au mois de décembre 1789, la rigueur de l'hiver ayant augmenté Tafflueuce des pauvres qui sollicitaient leur entrée à la Salpètrière, le Gouvernement, pour se procurer une augmentfttion de places , ordonna de l'aire passer de cette maison dans celle des Capucins les femmes épileptiqiies et les jeunes filles et enfants infirmes; alors le citoyen Dugy fut chargé de l'inspection de la porte, de veiller h ce (uie l'on ne pût rien sortir de la maison, enfin d'être porlier jouissant toujours des .']o sols par jour que continuait de lui [)ayer M. Fieux.
Au mois de juillet 1791, M- Fieux lui annonça qu'il ne serait plus payé par lui, à compter du 1" dudit mois de juillet, attendu que la maison dos Capucins n'appartenait plus au Gouvernement, mais lien aux hôpitaux; qu'en conséquence, il eût à se pourvoir par devers rAdniinisIralion pour lui faire son traitemenl. Le citoyen Dugv suivit cet avis en présentanf, le 10 octobre de la même année 1791, un mémoire à la Commission des hôpitaux, sur lequel il fut statué qu'à dater du 1" juillet pn;cédent, son Irailemout continuerait de lui être payé sur le pied ancien de ',\o sols par jour, (iet arrélé a eu son exécution , et depuis cette é[)oque, du 1" juillet 17(11 jusqu'au dernier mars 1799, h' citoyen Hugy a été payé, d'aijii's Tordre de M. Lachaume, mendjre du Directoire et adniinislraleur des liôpitiiux, |tar M. l)omiuey, rcononK! de la Salpèlrière. Le molif cpii fil rejeter sur cette caisse la couliiuialinii du IrailiMncnt lui (pie riiospicc des (Capucins élaul
HOSPICl!; DES VENERIENS. 53
alors occupt^ par des l'cinines de la Salpêtrière, ie portier de l'iiospice devait tHrc regardé comme étant au service de cette maison.
Au mois d'avril 179-^, la Coinniission dos hôpitaux ayant ainHf' que les malades vt'ui'riens de Bioètre seraient transférés aux Capucins, et des fonds particuliers ayant été faits pour cet établissement, le payement du citoyen Dugy a été aflecté sur ces fonds, et il a été exactement acquitté. Telle est la suite des faits qui sont à la connaissance de la Commission.
Mais cet exposé laisse toujours en arrière le premier semestre de 1791, que réclame en ce moment le citoyen Du};y; il parait étonnant à la Commission que, M. Fieux n'ayant annoncé qu'en juillet au citoyen Dugy la cessation dé son payement, à dater du 1" dudit mois de juillet, il non ait pas i-oçii le payement du premier semestre, que par cette annonce même il reconnaissait lui être dû. L'hospice des Capucins avait continué d'appartenir au Gouvernement au moins jusqu'au mois d'avril, le Département des hôpitaux ne s'en étant emparé qu'au moment de son établissement, qui n'eut lieu qu'à cette époque, pendant les quatre premiers mois de l'année, le traitement du citoyen Dugy devait donc être à la charge des fonds sur lesquels il était acquitté par M. Fieux , puisque , suivant lui . la raison de cesser de le payer était le passage de cet hospice des mains du Gouvernement en celle de l'administration des hôpitaux. Le Directoire jugera sans doute à propos de conseiller au Ministre de prendre à cet égard des renseignements sûrs auprès de M. La Millière ou de M. Fieux. Ce que la Commission peut certifier, c'est qu'elle n'a connaissance d'aucun payement fait au citoyen Dugy poui' le semestre de 1791; si la même assurance est donnée par M. Fieux, il restera pour constant que la demande est fondée , et les fonds qui avaient été destinés à l'établissement de l'hospice des vénériens ayant été versés dans la Caisse des hôpitaux, le Ministre aura alors à juger si le payement réclamé devra être acquitté sur ces fonds.
Les commissaires et administrateurs dos hôp'taux,
Signé : Levassedr, Thoduet et Monllinot. Original signé et minute (2 p.), Arcliives nationales, F''^9'i'4.
DEVIS ESTIMATIFS DE TR\VAU\ EN L'HOSPICE DES Ve'nÉRIENS Ne'gESSITe's PAR LA CONSTRUCTION D'UNE SALLE DE DEPOT POUR LES MORTS ET D'UNE SALLE DE DISSECTION, PAR LE PAVAGE DES COURS ET L'ETA- RLISSEMENT DE PERSIENNES À LAMES RENVERSe'eS.
1 2 nivôse-3 prairial an ii.
[1] Devis estimatif des ouvrages à faire en l'hospice des Vénériens, consistant
à construire dans la première cour et en adossement sur le mur mitoyen à droite en entrant, une salle de dépôt |)our les morts et, attenant, une salle de dissection, lequel local contiendra 2 A j)ieds de \ong sur i3 pieds de large ])ris dans œu\Te, élevé dans la partie carrée de 9 pieds G pouces d'après le sol, avec comble au-dessus en appentif, dans lequel sera pratiqué un cbâssis en lanterne pour (■clairer du haut la salle de dissection, nonobstant les jours dans les murs de face pour les courants d'air. . .
Cette construction estimée coûter AySy** 17' 10*
Certifions le présent devis dressé par nous, architecte dudit hospice, et pour duplicata, ce lo. nivôse an 9' de la République française.
(Signé) : Perderead.
[2] Nous, architecte de l'hospice des Vénériens, après examen fait de la demande portée au mémoire ci-joint, du citoyen Boieldieu, économe, consistant à paver tant la première cour d'entrée que celle suivante, ainsi que d'établir des revers de pavé le long des faces des bâtiments, en avons reconnu l'indispensable nécessité , vu que les voitures d'approvisionnement qui entrent journellement dans l'intérieur dudit hospice ont toute la peine possible à arriver, vu les ornières qxii se forment journellement et surtout dans les temps pluvieux, la partie de chaussée rpii existait étant totalement boideversée par les voitures à pierre et à plâtre qui ont passé dessus lors des travaux qui y ont été faits, de manière que les eaux, tant des bains que celles de la cuisine, n'ont plus leur écoulement nécessaire, ce qui procure une humidité très conséquente et dans les chaleurs une odeur infecte; il en est de même pour la nécessité d'établir des revers le long des faces des bâtiments, afin de supprimer la grande humicUté qui existe dans les salies, ce qui les rendra plus salubres et conservera les fondations des bâtiments. Cette opération paraît d'autant plus nécessaire qu'elle donnera le moyen de pouvoir entretenir la propreté et donner la salubrité si nécessaire à un hôpital . . .
Le tout estimé coûter la somme de 1 9,89^** 7' a'
Nota. Il est à observer que, sans nuire à la propreté et salubrité, il est possible de diminuer cette dépense en laissant des parties de terre tant dans la première cour que deuxième, où l'on pourrait mettre du gazon, ce qui ne ferait que donner de l'agrément et porterait une diminution de 200 toises, qui formeraient une économie de B,f)oo livres.
Ce qui re[)orterait cette dépense à 1 4,296** 7' a*"
Ce 8 ventôse do l'an 9.' de la République française.
(Signé) : Perdereau.
[ 3] Après examen de la demande ci-jointe du citoyen B(»it'ldiou,('Conome dudit hospice, consistant ii mettre des persicnues à lames renversées aux croisées des salles des malades du bâtiment en aile d;uis la première cour d'entrée, vu que les
HOSPICE DES VENERIENS. 55
hommes malades sont sans cesse aux croisées, qu'ils jettent des ordures sur la tête des passants, qu'ils les insultent et sont souvent nus, ce qui occasionne journellement des plaintes des sotlises et indécenses qu'ils prësentonl; après en avoir conféré avec le citoyen Cullerior, chirurgien en chef, a éW) n^connu la nécessité d'établir des persiennes au-devant des croisées du premier et deuxième ëta[[e,côté de ladite cour d'entrée, et pareillement snr le côté du promenoir au-devant seulement do sept croisées, tant du premier que du deuxième, pour empêcher toute vue et communication sur les maisons voisines; que ces persiennes seraient pareillement construites à celles que l'Administration a déjà ordonnées, côté de la cour du centre, afin d'ôter toutes vues et communication des salles des hommes d'avec celles des femmes; que cependant celles côté promenoir seraient ouvrantes à volonté, afin de donner au besoin un plus grand courant d'air dans les salles dites infirmeries.
Estimé coûter ensemble la somme de 2,9oH^''>
Ce '2 prairial an 2' de la République française.
(Signé) : Perderead.
Copies conformes (1 dossier), Archives nationales, F" 1 16S.
DEMANDE DE SERPILLIERES POUR L'ENSEVELISSEMENT DES MORTS DE L'HOS- PICE DES VÉNe'rIENS, AVEC LETTRES DES DIRECTEURS DES ATELIERS DE FILATURE ET ORDRE DES COMMISSAIRES DES HÔPITAUX.
i5-2 2 ventôse an n.