ATELIKU DE FIL AT II UK DU MIDI
\I)RKSSE DES OIVRIÈRI'S DK L'ATEMKR l)i:S .1 VCOHINS \ll PUKSIDF-M DU
nKPAnTi:Mi:>T dk I'vhis, i:\ réponsi: \ i.\ dknonciation di; siei h lambin CONTRE LES FEMMES METAYER ET VERDI RE, CHEFS D'ATELIER, EN- VOYEES EN DISGRÂCE À L' \Ti:i.li:(t Dl NORD.
38 lldi'i'iil on II.
Au citoyen pn'suh'iil du Di'p/iricnioil th' P/iri.s. Paris, lr> 98 floroiil de l'an a do l;i nr'[)iiMi(]U'î IVaiirni^^ une ol indi\isil)!(>.
(îitoyen ,
Les citoyennes Métayer et Verdure, nos chefs dans l'atelier de filature des Jacobins, nous ayant été enlevées de la manière la |)lus dure et la plus inhumaine dans l'espace de -2 à heures, nous portâmes nos plaintes au citoyen Goncedieu, alors président du Département; nous lui représentâmes que nos chefs avaient toujours tenu une conduite sans reproches, qu'elles n'avaient été déplacées que par la méchanceté de Coquet, nouveau directeur de l'atelier des Jacohms; nous lui dîmes que nous avions pour elles le plus grand attachement, puisque nous étions avec elles depuis quatre ans, qu'elles nous avaient appris à fder et ne nous avaient jamais fait que du bien; nos réclamations furent favorablement accueillies, et, au moment où nous espérions que nos chefs allaient nous être rendues. Lambin a fait contre elles une dénonciation.
Nous venons y répondre, parce que nous connaissons leur conduite; nous nous trouvâmes, lo 2 A de ce mois, à la Sociélé j)opulaire de la section Ghalier, et nous entendîmes Lambin dénoncer les citoyennes Métayer et Verdure, nos chefs, pour avoir volé 2 5, 000 livres à la Nation. Il a dit que le déchet, qui avait existé dans notre atelier, était le seul moyen qu'elles avaient eu pour voler les 2.%ooo livres.
Nous attestons et certifions que ce déchet provient de la mauvaise qualité des cotons, il y en a eu de presque entièrement pourris, on nous en a donné aussi de tellement mouillé que nous ne pouvions le travailler sans casser nos cardes; nous al lestons en outre (|u'il a existé des
femmes assez infidèles pour nous voler notre coton dans nos paniers; elles ont été découvertes par nos chefs et renvoyées. Nous avons entendu que Lambin a dit qu'elles avaient fait un commerce de cordes à rouet, nous attestons que nous n'avons vu dans la conduite de nos chefs à cet égard qu'une vue d'intérêt public, puisque plusieurs d'entre nous gâchaient considérablement de cordes. D'autres ateliers ont fait aussi commerce de cordes à rouet pour obliger les ouvrières en payant.
JNous attestons que la citoyenne Métayer a déboursé, dès son entrée à l'atelier, de l'argent pour habiller plusieurs d'entre nous; nous attestons que plusieurs d'entre nous, il y a un an, ayant reçu de l'argent, les unes de leur pavs, les autres de leurs maris cjui sont aux frontières, en prêtèrent à la citoyenne Métayer, et que ladite citoyenne était si riche qu'elle a eu besoin de cet argent pour rembourser les dépenses qu'elle avait faites pour nous et dont elle n'est pas encore payée.
La méchanceté avec laquelle nous avons entendu Lambin dénoncer nos chefs nous a fait voir qu'il y avait une vengeance de sa part contre nous, et qu'il s'entend avec Coquet, directeur de l'atelier; il veut se venger de ce que nous ne l'avons pas voulu pour le médecin de notre atelier.
Lambin a appuyé la dénonciation du vol de aS.ooo livres sur le costume élégant de nos chefs; nous attestons au contraire que les citoyennes ont vendu les habillements qu'elles avaient apportés de leur pays pour se mettre à l'usage de Paris, convenable à leur jeunesse. A DUS attestons qu'elles étaient aussi appliquées au travail que toutes les autres ouvrières ^'^
(Signé) : Femme Cordier, Gardon, Besse, Adélaïde Baptiste, femme Bardelle, femme Mérot.
Original signé, Archives nationales, F^^ 3595.
<■' CeUe adresse osl accompagnée d'une fortunées, fort indifférents pour le sort
plainte de la citoyenne Harriol, énonçant des femmes des sans-culottes, point d'iion-
les mêmes griefs «contre les hommes que nèteté et encore moins de pitié». (Arch.
l'on a mis pour gouverner les pauvres in- nal. , F'^SSgô.)
ATI-LIHU 1)L FIl.ATL'UE DU MIDI. 811
AimÉTÉ DU COMITK D'ADMIMSTIWTION DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS, POR- TANT QLE LES SOLS-CIIEKS D'ATELIEB DE L\ FIL\Tl BE DES JACOBINS SEBONT APPELÉS, À TOLR DE B(JLE, À CONCOUtlB Al SKBVICE DES BUU:AI\ D'ESTIMATION ET DE IHYE.
i" prairial an ii.
Séance du Comité d'adminisltalioii, du i" prairial, l'an a' do la R«'piiltlii|ni', une et indivisihio.
Le directeur de l'atelier du Midi observe que le service du Burt-au d'estimation et celui du Bureau de paye exigeraient, pour être bien remplis, le concours d'un troisième emplové qui soulageât les chef et sous-chef. Il propose , pour atteindre ce but, sans ajouter à la d/'pense, d'obliger les sous-chefs des différents ateliers de concourir à ce double service, toutes les fois qu'il sera jugé nécessaire.
Sur quoi l'Administration, considérant que l'alternat dont il s'agit, et l'instruction qui en résultei"a pour les sous-chefs, ne peut que leur être très utile ;
Qu'au moyen de l'exactitude et de l'assiduité qu'on doit attendre des chefs, le service des ateliers ne souffrira point de ce déplacement successif et momentané;
Arrête : i° que le directeur de l'atelier du Midi est autorisé à appeler au Bureau d'estimation, établi dans ledit atelier, ainsi qu'au Bureau de pave, et ce, toutes les fois qu'il le jugera convenable et nécessaire au bien du service, un des sous-chefs répartis dans les différents ateliers et en état, par ses connaissances, de concourir au service desdits Bureaux;
2° Les sous-chefs des différents ateliers seront tenus de déférer à l'invitation qui leur sera faite à cet égard par le directeur, lequel, en cas de refus, en instruira l'Administration.
(Signé) : Magendie, Levassedr, Dadjon.
Minute signée, Archives nationales, F'* 358 1.
AIîHÊtÉS du COMITE D'ADMIMSTRATION DES ETABLISSEMENTS PUBLICS, AUTORISANT LA RÉPARATION DES ROUETS ET CHAISES ET RESERVANT L'ÉPLUCHAGE DU COTON AUX FEMMES AGEES DE PLUS DE SOIXANTE ANS.
Il prairial an n.
Séance du Comité d'adminislration du A prairial, l'an 9.
Coquet avait demandé que l'on s'occupât de la réparation des rouets et chaises, la plupart en mauvais état dans l'atelier du iMidi. Le citoyen Magendie, nommé pour constater la nécessité de celte réparation, en atteste l'urgence, et, d'après son rapport, l'Administration arrête que le directeur de l'atelier du Midi est autorisé à faire réparer et mettre en état de service les rouets et chaises garnissant ledit atelier, et à charger de cette réparation le tourneur de l'atelier du Nord, auquel à cet effet il sera donné un logement provisoire dans l'atelier du Midi.
Le même directeur rend compte d'un abus qui s'est introduit dans l'atelier des éplucheusos, et par suite duquel, ce travail, réservé à la vieillesse infirme, est devenu le partage d'un grand nombre de femmes dans la vigueur de l'âge et très capables de se livrer à la filature. L'engorgement cjui résulte de leur admission surcharge l'atelier et ne permet plus d'y admettre celles qui y auraient un véritable' droit. De plus, les citoyennes, qui usurpent ainsi l'emploi de la vieillesse, prétendent ne pas excéder la faible tache, à laquelle, par humanité, on a borné le travail de cette classe infortunée, ce qui met f Administration en perle et porte à un priv excessif le travail de fépluchage, sans atteindre le but qu'elle s'est proposé dans la répartition de ce travail, c'est-à-dire sans offrir à la vieillesse infirme et indigente des moyens d'occupation et de subsistance à sa portée.
Sur quoi l'Administration délibérant,
Arn'lr les dis[)ositions suivantes :
AiiT. 1". A compifu' de ce jour, il ne sera admis au travail de l'éplnchage dans les ateliers de lilalure aucune femme au-dessous de Go ans,
ATELlEll DE FILVTl'IU- DU MIDF. 813
à moins (|ue des inlirinités particulières ne la rendent incapable d'un autre travail.
Art. H. Toutes celles qui, sans atteindre cet a<j[e et sans inlinuil/'S particulières, ont élé admises au travail de rt'pluchafje, seront tenues de le quitter pour se livrer à la filature du chanvre ou du coton.
Art. 3. Le directeur de l'atelier du Midi est chargé de dresser à cet effet et de remettre au Comité, dans sa prochaine séance, la liste des femmes existantes dans l'atelier des éplucheuses, avec leurs noms, âges et demeures, et la mention des infirmités qui pourraient suppléer à l'âge pour leur admission.
Art. l\. Le Comité se réserve de prendre, d'après cette liste, les mesures ultérieures qu'exigera l'exécution du présent arrêté.
(Signé) : Levasseur, Magendie.
Minute sijjnée, Arcbivos nationales, F^ 358 1.
arrêtés du comité de slreté générale, ordonnant: r l'arrestation
DU SIEUR coquet, DIRECTEUR DE L'ATELIER DE FILATURE DES JACO- BINS; T SA MISE EN LIBERTÉ.
i8, 39 prairial an 11.
Du 1 8 prairial.
[1] Vu la dénonciation'^^ produite contre le nommé Coquet, directeur de l'atelier de filature établi aux ci-devant HécoUets, à Paris.
Le Comité de sûreté générale arrête que ledit Coquet sera arrêté et traduit dans l'une des maisons d'arrêt de Paris pour y rester détenu jusqu'à nouvel ordre; que les scellés seront apposés sur ses papiers,
!i' Coquet fut dénoncé par les citoyens furent transmises, le 7 prairial, au Comité
Béquet et Barrère, le premier, portier de par Miliin, membre de la Commission des
Tatelier de filature du Nord ou des Récol- cerlificals de civisme de la section de Cha-
lc!s, le second, chef d"atelier à la filature lier, el C{jurent dans le dossier de CoqueL
du Midi ou des Jacobins. Ces dénonciations (Arcb. nat., FM6.')3.)
après une vérification préalable, et que ceux qui seront trouvés suspects seront apportés au Comité; charge le citoyen Féneaux, l'un des agents du Comité, de mettre le présent à exécution, et l'autorise de requérir à cet eflfet les autorités civiles et militaires.
Signé : Louis (du Bas-Rhin) , Dubarran , Jagot, P. Ruul.
Copie coufoi'ine :
(Signé) : Bourgdignon.
Du 99 prairial, an 9" de la République française, une et indivisible.
Le Comité de sijreté générale arrête que le citoyen Coquet, directeur de l'atelier de fdature dit des Jacobins, rue Jacques, sera mis en liberté, au vu du présent, et les scellés apposés dans son domicile seront levés.
Les Représentants du peuple, membres du Comité de sûreté générale ,
Signé: M. Bayle, G. Jagot, Vodlland, Dlbarran, Lavicomterie, Vadier et Amar.
Copies (9 p.), Arcbivcs nationales, F' /i653.
ARRÊTÉ DU COMITÉ D'ADMINISTRATION DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS, NOMMANT, À TITRE PROVISOIRE, DIRECTEUR DE L'ATELIER DU MIDI, LE CITOYEN CAUCHOIS, CHEF DE COMPTABILITE DU BUREAU DES ETABLIS- SEMENTS PUBLICS, AU LIEU ET PLACE DU SIEUR COQUET, MIS EN ETAT D'ARRESTATION PAR ORDRE DU COMITÉ DE SURETE GÉNÉRALE.
19 prairial an 11.
L'Administration, informée que le citoyen Coquet, directeur de l'atelier du Midi, vient d'être enlevé à ses fonctions par un ordre du Comité de sûreté générale qui le met en état d'arrestation ;
Considérat)t combien il importe de ne pas laisser sans chef un élablissiMuent aussi considéraljle, snriont dans les circonstances où l'ont mis une suite de troubles et de fermentations à peine calmées;
ATELIER DE l'IEATl lîK DU MIDI. 815
Considérant t'{jalcnjiMil (|iril iiii|i.ii-|i' ;iii iiuiinlii'ii dr rnidn' d ii rexéculion des mosnros adoplées à ct'l v^sxvd par l'Adminislrallon (|ii<' la direction provisoire du mrnie t'tablissciiicnt soit confii'cà un ciloven déjà au courant de C(>s mesures, et en état, par son iulellijjence et son activité, d'en assurer le succès;
Arrête que ie citoyen Cauchois, clief de comptahilili' du linnsni des Etablissements publics, parvis d<î rKlre-Suprémc, est nounin' pour remplir provisoirement les fomlions de directeur de l'atelier du Midi, vacantes par la détention du citoyen Coquet.
Fait au Bureau des Etablissements publics, parvis de l'Etre-Suprênie.
(Signé) : Lkvassklh, MA(;KM»n;.
Minute signée, Archives nationales, F'* 358 1.
ARHÊTÉ DU DÉPARTEMENT DE PARIS, De'lÉGUAM DEUX DE SES MEMBRES, LES CITOYENS LEMITET REVERDY, POUR VISITER 1/ATELIER DE FILATURE DES JACOBINS ET FAIRE UN RAPPORT SUR SON REGIME.
17 messidor an 11.
Du 17 messidor, Tan 3 de la République, une et indivisible.
Le Département, délibérant sur les réclamations de plusieurs citoyennes contre leur expulsion des ateliers de fdature établis aux cidevant Jacobins, place Michel, l'Agent national entendu, arrête, avant faire droit, qu'il sera écrit au maire de Paris pour connaître les motifs du renvoi de ces citoyennes, et que les citoyens Lerait et Reverdy, deux de ses membres, se transporteront à cet atelier de fdature avec les administrateurs municipaux des Etablissements publics, à l'elfet de prendre connaissance du régime de cet atelier et des abus dénoncés,
et faire du tout un rapport.
Pour extrait conforme :
(Signé) : Dupi.n, secrétaire général.
Exirait conforme. Archives nationales, F'* 3575.
810 L'ASSISTANCE PUnLlQUE A PARIS.
ARRÊTÉ DES CITOYENS LEMIT ET REVERDY, MEMBRES DU DEPARTEMENT DE PARIS, FAISANT FONCTION D'ADMINISTRATEURS DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS, CONFIRMANT L'ARRÊtÉ DU 28 MESSIDOR DE LA PRÉCÉDENTE ADMINISTRATION, QUI NOMMAIT LE CITOYEN CAMBRAY, DIRECTEUR DE L'ATELIER DE FILATURE DU MIDI.
a8 thermidor an ii.
Séance du Goniilé d'adminislrallon du 28 Iheniildor, l'an 2" de la Rôpulilique,
Le Bureau a été tenu par les citoyens Lemit et Reverdy, membres du Département de Paris, faisant provisoirement, et attendu la dissolution de la Municipalité, fonctions d'administrateurs des Etablissements publics.
A l'ouverture de la séance s'est présenté le citoyen Cambray, nommé par arrêté de la précédente Administration , du q 8 messidor dernier, directeur de l'atelier de filature du Midi, en remplacement du citoyen Coquet. Le citoyen Cambray a déclaré que depuis cette nomination , dont l'effet devait avoir lieu à partir du i" tbermidor, différents motifs l'ont déterminé à donner sa démission, qui pourtant n'a point été acceptée, mais qui a prolongé jusqu'à ce jour l'exercice du citoyen Coquet. Il annonce que, ces motifs ne subsistant plus, il est prêt à suivre l'efTet de sa nomination et demande que le procès-verbal lui en soit délivré pour entrer en fonctions.
Sur quoi l'Administration délibérant.
Arrête que l'arrêté de la précédente Administration, du 28 messidor, contenant la nomination du citoyen Cambray à la place de directeur de l'atelier de lilakne du Midi, vacante par la démission du citoyen Coquet, sera exécuté, et qu'expédition dudit arrêté sera délivrée au citoyen (Cambray pour entrer en fondions à dater du T"" fructidor procliain.
(Signé): Hi;vi:iiuy. L. IjVMIï.
Minute si(jnée, Arcliivcs nalion;ilos, l'"" 3d8i.
ATLILII-U ni: FILATLlil': DU MIDI. 817
LETTRE DU SIEIR CAMBRVY, DIRECTEUR DE I/ATELIER DES JACOBINS, À LA COMMISSION D'AGRICILTIRE ET DES ARTS, ET CORRESPONDANCE DE CETTE COMMISSION AVEC CELLE DES TRAVAUX PUBLICS, AU SUJET DE L'ÉTAT DE VÉTUSTÉ DES BATIMENTS DE CET ATELIER QUI NE'cESSITE SA TRANSLATION DANS UN AUTRE LOCAL.
a6 fructidor an 11-37 vciulémiuiru an m.
Cambrai] à la Commission des aiis cl maniifartnrcs.
Paris, ie 96 fruclidor an a' de la République, une cl indivisible.
[1] Citoyens, la maison des ci-devant Jacobins, nie Jacques, occupée par les ateliers de filature, est dans un état de vétusté (jui me fait solliciter votre attention. Les directeurs, mes prédécesseurs, ont également fait connaître la nécessité de transférer les ateliers dans un autre local, mais les fréquentes rénovations d'administration ont laissé à votre surveillance l'exécution des volontés bienfaisantes de la Convention nationale; en conséquence, je vous prie, citoyens, d'ordonner les préalables que vous jugerez convenables pour prendre une détermination prompte qui évitera les accidents.
Salut et fraternité.
(Signé) : Cambray.
A la Commission des travaux publics.
Paris, la 1" sans-culollidc an -2' de la République, une ol indivisible.
[a] Citoyens, le directeur de l'atelier de filature du Midi, ('tabli aux ci-devant Jacobins de la rue Jacques, nous a écrit, le 2 G fructidor, que les bâtiments occupés par cet atelier sont dans un état de vétusté qui menace ruine, les fréquentes rénovations d'administration, qui ont eu lieu dans cette partie, ont empêché de statuer sur la proposition faite plusieurs fois de transférer les ateliers dans un autre local. Vous concevez, citoyens, qu'il ne nous est pas permis de demeurer inditlerenls
oa
IHLRie 5.
818 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAHIS.
sur cet article, et (|ue nous devons mettre la plus jurande activité à prendre les précautions nécessaires pour prévenir les malheurs qui résulteraient de l'écroulement d'un bâtiment qui réunit habituellement près de 2,000 personnes. En consétpieiice, nous vous prions de faire visiter les bâtiments des ci-devant Jacobins de la rue Jacques par un architecte qui nous fera un rapport ofliciel de leur état; en cas que cet architecte pense qu'il est contre les règles de la prudence d'y laisser plus longtemps les ateliers, nous vous prions de le charger de se concerter avec le citoyen Gambray, directeur de l'atelier du Midi, pour nous indiquer un ou plusieurs bâtiments nationaux, où il fut possible de les transférer et de les établir. Nous vous prions, citoyens, de mettre la plus grande célérité à remplir l'objet de notre lettre, les circonstances sont véritablement urgentes.
La Commission des revenus nationaux à la Commission des travaux publics.
Du 97 vendémiaire, i'an 3'' tie la République, une el indivisible.
[3] Vous nous avez invités, citoyens collègues, par lettre du 9 vendémiaire, à vous indiquer un local vaste et commode pour y transporter l'atelier de filature du Midi, établi aux ci-devant Jacobins de la rue Jacques, attendu que les bâtiments qu'il occupe menacent par leur vétusté d'un très prochain écroulement. N'étant point â portée par nousmêmes de connaître ce local, il nous a fallu demander les renseignements nécessaires à cet égard à l'Agence de l'Enregistrement et des Domaines, ce que nous avons fait, le 3 du même mois, en lui recommandant de nous les transmettre sans délai. Elle vient seulement de nous les faire passer, il en résulte que dans le canton dont il s'agit, il n'existe que trois maisons qui pourraient convenir à cet atelier, mais lesquelles encore ne paraissent pas dégagées de tout inconvénient. La première est celle du Séminaire Irlandais, rue du Cheval-Vert, formant ci-devant une maison d'arrêt; cette maison est vaste, mais sans eau, ce qui semble un inconvénient très grave pour un [)ared ('tal)liss(>ment. La deuxième est le Séminaire Saint-Magloire, mais qui est occupé par l'Institut des Sourds et muets, qu'il faudrait transférer ailleurs, et par dilîércnts locataires, qu'il faudrait évincer sans les indemm'ser. La troisiènn; enfin est le ci-chnanl couvent des (iarnu'lites, rue Jacques, qui
ATELIKU DE l-ILATURE Dli MIDI. Ht'J
pourrait coiivonir par son tHciKliir ol parer (prcllc csf poiirvin^ d'eau, mais (jui a été mise à la dispositiou du ciloyoïi IJarlliélcmy pour y form(3r uu atelier de fabrication de salpêtre, par arrêté du Comité de salul public. Les agents de l'Enregistrement nous observent cejx'ndant (pie l'on assure que les membres du comité de la section de l'Observatoire s'accordent à dire que ce citoyen n'a encore rien fait de ce qu'il avait promis pour la chose publique, de sorte qu'il serait peut-être possible d'obtenir le rapport de l'arrêté du Comité de salut public. Vous voyez, d'a[)rès cela, citoyens collègues, que le choix ne paraît pouvoir se balancer qu'entre cette maison, en faisant rapporter l'arrêté du (îomité de salut public, et celle du Séminaire Saint-Magloire, en transférant l'Institut des Sourds et muets au Séminaire des Irlandais, qui semblerait sufiisant pour cet objet, et pourvoyant aux indemnités que les locataires qu'il faudrait évincer seraient dans le cas de réclamer. Voilà les seuls renseignements que nous puissions vous donner. Nous nous en rapportons aux mesures que vous croirez devoir proposer à cet égard au Comité de salut public.
Signé : Vaniéville.
Pour copie conforme :
Le Commissaire, (Signé) : Rondelet.
Minutes el copie couronne (3 p.). Archives nalionalos, F'^ 3675.
LETTRES DU SIEUR CAMBRAY, DIRECTEUR DE L'ATELIER DES JACOBINS, À LA COMMISSION D'AGRICULTURE ET DES ARTS, REPRt'sENTANT L'ETAT ME- NAÇANT DE LA MAISON ET PROPOSANT DE PORTER À 14 SOLS PAR JOUR LE SALAIRE DES EPLUCHEUSES DE COTON, EN SUPPRIMANT LE PAIN.
22 pluviôse an m.
A la Commission d'agric dliirc el des aiis.
Paris, le 22 pluviôse, 3" année de la RépnljJKpie fram-uise.
[ 1 ] Citoyens , après des sollicitations réitérées , vous avez fait constater
l'état de vétusté de la maison de filature du Midi, qui s'accroît chaque jour. Les différentes mesures préalables n'ont pas les suites qui doivent prévenir le danger, soit par la translation de la filature dans une autre maison, soit par des réparations urgentes et convenables aux dispositions que l'exécution de votre arrêté a nécessitées pour la distribution et le rapport du travail à domicile.
Je vous prie donc très instamment, citoyens, de prendre une détermination rassurante et de demander à la Commission des travaux publics ce qui dépend d'elle pour la sûreté et l'utilité publique.
(Signé) : Cambray.
A la Commission (T a^ricuUure et des arts.
Paris, le 9 9 pluviôse, 3° année de la République française.
[2] Citovens, on ne peut se dissimuler que la cherté des denrées de première nécessité est un juste motif pour solliciter une augmentation de salaire en faveur de la vieillesse infirme et indigente que vous employez au travail d'épluchage de coton dans les maisons de filature. Persuadé de cette vérité, je n'ai pas du me refuser aux demandes qui m'ont été faites de vous entretenir des besoins des éplucheuses, qui gémissent sous le poids des années et de l'infortune.
Je vous propose, citoyens, de porter à i/i sols le prix du salaire par jour et de supprimer le pain, ce qui réduirait l'augmentation à h sols par jour.
Je vous prie également d'examiner s'il ne serait pas convenable d'accorder 7 sols aux jeunes citoyennes qui seront instruites dans la filature, et de ne pas commencer de distribution de pain. Veuillez me faire connaître votre volonté.
(Signé) : (ÎAMcnAV.
Originaux signés (a p.), Arcliives nulionales, F'^ 3575.