‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 23 sur 206 · PAUVRES · texte numérisé non relu

PAUVRES

7 fruclidor an 11.

Du 7 fructidor, Tan 3 de la République.

Vu la lettre du citoyen Dauvin, proviseur de l'hospice des Vieillards, faubourg du Nord, qui fait connaître à l'Administration qu'il existe dans cet hospice un beau grenier, tout carrelé, lequel n'est pas occupé, et pourrait, par le moyen d'un plafond, former une salle qui contiendrait aisément six lits de Bons-pauvres;

Considérant que la régie de l'hospice, ainsi que l'a annoncé le proviseur, n'en deviendrait pas beaucoup plus dispendieuse et que six ndigents de plus y trouveraient un rempart contre la misère;

L'agent national entendu;

Le Département autorise le citoyen Dauvin, proviseur de l'hospice des V^ieiliards, faubourg du Nord, à faire faire un plafond au grenier dont est ci-dessus question, à l'eflet d'en former une salhi où il établira six lits de Bons-pauvres.

Fait au Département, le 7 fructidor, l'an 9" de la République.

Signé : Lemit, Garisier, Houzeau, Damesme et Maillaru. Copie conforme, Archives nationales, F'^ a/i5^

RAPPORT m SIEIR IVVLVIN, PROVISELR DE L'HOSPICE DES VIEILLARDS, AU SUJET Di; VOL COMMIS PAU HENRIETTE RISSE, PREMIERE HOSPITA- LIERE DE CET HOSPICE, AVEC RAPPORT DES COMMISSAIRES DES HOPI- TAUX.

99 vendémiaiie, 4 bruimiire an m.

A ux citoyens commissaires de la Commission executive

des secours publics.

Citoyens ,

Je vous dois compte d'un de'lit arrivé à l'hospice des Vieillards, dont la surveillance m'a e'ie' confiée par le Département de Paris.

La citoyenne Henriette Risse, fille âgée de 3i ans, nommée première hospitalière par arrêté du Département du 1 " tliermidor dernier, et entrée en exercice audit hospice le 1" fructidor dernier, vient de se rendre coupable d'un délit dans ses fonctions.

J'ai été prévenu que celte citoyenne avait sorti des œufs de l'hospice pour les porter chez son père; il est question aussi de quelques bouteilles de vin, mais le fait n'est pas constant.

Hier q6, la directi'ice de Thnspice lui demanda la représentation du registre destiné à compter avec le boulanger; j'ignore par quelle fatalité elle avait emporté ledit registre; les réponses de cette citoyenne à cet égard furent de me dire que dans la crainte que son écriture ne soit pas assez belle , elle avait porté le registre chez son neveu pour faire transcrire les livraisons journalières que le boulanger fait à l'hospice.

Après lui avoir fait les reproches nécessaires sur le déplacement dudit registre, je lui ai fait celui que j'étais instruit qu'elle s'était permis d'emporter de l'hospice des œufs, du vin et de l'eau-de-vie; elle a d'abord nié les faits, mais sur la conviction donnée par ses collègues, il est constant qu'elle a emporté trente-trois œufs; le surplus a été nié, et il m'a paru qu'il n'y avait pas preuve suffisante, mais véhément soupçon.

La conviction du fait a déterminé la citoyenne Risse à me faire avec toute l'amertume d'une très vive douleur la tableau de la position déchirante où son père et sa mère infortunés se trouvent, l'un et l'autre, fort âgés et infirmes, dans un besoin pressant; elle s'est permise, dit-elle, l'enlèvement desdits comestibles pour soulager les auteurs de ses jours dans la détresse où ils sont. Son cœur m'a paru déchiré des remords de la faute qu'elle a commise, et elle a employé, tant auprès de la directrice qu'auprès de moi , tous les moyens possibles d'excuser sa fraude.

J'ai rempli mon devoir, en lui interdisant provisoirement toutes fonctions dans

l'hospice jusqu'à ce que la Commission malt fait connaître ses inlenlions sur celte alïiiire.

J'attendrai la réponse des citoyens commissaires pour ma gouverne.

Le proviseur de l'hospice des Vieillards , faubourg du Nord, n° lùo, (Signé) : Daovin.

La citoyenne Hisse, première hospitalière à l'hospice des Vieillards du faubourg du Nord, s'est rendue coupable d'infidélité dans l'exercice de ses fonctions. Un enlèvement de trente-trois œufs, du vin et de l'eau-de-vie est le délit dont on l'accuse ; la citoyenne Risse avoue la soustraction de trente-trois œufs ; elle nie le surplus.

Des infidélités de cette nature sont, aux yeux des surveillants, des délits qu'il importe de réprimer sévèrement, soit par la destitution, soit par toute autre mesure qui puisse servir d'exemple aux autres employés qui seraient dans le cas de s'en rendre également coupables; cependant ils ne pensent pas qu'une mesure rigoureuse doive être prise contre la citoyenne Risse: les remords, les motifs qui l'ont entraînée à commettre le délit dont est question semblent aux surveillants devoir en diminuer la gravité. La position déchirante d'un père et d'une mère dénués de tout secours , accablés d'années et d'infirmités, paraît l'avoir entraînée à soustraire les trente-trois œufs pour soulager les auteurs de ses jours.

Telle est la déclaration qu'elle en a faite, accompagnée des remords dont est ordinairement pénétrée l'âme honnête qui reconnaît l'étendue de son délit.

Ces considérations réunies au dénuement où se trouverait ellemême la citoyenne Risse, en cas de destitution, déterminent les surveillants à proj)Oser à la Commission d'arrêter qu'attendu la publicité du délit, il sera pris des mesures pour employer utilement la citoyenne Risse dans un des autres hospices de Paris, et qu'en attendant, le |)roviscur de l'hospice demeurera autorisi' à la conserver provisoirement pour le service seulement des malades.

(Signé) : Thouhkt, Coisin.

Approuvé : Dernieau.

()ri(jinaijx si();n<'K (a p.), Arcliivos nationales, F"* 3.^)7.

RAPPORT DES CITOYENS CHARGe's DE LA SURVEILLANCE DES HÔPITAUX CIVILS DE PARIS À LA COMMISSION DES SECOURS PURLICS SUR UNE DEMANDE DU CITOYEN DAUVIN, PROVISEUR DE L'HOSPICE DES VIEILLARDS, TEN- DANTE À ORTENIR DIFFÉRENTS USTENSILES DE CUISINE NECESSAIRES AU- DIT HOSPICE.

a a nivôse an iii.

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