‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 31 sur 206 · SES PORTES · texte numérisé non relu

SES PORTES

97 thermidor an 11.

L'administration de l'hospice des Ecoles de chirurgie

de Paris, rue des Cordeliers, aux citoyens membres de la Commission

des secours publics.

Paris, le 27 thermidor an 9/ de la République française, une et indivisible.

Citoyens, vous recevrez aujourd'hui, visés par le Département, le compte, que l'administration de l'hospice des Ecoles de chirurgie vous avait annoncé par sa lettre du 5 de ce mois, des recettes et dépenses faites pour ledit hospice depuis le 1" janvier 1791 (v. st.) jusqu'au 1" germinal.

Vous verrez, citoyens, par ce compte qu'il restait en caisse au 1" ger-

minai la sommo (h io,3f)5^ i3% mais, comme dans retto somme se trouvait comprise celle de 8,5oo livres en assi^jnats démonétisés, ainsi qu'il est porté en la déclaration faite au pied dudit compte par les membres de ladite Administration, il ne restait réellement plus à cette époque (ju'une somme de i,8()5*^i3' dont elle put disposer.

Cette dernière somme de 1,895^18', réunie aux /i,' 00 livres que vous avez accordées dans le courant de floréal, font ensemble celle de 5,8()5^i3' qui ont servi aux dépenses des quatre mois de germinal, floréal, prairial et messidor, à une centaine de francs près, qui se trouvait en caisse au i"" thermidor.

Depuis vingt-quatre jours l'hospice ne se soutient que paries avances faites soit par l'économe, soit par quelques membres de l'Administration , car il n'est pas possible d'obtenir du crédit des bouchers et boulangers qui eux-mêmes sont obligés de paver au comptant. Il est donc instant, citoyens, de fournir à l'Administration de nouveaux fonds, tant pour faire face aux dépenses de ce mois, que pour celles de celui où nous allons entrer.

Si l'on prenait pour base les 6,895^ i3' dépensées pendant quatre mois, la dépense d'un mois devrait être évaluée à environ i,'^79 livres, mais l'Administration observera qu'incertaine de l'époque où elle pourrait obtenir de nouveaux fonds, elle n'a pas reçu autant de malades qu'il y a de lits à l'hospice, et que, vu le renchérissement des denrées, il lui faudrait au moins 9,000 livres par mois pour remplir les lits qui sont à sa disposition.

L'Administration vous prie, citoyens, de lui j)rocurer des fonds le plus tôt possible; elle déclare que si, sous le plus bref délai, elle ne reçoit aucun secours, il lui est de toute impossibilité de soutenir cet établissement, et qu'elle se verrait dans la dure nécessité d'en fermer la porte '^'.

Pour t'ddministralion de l'hospice des Ecoles de chirurgie ,

(Signé) : Vidoine, secrélairc.

Original sijjné, Archives nationales, F'^ afig.

•'1 Un r;i[)porl adrcssi'- lo nic^mo jonr à la ConimisbiDn dos scconis pnliiirs proposa cPal- Irinor nue somme de /j,ooo livres.

llM'POirr DES COMMISSAIHES DES HOPITAUX À L.\ COMMISSION DES SECOLKS PUBLICS, RENDANT COMPTE DL FONCTIONNEMENT ET DES DEPENSES DE L'HOSPICE DES ÉCOLES DE CHIIILRCIE ET PROPOSANT D'LRCENCE UNE ALLOCATION DE 1,000 LIVRES.

riimiiti't; an m.

Par édit de décembre 177^, registre au ci-devant Parlement le 7 janvier 1770, il a étt* fondé dans les Ecoles de chirurffic de Paris un hospice de six lits destinés à recevoir autant de malades indigents de l'un et l'autre sexe, attaqués de maladies chirurgicales graves et extraordinaires, dont le traitement long et dispendieux ne pourrait être suivi dans les hôpitaux. L'administration de cet hospice fut confiée au bureau d'administration du Collège, ci-devant Académie royale de chirurgie. Pour le service de ces lits et les appointements d'un professeur de chimie chirurgicale, il a été attribué une somme de 7,000 livres |)avable annuellement par les receveurs des domaines de la ci-devant généralité de Paris, sur les simples quittances du trésorier de l'Administration.

Suivant lettres-patentes du 5 juin 1788, registrées au ci-devant Parlement le 8 juillet, même année, les six lits fondés par l'édit de décembre 177^ furent portés à douze, pour le service desquels il fut attribué une autre somme de 7,000 livres, savoir G, 000 livres pour les six lits et 1,000 livres pour un professeur chargé de faire un cours de botanique aux élèves et étudiants des Ecoles de chirurgie.

Ces lettres patentes ne diffèrent de l'édit de décembre 177/1 ^\^^^ ce que, suivant l'article i^"" de l'édit, il est fait défenses de recevoir et admettre à l'hospice aucuns malades attaqués de maladies ordinaires et dont le traitement était suffisamment connu, et que, suivant l'article i"" des lettres patentes, les six lits fondés par icelles, ainsi que les 6 lits établis par l'édit de décembre 177/», sont destinés à recevoir des malades indigents de l'un et de l'autre sexe, attaqués de maladies chirurgicales, de quelque nature qu'elles puissent être, en préférant néanmoins les malades qui se trouveraient dans des cas graves et extraordinaires.

Outre les douze lits dont il vient d'être parlé, le premier chirurgien d'alors (de La Marfinii^M'c) au moyen de l'agrandissement de l'hospice par l'acquisition faite d'une maison contiguë, en exécution de lettres patentes du mois d'avril 1782, contribua lui-même à la fondation de dix autres lits et affecta pour chacun d'eux une somme de 1,000 livres par année, en sorte qu'aujourd'hui les lits de l'hospice en question sont au nombre de vingt-deux.

A cet hospice sont attachés les employés ci-après :

Un économe, à raison de 87 livres 6 sols 8 deniers par mois,

ci 87^ r/8''

Une cuisinière, à raison de 1 3^ 1 5'

Une infirmière, à raison de 1 3^ i 5'

Un infirmier, à raison de 1 7^ 1 6' 8''

Ces employés sont en outre nourris, logés et éclairés.

Une lingère, à raison de 35*^ 1 6* 8''

Elle est seulement logée, chauffée et éclairée.

Un portier à raison de 33*^ 6' S**

Il n'a que le logement.

Un secrétaire de bureau, à raison de 83^ G' 8''

Il n'a pas d'autres attributions.

Et enfin un élève en chirurgie , qui , pour toute rétribution, est nourri , chauffé, éclairé et logé.

Les administrants de cet hospice ont adressé à la Commission un double du compte qu'ils ont rendu au Département de leur recette et dépense depuis le 1'' germinal jusqu'au 1" vendémiaire.

Ce compte présente depuis le 1" germinal jusqu'au 1" vendémiaire :

Une recette de 9,8 q 5^ 1 3'

Une dépense de (),833^ 1 8'

Et un reliquat de fi 1^ 1 4' 1''

A ce compte est joint un état de la dépense du mois de vendémiaire. Cet état présente une dépense de 2()8 livres 3 sols ^i deniers pour honoraires et gages, ci 2()8^ 3' A"'

A reporter 298^ 3' /i''

Report -.MjStt 3» V

l*our li'ôH journées de nourriture, bois, lumière,

blanchissage, ci 808^ i 7' (j''

Plus pour un mémoire d'apothicaire au 1" vendémiaire et non compris dans la dépense du compte rendu. '2oS^ 10' Plus, à l'intirmier, pour avances 1 5/i^ i' 8''

Total i,/j69^ 1 9' 9''

Sur laquelle déduisant celle de 61 livres formant le reliquat du compte G 1^ 1 /i'

Reste celle de i,/i07tt 18' 8*^

Les administrants réclament de la Commission les fonds nécessaires pour le remboursement de cette dépense; ils demandent en outre une

somme de 2,878^8' /i''

qu'ils estiment être nécessaire pour le service du présent mois en supposant les 22 lits remplis, et compris la dépense pour gages et honoraires, ils observent enfin qu'ils sont dépourvus de tous moyens et sont dans l'impossibilité de continuer le service si la Commission ne vient promptement à leur secours.

Les surveillants des hospices, avant de proposer à la Commission de créditer cet hospice, estiment qu'il est indispensable de s'assurer d'abord de ce que le Département de Paris a pu faire sur le compte que les administrants annoncent lui avoir rendu, comme aussi de prendre des renseignements ultérieurs sur le sen'ice de cet hospice, et enfin de vérifier sur pièces ou registres la dépense dont le remboursement est demandé; en attendant et vu le dénûment absolu dans lequel est aujourd'hui cet hospice, vu pareillement la nécessité d'en assurer provisoirement le service, que les administrants dépourvus de fonds seraient contraints d'abandonner, si la Commission ne prenait à leur égard aucunes mesures provisoires, les surveillants croient devoir proposer à la Commission d'expédier à l'économe de cet hospice un mandat d'urgence de mille livres, à la charge d'en rendre compte dans le courant du présent mois.

(Signé) : Tholret, Levasseur, Cousin.

Original signé, Arctiives nationales, F'^ 969.

96 L'ASSISTANGK PUBLIQUE A PARIS.

RAPPORT DE L\ COMMISSION DES SECOURS PURLICS, DECLARANT EXAGEREES LES DEMANDES DE L'ADMINISTRATION DE L'HOSPICE DES ECOLES DE CHIRURGIE ET PROPOSANT DE N'ALLOUER QUE 3,000 LIVRES.

i3 brumaire an m.

L'hospice des Ecoles de chirurgie de Paris, destiné aux indigents de l'un et de l'autre sexe attaqués de maladies chirurgicales extraordinaires, contient vingt-deux lits. Celte maison jouissait : i" d'un revenu de ii,ooo livres sur la Caisse des domaines et bois delà ci-devant généralité de Paris; q" de plusieurs parties de rentes montant à environ 10,000 livres qui lui avaient été laissées par feu La Martinière. Une clause de la donation ayant donné lieu à des difficultés, fit suspendre le payement de ces rentes. En attendant une décision, il fut pourvu aux besoins de l'hospice par des secours provisoires; la loi du 28 messidor ayant fait cesser toute dilficulté, en déclarant national l'actif et ie passif des hôpitaux, il a fallu, conformément à l'article à de cette même loi, accorder de nouveaux secours à l'hospice ci-dessus; le dernier en date du 29 thermidor a été de /i,ooo livres, ce secours est compris dans le compte que les administrateurs ont rendu de leur recette et de leur dépense depuis le i" germinal jusqu'au i"' vendémiaire. II résulte de ce compte qu'à cette époque l'hospice avait en caisse une somme de 61^ 1 A*, mais le mois de vendémiaire présente une dépense de t,/iG(j^ * 2' (j', sur laquelle, déduisant les 61^ 1 A' cidossus, reste i,'jo7^ 1 8' 8''.

Les administrateurs demandent que cette somme soit mise à leur disposition et qu'il soit pourvu d'ailleurs à leur dépense pour le mois de brumaire qu'ils évaluent à 9,878^ 3' V.

OnSI'RVATlONS.

Les adnnnisirateiii's de i'Iiospice des Ecoles de chirurgie ne lournissenl j)as des pic-cos qui justifient su(lisamin(>nt la (h'pcnse de 1 ,/i07*^ 18' 8'' lailc dans le mois de vendémiaire, ils vont se mettre en ivgh', miiis l'ii attciidaiil il païaîl convenable de dilliTer de prononcer sur

cet objet. Quant aux 1^,878^ 3' A'" qu'ils demandent pour le mois de brumaire, cette demande parait d'autant plus exorbitante ([u'elle porte la journée à j)rès de /i^ 10 sols, tandis (pi'à Ihospice Sulpice les malades, tout compris, ne coulent pas plus de 3o sols par jour. Il est possible que la nature des maladies traitées à l'hospice des Ecoles de chirurgie exige plus de frais (|ue celles traitées dans les autres hospices, mais on se persuadera difficilement que la dépense soit triplée; d'ailleurs, le mois de vendémiaire n'ayant été qu'à i,/i07^ 18' 8'', on ne voit pas pourquoi le mois de brumaire coûterait davantage. D'après ces considérations, on pense que la demande de l'hospice de Chirurgie est exagérée et qu'avec une somme de 3,ooo livres il pourra faire face aux besoins de brumaire et de frimaire.

On propose, en conséquence, de créditer à la Trésorerie nationale sur les fonds mis à la disposition de la Commission des secours publics l'hospice des Ecoles de chirurgie de Paris de la somme de 3,ooo livres, laquelle somme sera versée à mesure des besoins entre les mains des administrateurs de cette maison , pour être emplovée à ses dépenses courantes pendant les mois de brumaire et frimaire.

Minute, Archives nationales, F'^ 269.

lUPniUEniE KATIOKALE.

HOSPICE DES CARMELITES.

LETTRE DU CITOYEN HUBERT, ARCHITECTE INSPECTEUR DES BATIMENTS NA- TIONAUX, À LA COMMISSION DES TRAVAUX PUBLICS, ADRESSANT UN e'tAT DES AVANCES FAITES PAR DIFFERENTS ENTREPRENEURS DE L'HOSPICE

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