‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 6 sur 206 · INSTITUTION DE CETTE MAISON · texte numérisé non relu

INSTITUTION DE CETTE MAISON

Cette maison a été établie pour deux objets d'utilité alors.

Le premier était pour y recevoir, nourrir, entretenir, instruire et élever convenablement à leur naissance de jeunes demoiselles qui feraient preuve de deux cents années de noblesse.

Le second était pour recevoir à la journée des femmes et filles pauvres, les emploverà filer du coton, de la laine et du chanvre, on leur donnait la soupe, une livre de pain et 3 sols par jour.

Notre sainte Constitution a anéanti le premier, et le défaut de moyen pécuniaire a fait cesser le second.

Un objet important dans ce moment est de faire cesser la dépense qui se fait dans cette maison et qui est en pure perte pour la chose publique, puisque cet établissement est réduit à une nullilé absolue.

En conséquence, j'estime que le Département doit proposer au Comité un projet de décret qui prononcera la suppression de la ri-

flevant maison rovalo do l'Enfant-Jc^sus, à Paris, rue do Sove, n" i 3y5 , ladite suppression motivée sur l'extinction du but de sa fondation; (pii ordonnera la liquidation des créanciers de ladite maison, et celle que la loi accorde aux cx-rerigieuses et ex-converses des monastères et congrégations dont les maisons sont suj)primées: que chacune de celle? employées dans ladite maison remettra les actes et pièces qui constatent ses droits au bénéfice de la loi, pour sur iceux y être fait droit ainsi qu'il appartiendra. Fait le k messidor, l'an 2" do la Républi([ue française, une et indivisible. Signé : Dauvin.

Suit copie do l'arrêté du Département.

Le Département arrête que les citoyens Concedieu et Lemit se transporteront vers la Commission des secours publics à l'effet de solliciter la suppression de celte maison. Le 9 5 fructidor, l'an 3" do la République, etc.

Signé: Houzeau, ÎMaillarp, Lk.mit, Dubois et Garnier.

Pour copie conforme :

(Signé) : Dlpi\ , secrétaire général .

(]npic foiiforiim, Arcliivos nalionalos, F" p.Oq.

expose du sieur i)\ivi\, piu)viseur de l'hospice des vieillards et receveur de celui des cent-filles , à l'effet de convertir l\ maison de l'enfant-jksus en hospice pour les orphelines du dep\rti:mi:\t de paris.

nruiuaiio an m.

Par siiiln du i',i])|)orl (ail sur la maison do PEnfant- Jésus, ruo do Sève, h" 1 .37.0,

.l'élahlis ci-après 1rs vues d'ulilité qu'on en peut reliror.

Il est dit dans le rapjiorl que celte maison est susceplihle do foi-nior un suporh? liospico.

Dans le ras où la (lonvonlion prononcerait la suppression de ladite nnison (!o rKrdaMl-Ji'siis, je |)r(i|>os(> de ronsacror colle maison à en faire l'Iiospiro des orphelines (In l)t''|)ailciiiont de l'ai'is.

DKVEI.OPPKMKNT DE CETTE PROPOSITION.

11 V a à Paris quatre otablissenionls (Idrpliolinos :

1/iin. riio Censier, fanl)oiir<j Mar.-ol, appclë l«'s Goiit-Filies, mais donl !o nombre est fixe par arrêté du Département à cinquanle. ci 5o

In, rue (les Postes , cul-de-sac des \ ignés, appelé les Petiles-Orplieli::esde-lEnfiint- Jésus, donl le nombre est de dix-neuf, ci i q

In, aux ci-devant Bernardins, appelé ci-ilt'v:iiit du Saint-Espi-it, donl

le nombre est de quarante, ci /io

Tt un , à ia Trinité, rue Denis, dont le nombre est de Irenlr-six , ci. ... 36

Total des orpbelines dans les quatre maisons

1 iô

Je propose de réunir toutes ces orphelines dans la ci-devant maison de l'Enfanl-Jésus, rue de Sève, n" iSyS , et de fixer le nombre à recevoir audit l.ospice à cent cinquante. Cette réunion sera avantageuse à Ihumanité et tout à la fois utile h la République.

AVANTAGE POl R L'Htj.MANITÉ.

Les orpbelines, rue Censier, y occupent environ 6 arpents de terrain, dont une partie est couverte de très anciens bâtiments susceptibles aujourd'hui de ri'parations importantes; elles possèdent encore une maison et jardin, rue d'Orléans, n" 7, qui servait aux chapelains dudit hospice.

La maison hospice est longée par un bras de la ri\ièredes Gobeîins, sur lequel bras sont des établissements de tanneurs, ce qui en rend l'air fétide; l'autre ligne qui la ferme est le grand égout de Scipion, qui y porte aussi un air putride, et finalement le terrain est fermé par le cimetière dit Glamard, dont l'exhalaison e.-t infiniment dangereuse à la santé des orphelines. C'est sans doute h cette position qu'on doit attribuer la faible santé et les pâles couleurs qu'on remarque dans les orphelines admises à cet hospice.

Celles de la rue des Postes ne sont pas dans une position malsaine, mais le local qu'elles occupent est très resserré.

Celles de la Trinité n'ont pas 3o toises carrées de promenade, point de cour, et le bâtiment qu'elles occupent est encaissé dans un pâté de maisons élevées de cinq et six étages.

Quant à celles qui sont aux Bernardins, la localité n'a contre elle que les brouillards de la rivière.

Il est constant que la majeure partie des orphelines sont placées dans des locaux malsains et que leur tempérament gagnerait infiniment dans la translation proposée, par l'air pur et l'étendue des terrains de la maison dite rEtifant-Jc'sus,

DTILITÉ POUR LA REPUBLIQCE.

La réunion proposée met dans la main de la Nation en libre disposition : 1" des bâtiments et terrains occupés par les Ceut-Filles,. rue Censier; 2" ceux occupés par les Petites-Orphelines, rue des Postes, cul -de-sac des Vignes.

POSSIBILITE DE FAIRE SUBSISTER LES CE^T CINQUANTE ORPHELINES À LA MAISON DITE DE L'ENFANT-JÉSIS.

La maison de rEiifuiit-Jésus jouit d'un revenu conUanl de la somme de ai ,ÇfbS^ 5' i i**

Les (Îent-Filles en jouissent d'im de /jo,ooo*^

Les Orphelines de la rue des Postes o:it un revenu de ... . 3tî,i a^** i (j' t)^

II y a encore le produit de la ferme d'Issy-l'Union qui au moyen de ce qu'elle nourrit les bestiaux de la maison de Paris, on peut porter ici en recette la vente du lait (pii peut s'élever à (kooo**

Total du revenu 100,078** 5' 8'

On observe qu'en conlianl à (i(!s usai. s s-ùrfs ladminislration projetée, on aug.nenlera encore le produit par le Iruil du travail des orphelines, produit qui fera partie de leur éducation en les accoutumant au travail.

Le revenu fixé ci-dessus peut suffire pour nourrir, entretenir, instruire et soig-ner convenablement cent cinquante orphelines.

Finalement, j'estime qu'il ne foudra faire choix pour Hospitalières de cet hospice que parmi les mères de famille veuves, parce que qui a su élever ses enfants, a fait ses preuves pour élever ceux d'autres citoyens.

(Signé :) Dad VIN,

Proviseur de l'Hospice des Vieillards, fauhourfj du Nord, n° 1^0, et receveur greffier surveillant celui des Cent-FIlies, rue Censier, faubourg Marcel.

Minute signée, Arcliivcs nationales, F'^ 969.

RAPPORT DE LA COMMISSION DES SECOURS PURLICS SLR LA DESTINATION À DONNER À LA MAISON DE L'ENFANT-jÉSUS, AVEC PROJET D'ARRÊtÉ POUR LA SORTIE DES RELIGIEUSES ET SOEURS CONVERSES ET POl R L'INVEN- TAIRE DL LINGE ET DES ETOFFES EXISTANT DANS LA MAISON.

G hriiriiaire an iir.

li'c'tablissomenl do l'Enfanl-Jésus, luo de Sèvres, a éti' fondé, en l'jôîî, par Lanjjijct, curé de Sainl-Snipico. Le but de celle instilulion était d'y élever seize filles nul)les. On avait j)ris pour base les rè-

glcmcnts de la ci-devanl maison de Saint-Cyr. Les litres nécessaires pour l'admission, les preuves de noblesse étaient les mêmes. Les Filles de ïhomas-dc-Villeneuvc étaient chargées du régime intérieur, sous la surveillance immédiate du ci-devant archevêque de Paris, du curé de Sulj)ice et de quehjues administrateurs, tous nommés dans les lettres patentes expédiées en i yôa (v. st.).

Sous ce premier rapport cette maison ne [)0uvait subsister; elle a été détruite parle fait. Les ex-religieuses ont été mises en arrestation, ainsi que le citoyen Bro, le seul administrateur (jui était resté; les filles nobles ont disparu.

Le curé de Sulpice avait fait joindre à son nouvel institut, par forme de bienfaisance, une espèce d'atelier de filature, destiné à recevoir des filles et femmes pauvres auxquelles on donnait la soupe, 1 livre et demie de pain et 3 sols par jour. Cette mesquine aumône a cessé par défaut de matière première et de fonds. Dans cet état de choses, le comité révolutionnaire de la section du Bonnet rouge a fait apposer les scellés sur la lingerie et la sacristie; mais cette mesure n'ayant point été générale, le Département de Paris, qui se transporta sur les lieux, laisse entrevoir dans son rapport qu'il peut y avoir eu un divertissement d'effets.

Si, d'un côté, tout constate l'inutilité de l'établissement de l'Enfant- Jésus, qui s'est supprimé de lui-même par la nature des circonstances, d'un autre côté, il est urgent de fixer le sort des individus qui sont restés dans la maison et qui jusqu'à ce jour n'ont subsisté qu'avec des fonds ([ui leur ont été laissés; il serait aujourd'hui inutile et sans but d'en accorder de nouveaux. Avant de proposer le mode d'exécution que l'on pourrait suivre, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails.

Les revenus de la maison de l'Enfant-Jésus consistent en un contrat sur la Nation de 19,5-73^ 5' 11''. L» location de plusieurs logements sur la rue de Sèvres, à Issy et à Vaugirard s'élèvent ensemble à 9,38o livres; le total des revenus effectifs est donc de 2 i,()53^5' i 1''.

Il V a encore une ferme à Issy-l'Union que les ex-religieuses faisaient valoir et dont elles tiraient les denrées nécessaires à leur consommation. Le beurre qu'elles vendaient, très recherché dans le temps, était encore un objet de profit journalier. Les bâtiments situés tant à Issv que dans la rue de Sèvres sont spacieux et ont des jardins. On pourrait établir dans la maison de la rue de Sèvres un hospice de

ili L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

cent ciii(|Liante lits pour les infirmes tirés du Grand Hospice d'Humanité en l'affectant à un genre de maladie ou au service particulier du quartier; au reste, ce n'est pas ici le lieu de proposer cette mesure, qui doit tenir à un enseniLle plus général.

Les individus qui restent actuellement tant à Paris qu'à Issy ne sont que des ci-devant sœurs converses, sur le sort desquelles il faut statuer, et qui se trouvent privées de toute ressource par la loi du 2 3 messidor; une seule ex-religieuse n'a point été mise en arrestation.

NOMS DES INDIVIDUS ACTUELLEMENT EXISTANTS DANS LA MAISON DE L'ENFANT-JF'sUS, RUE DE SÈVRES.

Ai\i\ÉES

NOMS. Age. de profession.

Marie-Anne Laniau, ex-religieuse (aveugle). . 72 ans 5o

Si

œurs converses.

Marie-Jeanne Laguille 53 33

Louise Bracourt (su;) 5o 23

Marie Louise 5o 19

Constance d'Orgy 1 (j

Marie Parisot 3^ 11

Marie Dupont 39 8

Marie ArJivillé (à Issy-i'Union) 76 62

Gens (h confance.

1 jardinier, 1 garçon jardinier, 1 charretier, 1 homme de peine.

D'après les renseignements pris par le Départemeut, il est du à didéreuts fournisseurs environ 2/1,1 90^^ mais il fautohserver (|ue l'on vient de vendre au profit de la Nation 12 vaches, 1 taureau, 2 juments et 1 poulain, et qu'il reste un local très précieux.

Tel est l'état de situation de la maison de l'Enfant-Jésus. On propose en conséquence le projet d'arrêté suivant.

(Signé :) Dernieau.

y\iii. 1 '. L'ex-religieuse Marie-Anne Laigiiiau et les sept ci-devant

sœurs converses, demeurant dans les maisons dites de l'Enfant-Jésus, tant à Paris qu'à Issy, seront t(Mines de se retirer deux jours après la nolilicalion du présent arrêt»'.

Art. tî. Elles se présenteront sans délai à la Commission des secours publics, chargée de fixer leur traitement aux termes de la loi du 1 /i octobre 1790 et 18 août 1792.

Art. 3. Les scellés apposés sur la sacristie et autres lieux de la maison de l'Enfant-Jésus seront levés; il sera fait un inventaire du linge et étoffes qui pourraient se trouver dans ladite maison; le tout sera remis à la garde de l'économe de la Salpélrière, qui en fournira son récépissé.

Remis au citoyen Dubois-Dubay, le G brumaire, Tau 3 de la Rt'puMique, une et indivisible.

Sur la minute se trouve celte note : rr Remis le rapport et les pièces au Comité des secours, le d brumaire an 3.»

Original signé, minutes et copie (6 p.), Archives nationales, F'^ 26g.

DEGRKT DE LA CONVENTION NATIONALE, SUPPRIMANT LES MAISONS DES Ml- RAMIONES ET DE L'ENFANT-JÉSLS QUI AVAIENT ETE PROVISOIREMENT CONSERVEES.

iG lirumaire a:i in.

La Convention nationale, après avoir entendu le raj)port de son Comité des secours publics, décrète :

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