OBSERVATIONS
Les infirmiers et tous les employés à Thospice jusqu'à ce moment se sont nourris, les infirmiers et guichetiers demandent une indemnité, l'économe ne peut les payer avant qu'elle ne soit déterminée.
11 est dit par le règlement que les infirmiers et autres seront nourris dans la maison, pour prévenir les abus qui pourraient naître des fréquentes allées et venues, mais il n'y est point dit si on leur donnera du vin ou non. L'économe demande une décision pour ou contre, à raison du prix exorbitant de celte partie de la nourriture.
Tout a été fort tranquille jusqu'à présent, soit quant à la police intérieure de la maison , soit quant à la sûreté.
A riiospiee du ci-devant Evêché. le 28 germinal . l'an a' de la République, une ef indivisible.
(Signé) : Ray.
Mimiti". Archives nationales, F'" 601.
ARRÊTÉ Dr COMITÉ DE SALLT PUBLIC, REMETTANT LA POLICE DE L'HOSPICE DK L'ÉVKCHK À L'ACCl SATEUR PI HLIC DU TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE.
•?.-i oermiiial ;in ri.
Le Comité de salut public arrête que la police de la prison de la Conciergerie et de la maison d'arrêt de la rue Jacques, ainsi que de l'hospice établi dans les bâtiments du ci-devant Evêché, appartiendra au Tribunal révolutionnaire et à l'accusateur public de ce tribunal.
Extrait du registre des arrêtés du Comité de salut public, Archives nationales, AF*n US, fol. /17.
ARRÊTÉ DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC, AUTORISANT L'ADMINISTRATION DES ARMES PORTATIVES DE LA RÉPUBLIQUE À DÉLIVRER LES USTENSILES NÉCESSAIRES POUR LE LABORATOIRE DE PHARMACIE DE L'HOSPICE DE L'ÉVÊCHÉ.
17 floréal an 11.
Le commissaire des administrations civiles, police et tribunaux observe qu'un laboratoire de pharmacie doit être monté à l'hospice. 11 existe dans le magasin des cuivres de la République, confié à l'administration des armes, tous les ustensiles nécessaires. Le Département a autorisé l'économe de les y prendre.
L'administration des armes ne les refuse point, mais elle en exige le payement: poMr(|uoi tirer d'un côté des deniers de la Répid)li(|ue, pour les verser dans un autre de cette mêini' U(''puhli([ii<^'.*
Le Cdiiiili' de salut public autorise l'administration des armes jtor-
HOSPICE DE L'ÉVÉGHÉ. 135
tatives de la Hépubli(|ue à délivrer à lY'conome de l'hospice placé au ci-devant Evèché, par état et sur sa reconnaissance, les meubles demandés par les olîiciers de santé, lequel état et reconnaissance vaudra pour ladite administration pleine décharge et lui servira au besoin de pièce de comptabilité.
(Signé) : Herman.
Bon à expédier :
(Signé) : Collot-d'Herbois, Codthon.
Miuute, Archives nationales, AFii 81, n° 601.
PROTESTATION DES OFFICIERS DE SAINTE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCHE , RELA- TIVEMENT À LA LENTEUR ET AU DEFAUT DE SUITE DES TRAVAUX D'AME- NAGEMENT DUDIT HOSPICE.
•i8 floréal an ii.
Le vingt -huit floréal, l'an deuxième de la République française,' une et indivisible, les officiers de santé, réunis avec l'économe de l'hospice établi dans la maison du ci-devant Evêché, ont observé que n'ayant jamais été consultés pour les réparations et constructions nécessaires pour mettre la maison dans le cas d'être utile et servir suivant le vœu de l'établissement, si ce n'est que relativement à la chapelle qui doit être employée à la salle de bains, et au nettoiement des caneaux qui conduisent les matières des lieux communs à la rivière, ainsi que sur les réparations concernant la pharmacie, ont observé que ces mêmes réparations et constructions languissent et sont suivies de manière à devenii' peu profitables, soit parce qu'elles sont commencées partons les bouts et qu'elles ne finissent point, ce qui occasionne d'entasser les malades les uns sur les autres, soit parce qu'il sera dangereux de remplir les salles nouvellement enduites de plâtre , à raison de l'insalubrité, inconvénient qu'on aurait évité en partie* si on eût joint l'activité au conseil des officiers de santé.
Fait et délibéré entre nous à l'hospice, le 9.^ floréal, l'an 2" de la Répiibli(|ue française, une et indivisible. Signé : Ray, Nauby, Bavard, Ql'inqlet, olficws de santé.
Pour copie conforme :
(Signé) : Herman.
Copie conforme, Archives nationales, K'^ 1 167.
RAPPORT DU CITOYEN DLHAMEAU , ARCHITECTE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCHE , PROPOSANT DIVERS TRAVAUX NECESSAIRES POUR LA SURETE ET SALU- BRITE DE CETTE MAISON.
2 5 prairial an 11.
L'hospice du ci-devant Evêché, étahli par un arrêté du Comité de salut public, du h ventôse dernier, est destiné à recevoir les prisonniers de la Conciergerie. Celte destination exigeant les moyens de sûreté et de salubrité les plus sévères, le citoyen Duhameau, arcliilecle de cet hospice, demande à la Commission des travaux publics de prononcer sur les propositions suivantes :
1° On propose à la Commission l'établissement d'un chemin de ronde, ainsi (pj'il est indi(pié sur le plan ''^ afin d'empêcher toute connnunication extérieure, l'autorisation de cet objet est déjà donnée par la Conunission, mais pour son exécution, il faut suppiimer cpielques parties de bâtiments occupés par différents citoyens. On demande qu'il soit fait sommation aux différents propriétaires et locataires desdits lieux de les abandonner dans un délai ^\\6 et le plus bref possible, en donnant toutefois à ces locataires le temps d'effectuer leur déménagement. Cett*^ détermination est d'autant plus nécessaire qu'il est de toute impossibilité d'établir une sûreté réelle, tant qu'il y aura mitoyenneté entre les prisonniers et les citoyens habitant fextérieur de cet hospice, une de ces maisons entre autres. . . pouvant communiquer par une terrasse sur celle de l'économe et de là dans le jardin dudit hospice.
'i" On a dispose- d'iuie ci-devant chapelle, dite Saint-Nicolas, pour y établir une salle, celte chapelle est à rez-de-chaussée el donne sur le jardin d'un côté et de l'autre sur la grande cour intérieure; directement au-dessus de cette chapelle, en 681 une autre qui conmmnique h la salle des électeurs, qui a la même exposition (jue celle du dessous et par consé(pi('nl vue sur la gi-ande cour du ci-devant Evèché,ce qui peut nuire à la sûreté de cette maison. Pour reuK'dier à cet incon-
t'* Les plan» (|p CCS travaux, appioiivés par M. Rondelet, sont joints an rapport île ranhilecte.
HOSPICE DE L'ÉVÉCHÉ. l;}7
vf'nifnl ol |)niir Invantage de cet liospice, on deriiaiulp à hi Goiumissii)ii (roblenii' la jonissance de coUo ci-devaiil chapelle supérieure. (|ui ajoiitcrail à Tc-lendiie de riiospifo et eoiniiiuiiiquerait au\ salles supérieures par le palier du j;raiid escalier qui lui est mitoyen. (Ou observe que celte chapelle est toute boisée et pavée en pierre de liais , et qu'il n'y a de dépense que des percements de portes.)
On demande encore à la Commission que le mur de clôture qui sépare le jardin du ci-devant Evêche' d'avec celui de l'hospice de l'Humanité (ci-devant Hôtel-Dieu) soit reculé jusque derrière le chemin de ronde et placé derrière la ci-devant chapelle Saint-Nicolas. Celte opération est d'autant plus nécessaire que dans sa position actuelle rien ne serait plus facile que de comiiuniiquer par lettre avec les prisonnieis qui seraient dans cette salle, ci-devant chapelle Saint-Nicolas, par la partie du jardin de l'hospice de l'Humanité, ce (pii serait ('jjalemcnl roniraire à la sûreté qui doit régner dans toute maison darrêl.
3" Pour le service de la maison, il a été établi, à l'angle de la grande cour de l'hospice , des latrines dont les matières vont se jeter par une pente rapide dans un aqueduc existant et connnuniquant à la rivière; mais, comme cet ancien aqueduc fait cul-de-sac d'un côté et que de l'autre son embouchure, donnant dans la rivière, est très éloignée et forme un grand coude, et que de plus la pente est trop peu considérabl\ il résulte que les matières séjournent à leur point de chute et ne sont lavées par les eauv que dans les grandes crues, car, dans les eaux basses et ordinaires, d n'y a souvent point 8 à 9 pouces d'eau. Le désir de profiter de cet ancien aqueduc et par là d'éviter la dépense a déterminé à ne faire que la nouvelle partie daqueduc dont il vient d'être parlé ci-dessus. Mais du séjour des matières dans cet ancien aqueduc et de l'impossibilité qu'elles arrivent à la rivière , lant par le peu de pente que par l'éloignement de leur point de chute à son embouchure, il en résulte que des miasmes et des exhalaisons, cherchant Tissue la plus proche pour s'échapper, sortent par les ouvertures des sièges des latrines et les infectent. On avait demandé des moyens pour remédier à cet inconvénient, on a proposé de continuer l'aqueduc nouveau en ligne droite jusqu'à la rivière, de manière que, vu la rapidité de sa pente, les matières arriveraient directement el promptement à la rivière. Ajoutez à cela la facilité de faire passer des torrents d'eau fraîche dans cet aqueduc, alors plus de séjour de matières et par conséquent plus d'odeur méphitique à craindre. Le plan et la coupe ci-joints démontrent l'avantage de cette proposition. Dans le cas où la (commission l'adopterait, je lui observe (|ue le temps actuel est très propice à cause des basses eaux, ce qui éviterait beaucoup de dépense.
Paris, ce 90 prairial, l'an deuxième de la République française, une et indivisible.
(Signé) : Duhameau,
architecte tle l'hospice.
Original, Archives nationales. F" 1167.
138 LASSISTWCE PUBLIQUE A PARIS.
RAPPORT m CITOYEN DUHAMEAU, ARCHITECTE DE L'HOSPICE DE L'ÉVÊCHE, TOLCHVNT L'AMÉNAGEMENT DE LA SACRISTIE POUR LE LOGEMENT DES OFFICIERS DE SANTE ET DE LA BASSE SACRISTIE POUR UNE SALLE DES MORTS ET D'AUTOPSIE.
3 messidor an ii.
Dans ie corps de bâtiment donnant entrée dans ia grande cour du ci-devant Évêché , aujourd'hui hospice , était la sacristie et le trésor. Comme ce bâtiment fait partie de l'enceinte de rhos|)ice et que le trésor ni la sacristie n'existent plus, le citoven Herman, commissaire et adnihiistratenr de cet hospice, destine ce bâtiment à loger les officiers de santé qui sont chargés de soigner les malades. En conséquence les plans ont été levés et les distributions nécessaires indiquées en rouge ^'\ afin de metire la Commission des travaux publics à même de juger au premier coup d'oeil des changements nécessaires pour rendre ce bâtiment propre aux logements demandés.
A la gauche de l'entrée de la ci-devant sacristie il existe une espèce de caveau , que l'on nommait basse sacristie, on y descend de la grande, par un escalier en pierre composé de quatorze marches, qui nous serviraient pour l'escalier extérieur indiqué sur ie plan du rez-de-chaussée et arrivant au niveau de la ci-devant sacristie. Comme cette basse sacristie a jour sur la grande cour du ci-devant Evêché, on propose, moyennant uno porte à ouvrir, d'en faire une salle des morts et d'ouverture des cadavres, ce qui éviterait la construction de la neuve, demandée par les officiers de santé et nécessaire pour la salubrité de l'hospice. La Commission des travaux publics est priée de vouloir accélérer l'autorisation de ces travaux , vu leur urgence et leur nécessité.
Paris, ce 3 messidor, l'an deuxième de la République française, une et indivisible.
(Signé) : Duiiameau.
Approuvé en ce qui me concerne :
(Signé) : Herman, Original, Archives nationales, F" 1167.
'' Les plans on question, approuvés par M. Rondelet, sont joints nu rapport de l'arcbilecle. •
HOSPICE DK L'KVÊCHÉ. ):i9
I.KTTRE DK L\ COMMISSION DES TRAVAUX PUBLICS AL CITOYEN DUHAMEAU, ARCHITECTE, ARRETANT LES DISPOSITIONS PROPRES À GARANTIR LA SU- RETE ET LA SALUBRITÉ DK L'HOSPICE DE L'ÉVÈCHE.
19 messidor an ii.
La Commission des travaux publics au citoyen Dukameau, architecte.
Paris, le 19 messidor, l'an ?' de la République, une et indivisible.
La Commission des travaux publics, après avoir examiné les mesures proposées par le citoyen Duhameau, dans son rapport du 2 5 prairial, pour assurer la sûreté et la salubrité de l'hospice établi au ci-devant Evêché, autorise le citoyen Duhameau à faire les dispositions suivantes :
1° Le citoyen Duhameau s'entendra pour les suppressions qu'il demande avec les différents propriétaires ou locataires dont les maisons forment mitoyenneté entre eux et les prisonniers, ou s'opposent à l'étabhssement du chemin de ronde indiqué sur le plan, pour empêcher toute communication avec l'extérieur. Il réglera conlradictoirement avec un expert nommé par eux les justes indemnités auxquelles ils auront droit de prétendre ;
2° La ci-devant chapelle, qui communique à la salle des électeurs et est directement au-dessus de celle dite de Saint-Nicolas , sera réunie à l'hospice, tant pour la sûreté et l'agrandissement de cet établissement, que pour la communication aux salles supérieures par le palier du grand escalier qui lui est mitoyen ;
3" Le mur de clôture qui sépare le jardin du ci-devant Evêché d'avec celui du ci-devant Hôtel-Dieu sera reculé jusque derrière le chemin de ronde indiqué sur le plan et placé derrière la ci-devant chapelle Saint-Nicolas. Le citoyen Duhameau se concertera pour cette opération avec l'architecte de l'Hôtel-Dieu;
lx° Pour faciliter le prompt écoulement des matières des latrines et éviter les exhalaisons occasionnées par leur séjour dans l'ancien aqueduc, la partie d'aquoduc déjà construite sera prolongée en ligne droite jusqu'à la rivière, ainsi qu'il est proposé sur le plan, de manière à ce que la rapidité de sa pente entraine promptement et directement les matières vers la rivière.
5° Le citoyen Duhameau est autorisé à faire établir sur le puits de la cour du ci-devant Evêché la pompe à fourreau qui doit être exécutée par les citoyens Ghappoy, père et (ils, et dont la Commission approuve que l'acquisition soit faite, d'après le devis estimatif qui lui en a été présenté.
La Commission se repose sur les talents et le patriotisme du citoyen Duhameau pour l'exécution de ces dispositions. Salut et fraternité.
Minute, Archives nationales, F'^ i 167.
ARRÊTÉ DL COMITE DE SALUT PUBLIC RELATIF AUX APPROVISIONNEMENTS NÉCESSAIRES À L'HOSPICE DE L'ÉVECHE.
;} ihornildor an 11.
Le Comité de salut public arrête que le commissaire des administrations civiles se concertera avec l'administration des subsistances pour les approvisionnements de tous genres nécessaires à l'hospice assigné au Tribunal révolutionnaire.
Extrait du lejfislre des arrêtés dn Comité de salut pid)iic, Arcliives nationales, AF* II /19, loi. 1 2.
HOSPICE DE L'ÉVÉGHÉ. 141
HAPPOHT DE L'AHCIllTECTK IIUBKHT \ L\ COMMISSION DES THAVAl \ PL- BLICS SUR L'APPROPRIATION DE LA CHVPELLE DITE DE S\1.\T-JEAN-LE- RO>D POUR LES SALLES DE BAINS DE L'HOSPICE DE L'ÉvÈCllÉ.
•J7 lliemiidor an ii.
Hubert, architecte, à la Commission des traraux publics.
Paris, ce 37 thermidor, Tau -i' de la République, une ot iii(livi.sil)le.
Citoyens commissaires.
Conformément à votre lettre du i'^'' prairial dernier, j'ai non seulement examiné le devis estimatif que vous m'avez fait passer des ouvrages à exécuter à l'hospice du ci-devant Evéclié pour l'établissement des salles de bains et autres, mais encore je me suis transporté à l'endroit même pour en vérifier la nécessité. J'ai d'abord reconnu que le local sur lequel on a jeté les yeux et qui consiste en une ci-devant chapelle, appelée de Saint-Jean-le-Rond, était mal disposé et de [)eu d'étendue, en raison de l'objet pour lequel il paraît destiné, par conséquent aussi incommode que peu salubre. Ensuite j'ai pensé qu'il était d'autant moins avantageux d'y faire de fortes dépenses que, quoi qu'il en soit du parti qu'où en tirera, il ne devra servir que provisoirement, en ce cju'on se propose d'établir à la maison de Bicêtre une infirmerie vaste et commode pour l'espèce de maladies qui doivent être traitées, en attendant, à l'endroit dont il s'agit. Je crois donc qu'il est seulement nécessaire, dans l'état actuel des choses, de former les distributions intérieures que le besoin du service peut exiger ; qu'il faut se dispenser de détruire la voûte de cette chapelle, et cela par la raison qu'elle évitera la construction d'un plancher, qu'en conservant la charpente du comble, on n'aura simplement que quelques jours en tabatière à pratiquer, et qu'enfin il résulte de cet arrangement une économie de 6,^107 livres.
Je vous renvoie, citoyens commissaires, le devis estimatif qui était joint à votre lettre; j'y ai noté en marge les obj.ets qu'il est possible d'adopter et ceux dont la dépense serait superflue.
142 L'ASSISTANCK PUBLIQUE A PARIS.
Oiiant au cahier des charges, pour h.'S premiiTS il ne riic serait pas facile de l'établir sans avoir des plans détaillés. C'est l'architerte seul, chargé de l'exécution des travaux à faire, qui pourrait plus aisément les déterminer, toujours en supposant que vous entrerez dans les vues que je vous propose.
Salut et fraternité.
(Signé] : Hubert.
Original, Archives iwtionales, F'-' i 167.
LETTUE DES SIEUR ET FEMME GL1(0T, INFIRMIER ET INFIRMIERE EN CHEF »E L'HOSPICE DE L'ËVÈCHÉ, À L\ COMMISSION DES ADMIMSTRVTIONS CIVILES. POLICE ET TRIRLNAIX, SIGNALANT LE TRAITEMENT INEPTE DES MALADES.
5 t'riictidoi' an 11.
Aux citoi/enfi composant la Commission civile, police et tribunaux.
De l'Hospice, ce h Iruclidoi', l'an -2' de la Repiihlique.
Citoyens, les horreurs qui se commettent journellement à l'hospice sont si grandes (|u'il est impossible de garder le silence. Depuis longtemps les malades ne peuvent se plaindre sans courir le danger d'être transférés dans d'autres maisons, même à l'hôpital, car le médecin en a menacé une femme enceinte de six mois, qui n'est pas jugée, à cause qu'elle s'est plaint qu'un infirmier lui avait reproché le pain qu'elle mangeait. Un autre trait plus atroce : une jeune personne, âgée de 20 ans, nommée Sara, étant très malade, on lui mit un vésicatoire aux jamhes, il en provint un érysipèle très dangereux qui fit craindre pour la vie de cette jeunesse. Une citoyenne détenue, nommée Saint- Agnand, dit à l'amie de la malade : «il faut absolument lui mettre un pigeon vivant coupé en deux sous la plante des pieds, afin que la gangrène ne s'y mette point et lui sauver la vie. v Le médecin monta à la visite à 6 heures du soir: on lui en fait |>art, d se mit foi! en colère. La citoyenne Duvi{|U('t, détenue, amie de la malade, dit au mi'dccin que cela l'avait beaucoup soulagée et qu'elle la trouvait miciu. Il lui dit : r Taisez-vous, je veu\ (lu'on lui oie. et vous. j« nous ferai Iraiis-
IIOSPICK l)K r/KVKCIIi:. . l/i.*^
férer, puisque vous n'avez pas conliancu en moi. » Et la délenne est toujours en atlendanl de se séparer de son amie qui est à l'extrémité. Ce cpi'll y a de sûr. c'est qu'il n'y a pas qu'elle qui n'a |)as de conliance au médecin, car tous les jours les médecines, tisanes et potions sont aux commodités. D'ailleurs, ce (|ui prouve leur ignorance, c'est qu'on a été obligé d'aller chercher le chirurgien-major de l'hospice de l'Humanité, ci-devant Hotel-Dieu. à minuit, pour faire l'opération à un malade qui avait la pierre.
Un autre fait : une nommée femme Pechaux étant fort incommodée d'une extinction de voix, elle demanda un vésicatoire. L'élève en chirurgie lui dit : «Ne vous en faites pas mettre un actuellement, car le sérat est si mauvais cju'il donne un érysipèle très dangereux, par l'économie des officiers de sanlé. » Il est étonnant ([u'ils ont pu conserver la vie à cette malheureuse, pendant que tant d'autres sont morts de la gangrène que leur maudit sérat a occasionnée. Je crois, cito\ens, qu'il est essentiel que d'honnêtes gens vous rendent compte de ces atrocités, vu que c'est pour le service de l'humanité. Pareil fait existe dans les chambres des hommes sur les nommés Détrie et Hauvel, tel que l'atteste le chef infirmier qui a signé au bas du présent, dont on peut prendre connaissance des détenus qui existent actuellement à l'hospice.
(Signé) : F. Guyot, Femme Guyot,
chef infirmier. chef infirmière.
Original signé, Archives nationales, W 77.
LETTRE DU SIEUR RAY, ECONOME DE L'HOSPICE DE L'ÉVÊCHE , À LA COM- MISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRIBUNAUX, L'IN- STRUISANT DE LA SITUATION DE LA MAISON.
3' complémentaire an 11.
Aux citoyens commissaires des administrations civiles, police et inbunaux.
A l'Hospice, 3" sans-culotide de la 2" année de la République française, une et indivisible.
Citoyen, j'ai attendu pour le faire mon rapport sur la situalion de
Uû L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
l'hospice, que je fusse au courant. J'ai d'abord visité les objets qui ont été apportés des différentes maisons d'émigrés pour l'établissement dudit hospice, j'ai cru y voir un déficit occasionné en partie par l'usage et les changements qu'on \ a faits pendant mon absence de la maison, ce qui m'engage à te demander un inventaire, parce que je ne puis pas en être chargé suivant l'état estimatif qui en a été fait, lorsqu'on les a apportés, d'autant mieux qu'il n'est pas rempli.
Le sous-économe m'a rendu ses comptes, sur les i 5,ooo livres qu'il a reçues pour les dépenses journalières, il m'a fourni pour ik^lxUh livres 11 sols de quittances et m'a remis en assignats 3,555 livres 9 sols, ce qui complète sa somme.
Quant au bon ordre, il ne règne pas du tout dans la maison, les propos, les fausses dénonciations, tout est employé pour l'empêcher. L'officier de santé Naury ne se conforme pas plus au règlement que par le passé, il n'a jamais fait qu'une visite par jour et depuis quelque temps il ne prend pas même la peine de panser les malades, ce dont se plaint fortement l'onicior de santé Giraud.
Si l'on parle du règlement, le prétendu médecin Angucard, qui se dit le maître dans la maison, répond qu'il sait ce qu'il a à faire; personne n'ose se plaindre qu'en secret, parce qu'il a fait croire aux uns qu'il a une grande influence auprès du Tribunal et qu'il peut leur être utile ou nuisible suivant l'échéance des cas, ce qu'il pratique à merveille; les autres, il les menace de les faire transférer, la chose est portée si loin que, si je ne fusse pas arrivé à propos, le premier jour des sans-culottides, les prisonniers se seraient entr'égorgés, et voici pourquoi.
Angucard, après la visilc des commissaires du Comité des secours de la Convention, qui avaient pris une note assez peu favorable au\ officiers de santé, avait sollicité une attestation des détenus; les plus timides, ou ceux qui avaient le plus de conhance à ses reliques, y consentirent et en firent une qu'ils proposèrent à signer dans différentes salles, on leur refusa nettement; de là, on en vint à des mauvais propos, on menaça les refusants de les dénoncer au médecin et de les faire transférer. J'arrivai assez tôt pour apaiser la querelle qui serait devenue très sérieuse. Ce n'est pas tout, si quelques malades se plaignent qu'ils ne peuvent pas exister, il leur répond qu'ils crèvent, à ceux qui ont des coliques, qu'ils pettent, aux femmes enceintes qui de-
HOSPICE DE L'EVÉGHE. 1/i5
mandent à être saignées, parce qu'elles sont dans cet usage, qu'on ne saigne que les bourriques, etc. Une telle conduite ne put jamais opérer e bien.
Il y a un autre abus, les dilïérents genres de maladies sont confondus, suivant que tel ou tel malade convient ou ne convient pas au médecin, quelle que soit l'incommodité qui en résulte pour les uns ou pour les autres; voici un fait :
La citoyenne Dumaillé, sujette à des crispations de nerfs qui lui ont pousser de grands cris, a été transférée de la salle nommée la Galerie, dans une autre oii se trouve la citoyenne Blamont, qui a besoin de beaucoup de repos, et à côté d'une autre citoyenne, nommée Saint- Servan, qui depuis six mois ne peut pas sortir de son lit et qui, au moindre bruit, tombe sans connaissance, et cela parce que l'on s'était plaint dans les salles de ce que la citoyenne Souville, qui a été mise en réquisition pour la pharmacie et qui avait obtenu la permission de monter dans les salles sous le prétexte de voir la citoyenne Blamont et son fds qu'elle avait adopté pour la forme, n'y montait réellement que pour la citoyenne Dumaillé, puisqu'elle n'allait pas voir la première. Angucard, soit pour se venger de la citoyenne Saint-Servan, soit pour remédier à l'inconvénient des propos, a jugé convenable de déplacer une malade paisible pour y substituer la citoyenne Dumaillé en la rapprochant de la citoyenne Blamont.
Un autre fait dont je me suis plaint au citoyen Grandpré, lorsqu'il est venu prendre des renseignements, en présence du médecin : des malades non galeux se trouvent placés dans les salles des galeux, sans que j'aie encore pu les faire changer, le médecin, lors de ma plainte, voulut se disculper en disant que celui dont je parlais avait besoin de prendre des bains avant d'être transféré dans une autre, mais, m'étant instruit après, j'ai vu que, non seulement ce malade n'avait pas pris de bains, mais n'avait même jamais eu la gale, au reste il est malheureux et pauvre, c'est le thermomètre du médecin, et c'est aussi par cette conduite qu'on en a vu jusqu'à trois ou quatre par jour dans la salle des morts. Il est temps que tu mettes ordre à de pareilles infamies, de tels hommes, non seulement ne sont pas dignes d'occuper des places, mais encore devraient être exclus de la société, soit, j'ose le dire, à raison de leur impéritie, soit parce que leur unique occupation est de nuire à quiconque ose leur dire la vérité.
Tu m'as demandé des renseignements sur la pharmacie, je me suis adressé au chef pour avoir, comme tu le désirais, par écrit, les détails sur l'utilité des deux hommes employés à k^ par jour, l'on a tenu quelques propos déplacés et je n'ai point eu de réponse, mais voici ce que j'en pense. Les deux hommes peuvent bien être utiles dans le moment de la préparation des plantes, mais ce travail n'a qu'un temps. Quant aux deux pharmaciens en sous-ordre, ils suivent les officiers de santé, le matin, pour les ordonnances, ce que faisaient avant plusieurs infirmiers, ils font quelques pintes de tisanes, préparent quelques bouteilles de petit lait que l'on fait payer aux malades (je ne sais pas si c'est la volonté de la Nation), et la plupart du temps ne sont pas occupés, car depuis que je suis rentré, je n'ai encore vu administrer d'autres remèdes que des tisanes, sous différents noms; au reste ils suivent les ordonnances des officiers de santé, mais je crois que si le chef et un pharmacien en sous-ordre s'occupaient de leur besogne, ils auraient encore du temps de reste, et les choses en iraient beaucoup mieux. Il faudrait encore que le pharmacien en chef ne s'occupât en aucune manière des malades et des maladies, auxcjuelles il entend bien moins qu'à sa pharmacie; on l'a vu s'ériger en officier de santé, signer des rapports souvent dictés par la passion, enfin aller jusqu'à visiter des femmes qui s'étaient déclarées enceintes d'un mois , six semaines, plus ou moins, qui n'en ont pas moins été conduites à la mort, quoique toute la médecine de tous les temps s'accorde à dire qu'il est impossible de prononcer un jugement certain sur la grossesse ou non-grossesse d'une femme avant quatre mois et demi; une telle conduite dans la personne d'un homme qui n'a nulle connaissance dans cette partie ne peut être que le fruit du libertinage. Tu peux, citoyen commissaire, te convaincre de la vérité de tous ces faits quand tu jugeras à propos.
Salut et fraternité.
(Signé) : Hay, économe.
Urijflnal, Arcliives nationales, V' Sagg'".
HOSPICE DK LÉVECHK. ]',!
AOnESSE DES DETENUS DE L'HOSPICE DU TRIBUiNAL REVOLUTIOiWVlUK À LA CONVENTION NATIONALE, ENVOYANT LE PRODIIT D'UNE COLLECTE Al PROFIT DES VEUVES ET ORPHELINS DES VICTIMES DE L'EXPLOSION DE LA POUDRIÈRE DE CRENELLE, AVEC LETTRE DE L'ACCUSATEUR PUBLIC.
5, 7 vendémiaire an m.
L'accusateur public près le Tribunal révolutionnaire au citoyen Président de la Convention nationale.
Paris, 7 vendémiaire, Tan 3° de ia République, une et indivisiltle.
Les détenus de l'Hospice national ont fait une collecte en faveur des veuves et orphelins des victimes de l'explosion de Grenelle, je me rends à leurs vœux en t'envoyant le produit de cette collecte, ainsi qu'une adresse qu'ils m'ont prié de te faire passer.
Salut et fraternité.
(Signé) : Leblois.
Les détenus à l'hospice du Tribunal révolutionuaire offrent pour les veuves et orphelins des citoyens cjui ont péri dans l'explosion de la poudrière de Grenelle , 579 hvres lU sols.
A ta Convention nationale.
Ce cinq vendémiaire de l'an 3' de la République l'rançaise.
(îitoyens Représentants du peuple,
Jusques au fond du tombeau politique où le tourbillon révolutionnaire a précipité pêle-mêle avec le crime, l'erreur, l'innocence et les vertus, le vrai républicain vit encore pour sa patrie. Sous l'empire de la mort, il conserve et le besoin de la justice et le sentiment de la liberté. La propre douleur sait se taire pour applaudir au.v triomphes publics, et il n'a des larmes que pour pleurer le malheur commun.
Qu'il est cruel pour nos cœurs d'être réduits à n'avoir que des vœux et des larmes stériles à offrir à la République! mais, ô mère tendre, jette un regard sur nous, tu retrouveras des enfants que tu as pu rrone perdus; envoie la justice délier nos membres engourdis sous la pe-
l/i8 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
santeur des fers. L'agriculture, la guerre, le commerce, les sciences, les arts nous redemandent, rends-nous à tes fêtes, rends-nous à tes besoins.
Suivent les signatures comprises sur une page entière qui est termine'e pai- ces mots : rrEl beaucoup d'autres infortune's qui ne savent point signer. «
En tète fie l'adresse se trouve cette mention: crReçu la somme ci-e'noncée, le 7 vendémiaire. «
J. Dl'CROIX.
Originaux signés (2 p.), Archives nationales, G 3aa, n" i34o.
LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, Al CITOYEN RUFIN, INSPECTEUR DES MAISONS DE SANTE ET PRISONS, LUI DEMANDANT DES RENSEIGNEMENTS SUR LE PERSONNEL DE L'HOSPICE DEL'EVÊCHe', AVEC RE'pONSE.
;îi, 22 vendémiaire an ni.
Le citoyen Rujin, inspecteur des maisons de santé et prisons.
Envoyé le 21 vendémiaire an 3.
[1] Citoyen, tu as fait, il y a quelques jours, une visite à l'hospice du Tribunal révolutionnaire établi au ci-devant Evêché. La Commission a les plus fortes raisons pour désirer que tu veuilles bien lui communiquer les observations que tu as pu faire sur les principaux employés au service de cette maison. On lui a rendu compte de faits sur lesquels il est très important, pour le bien de l'hospice, qu'elle ait des renseignements certains, elle les attend avec confinnce de ton amour pour la justice et l'ordre et de ton zèle pour le bien de l'humanité. Elle te demande encore si tu connais par toi-même, ou de réputation, les citoyens Enguchard, médecin, et Naury, chirurgien, attachés au même hospice, quels sont et leur talent et leur moralité. La Commission a le plus grand besoin de renseignements sur ces individus, et il serait d'autant plus satisfaisant pour elle que tu voulusses bien lui en procurer, qu'elle a en loi la confiance due à la réunion du civisme, des lumières et de la probité.
HOSPICE DR LKVP.CUÈ. 1/ii)
Aux citoyens de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.
Délivré ce aa voiidéminiro, Van 3' de la République, une et indivisilile.
[■?.] Citoyens, quelque désir que j'aie de répondre à toute la confiance dont vous ne cessez de me donner des marques, je ne puis cependant remplir aujourd'hui votre attente.
Appelé depuis peu de jours aux fonctions dont je suis chargé, et pénétré de l'esprit de ma mission, mes soins se sont bornés à connaître et apprécier les localités des prisons sous les rapports de la santé des détenus.
Lorsque je fis ma première visite à l'hospice, le nombre des employés, la dépense considérable que l'on y fait, l'ordonnance générale, tout me parut annoncer un service bien fait, et mes regards se reportent naturellement sur les autres prisons, où la pauvreté et les maux qui l'accompagnent sollicitent des bienfaits plus prompts.
Depuis ce temps, je n'ai pu faire qu'une seule visite à l'hospice, je ne connais encore personnellement aucun des individus qui y sont employés. L'économe m'en a montré le règlement. Il porte que l'hospice sera servi par un médecin, deux chirurgiens et un pharmacien en chef, tous aux appointements de 3ooo^, et deux pharmaciens en souschef, aux appointements de i,5oo^, tous nourris et logés.
Enguchard est le médecin , je n'ai pas eu l'occasion d'apprécier ses talents. Naury est le seul chirurgien actuellement, il est secondé par Giraud, sur lequel Desault, officier de santé en chef du Grand Hospice, m'a donné de bons renseignements, mais dont les fonctions sont dérangées par la Commission qui a suspendu ses payements. Je sais que depuis longtemps Naury a la réputation d'un bon praticien en chirurgie. Le pharmacien Quinquet est un homme instruit dans son art.
Quant à la moralité de ces citoyens, il est impossible de vous rien dire de positif; vous savez, citoyens, que l'on ne juge sainement les hommes que lorsqu'on les voit agir dans plusieurs circonstances de la vie et que l'on est assez rapproché pour pouvoir distinguer l'impulsion vraie qui les dirige. Je ne me suis pas encore trouvé dans ce rapport avec ceux sur qui vous me consultez.
Je ne connais le reste des employés que relativement à la nature de leur service et au traitement qu'ils y reçoivent.
i:)0 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
Je sais que Guyot est infirmier en chef pour les hommes, à i .Sco^ d'appointements, et qu'il a 18 sous-infirmiers à 1,000^ chacun.
.le s;ii.s que h\ femme Guyot est infirmière en chef pour les femmes, ù 1,2 00*^ d'appointements, et qu'elle a ih sous-infirmières à 800^ chacune.
Je sais encore que le règlement exige qu'un officier de santé soit tous les jours de garde à l'hospice, l'économe assure que cet article du règlement n'est point exécuté. J'ignore absolument toute autre chose, citoyens, mais il suffit que vous ayez éveillé ma sollicitude sur cette infirmerie, pour que j'y porte désormais des regards attentifs et que j'y recherche les moyens d'y pourvoir le plus sûrement possible à tout ce qui intéresse la santé des prisonniers.
(Signé) : Rufin, chef des officiers de santé des prisons et maisons d'arrôl. Minute et original signé (2 p.), Archives nationales, F' Sagg*'-".
LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- RUNAUX, AUX OFFICIERS DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'e'vÊCHÉ, LEUR INFLIGEANT UN RLÂME POUR LEURS TROP FRe'qUENTES ABSENCES.
2 5 vendémiaire an m.
Auœ citoyens officiers de santé de l'hospice établi au ci-devant Evêché.
Envoyé le 32 vendémiaire an 3.
Citoyens, la (Commission est instruite que, pendant une partie du jour, tous les officiers de santé se trouvent absents à la fois de la maison de l'hospice. Il est impossible que vous ne sentiez pas combien ces absences sont contraires à l'intérêt des malades, au vœu de la Convention nationale et conséquemmenl à vos devoirs. La République ne salarie pas des officiers de santé, elle ne leur donne pas le logeuïent et la table dans l'hospice, pour (jue les malades se trouvent exposés à niancjucr, dans des cas urgents, du secours des gens de l'art. Relisez, citoyens, le règleincul, au titre des olliciers de santé, vous y
HOSPICK DE L'ÉVÉGHl':. 151
verrez que l'un deux doit être constamment à l'infirmerie et en surveiller immédiatement le service. La Cojnmission espèi-c (ine vous prendrez (les mesures pour qu'à tons les instants du jour et de la nuit, il y ait au moins un des officiers de santë dans l'hospice; c'est pour vous, citoyens, une obligation indispensable, qu'elle ne permettra pas que vous vous dispensiez de remplir.
Minute, Arcliives nationalos, F' .Sq^ç)!'.
LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES. POLICE ET TRI- BUNAUX, AU CONCIERGE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÉCHE, REGLANT DIVERS De'tAILS DE SERVICE ET LA DISTRIBUTION DE L'ARGENT AUX MALADES.
3 2 vendémiaire an ni.
Le concierge de l'hospice du ci-devant Evêché.
Envoyé le a a vendémiaire an 3.
Citoyen, à la réception de cette lettre, tu feras assembler les infirmiers et leur donneras lecture de l'arrêté ci-joint; tu en donneras également connaissance aux infirmières.
Tu sais qu'aux termes du règlement, titre de la réception des malades, il ne peut être délivré aux détenus que Bo^ par décade; ainsi l'argent qui leur est envoyé ne saurait être mis en totalité à leur disposition. Il faut qu'il soit déposé à ton greffe, pour leur être remis, ainsi que le prescrit le règlement.
A l'égard du détenu auquel il a été en dernier lieu envoyé Boo^ et précédemment i,ooo^, tu dois faire tout ce qui peut dépendre de toi pour que ces sommes se retrouvent et soient déposées, comnio il vient d'être dit.
La Commission écrit aujourd'hui à l'entrepreneur de l'illumination et lui dénonce la friponnerie des allumeurs qu'il emploie.
Il convient que la demande des deux hommes pour le service de la pompe et des latrines soit faite par toi et par l'économe et appuvéi; des officiers de santé, auxquels cet objet ne saurait être étranger, puis([u'il
intéresse essentiellement la salubrité de la maison. Je dois cependant observer que le soin de veiller à la propreté des latrines me paraît un des devoirs des infirmiers, et que si la demande sur cet objet est accueillie, bientôt sans doute on demandera des hommes pour balayer les salles. L'hos|3ice coûte déjà bien cher à la République, il ne faut pas en accroître les dépenses sans la plus indispensable nécessité.
La Goniinission des adminislralions civiles, police et tribunaux, déclare que le citoyen concierge de l'hospice établi au ci-devanl Evéché a le droit de rappeler à leurs devoirs tous les infirmiers et infirmières qui se permettront de s'en écarter, et que ceux ou celles qui refuseront de déférer à ses avertissements sous le prétexte que, placés sous la surveillance de l'infirmier en chef et de l'économe, ils n'en d'ordres à recevoii- que de i'un ou de l'autre, seront congédiés à l'instant.
Minutes (2 p.). Archives nationales, F' 3399".
LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, AU CONCIERGE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCHE , LUI ADRESSANT UN ORDRE À COMMUNIQUER AU CHEF INFIRMIER ET DEMANDANT UN RELEVE DES DÉCÈS SURVENUS DEPUIS LE 1" MESSIDOR.
95 vendémiaire an m.
Le concierge de l'hospice établi au ci-devant Evêché.
Envoyé le a 5 vendémiaire an 3".
Citoyen, lu trouveras ci-joint un ordre dont tu voudras bien donner sur-le-champ connaissance au chef infirmier; demain tu rendras compte à la Commission de l'exécution de cet ordre.
Je désire que tu fasses dans le plus court délai un relevé des décès arrivés à l'hospice depuis le 1"^ messidor jusqu'à ce jour; tu auras soin d'indiquer avec le plus d'exactitude possible la qualité des décédés, afin que l'on puisse distinguer sur cet état ceux qui étaient dans la classe des sans-culottes d'avec ceux qui étaient du nombre des gens riches ou aisés. Tu feras en même temps le relevé du nombre de ceux de chacune de ces deux classes, qui sont actuellement détenus, afin que je puisse connaître la proportion qui existe entre l'une et l'autre.
HOSPICE DE i;ÉVÊCHÉ. 153
La Commission des adininistralions civiles, police et tribunaux, instrnile que, quoique les salles nouvellomcnt dostiiit^es aux femmes détenues à riiospice (établi au ci-devaiit l'>V(>cli(> soient priMos depuis cinq jours, ces femmes ne jouissent pas encore des avantages précieux qu'elles doivent retirer de l'accroissement du local qu'elles occupent, charge le chef inlirmier de faire faire dans le Jour le placement deslils dans les salles dont il s'agit; son renvoi sera l'effet du moindre retard dans l'exécution du présent ordre.
Minutes (9 p.), Archives nationales, F' 3299".
LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINLSTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BINAIX, À L'ARCHITECTE DUHAMEAU, APPELANT SON ATTENTION SUR LA DECOUVERTE DE CADAVRES DANS LES TERRES REMUEES POUR L'ETABLIS- SEMENT DU CHEMIN DE RONDE DE L'HOSPICE DE L'ÉVÊCHE.
3o vendérniairo an ni.
Au citoyen Duhameau, à l'hospice du ci-devant Evêché.
Envoyé le 3o vendémiaire an 3.
Citoyen, j'apprends à l'instant qu'à l'endroit de l'hospice où l'on établit un chemin de ronde , il a été remué des terres qui contiennent des cadavres qui exhalent une odeur infecte qui se répand dans les salles de l'hospice. Tu dois sentir, citoyen, combien il importe de prendre les plus promptes mesures pour remédier à cet inconvénient qui peut produire les plus funestes effets. Je te recommande donc de l'occuper sans délai de cet objet, si essentiel à la salubrité de la maison. Je compte sur tout ton zèle et j'espère que mon attente ne sera pas trompée'''.
Minute, Archives nationales, F' 3299".
('î Le dossier relatif aux travaux exécutés lionne que divers aménagements réclamés
en l'an ni à l'hospice de l'ancien Évéché par le sieur Baron Pyron dans le local qui
passe sous silence ce qui concerne l'établis- lui était conservé derrière ce chemin de
sèment du chemin de ronde; il ne men- ronde. (Archives nationales, F'^ 1167-)
LETTRE DES OFFICIERS DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCIlÉ AU COMITE DE SÛRETÉ GÉNÉRALE, SIGNALANT DE NOMBREUX ABUS ET DES NEGLI- GENCES COUPABLES DANS LE SERVICE DE CET HOSPICE.
Brumaire an iti.
Au Comité de sûreté générale.
Citoyens,
Les officiers de santé de l'hospice du ci-devant Evêché réclament votre humanité pour le plus prompt transfèrement de plusieurs malades , tant à la Conciergerie que dans la maison d'arrêt de l'Egalité, afin de leur administrer les secours nécessaires à l'hospice.
Nous nous sommes adressés inutilement à la Commission civile, police et tribunaux, chargée de cette partie. Nous n'avons cessé de lui remettre la liste des malades; elle n'y a eu aucun égard. La même négligence avait eu lieu il y a quinze jours. On nous apporta, le cinquième jour, les nommés Ducrot et Delgeant presque morts, l'un frappé d'apoplexie, l'autre ayant une fièvre maligne.
Le Tribunal révolutionnaire, chargé ci-devant de cette partie, faisait transférer les malades , sur l'heure , à notre première réquisition , et nous mettait par là à portée de prévenir les maladies dans leur principe.
Les officiers de santé de l'hospice du ci-devant Evêché se feront toujours un devoir sacré de prévenir le Comité de sûreté générale de semblables négligences, bien convaincus qu'il n'entendra point sans émotion la voix de l'humanité souffrante , qui réclame des secours du fond de sa prison. Ce coupable oubli, ou plutôt cette barbarie, n'est pas le seul mal attaché à l'hospice du ci-devant Evêché. La basse intrigue dans ses noirs desseins a toujours pour compagne le désordre et Ximniornhlé. Eu ('ff(;t, à peino II(M"nian, connnissaire civil, fut-il destitué, qu'un être malveillant investit aussitôt le commissaire provisoire Aumont, homme d'autant plus facile à tromper qu'il nous a paru estimable, ot bif'iilôt, sur le t('moignag(' de l'intrigue, il signa le rappel à l'éconornat d'un bonimc! (pie Ir Tribunal révohitionnauv et le conunissaire civil venaient d'(Mi chasser pour dcsfaUs graves.
HOSPICl^ DE Lf.Vh'lCHK. 155
II est à propos, citoyens Roprésentants,flp vousdonner une esquisse (le la vie morale et politicpie do cet économe, depuis sa réintégration. (!el homme, nul sous tous les aperçus, vole à ses plaisii's du malin an soir et abandonne au sous-économe l'entière gestion. Il faut avouer que le sous-économe Fays a montré, dans un intérim de plusieurs mois, des talents, de la probité et des vertus sociales, mais la conduite de ce dernier semblait rappeler l'économe à ses devoirs, il n'aurait pas violé la décence qu'il devait à des femmes détenues en passant une grande partie de la journée au lit d'une prisonnière jusqu'au moment oii un immortel décret vint briser les fers de sept malheureuses femmes enceintes, condamnées à périr sur l'échafaud. Ce n'est pas tout, le désordre n'a point de bornes. Cet économe s'étant établi chez l'infirmier et l'infirmière en chefs pour jouir d'une liberté entière, chez des subalternes qui ont les mêmes goûts et les mêmes moralités, quelquefois, après diner. l'infirmier en chef paraît dans les salles et y fait des explosions spontanées contre les officiers de santé, contre les Argus qui le rappellent souvent à son devoir. Ses termes, peu ménagés, se sentent de sa situation. Bref, c'est un ivrogne qui scandalise les détenus, donne le mauvais exemple à ses subalternes et le pauvre malade est la victime; interrogez les malades.
Jetons maintenant un coup d'œil sur des abus plus coupables encore :
i" Un vil et honteux mercandage vient se joindre aux autres vices du régime de cette maison. On a fait payer à quantité de détenus l'impôt de 1 G livres pour loger de préférence dans telle ou telle salle ;
2° La maison paye des commissionnaires pour le service des détenus; néanmoins, ce qui vaut 5 sols, on leur fait payer 20, et la commission en sus, autrement il serait som'd, une autre fois, à la requête du malade;
3° Lorsque les officiers de santé ordonnent des bains aux malades, le baigneur les repousse durement, et souvent avec de gros mots, jusqu'à ce qu'ils lui aient offert nne, gratification;
à° La mort, qui semble ensevelir tout dans Vouhli, offre à l'hospice un vaste champ à l'économe, à l'infirmier en chef, sur l'entière disposition des effets des morts; sans témoins, sans compte public, au lit
(lu nKilade, il emporte portefeuille, montre, bijoux. On n'entend continuellement que des voix qui réclament les effets de leurs parents décidés; on les envoyait autrefois au Tribunal, aujourd'hui c'est à la Commission.
Tout le monde sait que les dépouilles des premières fortunes de la France sont, trop malheureusement, restées à la Conciergerie ou à l'hospice. C'est à vous, dignes Représentants d'une grande nation, à ordonner aux chargés de surveillance, aux dépositaires de tant d'effets précieux, d'en rendre compte dans le plus court délai, car il paraît que c'est en vain (jue le Tribunal révolutionnaire de nouvelle création et la Commission aient essayé de s'en faire rendre compte jusqu'alors. Vous connaîtrez par là le but des intrigants et la vraie cause de tant de désordres : Auri sacra famés.
Minute, Archives nationales, F' 8299'^
LETTRE DE L\ COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, 4U CITOÏEN ENGUCHARD, MÉDECIN DE L'HOSPICE DE L'e'vÊCHÉ , LUI RAPPELANT QU'IL NE DOIT PAS NEGLIGER DE VISITER CHAQUE JOUR LES MALADES ET DE SUIVRE LEUR ETAT.
1" brumaire an m.
Le citoyen Enguchard, médecin à l'hospice.
Envoyé le 1" Lrumaire an 3.
Citoven, il existe à l'hospice établi au ci-devanl Evêché un abus auquel il est temps de remédier. Aux termes du règlement, il v a dans cette maison médecin, chirin'gicn, apothicaire; chacun de ces citoyens a des devoirs à renq)lir : l'un doit faire la médecine, un autre la chirurgie, un troisième la pharmacie. (îependant la Commission est instruite que l'ordre suivi jusqu'à présent est tel, qu'il y a des salles ({ui n(3 sont vlsité(;s que [)ar le chirurgien, cpiel quo soit le genre di' maladie des détenus qu'elles contiennent. Cet usage ne saurait subsister, il serait superllu de détailler les inconvénients qu'il peut avoir.
HOSPICE DE L'ÉVÊGHÉ. 157
Dès qu'il y a un médecin à i'hospice, son devoir, devoir impérieux dont rien ne saurait le dispenser, est de visiter (oun les malades sans (lisln)clinn.
Le chirurgien doit faire les opérations de son art prescrites par le médecin, et le pharmacien préparer les remèdes ordonnés. Voilà l'ordre qui doit être suivi dans une maison où les règlements ont placé médecin, chirurgien et pharmacien, et cet ordre paraîtra le seul naturel et le seul raisonnahlc aussi longtemps qu'il y aura entre les médecins et les chirurgiens la différence résultant de la nature de leurs éludes et des travaux dont ils s'occupent, différence au surplus qui n'ôte rien au mérite des uns et des autres et de la considération due également à tous. La Commission compte, citoyen, sur ton exactitude à remplir les devoirs que t'impose ta qualité; elle déclare qu'elle ne pourrait voir, dans la moindre négligence à cet égard, qu'un refus de continuer tes fonctions à l'hospice; elle espère encore que de très fréquentes visites dans les maisons de justice du Tribunal rt'volutionnaire, qui vont dans cette décade être réduites à une seule, te mettront à portée d'en faire transférer les détenus à l'hospice, dès le moment que l'état de leur santé l'exigera; elle t'a prévenu de ce qu'il faut faire pour que ces transfèrements soient exécutés sans délai, elle se persuade que tu ne croiras pas avoir tout fait quand tu auras remis la note au concierge, et qu'elle n'aura pas à l'avenir à te reprocher de laisser s'écouler plusieurs jours sans vérifier si les transfèrements que tu auras demandés auront eu lieu.
Faire apporter les malades à l'hospice au moment qu'ils ont besoin d'y être traités, leur prodiguer les soins que, commandent le civisme et l'humanité, ces soins affectueux et empressés qui partent d'un cœur plein du désir de soulager des frères souffrants, ne sont pas tes seuls devoirs. Les malades seuls ont droit d'être à l'hospice : dès qu'ils ne le sont plus, ils doivent retourner à la maison de justice; tu dois donc prévenii" la Commission du moment où les détenus n'ont plus besoin des secours de l'hospice; il n'y a pas à hésiter à cet égard, aujourd'hui surtout que le grand nombre de places qui existent à la maison du Plessis permet d'y envoyer les détenus sans crainte qu'ils y soient encombrés d'une manière nuisible à leur santé. La Commission te charge donc de faire une visite exacte dans les salles;, elle est certaine que tu y verras des individus dont la place n'est plus à l'hospice. Ce serait
158 L'ASSISTANCE PIBLIQUK A PARIS.
avec peine qu'elle les y retrouverait encore à la première visite qu'elle fera dans cette maison, et elle se verrait, dans ce cas, forcée de cron-e à la vérité des reproches qui le sont faits de connaître encore des distinctions et des privilèges entre des hommes égaux par la nature et devant la loi.
Minute, Arcliivi's Jiationaies, F' 3a99'^
LETTRE DES OFFICIERS DE SANTl' DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCHe' AU CITOYEN AUMONT, COMMISSAIRE DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, SE PLAIGNANT DE L'INTRODUCTION DE CHIRURGIENS ETRANGERS