‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 68 sur 206 · DANS LA MAISON · texte numérisé non relu

DANS LA MAISON

3 brumuire an m.

Au citoyen Aumonl, commissaire civil, police et tribunaux, place des Piques.

Le 3 brumaire, Tan 3*^ de la l\épublique.

Citoyen commissaire , les officiers de santé de l'hospice du ci-devant Évêché sont obligés de te prévenir que les abus se multiplient chaque jour dans cette maison. Sans égard pour la loi des prisons et des maisons d'arrêts, qui en défend l'entrée exclusivement à tous individus que ceux attachés à la chose même, ou porteurs des ordres du commissaire civil, police et tribunaux, le concierge laisse entrer journellement différents chirurgiens, sous prétexte de panser la jambe du chef infirmier Guiot (jui, dit-on, est malade. Nous sommes loin de disconvenir que l'inlirmier Guiot est le maître de donner la pleine confiance à qui lui plaît, mais alors qu'il aille s'établir en ville, et par là, l'ordre de la maison ne sera point interverti, et un soupçon inique, autant que méprisable, pour des officiers de santé choisis par la Nation, n'aura pas lieu.

(Signé) : Engl'ciiaru, médecin; GiiivuD, chirurgien, Naury, olficier de santé; Qui.nquet.

Onifiiial sijjiié. Archives iialionales, V~ 3ay9'".

HOSPlCb: DE LKVÉCHK. 159

LETTHE D'ENr.LCllAlU), MEDECIN UE L'HOSPICE DE E'ÉvÉCIlÉ, Al CITOYEN ALMONT, DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRIBUNAUX, LLl EXPOSANT LES SOUFFRANCES DES MALADES.

5 brumaire an m.

Ce 5 brumaire, l'an 3' de la République. Citoyen commissaire,

Les pauvres de l'hospice souffrent, la saison devient chaque jour plus froide, ta présence serait nécessaire ici pour juger de leurs besoins. Nous avons des effets au magasin pour les vêtir. Viens au plutôt leur faire une visite paternelle. Je suis avec fraternité,

Engdchard, médecin.

Original, Archives nationales, F" 8299".

LETTRE D'ENGLCHARD, MEDECIN DE L'HOSPICE DE L'EVÊCHE, AU CITOYEN AUMONT, COMMISSAIRE DES ADMINISTRATIONS CIVILES, RECLAMANT LE PROMPT REMPLACEMENT DE L'INFIRMIER EN CHEF ET LA FOURNITURE DE VIN CONVENABLE POUR LES MALADES.

6 brumaire an ni.

Au Citoyen Aumont, commissaire civil, police et tribunaux , place des Piques.

Ce 6 brumaire, i'an 3' de la République.

Citoyen commissaire, pendant que l'économe et les infirmiers de l'hospice se disputent pour opérer la reforme que tu as proposée, le service ne se fait point; les malades souffrent, plusieurs passèrent hier la soirée sans boire, quoique tourmentés par la. soif des maladies inflammatoires. L'humanité souffrante te crie d'ordonner au plutôt l'exé-

cution de cette réforme et la prompte nomination d'un infirmier en chef. Telles sont mes réflexions suivantes à cet égard.

Les officiers de santé doivent mieux connaître que personne l'infirmier qui fait bien ou mal son service. Alors tu vois que le cJioi.r, comme la réforme, s'adresse directement à eux. Je dirai plus, j'ose assurer dans mon âme et conscience que sans ce parti le service ne se fera jamais bien. Car qui peut mieux choisir que ceux qui ont la surveillance continuelle de la chose et qu'est-ce qui a [le] plus d'intérêt à faire un choix le plus parfait possible? C'est d'après cette connaissance parfaite que je prononce et que je dis qu'il faut un chef infirmier. Car Guiot, malade, ou Guiot en bonne santé, sera toujours Guiot incapable. Il faut de la conduite et l'amour du bien pour commander nos égaux; on obéit toujours sans peine à la vertu qui commande. Voici un autre objet, non moins intéressant :

Nous nous sommes occupés depuis assez longtemps de l'analyse des vins de la Conciergerie et de ceux de l'hospice. Celui qu'on donne aux malades à l'hospice est besaigre, propre par conséquent à donner des coliques et la diarrhée, et à fournir la cause de tout plein de maladie en jetant le désordre dans l'estomac. Si l'approvisionnement, si nécessaire à une grande maison, que nous ne cessons de demander depuis longtemps, eût été effectué, nos malades ne seraient point exposés à de tels accidents, et nous aurions un vin généreux pour les conforter dans la convalescence, secours dont j'ai beaucoup de besoin dans ce moment, vu le nombre de malades en train de guérir, et dont je ne puis user sans courir les risques d'une rechute funeste.

Je soumets ces réflexions à ta justice et à tes lumières. L'humanité soufl'rante sollicite ton cœur pour une prompte décision. Dans le premier cas, le service des malades de l'hospice ne peut bien se faire sans ce changement absolument nécessaire. Dans le second cas, tu vois la santé des malades et Xéconomie le demander impérieusement. Salut et fraternité.

(Signé :) Enguchard, médecin.

Je me permettrai de t'ajouter une réflexion ultérieure. L'économat multiplié en chefs comme en chefs infirmiers s'entravant et se renvoyant la balle de l'un à l'autre, et rien ne se fait, tout languit ou va de travers. Un seul chef infirmier, un seul économe, et tout ira sans en-

HOSPICE DE L'ÉVÊGHÉ. Kil

(nues au prolll des nialados cl de la Nation. CVsl ici le cas de te rappeler ([lie notre pliannacie niam|ii(' de Ion!. Fays seul dans son inténiu faisait tout marcher. Nous avons un inlirniier en chef à te proposer, (pii sera du goût de tout le monde et ((ni a rendu les plus jjrands services à l'hospice.

Original, Arciiives nationales, F' 8399'*.

(Si^jnéj : Enguciiaud.

LETTRK DE LA COMMISSION DES ADMIMSTP.ATIONS CIVILES, POLICE ET TIU- DL.AAUX, À L'ECONOME DE L'HOSPICE DE L'ÉvÈCHt', EN REPONSE .\L\ GRIEFS CONTENUS DANS SA LETTRE DU U BRUMAIRE.

G brumaire an m.

Le citoyen Ray, économe de Vhospice.

Envoyé le 6 brumaire an 3.

Citoyen, la Commission a pu et dû trouver étrange que dans un hospice de 200 individus, tant malades que convalescents, et ou le nombre des infirmiers est de 36, ce qui ne donne pas 6 malades par infirmier, on lui ait proposé d'augmenter le nombre de ces derniers. Que la Commission ait eu connaissance de ce nombre , tu dois sentir que cela n'en prouve pas la nécessité, qu'on ne légitime pas un abus en disant qu'il existe depuis longtemps. Depuis l'établissement de l'hospice, plus de 20 infirmiers ont pu mourir, mais il y a bien de la légèreté à affirmer, comme tu le fais, qu'ils sont morts de fatigue. Quant au choix à faire des infirmiers qui devront quitter l'hospice, il ne me semble pas présenter de si grandes difficultés; si, ce qui est peu vraisemblable, tous ont des droits égaux à leurs places par la manière dont ils en ont rempli les devoirs, la préférence est due aux pères de famille, chargés de beaucoup d'enfants, sur ceux qui en ont moins, à ceux-ci sur ceux qui n'en ont pas du tout, aux hommes mariés, quoique sans enfants, sm" les célibataires.

La Commission t'avait chargé, par sa lettre du 3 de ce mois, de procurer à ceux des malades de l'hospice qui manquent de vêtements,

lUPtlMCKie SiT10!liL£,

les objets dont ils ont le plus de besoin, ses intentions à cet égard sont-elles remplies? Pourquoi ta lettre ne contient-elle aucune réponse sur cet objet?

Je ne puis niuintcnanl m'cmpecher de témoigner ma surprise du ton qui règne dans ta lettre et de ce que tu dis des démarches que j'ai fait faire à ton égard et qui te fatiguent, des moyens que je dois présumer que lu prendras pour faire prendre les mêmes renseignements sur le compte des monstres qui te poursuivent, que tu n'aurais pas dû me le demander, qu'un homme en place doit toujours avoir la balance à la main. Que m'importe que les démarcbes que je fais pour m'éclairer te fatiguent? croistu que je te doive compte de ma conduite? Tu parles de balance; si je ne la tenais pas, il y a plus d'un mois que tu aurais perdu, pour la deuxième fois, la place à laquelle je t'ai rappelé.

Au reste, puisque tu as des crimes et de la scélératesse à reprocher à des monstres, il faut faire enfin ce que déjà tu devrais avoir fait, dénoncer les coupables au Comité de sûreté générale, ou aux tribunaux, et fournir la preuve des faits que tu leur imputes; quant à moi, qui tiens la balance, que tu as l'indiscrétion, pour ne rien dire de plus, de m'accuser de ne pas tenir, je ne déplacerai pas, parce que tu le désires et quelques autres personnes de l'hospice, des hommes dont jusqu'ici je n'ai encore vu la scélératesse et les crimes que dans les lettres.

Minule, Archives nationales, F' oagg^'^

LETTIIK DU CITOYEN RUFIN, INSPECTEUR DU SERVICE DE SANTE DES PRI- SONS, À LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, RENDANT COMPTE DE SES DEUX VISITES À L'HOSPICE DE

L'ÉVÉCIIÉ.

7 liruniaire an m.

Aux citoyens commissaires des administrations de police et Inhunaux.

Citoyens,

Je viens vous rendre compte de deux visites que j'ai faites à l'hospice de l'Evôché.

HOSPICE 1)K L'KVI^ICHE. 163

La première, le 5 l)iiiin;ur(\ où j'ai assisté à toute la visite des offiiiers de santë; j'y ai vu beaucoup de malades attaqués de fièvres malignes, putrides, des rhumatismes goutteux, des catarrhes, et peu de maladies chirurgicales. Les traitements des uns et des autres m'ont paru bien suivis et conformes à la saine pratique.

Pendant la visite, les officiers de santé se sont plaints à diverses reprises qu'ils ne pouvaient ordonner du vin aux malades qui en avaient besoin, vu sa mauvaise qualité.

Après la visite, je goûtai le vin qui me fut présenté par les officiers de santé; je trouvai qu'il avait un goût acerbe, approchant de l'aigre, presque point de principe vineux et comme éventé.

Je demandai l'économe pour lui en faire l'observation; on me répondit qu'il n'était pas à l'hospice.

Hier, six, j'ai fait ma seconde visite, tant à la Conciergerie qu'à l'Evêché, avec les Représentants du peuple Delaunay le jeune, son collègue, les commissaires des travaux publics, l'architecte, et Lacour, pharmacien en chef.

Parvenu à l'hospice de l'Evêché, il ne se trouva point d'officier de santé. En parcourant les salles, les malades ont déclaré aux représentants qu'ils n'avaient pas de plaintes à porter sur l'exactitude du service, que la nourriture était bonne, mais que le vin n'était pas potable, et que les officiers de santé n'osaient pas en ordonner à ceux qui en avaient besoin.

Un des malades nous en présenta de sa ration, que je goûtai et reconnus de la même qualité que celui qui m'avait été présenté la veille par les officiers de santé. Lacour, pharmacien en chef, s'empara du vin afin d'en faire l'analyse, dont nous vous en rendrons compte.

L'économe présent nous dit que le vin qui nous était présenté pouvait être éventé, et qu'il nous en ferait goûter chez lui du même.

Après la visite, le pharmacien en chef et moi avons goûté le vin qui nous a été présenté chez l'économe; nous avons jugé que ce n'était pas la même qualité de vin que celui des malades et qu'il était bien supérieur.

On a trouvé toutes les salles des malades bien tenues; mais que quelques-unes sont trop chauffées par les poêles. Il serait essentiel qu'il y eût dans toutes un thermomètre afin de fixer le degré de chaleur convenable pour éviter des accidents.

16/i L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

Le citoyen Giraud, officier de santé, malade en ce moment, m'écrit que la Commission a ordonné le payement de ses honoraires, suspendu, pendant trois mois, à raison de i,5oo^ par an. Il observe (|u'à son égard la loi du règlement de l'hospice n'est pas observée, et qu'il a écrit en conséquence à l'économe qu'il ne resterait pas comme l'élève des autres officiers de santé qui ne sont pas plus que lui.

Je vois en effet par le règlement , p. i h :

K Qu'il n'y aura ni médecin , ni officier de santé en chef, j:

Et plus bas :

«Il y aura, attachés à l'hospice, deux officiers de santé chirurgiens, ils seront logés et nourris à l'hospice. L'un deux sera constamment à l'infirmerie et en surveillera immédiatement le service. »

L'économe m'a déclaré que les honoraires de tous les officiers de santé étaient de 3,ooo^ par an. D'après la loi, la réclamation du citoyen Giraud est trop juste.

Sur la demande que j'ai faite à l'économe de la nourriture des officiers de santé, d'après les plaintes qu'ils m'ont fait de ce qu'elle n'est pas suffisante pour les nourrir, j'observerai que par toutes les maisons où ils sont nourris, on a des égards qui ne me paraissent pas établis dans le régime que l'économe m'a présenté. Il serait essentiel que cette économie ne fût pas l'effet des zizanies particulières de la part des employés; si l'harmonie, le désir de faire le bien, la concorde, les déférences, la fraternité ne peuvent s'étabUr parmi eux, le service de cet hospice en souffi^ira toujours.

Délivré le 7 brumaire, l'an 3' de la République.

(Signé) : Rufin, clief des oflicicrs de santé des prisons et maisons d'arrêt. Original, Ardiives nationales, F' 3299^'-'.

HOSPICE !)!•: LKVKCIIK. 165

LKTTRKS DES OFFICIERS DE SANTE AU SFEUR AUMON'T, MEMBRE DE LA COM- MISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRIBUNAUX, ET AU SIEUR RAY, ÉCONOME DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCIlÉ , AU SUJET DE LA MAUVAISE QUALITÉ DU VIN FOURNI AUX MALADES.

8 brumaire an m.

Au citoyen Aumont , commissatre des administrations civiles, police et tribunaux.

Ce 8 brumaire, l'an 3' de la Hepublique.

Citoyen commissaire,

[i] Je t'observais par ma dernière, en date du 6 du présent, que riinmanité te conjurait de faire donner au plus tôt du vin potable aux malades de l'hospice. Un grand nombre est en convalescence et épuisé des eiïels de i\h\res putrides et malignes, et a besoin d'un \m généreux etforiijiant pour se rétablir. L'économe t'a répondu à l'ordinaire qu'il en avait donné de bon, je t'assure que depuis hier je l'ai fait changer deux fois et qu'il est toujours mauvais. Je garde pour preuve de ce que j'avance les échantillons.

Il est inouï, je le répète, que dans une grande maison et dans le moment le plus favorable à l'approvisionnement, on se trouve forcé d'acheter le vin à la bouteille; ordonne aux économes de s'en occuper, l'intérêt de la Nation l'exige, l'humanité souffrante a besoin de ce secours.

Salut et fraternité.

(Signé :) Engdchard, médecin; Naury, officier de santé; Qdinquet, otHcier de santé, pharmacien.

Au citoyen Ray, économe de lliospice.

[q] Citoyen, j'ai appris avec sur|)risc que les plaintes sur la qualité du vin fourni aux malades de l'hospice continuaient toujours et n'étaient

que trop fondées. J'avais lieu de penser que depuis que je t'avais parlé à ce sujet, des mesures avaient été prises pour procurer de meilleur vin sans attendre le voyage que lu projetais, attendu que l'on n'ajourne pas ce que commande l'intérêt de l'humanité, mais ce qui a surtout augmenté mon étonnement, c'est d'avoir appris que le vin dont on a goûté chez toi n'était pas de même qualité que celui servi aux malades et lui était bien supérieur. Je m'ahstiens de toutes réflexions, mais je ne dois pas avoir besoin de te dire que le meilleur vin doit être pour les malades. Mon devoir est d'exiger que tu remplisses tes obligations à cet égard, en faisant donner à ces derniers le vin que tu destinais à ton usage, jusqu'à ce que tu t'en sois procuré d'autre, dont ils n'aient pas à se plaindre et qui, par sa mauvaise qualité, ne soit pas capable de retarder leur convalescence ou même de leur causer de nouveaux maux.

Original signé et minute (a p.), Archives nationales, F" 8299".

LETTRE DES OFFICIERS DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCHÉ AU CITOYEN AUMONT, COMMISSAIRE DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, RELATIVEMENT À LA REFORME DES INFIRMIERS ET À LA DIS- TRIBUTION DE VIN MALFAISANT AUX MALADES.

9 brumaire an 111.

Au citoyen Aumont, commissaire civil, police et tribunaux , place des Piques.

Ce 9 brumaire, l';m ',V de la République.

Citoyen commissaire, nous te prévenons qu'on a fait, sans nous consulter et sans notre j)articipation, la réforme que tu avais, nous a-l-ou dit, ordonnée, et que nous avions jugée nécessaire parmi les inlirmiers, mais la partialité, la prévention et l'injustice ayant présidé à cette réforme, les officiers de santé, chargés de la surveillance immédiate de ccttf partie, se croient en conscience obligés de te transmettre les plaintes <1(; plusieurs individus ([ui ont rendu des services 11 l'hospice et dont l'absence fait souff"rir le service des malades. Nous ne réclame-

flOSPIGE DE L'EVÉCHÉ. 167

rons jamais pour des snjols vicieux et sans conduite, nous sommes au contraire convaincus que tu n'en laisseras aucun dans l'hospice, nous te les avons déjà désignés et nous te les ferons connaître dans tous les temps. Le concierge paraît dans les mêmes principes, nous nous réunirons le plus volontiers pour réparer les injustices de cette réforme et pour tout ce qui pourra contribuer à l'ordre et au service des malades. Nous sommes trop persuadés de l'envie que tu as de faire le bien pour croire que tu tardes à nous donner des ordres à cet égard.

Nous devons encore t'instruire que l'économe continue à faire distribuer du vin malfaisant aux malades, et qu'il s'obstine de continuer son même marchand de vin, cjuand d'autres se présentent pour en fournir de potable et de bonne qualité au même prix. Ces différents objets méritent ton attention, nous comptons sur ta justice et sommes fraternellement.

(Signé) : Enguchard, médecin; Quinquet.

Orijfinal signé, Archives nationales F' 3299''.

LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TRI- BUNAUX, AU CONCIERGE DE LMIOSPICE DE L'e'vÊCIIÉ, À L'EFFET DE PROCÉDER AU CHOIX D'UN NOUVEAU CHEF DES INFIRMIERS.

i3 tiruraaire an m.

Au citoyen concierge de V hospice.

Citoven, la Commission t'autorise à prendre les hommes nécessaires pour le service de la pompe, mais elle observe que, malgré la réforme, le nombre des infirmiers est encore tellement considérable en ce moment, qu'il ne saurait être besoin d'un homme exprès pour le service des latrines : il faut, au moins jusqu'à nouvel ordre, que ce service soit fait par les infirmiers.

Les citoyens Ray et Guyot, mari et femme, ayant demandé leur démission à la Commission, il devient nécessaire que quelqu'un soit chargé de la surveillance des infirmiers; il faudra en conséquence que

les olFiciers de santé, de concert avec toi et le sous-économe, indiquent celui des inlirniiers conservés qui est le plus digne qu'on lui confie celte surveillance. J'observe que cette surveillance, qui ne s'étendra que sur 19 personnes, et bientôt probablement sur un plus petit nombre, ne pouvant occuper un bomme tout entier, ne doit pas dispenser celui qui en sera cbargé de tout autre service, et exigera seulement qu'il soit attacbé à un nombre moindre de malades que les autres infirmiers.

Tu voudras bien inviter de ma part le citoyen Dubameau à accélérer, autant qu'il sera possible, le travail à faire aux portes des latrines et en général tous les autres travaux à faire à l'bospice.

Minute, Archives nationales, F' 8299'".

LETTRE DES OFFICIERS DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'ÉVikllÉ AU COMMIS- SAIRE DES ADMIMSTRATIOJJS CIVILES, PROPOSANT LA REDUCTION DU ÎSOMRRE DES INFIRMIERES ET DES MESURES POUR L't'pURATION DES MA- TELAS ET L'ASSAINISSEMENT DU LINGE DES MALADES.

19 brumaire an m.

Ce 1 9 brumaire.

Citoven commissaire.

Nous croyons qu'il est à propos de te prévenir de trois cbosos :

1° Que le nombre des femmes malades dans l'hospice va être réduit à 28, d'après le transfèrement que nous te présentons à faire aujourd'hui; ainsi, d'après les principes bien conséquents à l'intérêt de la Nation, il faut réformer encore deux infirmières, le nombre étant de 5 pour a 3 malades;

2° Nous te prions d'enjoindre à l'économe de faire mettre à exécution nos représentations réitérées aux fins de faire découdre et vider les matelas de cluKjue malade mort de fièvnîs pulride, maligne, pulmonie, scorbut, et d'exposer à l'air les laines pour en dégager les miasmes putrides et malsains et de les porter ensuite dans un vaste <jrcnier bien aéré;

HOSPICK l)K I/KVKCIIK. 1G9

3" D'enjoindre encore, comme chose indispensable à la salubrité (le riiospice, qu'aussitôt (ju'on a changé de linge le malade, (jue ce linge soit porté sur-le-champ dans le mémo grenier et étendu à l'air libre siu'des cordes tendues à cet elVet, et non en tas, comme cela se pratirpie, ce qui augmente la fermentation des miasmes putrides et ce (pii produit des maladies. Nous nous étendrons davantage à ce sujet dans le projet de règlement que nous nous proposons de te soumettre dans peu.

Salut et fraternité.

(Signé:) Naury, oilicier de santé; Enguciiaud, médecin;

QuilNQUET.

Original signé, Archives nationales, F' 8299'^

LKTTRi: DE L\ COMMISSION DES ADMIMSTRATIONS CIVILES , POLICE ET TRI- BUNAUX, AU CITOYEN GIRAUD, LUI ANNONÇANT QU'IL EST RELEVE DE SES FONCTIONS D'OFFICIER DE SANTE À L'HOSPICE DE L'ÉvÊCIlÉ.

5 frimaire an m.

La Commission des administrations c unies , police et tribunaux, au citoyen Giraud.

Envoyé le 5 frimaire an 3' de la République française , une et indivisible.

Citoyen , les vues d'économie qui doivent diriger la Commission et le petit nombre des malades qui sont actuellement à l'hospice, exigeant qu'il n'y ait plus qu'un officier de santé de la seconde classe et un de la troisième, la Commission ne peut que te répéter ce qu'elle t'a déjà dit, que, puisque tu refuses de remplir la place qu'elle t'a offerte, tu dois cesser toutes fonctions à l'hospice, où tu seras remplacé par un officier de santé de la troisième classe, aux appointements de i,5oo^.

Salut et fraternité.

Le CJmrgé provisoire.

Minute, Archives nationales, F' 3299'".

LETTRE DU SIELR RUFI.N, CHEF DES OFFICIERS DE SANTE DES PRISONS ET MAISONS D'ARRÊT, AU SIEUR AUMONT, COMMISSAIRE DES ADMINISTRA- TIONS CIVILES, POLICE ET TRIBUNAUX, LUI ADRESSANT LE SIEUR CAR- TIER, OFFICIER DE SANTE, POUR L'HOSPICE DE L'ÉVECHE.

fi friniairo an m.

Au citoyen Aumont, commissaire far intérim de l'administration civile, police et trihunau.r.

Ce sextidi frimaire, an 3' de la République, une et indivisible.

Citoyen .

Je t'envoie le citoyen Cartier, olficier de santé de la 3* classe, pour remplir tes vues à l'hospice du ci-devant Evêché. Il est fils de chirurgien de Lvon, il a fait tous ses cours. Il a été employé par intérim à la Salpi'trif'Tc pondant trois mois, à la place d'un officier de santé ahsent; il a beaucoup d'inteHifrence; le certificat de la Salpêtrière est satisfaisant, ainsi que le rapport verbal qui m'en a été fait par ses chefs.

D'après tous ces renseignements, je crois que tu peux le nommer pour remplir la place pour laquelle je te l'envoie^^l

(Signé) : Rufin,

chef des officiers de sanlé des prisons et maisons d'arrêt. Original, Archives nationales, F' 339()".

"> Dans le haut do cotte lellrc se tiouve traditionnel, surmonté du bonnet pliry[jien

un carhel ovale conforme au style do Té- avec cette léj;ende : trChof dos officiers do poque, représentant lo faisceau de licteur sanlé des prisons, a

IIOSPICK DK LÉVÉCHK. 171

LETTRE DE L\ COMMISSION DES ADMIMSTRATIGNS CIVILES, POLICE ET TIU- BUNAUX, AU CITOYEN NAURY, OFFICIER DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'ÉVÉCHÉ, LUI INFLIGEANT UN BLAME POUR SON INEXACTITUDE.

6 frimaire an m.

Au ritoycii .\nunj. officier (h santé à l'hospice.

Envoyé le 6 frimaire, l'an 3'.

Citoyen, la Commission est informée que tu apportes depuis (pielque lem[)s beaucoup de négligence dans l'exercice de tes fonctions et que, presque tous les soirs, tu ne parais point à l'hospice.

La Commission est aussi étonnée que mécontente de cette conduite, et elle te recommande de te comporter désormais avec plus d'exactitude. Elle est persuadée que tu auras à cœur de profiter de cet avertissement et que tu ne la mettras pas dans le cas de prendre à ton égard un parti qui deviendrait nécessaire et qui ne lui serait pas moins pénible qu'à toi-même.

Minute, Archives nationales, F' Sagp'*.

R\PPORT AU COMITÉ DES TRAVAUX PUBLICS SUR L'ETAT DES CONSTRUC- TIONS FAITES EN L'l'glISE DE SAINT-JEAN-LE-ROND POUR L'ETABLISSE- MENT DES SALLES DE BAINS DE L'HOSPICE DE L'l'vÊCHÉ.

Nivôse an m.

Paris, ce nivôse an 3°.

Le Comité des travaux publics a chargé la Commission, le 2:^ frimaire, de lui faire un rapport sur les réparations du bâtiment de salle des bains de l'hospice du ci-devant Evikhé, lesquelles sont vivement demandées par la Commission des administratipns civiles, police et tribunaux.

Pour répondre au vœu du Comité, la Commission des travaux publics s'empresse de l'instruire que ces réparations sont sur le point d'être terminées et ([u'il n'y a plus rpic pour deux ou trois décades d'ouvrage. La Commission joint à l'appui de ce qu'elle avance l'état de situation de ces travaux, qui vient de lui être remis par le citoyen Duhameau, architecte, chargé de les diriger.

Quant à la dépense, elle se monte à 28,608 livres, d'après le devis qui en a été remis à la Commission à l'épocjue où les travaux ont commencé.

^limite, Archives nationales, F'^ 1107,

RENVOI À LA COMMISSION DES SECOLRS PUBLICS D'UNE PETITION DES OFFICIERS DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'ÉvÈCHE.

ih nivôse an m.

Séance du i4 nivôse, l'an 3'' de la RcpnMique française, une et indivisible.

Le Comité renvoie à la Commission pour faire son rapport les pétitions suivantes :

[^1] «La pétition des officiers de santé de l'hospice du ci-devant Evêché, apj)elant l'attention de la Convention sur les malades détenus au Luxembourg et autres maisons d'arrêt, tandis que l'Hospice national a 3 00 lits vacants. »

Extrait dos procùs-vcihaux des séances du Comité des secours publics. Archives nationales, AF* 11 /ii, fol. ao.

ARRETE DU COMITE DES SECOURS PUBLICS, ORDONNANT DE TRANSFERER LES \!AU\I)ES DE L'INFIRMERIE DE L'ÉvÉCHÉ DANS CELLES DU PLESSIS ET DE RÉUNIR LA MAISON DE L'ÉVÊCllÉ À L'HOSPICE D'HUMANITE.

9 1 nivôse an m.

Le Comité des secours publics, d'après le rapport de la Commission

HOSPICE DE L'EVECHE. 17:5

(les secours, arrête que les malades soignés à riiilinneiic du ci-deviuil Kveché seront transférés aii\ inlirineries de la Mais()n-E{ralilé, ci-devant le Plessis, et confonnément au décret de la Convention nationale eu date du [•->•! fructidor an ii].

La maison ci-devant Evéclié sera réunie à l'Hospice d'Humanité. La Commission des secours publics est chargée de l'exécution du présent arrêté.

Fait et arrêté au Comité, ce 'J i nivôse an 3.

Signé : Zangiacomi.

Extrait du registre des arrêtés du Comité des secours publics, Archives nationales, F*i.j 3, fol. /i3.

LETTRES DE LA COMMISSION' DES ADMINISTRATIONS CIVILES, POLICE ET TllllîlNAUX, À CELLE DES SECOURS PUBLICS AU SUJET DE LA SUPPRESSION DE L'HOSPICE DE L'ÉvÊCIlÉ, ET DE LA NECESSITE D'ORGANISER LES IN- FIRMERIES DE LA MAISON DU PLESSIS, AVEC REPONSE.

•2S ui\ôse, b, 18 pluviôse an m.

.4 la Commmion des secours.

Le 98 nivôse an y.

Citoyens collègues,

[1] Un décret formel, en date du 5 pluviôse, a consacré la maison dite Episcopale de Paris à servir d'infirmerie uniquement consacrée aux prévenus de conspiration , nous ne connaissons pas de loi positive qui ordonne la réunion de ce local au Grand Hospice d'Humanité. 11 a bien été rendu un décret qui ajoute au ci-devant Hôtel-Dieu le bâtiment où se tenaient les assemblées du club électoral, mais il ne parle pas de l'hospice et le laisse conséquemment subsister. Nous pensons, citoyens collègues, qu'avant de supprimer cet établissement, il convient que vous v soyiez autorisés par une loi positive et dérogatoire au décret du 5 pluviôse. Si vous avez besoin de notre concours pour la provoquer, nous nous concerterons volontiers avec vous à cet .égard, puisque, sous tous les points de vue, le soulagement de l'humanité et l'économie des

finances de la République l'exigent impérieusement, mais une décision préliminaire nous paraît indispensable avant la formation d'infirmeries à la maison d'arrêt du Plessis. Vous savez que, s'il s'en établit à Port- Libre, c'est parce que nous y avons été autorisés par un arrêté signé de la grande majorité des membres du Comité de sûreté générale, et dans la vue de supprimer des maisons dites improprement de santé, qui n'existaient en vertu d'aucune loi, mais par la seule autorisation de l'Administration de police rebelle, établissements qui ne peuvent être comparés à celui de l'hospice, créé en vertu d'une loi formelle. Vous voudrez bien nous faire part du parti que vous jugerez convenable de prendre à cet égard.

La Commission des secours publics à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Paris, le 8 pluviôse, l'an 3' de la République française, une et indivisible.

[2] Citoyens collègues, par vos deux lettres du 18 nivôse dernier, vous nous invitiez au nom de l'humanité et de l'économie, à prendre tous les moyens qui sont en notre pouvoir, pour mettre l'infirmerie du ci-devant collège du Plessis en état de recevoir les malades actuellement soignés à celle de rEvêclié, afin de procurer au Grand Hospice d'Humanité la jouissance de cet emplacement pour son agrandissement, et par votre lettre du 28 du même mois, vous nous annoncez qu^un décret formel du 5 pluviôse ayant consacré les bâtiments du ci-devant Evéclié 5 une infirmerie pour les prévenus de contre-révolution, vous ne connaissez aucun décret postérieur et positif qui ordonne la réunion de ces bâtiments à ceux du Grand Hospice d'Humanité, si ce n'est une loi qui n'accorde seulement que le corps de logis où se tenait l'assemblée électorale, et laisse l'infirmerie subsister dans son entier; qu'en conséquence vous pensez que nous ne pouvons disposer de la totalité de ces bâtiments, que préalablement la loi du 5 pluviôse ne soit rapportée, et vous nous offrez votre concours pour ce dernier objet, la suppression de cette infirmerie vous paraissant sollicitée par l'humanité, [tuisqu'clle procurera au Grand Hospice : 1° les moyens de ne point encombrer les salles de lits, ainsi qu'elles le sont en ce moment, où

HOSPICE DE L'EVEGHE. 175

nous nous trouvons à la veille de doubler les malades; 2" et par l'économie des finances, en faisant disparaître un établissement dont les frais d'état-major égalent, s'ils ne surpassent, ceux de la dépense journalière du malade qui y vient cbercher le rétablissement de sa santé.

Nous vous observerons, citoyens collègues, que lorsque nous sollicitâmes de vous de nous mettre en possession des bâtiments du cidevant Evéclié, abandonnés au Grand Hospice par une première loi du 20 brumaire de l'an deux, nous ne le fîmes que parce qu'une loi postérieure à celle du 5 pluviôse, c'est-à-dire du 22 fructidor dernier, porte textuellement que la totalité de la maison dite l'Archevêché sera employée à l'usage du Grand Hospice d'Humanité, et nous charge de prendre les mesures nécessaires pour sa prompte exécution.

Nous pensons, citoyens, que cette loi est trop précise et trop formelle pour avoir besoin de solliciter le rapport de celle du 5 pluviôse, qui ne fut rendue que par le fait des circonstances dont nous vous avons retracé les causes dans notre lettre du 16 nivôse dernier, circonstances que vous avez reconnu par vos deux lettres du 18 nivôse, ne plus exister.

Salut et fraternité.

(Signé) : Derniead.

A la Commission des secours. '

Paris, le 18 pluviôse an 3'.

Citoyens collègues,

[3] Le décret du 2 2 fructidor que vous nous citez dans votre lettre du 8 de ce mois et qui ordonne que la totalité de la maison dite l'Archevêché sera employée à l'usage du Grand Hospice d'Humanité, et vous charge de prendre les mesures nécessaires pour sa prompte exécution , est trop précis pour que cet établissement puisse encore subsister pour les prévenus de conspiration; mais avant de le faire disparaître, nous pensons qu'il est indispensable, d'un côté, que les infirmeries de la maison du Plessis soient disposées et mises en état de recevoir un assez grand nombre de malades, et que, de l'autre, les femmes enceintes qui sont dans cette maison aient un local convenable aux soins qui leur sont nécessaires. Nous n'avons pas besoin d'appeler votre attention sur

ces deux précautions préliminaires, et nous nous en rapportons cnlièremenl aux mesures que vous prendrez à cet égard. Salut et fraternité.

Minutes el origiiiiil siyiio (3 [).}, Archives n-iliouales, F' 32ij(j''\

OBDRE DU JOUR SLU LA PETITION DES OFFICIERS DE SANTE DE L'HOSPICE DE L'e'vÊCIIÉ, TENDANT À EN OBTENIR LA CONSERVATION.

2 pluviôse an m.

Séance du 9 pluviôse, i'an 3" de la République française, une et indivisible.

Sur la pétition des ofliciers de santé de l'hospice du ci-devant Eveclié, qui en demandent la conservation, le Comité passe à l'ordre du jour.

Extrait des procès-verbaux des séances du Comité des secours publics, Archives nationales, AF* u Al, fol. Ii3.

LETTRE DU CITOYEN DUHAMEAU, ARCHITECTE, À LA COMMISSION DES TRA- VAUX PUBLICS, SE PLAIGNANT DES DEMOLITIONS EFFECTUEES À LMIOS- PICE DE L'ÉVKCHÉ ET DEMANDANT QUELLES SOIENT SUSPENDUES, AVEC LETTRE CONFORME DE LA COMMISSION AU SIEUR LEBRUN, ARCHITECTE DE L'HOSPICE D'HUMANITÉ.

37, q8 {jerminal an m.

Aux citoyens composant la Commission des tracaux publics. Paris, ce 27 (jerminal an 3" de la Républi(pie, une et indivisible.

I 1 I Citoyens, conformément à votre lettre du 36 de ce mois, j'ai donné les ordres à chacun des eiilrej)reneurs de l'hospice de l'Evèché de cesser à l'instant tous les travaux, et de donner stir-le-chaiM|) l(>urs

HOSPICE DE L'ÉVÉCHÉ. 177

mémoires pour procéder à leur vérification, mais, une chose qui m'a surpris et dont je crois devoir vous instruire, citoyens, c'est que l'on a déjà fait démolir les fourneaux de la pharmacie et de la cuisine, j'ijjnore par quel ordre, et que l'on a enlevé tous les fers et matériaux provenant de CCS démolitions. Vous sentez, citoyens, l'embarras où je vais me trouver pour la vérification des travaux, si l'on enlève et démolit ainsi avant vérification, qui ne peut avoir lieu que les mémoires ne soient fournis. Il serait donc urgent, citoyens, que vous donnassiez des ordres prompts pour arrêter et défendre toute démolition ultérieure , ou enlèvement de matériaux, tels que plomb ou fers, avant que les mémoires soient vérifiés; sans cela, il ne peut plus exister de responsabilité, et les fournisseurs, que je suis loin de soupçonner, pourraient énoncer dans leurs mémoires des objets qui n'auraient point existé comme ils l'annonceraient.

Je vous observerai encore, citoyens, que, vu le changement de destination du ci-devant Evêché, tous les fers qui garnissent les croisées de cet édifice et qui montent à environ 60 milliers pesant, peuvent faire un objet considérable de diminution, en les vendant en différents lots et par enchère, les vieux fers valant actuellement de 160 à 180 livres. La même opération pourrait avoir lieu pour Vincennes, où il s'en trouve environ 28 milliers. Ces opérations me paraissent d'autant plus nécessaires que, si la République a dépensé beaucoup dans ces travaux par l'augmentation excessive des matériaux et main-d'œuvre, il [est] juste et avantageux qu'elle profite de son côté des augmentations qu'une partie de ces matériaux, tels que les fers, ont éprouvées depuis qu'ils ont été employés dans les deux ci-devant maisons d'arrêt de Vincennes et du ci-devant Evêché, ce qui diminuerait beaucoup les dépenses, puisque le ci-devant Evêché seul, par la vente de ces fers, acquitterait presque en entier le mémoire du serrurier qui monte à plus de cent mille livres. Je soumets ces réflexions à votre sagesse et à votre zèle pour l'avantage de la République.

Salut et fraternité.

(Signé) : Duuamkau.

IHtBIE SlT10?(ALe.

178 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAIUS.

La Commission des travaux publics au citoyen Lebrun, architecte de l'Hospice de rHumanité.

Paris, le 98 germinal an 3'.

[2] La Commission est instruite, citoyen, qu'il se fait dans ce moment à l'hospice de l'Eveché plusieurs démolitions et que l'on enlève tous les fers et autres matériaux qui en résultent, elle te prévient que son intention est que toute démolition soit suspendue, jusqu'à ce que la vérification des travaux soit faite, elle t'invite également à ne faire enlever aucuns matériaux et à n'en disposer en quelque manière que ce soit, sans l'en avoir prévenue et sans en avoir pris les attachements, te rendant responsable de tout ce qui pourrait être disirait desdits matériaux.

Original signé et minute (a p.), Archives nationales, F"'^ 1167.

DELIBERATION DU CHAPITRE DE L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS, DECIDANT QU'IL SERA PROCÉDÉ PAR LE SIEUR GOULLIART, CHIRURGIEN ADJOINT DE LA MAISON, À UN NOUVEL EXAMEN DES YEUX DES PENSIONNAIRES.

5 novembiv 1791.

EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS DE L'HOPITAL DES QUINZE-VINGT AVEUGLES DE PARIS.

Du 5 novembre 1791.

M. Maynier a exposé que, d'après les plaintes faites qu'un grand nombre de voyants avaient été admis en qualité de frères et pensionnaires aveugles de l'hôpital, et que les personnes aveugles se trouvaient privées des secours qu'elles auraient eu droit d'obtenir, il avait été ordonné un nouvel examen des yeux des frères et pensionnaires reçus ; qu'il paraissait que cette ordonnance n'avait pas été entièrement exécutée, qu'il était à sa connaissance qu'il y avait encore différents frères et pensionnaires demeurant dans Paris, reçus comme aveugles et qui voyaient. En conséquence, il a demandé qu'il fût fait un nouvel examen des yeux des frères et sœurs demeurant dans l'enceinte du Département de Paris.

Sur quoi le chapitre a arrêté qu'à la diligence de M. Maynier il serait dressé incessamment par le sieur Goulliart, chirurgien adjoint de l'hôpital, un nouvel examen des yeux des frères et sœurs et pensionnaires admis audit hôpital en qualité d'aveugles, demeurant dans l'étendue du Département de Paris, pour, ledit procès-verbal rapporté, être ensuite arrêté ce qu'il sera jugé convenable à l'égard des autres

180 L'ASSISTA.NCE PUBLIQUE A l'AlUS.

frères et pensionnaires ilemcuraiil dans l'étendue des autres départements. Le chapitre s'est réservé de statuer sur les moyens de s'assurer

de leur cécité.

Collationné à la minute.

Extrait, Archives nationales, F'-' 2/11.

(Signé) : Bresse.

ARRÊTÉ DU DIRECTOIRE DU DEPARTEMENT DE PARIS, DÉCIDANT QU'IL VISITERA, LE 30 NOVEMBRE, L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS.

a 8 novembre 1791.

EXTRAIT DES REGISTRES DES DELIBERATIONS DU DIRECTOIRE

Du 38 novembre mil sept cent quatre-vingt-onze.

En exécution de l'arrêté du Conseil du Département de ce jourd'hui. Le Directoire, le Procureur général syndic entendu, arrête que, le

mercredi 3o du présent, dix heures du matin, il se transportera en

l'hôpital des Quinze -Vingts;

Charge le Procureur général syndic de notifier le présent aux

maître, ujinistre et grelfier de cet hôpital, avec injonction d'en donner

connaissance à tous ceux qui ont droit d'assister au chapitre, afin qu'ils

aient à s'v trouver.

Signé : La Rochefoucauld, président; Blondel, secrétaire.

Pour copie conforme à l'original :

(Signé) : Blondel, secrétaire. Copie conloi-me, Arcbivcs nationales, F''' 260.

ARRÊTE DU DEPARTEMENT DE TARIS RELATIF AUX ARUS CONSTATES DANS L'ADMINISTRATION DES QUINZE-VINGTS.

38 novembre 1791.

Du lundi, a 8 novembre 1791.

Un membre du Directoire a fait un rapport sur l'administration de riiùpital (les Quinze-Vingls. Il a rendu compte de la forme d'administration établie par les statuts de l'bôpital des Quinze-Vmgts, de celle qui subsistait actuellement d'après les jugements rendus, les ai et q8 may dernier, par le Tribunal du li" arrondissement. Il a exposé les abus qui s'étaient introduits dans cette administration, son opposition, soit avec les anciens statuts, soit avec les lois nouvelles sur l'administration des bôpitaux, il a proposé un projet d'arrêté à ce sujet.

D'après la discussion du rapport et des faits qui s'y trouvaient consignés, l'arrêté suivant a été adopté :

Le Conseil du Département, instruit qu'il s'est introduit dans l'administration des Quinze-Vingts des abus aussi contraires aux anciens statuts qu'aux lois nouvelles, le Procureur général syndic entendu;

Arrête que le Directoire en prendra une connaissance particulière, en fera le rapport au Conseil pendant la présente session et lui proposera les movens d'v remédier.

Extrait du procès- verbal des délibérations du Conseil général du Département de Paris, cabier in fol., fol. 5o, Archives nationales, F''^ m, Seine, i3.

COMPTE RENDU DE LA Se'aNCE TENUE, LE 30 NOVEMBRE, PAR LES ADMINIS- TRATEURS DU DÉPARTEMENT DE PARIS AU CHAPITRE DE L'HOPITAL DES 0UI\ZE-VI\(;TS. avec arrêté du directoire POUR LK RÉFORME DES

ARUS.

3 décembre 1791-

Du samedy 3 décembre 1791.

Un membre a rendu, au nom du Directoire, le compte qui suil de

la séance que les administrateurs qui le composent ont tenue au chapitre de l'hôpital des Quinze-Vingts, le 3o novemhre.

Le Directoire, pour exécuter l'arrêté pris par le Conseil du Département, le 28 novemhre, s'est transporté, le 3 0, en l'hôpital des Quinze- Vingts.

Il s'est fait représenter le registre courant des délibérations du chapitre. Ce registre commencé en 1789 contient les délibérations depuis cette époque jusqu'à ce jour. Celles inscrites depuis le 3i may 1791 donnent la preuve des contraventions aux lois anciennes et nouvelles qui lui avaient été annoncées. On va les reprendre sommairement.

Par les anciens statuts et édits concernant le régime de cet hôpital, l'administration avait été exclusivement donnée aux grands aumôniers de France. Ceux-ci, pour les suppléer et gérer en leur absence, avaient institué une administration secondaire, à la tète de laquelle ils avaient placé six gouverneurs, auxquels ils avaient spécialement attribué la direction et gouvernement de cet hôpital et la disposition des fonds.

Pour la partie de gestion qui concerne l'inspection générale et la police, ils avaient adjoint à ces gouverneurs, mais sous leurs ordres, les officiers de la maison et un nombre d'aveugles, sous le nom de jurés et capitulants.

A l'effet d'exercer cette inspection, les grands aumôniers avaient ordonné la tenue de chapitres hebdomadaires qui devaient toujours être présidés par deux gouverneurs pour le moins.

En donnant aux agents de cette administration secondaire leurs pouvoirs ainsi limités, les grands aumôniers s'étaient réservé l'autorité première et supérieure qu'ils avaient reçue de la loi, et ils l'ont constamment exercée :

1° Plusieurs d'entre eux ont administré immédiatement;

9° Ils ont toujours donné seuls les provisions aux gouverneurs qui. pour cette raison, sont partout dits commis par eux:

3° Ils ont pareillement donné seuls les lettres on vertu desquelles les aveugles étaient admis dans l'hôpital;

/4° Les délibérations prises hors de leur présence portent cette clause : Sous le bon plaisir du grand aumônier.

Au mépris de ces dispositions les officiers et aveugles jurés et capi-

tiilants, c'est-à-dire les agents iiifi'riours de radniinislration secondaire, se sont arrogé rauloriU' de l'administration supérieure. Sans grand aumônier ni gouverneurs, ils ont tenu des assemi)lées auxquelles ils ont donné le nom de chapitre, y ont fait des distributions de fonds, se sont nommé des gouverneurs qu'ils ont mis en possession, malgré les défenses qui leur ont été notifiées, et ont admis des aveugles.

Enfin, contre le texte et l'esprit de l'acte constitutionnel, qui abroge les vœux et tous autres engagements contraires aux droits naturels et à la liberté, ils ont exigé des aveugles, qu'ils ont reçus, l'ancien serment de se donner, corps et biens, à l'hôpital.

Telles sont les principales et évidentes infractions aux lois, que constatent les délibérations communiquées au Directoire. Il ne reste qu'à prévenir le Conseil sur une réponse insérée au procès-verbal de sa séance. Le maître de cet hôpital, interpellé sur quel titre il s'est fondé pour faire procéder, par lui et les aveugles capitulants, à la nomination des gouverneurs, il dit que, pendant plusieurs siècles, l'administration avait été composée de l'aumônier, du sous-aumônier du Roi, du maître, du ministre, des jurés et des capitulants, que, par la succession des temps, les revenus de la maison s'étant accrus, on avait trouvé nécessaire d'y adjoindre des hommes de loi, sous le nom de gouverneurs; que cette nomination avait été faite par le chapitre; que, le grand aumônier n'existant plus, il avait cru que le chapitre pouvait faire seul la nomination des gouverneurs.

Les assertions de cette réponse sont autant de faits controuvés et démentis par des actes solennels.

L'édit de may i5/i6 particulièrement n'en laisse aucun doute. Son préambule atteste l'époque de la fondation de cet hôpital et dit expressément que nos Rois en ont toujours baillé la charge et supenntendance aux grands aumôniers et que tout chacun, en son temps, respectivement eux acquittaient de leur dite charge.

Le mot toujours de la seconde partie de la phrase est remarquable, on ne peut rien trouver de plus positif contre l'allégation dont il s'agit.

Les statuts de j 52 9, les délibérations des chapitres, les provisions prouvent de même que les gouverneurs ont toujours été commis par les grands aumôniers, tandis qu'aucun acte ne donne même le plus léger indice que le chapitre ait jamais eu de part à leur nomination.

184 L'ASSISTANCE PUBLIQIE A PARIS.

C'est au Gonsfil à prescrire au Directoire la marche ultérieure qu'il doit suivre.

D'après cette lecture, le Conseil a adopté l'arrêté suivant :

Le Conseil, sur le rapport qui lui a été fait par le Directoire de la séance par lui tenue à l'hôpital des Quinze-Vingts, le 3o novembre, recommande au Directoire de continuer à remplir avec vigilance et dans toute leur étendue, les fonctions qui, aux termes de la loi du 5 novembre 1790 et conformément aux statuts de l'hôpital, lui sont dévolues par la retraite du grand aumônier.

Lui recommande en outre de réformer les abus qui sont introduits dans l'administration dudit hôpital, et d'exercer d'ailleurs la surveillance et l'inspection qui lui appartiennent à l'égard de tous les hôpitaux et établissements de charité, conformément aux anciens statuts et règlements qui avaient fixé leur administration.

Extrait du procès-verbal des délibérations du Conseil général du Déparlement de Pais, cahier in fol., fol. 56, Archives nationales, F'" m, Seine, i3.

ADRESSE DES AVEUGLES ASPIRANT À L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS À L'ASSEMBLÉE NATIONALE, SE PLAIGNANT D'ETRE CONSTAMMENT SUP- PLANTES PAR DES PROTÉGÉS DE L'ADMINISTRATION, AVEC LETTRE D'ENVOI.

19 décembre 1791.

Ce 19 décembre 1791.

Monsieur,

Les aveugles aspirants à l'hôpital des Quinze- Vingts, pleins de confiance en votre intégrité, vous supplient de vouloir bien être leur interprète auprès de l'Assemblée nationale. Ils ont l'honneur de vous adresser leur pétition, pour qu'elle parvienne au Corps législatif avec plus de certitude. S'ils eussent cru intéresser davantage par eux-mêmes, ils auraient tenté les moyens de j)énéfrer dans cet auguste aréopage, mais ils se sont persuadés qu'ils devaient épargnor aux Représentants de la Nation la vue du plus triste spectacle, pensant que leur pétition serait sullisantr, cl (jue nos législateurs, dont ricr» n'écbappe à la solli-

cilude, prendront de mémo leur sort en considération. Ce sera des obligations particulières que vous auront,

.Monsieur, vos très humbles et très obéissants serviteurs.

Lcn avciifrles nspirnnts à l'hôpital des Quinze -Vingts.

En tète de celte lettre se trouvent eiiln; autres indications : rr Remis à M. Boucslard i, et en marge : ffll n'y a pas lieu à déliboier. n

A Messieurs les Représentants de la i\alion à l'Assemblée nationale.

Messieurs, des infortunés, privés delà vue, la plupart dès leur tendre enfance, aspirants à l'hôpital des Quinze-Vingts, enhardis par tout le bien qu'ils entendent dire de la nouvelle Constitution, de votre justice et de la sagesse de vos décrets, vous supplient très humblement de prendre leur sort en considération.

Les réclamants, la plupart natifs de Paris, inscrits sur les registres de l'hôpital des Quinze-Vingts depuis nombre d'années (il y en a même parmi eux qui y sont inscrits depuis près de /lo ans) ne pouvant réussir, faute de protections assez puissantes, d'être admis dans ledit hôpital, \'u que jusqu'ici les places ont été et sont encore données à la faveur, sans avoir égard à l'ancienneté d'inscription, qui paraissait cependant être un mode convenable pour fahe jouir les aspirants à leur tour des bienfaits de la Nation dans cet hôpital , se voient forcés par la déplorable situation où ils se trouvent, vu que les secours qu'ils reçoivent des âmes bienfaisantes ne peuvent suthre maintenant à leurs besoins les plus urgents, de gémir, tandis que les bienfaits de la Nation, accordés à cet hôpital, sont depuis longtemps prodigués à certains individus rentes, qui auraient pu trouver dans iem-s revenus personnels des ressources à leur malheui-, et à plus de 60 autres qui voient clair, au détriment des réclamants qui n^jnt aucune ressource et qui ont été inscrits avant la plupart de ceux qui y sont.

C'est à ces considérations qu'ils supplient l'Assemblée de vouloir bien déclarer qui sont ceux qui peuvent être admis dans ledit hôpital, d'y comprendre les réclamants et de déterminer un mode pour que ceux qui auront des droits assurés par vos décrets à cette bienfaisance de la Nation ne puissent être supplantés par les protégés de l'Administration.

Les réclamants ne cesseront de bénir les sages législateurs qui auront fixé leur attention sur la classe des hommes les plus infortunés, et d'applaudir à la sagesse de vos décrets , à qui ils devront une nouvelle existence.

Les rédamants, ne pouvant signer, osent espérer que l'Assemblée n'en aura pas moins égard à leur pétition.

Originaux (3 p.). Archives nationales, F'^ a '10.

LECTURE PAR M. ROUESTARD AU COMITE DES SECOURS PUBLICS D'UN RAP- PORT SUR DEUX AFFAIRES CONCERNANT L'ADMINISTRATION DES QUINZE- VINGTS.

2 1, 28 décembre 1791.

M. Bouestard a fait le rapport de deux affaires qui intéressent l'administration dos Quinze-Vingts, il a été chargé par le Comité de prendre des renseignements auprès de cette administration.

Trois membres de l'administration des Quinze-Vingts se sont présentés pour donner les renseignements qui leur avaient été demandés relativement à la pétition des aveugles aspirants à l'hôpital des Quinze- Vingts, laquelle avait été renvoyée au Comité des secours publics par l'Assemblée nationale.

Extrait dfs procès-verbaux des séances du Comité dos secours publics, Archivps nationales, AF*ii .89, fol. 28-3o.

ÉCLAIRCISSEMENTS DEMANDES PAR LE RAPPORTEUR DE L'AFFAIRE DES QUINZE-VINGTS.

98 décembre 1791.

1° Quel est actueliomont le nombre effectif des aveugles et voyants rpii sont dans la maison?

2° Combien s'y troiive-l-il de frères voyants et de sœurs voyantes?

3* Le nombre est-il conforme aux derniers règlements qui le fixent?

4° Quel est le prêt journalier de chaque individu, aveugle ou voyant, marié el non marié?

5* Les enfants des aveugles reçoivent-ils quelque chose et jusqu'à quel âge?

6° Y a-t-il des veufs ou veuves, voyants, qui, sans avoir le litre de frères et sœurs, soient pensionnés dans l'hôpital ou dehors?

7" (Jnel est le noriilire des aveugles externes qui reçoivent des pensions? (Juel en est le montant? (Juel est l'étal de ces j)ensionuaires?

8" En quoi consistent les revenus actuels de celte maison et quelle en est la somme?

HOPITAL DES QlINZE-VINr.TS. 187

9* Un état exact des trais du culte et d'administration;

lo' La formide du serment qu'on exige des aveugles et voyonts admis h la fraternité;

1 1° Une copie des lettres d'aspirants que le grand aumônier accordait à des aveugles.

Minute, Archives uationaies, F'*a4i.

PROC.KS-VERBAL DU DIRECTOIRE Ht DKI'VRTEMEM DE PARIS. CONSTATAM L'AJ01R>EME>T DE LEWMEN DES REVEM S ET DEPENSES DE L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS JUSQU'À L'APUREMENT DES COMPTES ARRIe'rES.

10 février i 792.

Aujûurd'huv. vendredi 10 février mil sept cent quatre-vingt-douze, onze heures du matin, en exécution de l'arrêté du Directoire, du 7 de ce mois, nous Pierre-Baziie Thion de la Chaimie, Brousse des Fauclierets et Rœderer, membres du Directoire et Procureur général svndic du Département de Paris, nous nous sommes transportés en l'hôpital des Quinze-\ ingts en la salle du chapitre, où se sont trouvées les personnes dont la liste est annexée à notre présent procès-verbal ,

V avant demandé à prendre par nous-mêmes connaissance des revenus et des dépenses fixes de l'hôpital, pour savoir s'il v a ou non suflTisance pour fournir les sommes ordonnées par l'article 0 de la loi du 1 2 octobre dernier, il nous a été observé par M. Ma\nier que l'état des revenus et dépenses fixes ne nous suffirait pas pour connaître la suffisance ou l'insuffisance des revenus de l'hôpital; que. comme il y a des comptes arriérés, il faut savoir ce qui résultera de l'apurement de ces comptes pour connaître la situation de la maison, et que déjà depuis longtemps des poursuites ont été dirigées contre M. Duhamel, ancien trésorier, pour le forcer à la reddition de son compte. D'après cette observation, et sur la réquisition de M. le Procureur général syndic, nous avons arrêté qu'il en serait par nous référé au Directoire.

Copie. Archives nationales, F" aii.

PÉTITION INDIVIDUELLE PRÉSEMÉE À L'ASSEMBLEE NATIONALE PAR LES SUR- NUMÉRAIRES DE L'HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS, QUI SE PLAIGNENT D'ABUS COMMIS PAR LES ADMINISTRATEURS; PETITION DES CITOYENS DU FAU- ROURG SAINT-ANTOINE SUR LE MEME OBJET ET MEMOIRE AU COMITE DES

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