‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 77 sur 206 · MAISON · texte numérisé non relu

MAISON

h février 1793.

Un membre propose, au nom du Comité des secours, la suppression de la njaisou des Quinze -Vingts. La question préalable, réclamée et adoptée, écarte cette proposition , et l'Assemblée renvoie au Comité des secours , pour lui présenter un mode d'organisation provisoire de l'administration et établissement de cette maison.

Extrait du procès-verbal de la Convention nationale. Archives nationales, C a45,

Ed. Procès-verbal de la Convention nationale, t. VI, p. 56.

PÉTITION DES AVEUGLES DES QUINZE-VINGTS À LA CONVENTION NATIONALE À L'EFFET DE RENDRE, EN ATTENDANT L'ORGANISATION DEFINITIVE, LA SURVEILLANCE DE CET HÔPITAL À LA MUNICIPALITE ET AU Dt'PARTE- MENT.

G février 1798.

Citoyens li-jjislatcurs, Par les institutions nouvelles de la Révolution , vous avez aperçu l'ancien hôpi-

(ni dos Quinze -Ving-ts et vous vous ^tes étonnes que cet tUablissement gclhique fût t'iicoro (Ichout au milieu tics ruines de l'nncifMi riVimo. Vous avez pensé (ju'il ne pouvait plus subsister. Ce n'est pas à nous ipi'il ap[)arlient de ju^jer vos résolutions ; nous vous demandons de ne pas nous laisser dans un état de crise et d'incertitude.

C'est la partie opjH-imée des aveuf^^les de cet hôpital qui vous en conjure, c'est elle qui vient à l'avance se soumettre au décrel tpie vous allez rendre, tandis que la partie des aveugles qui participe à notre administration tyrannique et déprédatrice lente de lutter contre la volonté nationale el de retenir un puvoir qui s'échappe de leurs mains.

Pendant que les intérêts de la République absorbent tous vos moments et vous empêchent de vous occuper du rapport sur les Quinze -Vingts, les pétitioimaires restent en butte aux caprices et aux injustices d'une administration despote.

Ils sont continuellement menacés d'être honteusement chassés de l'hôpital , car pouvoir demander justice aux autorités supérieures, leurs adversaires les ont toujours méconnues et écarté leur surveillance.

A la vérité, un décret de 1791 laisse aux réclamants la faculté de se pourvoir devant les tribunaux, mais qu'ont fait les administrateurs? ils ont circonvenu, séduit, trompé le tribunal de l'arrondissement, qui, au lieu de protéger les opprimés , a soutenu les oppresseurs. D'ailleurs la justice ne se vend-elle pas encore au poids de l'or? Ne faut-il pas payer chèrement l'avoué , l'huissier, le greffier, le papier même qui doit présenter aux magistrats le tableau de l'infortune? Oiide pauvres aveugles trouveront-ils de l'argent pour subvenir à ces dépenses? Comment pourront-ils soutenir un procès contre l'Administration qui a une caisse à sa disposition et qui donne 2,000 écus à un homme de loi, pour étouffer la voix des réclamants?

C'est pour empêcher la Convention de tarir la source de ces abus si souvent et si vainement dénoncés , que la caisse des pauvres vient de fom'nir aux frais d'un nouvel imprimé, dans lequel on ose douter de l'existence des corps constitués et du crédit national , où on a eu l'inconséquence de convenir des abus et de s'opposer à leur abolition.

Ne croyez pas, citoyens législateurs, que notre démarche nous ait été suggérée par des hommes qui craignent que l'on examine leur gestion.

Nous demandons aussi l'examen sévère du compte des sieurs Rohan, Montmorency et Maynier. Nous différons seulement en ceci de l'administration des Quinze- Vingts , c'est que nous pensons que toutes les autorités constituées sont en état de les apurer aussi bien que le sieur Maynier, et qu'il ne peut se mêler de ces opérations , attendu que lui-même est comptable.

Les pétitionnau'es vous demandent qu'en attendant le décret qui réglera définitivement leur sort, vous rendiez à la Municipalité et au Département la surveillance que la loi leur donne.

La loi attribue l'administration des hôpitaux aux départements et aux municipalités, pourquoi celui des Quinze-Vingts serait-il excepté de cette règle générale?

Les statuts de la maison ont été violés par le sieur Mayiiier en nommant des administrateurs qui ne pouvaient l'être que par le grand aumônier. Et comme cet officier n'existait plus , ils devaient l'être par le Département qui l'a remplacé.

L'ordre nalurcl des choses a élé renversé par ie sieur Maynier qui a ciioisi luimême et installé ses supérieurs jjour n'avoir de comptes à rendre (juà ses créatures.

Il a abusé des termes de la loi de lyç)! (jui voulait que l'ancienne admiuislralion fût réintégrée, mais non pas que l'oa en créât une nouvelle.

Citoyens législateurs, vous seuls pouvez arrêter le cours de ces dilapidations, vous seuls pouvez eni|)êcher que la caisse des aveugles ne serve plus à payer des gratifications et de folles dépenses , et forcer notre orgueilleuse administration à plier la tête sous le joug de la loi; par là, vous vous montrerez les pères des malheureux.

En tête se trouvent ces mentions : rrRecu le 6 février 1798.

ffRenvoyé au Comité des secours publics par celui des pétitions et correspondance.

ff A Paris, le i5 février 1798 , l'an 2" de la Piépublique française.

(Signé) : Smnt -Prix, président. v

ff Remis au citoyen Saint-Martin, rapporteur de celte affaire.

ffAu Comité, le 22 février 179.3, l'an 2" de la Ré[)ublique française.

(Signé) ; Sautavra." Original, Archives natiouaies, F'^aio.

MÉMOIRE ADRESSÉ AU MINISTRE DE LA JUSTICE PAR LES PATRIOTES AVEUGLES DES QUINZE-VINGTS.

8 février 1793.

Respectable citoyen,

Nous n'entreprendrons pas de vous tracer ici le tableau sur la triste situation des Quinze-Vingts, mais, toujours soumis à la loi, nous nous bornerons aux j)rincipes sur lesquels elle est fondée. Une foule d'injustices commises par le chapitre des Quinze-Vingts envers les administrés, une multitude d'abus aussi préjudiciables à leurs intérêts qu'à celui de la maison ont déterminé ces derniers à porter leurs récli malions au sein des aulorilés consliluées qui en doivent connaître. Le Déparlement (il droit à nos demandes par plusieurs arrêtés, le 10 Août arrêta sa marche, à celle é[)0(jue la Municipalité arrêta le cours de la gestion vicieuse de ce chapitre, lorsque ce dernier présenta à notre insu et à notre nom une pétition à l'Assemblée législative qui fut renvoyée au Pouvoir exécutif; alors le citoyen Roland, mal informé et dont on a surpris la religion, fit sortir une proclamation du Conseil exécutif j)r()vis()ire, (pii casse et annulle tous les arrêtés dont nous avons parlé ci-dessus. CtaigMianl, à juste titre, l'intrigue du sieur Maynier et ses agents qui, en violant tout à la fois les lois anciennes et nouvelles pour ses propres intérêts, ne cherche

HOPITAL DES QUINZE-VINGTS. 2/d

qu'à perpétuer une aulorild dominante et illt5||-ale, vérité constatée dans le procèsverbal des députés commissaires de la Convention envoyés aux Quinze-Vinyls les 3o, 3i décembre et 3 de janvier. Nous vous conjurons au nom de la b)i de ne point adhérer au\ demandes que pourrait vous faire ce chapitre et de vouloir bien ordonner que, toutes affaires cessantes, il ne puisse rien délibérer juscju'au prononcé de la Convention qui, relativement à notre administration, a ordonné par plusieurs di'crels au Comité des secours publics de lui faire sou rapport, dont le Iravail est imprimé et distribué et qui n'a pu être soumis à la discussion, vu les circonstances.

Des n'publicains persécutés espèrent que votre justice et votre amour pour la République ne souflVironl pas plus longtemps que des hommes privés du plus beau sens de la nature courbent leurs têtes sous des lois fabriquées pai* des rois et leurs suppôts.

Et sommes avec confiance vos concitoyens ^''.

(Suivent les noms de 5/i aveugles.) Copie et original signé (a p.), Arcliives nationales, F'^ 2 '41.

RÉCLAMATION DES AVEUGLES DES QUINZE-VINGTS CONTRE LE DECRET RENDU PAR LA CONVENTION NATIONALE, LE 31 JANVIER.

Paris, le 10 février 1798, l'an 2" de la République. Citoyen Président,

Les aveugles et voyants de l'hôpital des Quinze-Vingts, ayant des demandes h former relativement aux deux décrets que l'Assemblée conventionnelle vient de rendre concernant leur maison, et l'urgence de ces demandes ne permettant pas les délais qu'entraînerait une pétition qui ne viendrait à son tour qu'après deux cents autres, ils ont l'honneur de vous les adresser, en vous suppliant de vouloir bien en être l'interprète auprès de l'Assemblée et leur obtenir une prompte décision.

Le 3 1 du mois dernier, il a été fait à l'x^ssemblée un rapport d'après lequel elle a ordonné que le Département de Paris ferait apposer les scellés sur les papiers et sur les archives jusqu'au décret définitif qui interviendrait sur la conservation ou la destraction de Ihôpital : qu'il ferait pareillement mettre le scellé sur la caisse,

(" Celle pélitlon fui renvoyée au Minisire de l'inlérieur par lettre du ministre Garât, en date du 8 février, comme étant étrangère à l'administration de la justice.

lequel serait aussitôt levé , pour les sommes qui s'y trouveraient être versées au Trésor national, sur lesquelles sommes le Département ferait remettre celle de 20,000 livres pour les besoins de la maison.

Les scellés ont été apposés le même jour et les fonds déposés conformément au décret. Depuis, et le lundi h de ce mois, l'Assemblée a prononcé sur le projet du Comité des secours pour la destruction de l'hôpital, elle a rejeté la proposition par la question préalable , elle a décrété que l'établissement serait conservé et que le Comité présenterait un plan d'organisation nouvelle.

En cet état, et jusqu'à cette organisation, la maison doit donc nécessairement demeurer ce qu'elle est et être administrée comme par le passé , conformément à tous les décrets antérieurs rendus pour les hôpitaux en général et pour l'hôpital des Quinze- Vingts en particulier.

Cependant toutes espèces de gouvernement et de gestion sont impossibles avec les scellés mis sm* les papiers et sur les archives et avec l'enlèvement qui a été fait de tous les fonds.

Cette main mise doit être levée, puisque les choses sont conservées entières quant à présent.

On propose bien au caissier de lui remettre les 20,000 livres dont la disposition a été ordonnée , mais à quoi servirait la remise de ces fonds , lorsqu'il n'a ni ses registres , ni ses états, ni aucuns papiers, et d'ailleurs, comment l'Administration peut-elle gérer, lorsque ces fonds seront ailleurs que dans la maison et sous sa garde? 11 s'en faut de beaucoup que ces 20,000 livres suffisent pour subvenir aux besoins de rhôj)ital , qui a d'ailleurs des engagements à remplir.

Les aveugles et voyants de l'hôpital des Quinze- Vingts demandent donc que le scellé soit levé, cjue les fonds soient remis à la caisse, déclarant, pour toute réponse aux soupçons et aux inculpations qu'on peut se permettre contre leur administration, qu'elle est, en tout temps, et sur tous les points, prête à rendre ses comptes à qui il sera ordonné.

L'hôpital observe que cet arrêt mis sur les papiers cause le plus grand préjudice à la maison, en empêchant les travaux relatifs à la reddition des comptes de la gestion du cardinal de Rohan et consorts, et au jugement des immenses contestations (pie l'hôpital a à soutenir contre la compagnie des acquéreurs de son ancien enclos; il est même évident que ce décret n'a été suggéré et surpris à la sagesse des Représentants du peuple que pai* les manœuvres secrètes des personnes intéressées à empêcher ces poursuites, manœuvres dont l'hôpital a une parfaite connaissance.

Les pauvres aveugles de l'hùpilal des Quinze- Vingts sont romphs de contiance en votre justice et vous prient de recevoir leurs profonds respects , citoyen Président.

Signé : Cuadrin, juré voyant; Bai;doli\, juré voyant.

A la marge : rr Renvoyé au Comité des secours, le 1 1 février 1798, l'an -2' de la Républiques

Original signé, Archives nationales, F^" a/ii.

OBSERVATIONS SOMMAIRES POUR L'HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS SUR LE PROJET DU COMITÉ DES SECOURS PURLICS, AVEC LETTRE D'ENVOI DES FRÈRES AVEUGLES À LA CONVENTION NATIONALE.

Paris, le 19 février 1798 , l'an 9° de la République française.

Citoyen Président,

Les aveugles des Quinze -Vingts ont tenté plusieurs fois de se faire entendre à la Convention nationale, leurs efforts ont toujours été sans effet. Ils ont pris le parti de faire imprimer un précis de ce qu'ils avaient à dire , ils espèrent que vous voudrez bien en faire donner lecture à l'Assemblée , aussitôt que le rapport aura été fait.

Pour les frères aveugles des Quinze -Vingts, (Signé) : Chadro, juré voyant; Baudouin, juré voyant.

Eu tête de la lettre se trouvent les mentions suivantes : (t Renvoyé au Comité des secours publics par celui des pétitions et correspondances. Paris, le 26 février, l'an 2' de la République. (Signé) : SiiJiT -F ri\, président, v

(T Remis au citoyen Saint-Martin, le 28 février 1793, l'an 2" de la République française. (Signé) : Verdollin, secrétaire. n

OBSERVATIONS SOMMAIRES POUR L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS SUR LE PROJET DU COMITE.

S'il est un hôpital qui dût se flatter de conserver son ancien régime , c^est celui des Quinze-Vingts ; il présente l'idée de l'administration la plus parfaite.

Ce régime est simple : un administrateur, sous le nom de maître, chargé de la pohce intérieure; un trésorier ou caissier, qui fait toutes les receltes et paye les dépenses ; un greffier qui écrit les délibérations ; quatre gouverneurs externes ; une assemblée des représentants des Quinze- Vingts , où assistent le maître, le trésorier et les quatre gouverneurs, et oii se traitent toutes les affaires de la maison.

Ce régime est vraiment fraternel et semble avoir été calqué sur les principes de notre Révolution; c'est dans une assemblée de tous ceux qui composent la maison que sont nommés ceux qui doivent les représenter à l'assemblée administrative ,

2lili L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

c'est dans lasserablde administrative que sont nommes les quatre gouverneurs , le trésorier et le grelTior.

Ce régime est peu dispendieux. On ne paye des salaires qu'à ceux qui sont continuellement en activilë; au maître, au trésorier et au greffier. Tous les autres remplissent leurs fonctions gratuitement.

Ce régime a l'approbalion dos administrés; de trois cents familles qui habitent l'hospice des Quinze-\ ingts, il y en a deux cent qualre-vingls qui en demandent, qui en sollicitent la conservation, vingt seulement disent qu'il faut le changer.

Cependant, qui le croirait? c'est par l'hôpital des Quinze-Vingts que l'on prétend commencer la réforme des hôpitaux.

La Convention nationale a renvoyé la réformation des hôpitaux jusqu'après l'organisalion des secours publics; l'organisation des secours publics jusqu'après l'étahiissemeut de la Constitution; et avant que l'organisation des secours publics soit fuite, avant que la Constitution soit étabho, avant que l'on puisse savoir sur quelle base, d'après quels principes les hôpitaux seront réformés, organisés, on vient proposer de changer, de réformer le régime de l'hôpital des Quinze-Vingts! C'est là chercher à suspendre un principe de réforme générale, ou vouloir faire une réforme qu'il faudia bientôt réformer.

Mais quel est le plan de réforme que l'oii propose? Rien moins que de détruire entièrement l'administration actuelle, et d'y substituer l'adminislration du Département de Paris.

L'hôpital des Quinze- Vingts n'appartient ni à la Mlle ni au Département de Paris; il appartient à toute la République. Tous les pauvres aveugles du territoire de la Républic[ue ont droit de demander à y être admis. Que serait-ce donc que d'en donner l'administration immédiate au Département de Paris, sinon l'approprier au Département de Paris? Déjà plusieurs fois , sous mille formes différentes, le Département de Paris a tenté de s'arroger l'administration de rhô[)ital des Quinze- Vingts; et toujours, à l'Assemblée constituante, à l'Assemblée législative, au Conseil du pouvoir exécutif , dans les tribunaux, partout, leDépartementde Paris a succombé.

Mais des vues plus désastreuses encore pour l'hô^-ilal des Quinze-Vingts font mouvoir les promoteurs secrets de la réforme.

Toute la fortune de l'hôpital est compromise, et l'adminisli-ation actuelle peut seule la sauver du naufrage. Les acquéreurs de l'ancien enclos des Quinze-\'ingts, rue Saint-Ilonoré, ont, par des manœuvres sourdes, fait à l'hôpital un préjudice de j)his d'un million, et ils demandent plus de quatre millions d'indemnités. L'administration déprédatrice du cardinal de Rohan, de Tolozan et de leurs coadjuteurs, est reli(|uataire de plus de quatre millions. L'Administration actuelle a dans sa main les faits, les renseignements nécessaires pour combattre les prétentions des acijuéreurs, pour di'voiler leurs coupables manœuvres, pour les convaincre que, loin d'avoir quatre millions d'indenniités à demander, ils doivent une augmentation de prix de plus d'un million; elle a dans sa main les faits, les renseignements nécessaires pour établir les coriq)t('S de l'administration du cardinal, de Tolozan et de leuis coadjuteurs, pour (lénias(|uer les inlidclités, les dépn'dations de cette administration, et faire rentrei- plus de quatre millions à l'hôpital. Depuis

HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS. 2â5

deux ans elle s'occii|.c sans relâche de ces deux grandes affaires; elle les poursuit avec courafie; elle a nionlré la ferme résolution de ne pas les abandonner avant qu'elle ne les ail vu finir.

Sans doute le Département pourra partir des instructions qui lui seront fournies; mais obligé de se partager entre une foule d'affaires, enirnîné par le courant d'une administration générale con)pliquée de tout genre, pourra-t-il apporter à la poursuite de ces deux affaires la même activité, la même constance que l'Administration actuelle? Les acquéreurs et les comptables savent bien que non; ils savent bien qu'écarter l'Administration actuelle, c'est enchaîner les poursuites dirigées contre eux, c'est au moins gagner du temps. La Convention nationale verra bien aussi que c'est ruiner l'hôpital, et réduire trois cents familles à manquer de pain.

Original signé et imprimé (2 p.), ArcLives nalioiiales, F'^ a '10.

DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE, ORDONNANT LA REINTEGRATION PROVISOIRE D'AVEUGLES DANS LA MAISON DES QUINZE-VINGTS.

20, 23 février 1798.

Un membre du Comitc des secours fait un rapport sur l'administration des Quinze-Vingts. Diverses propositions sont faites. L'impression et l'ajournement sont demandés et décrétés. L'article suivant est seul adopté :

La Convention nationale décrète que Marguerite-Anne Lidelle, femme Verrier, René Mabille et Jean-Baptiste Mignard reprendront provisoirement les places qu'ils occupaient aux Quinze-Vingts, et les poursuites qui pourraient avoir été commencées contre eux au Tribunal du 4* arrondissement demeureront suspendues.

Un membre observe qu'il convient d'ajouter au décret relatif aux aveugles réintégrés dans l'hôpital des Quinze -Vingts que ceux que ce décret concerne recevront ce qui est dû par jour à chacun d'eux , à compter du jour de leur expulsion jusqu'à celui de leur rentrée dans la maison.

Cette proposition avait été décrétée, lorsque le rapporteur du Comité des secours a fait remarquer : 1° que la réintégration prononcée par la loi du 20 février n'était que provisoire; 2" que<leux des trois sujets réintégrés avaient conservé les bienfaits de l'hospice; enfin, qu'il pa-

2/i6 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

raissait naturel d'attendre le rapport du Comité des secours sur l'organisation définitive de l'hôpital des Quinze-Vingts pour faire droit, s'il y avait lieu , sur la proposition qui venait d'être admise ; en consé- (Tuence, il a demandé le rapport du décret et le renvoi de la demande au Comité des secours; ces deux propositions sont décrétées.

Minute de la main de Saint-Martin et extrait du procès-verbal, Archives nationales, C 245, n° 336; G 966, n° 3^3.

Ed. Procès-verbal de la Convenlion nationale, t. VI, p. 336, 389.

PÉTITION PRÉSENTÉE À LA CONVENTIOIV NATIONALE PAR LES ASPIRANTS DES QUINZE-VINGTS CONTRE L'ADMINISTRATION DE CETTE MAISON.

96 février 1793.

Représentants du peuple fi-ançais.

Les aspirants des Quinze-Vingts ont l'honneur de vous exposer quelôt ou tard le voile du mensonge et de la calomnie se déchire et la vérité paraît toute entière à découvert.

Législateurs , il est bon de vous dire que , depuis que la caisse de l'hôpital des Quinze -Vingts, dans laquelle les administrateurs et le chapitre puisaient à pleines mains, est transportée au Trésor national, ils sont dans un chagrin mortel, ils ne savent quelles ruses employer. L'intrigant Ménier et ses agents ont poussé la méchanceté jusqu'à mettre des hommes lâches et vils dans leurs intérêts pour faire faire de fausses dépositions au comité de la section des Sans-culottes, où ils disent que deux de nos camarades ont reçu de l'argent pour demander la destruction des Quinze -Vinjj^s. Ce fait est si peu réel que l'on n'a qu'à vériGer les pétitions que nous avons eu l'honneur de présenter, les 8 avril et 19 septembre derniers, au Corps législatif, et h novembre et 97 janvier aussi derniers, à la Convention, on verra qu'il n'existe pas un mot de cette inculpation.

Législateurs, les infortunés cpie vous voyez devant vous, quoique accablés de la plus grande misère, aimeraient mieux mourir que do servir lAchoment l'ancienne Administration qui ne valait guères mieux que celle qui existe actuellement. Nous espérons de votre justice, Législateurs, que vous voudrez bien faire faire un examen plus sévère sur tous les registres où sont apposés les scellés, l'on y verra (pie la maison n'est pas au complet et que quanliti' (['individus ([ui voient clair manijcnl le pain des pauvres aveugles. L'on y verra encore les dilapidations ell'rayantes et .les frais exorbitants d'une administration despote et vicieuse, qui serait bien meilleure si elle était rem[)lac('e par des magistrats du peuple.

HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS. 2Zi7

Enfin, Législateurs, nous persistons à dire que, les revenus de cette maison étant bien économisés , il y a do quoi faire du hien h tous les aveugles de cette grande cité qui sont réduits h la mendicité et qui tous les jours raancjuent de pain.

Dignes protecteurs des nu\llieureux, nous espérons que vous daiguerez prendre en considération nos justes demandes, nous bénirons à jamais les j)ères de la Ué- ]nibli(jue, nos libérateurs, et nous ne cesserons de prier Dieu pour la conservation de leurs jours.

Suivent les noms de 20 aveugles aspirants à l'hôpital des Quinze- Vingts, dont celui de Clondel, âgé de 81 ans, aspirant depuis vingt-huit ans.

En tête de la pétition se trouvent ces mentions : ff Renvoyé au Comité des secours pour en faire un rapport demain sans faute. Ce ai février 1798, l'an 9° de la Républifpxe. (Signé) : J. Julien. 55

ff Remis au citoyen Saint-Martin, ce 28 février 1798, l'an a" de la Répubhque française. (Signé): Verdollin, secrétaire, n

Original, Archives nationales, F^^ aie.

PROCès-VERB\L DES COMMISSAIRES DE PLUSIEURS SECTIONS DE PARIS À L'EFFET DE PRESSER LE RAPPORT SUR L'ORGANISATION DE L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS.

17 mars 1798.

L'an mil sept cent quatre-vingt-treize, le dimanche 17 mars, heure de midi , les commissaires de diflférentes sections de Paris s'étant assemblés en la salle de commune de l'Egalité, comme il avait déjà été fait, le président ci-devant nommé et continué (et le citoyen Dupuis, commissaire de la section du Mont-Blanc, a été nommé greffier) a déclaré que la séance était ouverte et, de l'unanimité, il a été arrêté que la majorité des sections ayant été acquise pour adhérer h la pétition de nos frères les aveugles des Quinze-Vingts, qui a pour objet le rapport à jour fixe et très prompt de l'organisation de la maison des Quinze- Vingts et des secours proportionnés à leurs besoins. Cette rédaction adoptée, l'assemblée a exposé si en nombre légal elle irait à l'instant avec une députation de la Commune de Paris à la Convention pour y lire la pétition des aveugles.

La malicro mise en dulibération, l'assemblée arrête que la question est fermée sur la dilFirulté ou non de la majorité. Ensuite un membre a demandé que les nouveaux commissaires nommés qui ont adhéré : il a été arrêté que les commissaires partiront à l'instant. Et avons signé.

(Signé) : Lefèvre, président; Depuis.

En tête : fr Renvoyé au Comité des secours pour en faire son rapport demain. ^ A la marge: rrRemis au citoyen Saint-Martin, rapporteur, ce 3i mars lyyB, l'an 2* de la Rf^publique française.^ (Signé) : Maignet.

MÉMOIRE À LA CONVENTION NATIONALE, L'AN PREMIER DE LA RÉPLBLIQUE FRANÇAISE, SUR LES ABUS DE L'ADMINISTRATION DES QDINZE-VINGTS ET SDR LES PLAINTES QD'ONT À FAIRE LES ASPIRANTS AUDIT UÔPITAL.

Citoyens Législateurs,

C'est avec la plus grande vérité que les infortunés aveugles, aspirants aux Quinze -Vingts, osent soumettre à vos yeux les détails des abus qui existent dans l'hôpital des Quinze-Vingts, et dont ils sont les malheureuses victimes. Premièrement, les Quinze-Vingts ont été fondés pour trois cents pauvres, véritablement aveugles; il n'en existe pas deux cent cinquante qui le soient véritablement; sur ce nombre, il y a soixante-dix places accordées à des maris de femmes aveugles et à des femmes d'aveugles, à titre de récompense pour les services quils ont rendus à leurs époux; les hommes au nombre de dix-huit, les femmes à celui de cinquante-deux; ce qui fait qu'd y a des ménages à deux prix diiférents; il y a différents prix; les personnes seules ont vingt-quatre sols par jour, les ménages simples en ont trente et les ménages indemnisés en ont quarante; à l'égard des places vacantes, on est incertain au profit de qui elles tombent. C'est une injustice d'accorder à des personnes sans infirmité une pince qui n'est due qu'à un aveugle; lorsqu'un aveugle vient à mourir, son époux, ou son épouse, jouit, à titi*e de récompense, de la place d'un aveugle; cependant ces sortes de gens peuvent se servir eux-m("mes.

Les dilapidations de celte maison sont énormes; tout le chapitre a puisé au coffre, nous osons cioire (jue le produit des places vacantes est partagé entre ce petit conseil barbare et tyrannique; nous retracerons à un autre endroit les indemnités qu'ils se sont fait donner à la réinb'graiide du sieur Maynier.

C'est de cet liouuue dont les aspirants ont le plus à se plaindre; cet homme qui ne connaît que la chicane, dont le cœur dur a su faire de nous de malheureuses victimes, s'est fuit destituer de sa place par le cardinal de Rohan, en 1780, ne voulant pas exercer sa place sous un homme de confiance que le cardinal avait

HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS. * 2/i9

placd, j)arccque, disail-il, il n'élail ni noblo, ni de robe; ainsi co fut par dc^sobéissance qu'il n'exerça pas.

Le siour Prieur, bonuno de confiance du ranliniil, s'c-tail fait un parti dans V\u\pital; le sieur Maynier s'en faisait un aussi; il a plaidt' au Conseil et au Parlement sans pouvoir obtenir sa rt^iiiti'giande; l'exil du cardinal apportn du chanfjement dans i'bôpital; le sieur Prieur, son homme de confiance, fut obli^ré d'abandonner; il fut remplacé par un sieur lîéchel , et M. <!e Holian par M. de Montmorency; le sieur Prieur eut à sa démission une pension annuelle de deux mille livres. Le sieur Béchet parut, au commencement de son règne, doux et affable; il écoutait ceux qui s'adressaient à lui; sentant affermir son autorité, il s'est endurci, il a commis des injustices comme ses prédécesseurs; beaucoup de mécontents n'ont pas tardé à paraître. M. Maynier a profité du trouble pour augmenter son parti de ceux qui avaient été autrefois contre lui. Il fit entendre aux frères aveugles que l'Administration dilapidait la maison, que le sieur Béchet avait quatre mille livres de paye, que lui n'avait jamais eu que deux mille quatre cents livres, que, s'il était dans la maison , il réformerait tous les attus et rendrait chacun content. L'heureuse époque de la Révolution est arrivée, les aveugles aspirants ont présenté plusieurs mémoires à l'Assemblée constituante; l'Assemblée envoya des commissaires du Comité de mendicité, qui ordonnèrent aux aveugles de l'hôpital de s'assembler et de faire un état de tous les abus. Il fut commencé et point fini : le frère Monnier, juré aveugle du chapitre de cette petite souveraineté, s'est immiscé, pour son intérêt particulier, dans les comités que le sieur Maynier tenait chez lui, et |;ar l'ascendant que le petit despote Monnier prenait sur tous les frères, il fil entendre à toute la communauté que les recherches faites par le Comité de mendicité étaient inutiles, qu'il leur suffisait de faire rentrer les sieurs Maynier et Laugier, qu'ils réformeraient bientôt les abus, et leur but fut de demander la réintégrande de ces deux personnes; ils gagnèrent tout ce petit chapitre et une partie des aveugles; ils firent pour cet objet une pétition qui coûta près de huit cents livres h la maison. Les jurés et capitulants, en colportant cette pétition chez les députés et aux Jacobins , réclamaient MM. Maynier et Laugier comme sauveurs et restaurateurs. Le sieur Maynier de son côté, lorsqu'il rencontrait des aveugles, les remerciait de leur bonté à le redemander et les assurait qu'il les rendrait très heureux; lorsqu'il rencontrait des malheureux aspirants, il leur disait qu'il était touché de leur sort, et que, quand il serait en place, il leur rendrait la plus grande justice.

Le moment de sa réintégration est arrivé par un décret provisoire que l'Assemblée constituante a rendu en sa faveur, et, fort de ce décret, loin d'avoir supprimé les abus, il en a créé de nouveaux; il a récompensé tout le chapitre, et cette récompense a coûté plus de quatre mille livTes à la maison; aussi les jurés et capitulants, par reconnaissance, ont permis qu'il puise dans le coffre, où il a pris dix mille livres pour lui et neuf mille pour le sieur Laugier, sans compter qu'il accaptc quatre mille livres de ce qu'il appelle ses droits, et qu'il trouvait trop au sieur Héchet, son prédécesseur, ce qui fait voir d'un coup d'oeil une cabale bien formée.

Législateurs,

Go n'est pas sans frémir que nous allons retracer le touchant tableau des peines que nous avons endurées. En 1777, il sortit une ordonnance du lloi pour arrêter tous les pauvres; nous n'eûmes pour protecteur que le cardinal de la Roclie- Av/non, grand aumAnier; malli«M)reusemenl pour nous il tomba en enfance. Nous fûmes en hutte aux embûches de la poUce; n'y pouvant plus tenir et mourants de faim, nous fûmes mis, et ceux des Quinze -Vingts, au nombre des pauvres sans asile (>t sans pouvoir; le sieur Maynier fil appeler tous les aspirants pour leur défendre de quêter, leur disant qu'ils seraient arrêtés; nous obéissons; quelquesuns d'entre nous avaient des protecteurs, qui, touchés de nos malheurs, nous firent obtenir la permission et notre liberté. M, Maynier nous fît rappeler pour nous dire que nous pourrions marcher; nous le remerciâmes, croyant que c'était une grâce qu'il nous faisait; hélas 1 notre joie dura peu; ou bout de quinze jours tout au plus, il nous fit revenir pour nous le défendre de nouveau; il nous délivra des certificats où il nous assigna des places . avec défense d'en sortir, sous peine d'être arrêtés; ce qui arriva à plusiem-s, car par le peu de bienfaits que nous recevions, il nous était impossible d'exister; plusieurs d'entre nous furent arrêtés en allant chez leurs bienfaiteurs, ils furent conduits impitoyablement chez les commissaires de police les plus insensibles, de là traînés dans les cachots les plus infects du Châtelet et transférés au dépôt de Saint-Denis , où plusieurs sont morts dans l'état le plus misérable, sous la direction du tigre Berthier, alors intendant de Paris; (juelques-uns sont sortis du dépôt en présentant des protecteurs ou des répondants à l'infâme intendant; de ces derniers, qui ont repris leur place pour quêter, plusieurs y sont morts de faim, de froid, et d'autres ont été écrasés par les voitures. Le sieur Maynier aurait pu éviter tant de maux à ces malheureuses victimes de la nature; il n'y a pas à douter que c'était de sa propre autorité que tant d'outrages furent faits à l'humanité souffrante; la preuve est que les aveugles des Quinze - Vingts étaient compris dans la défense et que cependant ils ont toujours marché, ainsi ils avaient tout l'avantage, puisju'ils avaient de la Maison la pension et le logement; nous avons obtenu de M. Lenoir, et ensuite de M. de Crosne, la permission de quêter, à i'aide de différents instruments dont beaucoup ne connaissaient pas l'usage. Plusieurs aveugles qui sont présentement aux Quinze -Vingts ont été les compagnons de nos malheurs.

Eh bien. Législateurs , nous avions oublié tous ces maux quand le tyran Maynier fut réintégré; nous espérions qu'ayant joui du droit de l'homme, il se serait humanisé on notre faveur; nous avons été trompés dans nos espérances, il nous a ravi le droit de fliomme, il nous ôte l'existence, il a fiiussé la promesse qu'il nous a faite (le nous rendre justice; plusieurs de nous se sont transportés chez lui pour obtenir des places, il les a reçus durement; il a même répondu à des gens de 70 à 80 ans qu'il n'y av;iil j)as de place vacante, tandis que l'imposteur en recevait à tous les chapitres et à tous les âges, qui n'ont jamais été inscrits sur la liste des aspirants et qui avaient d'outrés ressources que la quête; il a mis à sa porte des |)ères de famille, lour disant qu'ils étaient tro|) jeunes, et les derniers qu'il a reçus

no sont âgés que de a a et 28 ans; il ne peut pas disconvenir qu'il y a des places vacantes, puisqu'il a avoud à MM. Emit et Grand-Maison, en présence de tous les aveugles des (Jiiinze -Vingts, qu'il y en avait vingl-(|ualre; il est à présurnor qu'il y eu a davantage. Eh Itien, ce barbare a mieux aimé iaissi' périr des vieillnrds de misère, qui ont plus de trente ans d'aspirancc. Voici le tableau liilèle des injustices que ce cœur de roche et barbare nous a rendues; il serait pourtant bien possible d'y admettre tous les réclamants. En supprimant les abus, les revenus de riiô|)ital ne doivent être consacrés qu'au bien des aveugles; en supprimant les frais du culte qui s'est monté h 21 ,000 livres, le prix effrayant de l'Administration vicieuse, qui se monte à plus de 17,000 livres, ces frais énormes étant mis h profit, l'on pourrait retirer de la mendicité tous les aveugles de la capitale qui y sont malheureusement réduits; ainsi, Législateurs, nous espérons que, par vos bontés [)alernolles, vous voudrez bien prendre notre triste sort en considération, et prononcer h ce qu'il ne faille plus ni protections , ni argent , pour entrer dans cet hôpital , comme il eu a fallu jusqu'à présent; notre infirmité nous doit servir d'appui; nous sommes Français et républicains, comme tous les autres citoyens, et nous espérons par vos bontés magnanimes jouir de la liberté et de l'égalité; nous bénirons à jamais les pères de la République, nos bienfaiteurs.

Jacqdellin, aspirant,

au nom de ses confrères.

Original signé et imprimé (3 p.). Archives nationales, F'^ 9A0.

REQUÊTE DES AVEUGLES DES QUINZE-VINGTS À LA CONVENTION NATIONALE, À L'EFFET D'OBTENIR L'EXECUTION DU DECRET DU 13 MARS QUI AVAIT CHARGÉ LE COMITE DES SECOURS PUBLICS DE PRESENTER SON RAPPORT SUR L'ORGANISATION DE CETTE MAISON.

î8 mars 1798.

Paris, le 18 mars 1798, l'an 9" He ia République française.

Citoyen Président,

Les aveugles des Quinze-Vingts viennent, par votre organe, supplier la Convention nationale de vouloir bien ordonner l'exécution de son décret du 1 3 de ce mois, qui avait fixé au lendemain i4 le rapport sur l'organisation provisoire de leur maison; ils savent que le citoyen Saint-Martin, cpii en est chargé, est en état de le faire. Ces infortunés se permettront d'observer aux Représentants du peuple que leurs fonds déposés à la Trésorerie nationale et les scellés appost's sur tous les registres et papiers, en exécution du décret du 3i janvier dernier, laissent leur administration dans un état de nullité absolue et les administrés dans la per-

plexild la jilus grande. Plus de sept cents aveugles demeurant dans rcnclos, à Paris el en province, allendont avec impatience la fin de ce mois pour louclier leurs prêt et pensions, dépendant, tant que les scelles ne seront pas \e\'é& et les fonds réintègres, il est impossible de les satisfaire. Ces motifs sont plus que suffîsanLs pour engager la Convention à faire droil à la demande des suppliants <''. Ils sont avec un très profond respect, citoyen Président,

Pour les aveugles des Quinze-Vingts, (Signé) : Ciiadrin, juré voyant; Baudouin, jnrë.

Nota. En têle de la demande : a Renvoyé au Comité des secours publics par celui d(s pétitions et correspondances, Paris, 26 mars, l'an 2" de la République. (Signé) : Saim-Prix, président.Remis au citoyen Saint-Martin, rapporteur, ce 3i mars 1798, l'an 2* de ia République française. » (Signé) : Maignet.

Oiiffinal sifjné. Archives nationales, F'' 2/10.

RAPPORT DU SIEUR LAUGIER, RECEVEUR DE L'HOPITAL DES QUI^ZE-VIXGTS , ADRESSÉ AU PROCUREUR Gt'.NERAL SYNDIC DU DEPARTEMENT DE PARIS, AFIN D'ÊTRE AUTORISE À PRELEVER 36 À A0,000 LIVRES SUR LES FONDS DE L'HÔPITAL, AVEC UN RORDEREAU DES ETATS DE PAYEMENTS QUI DE- VRONT ÊTRE EFFECTUE's FIN MARS 1793.

9 2 mars 1793.

Au citoyen Procureur général syndic du Département de Paris.

Depuis l'apposition des scellés sur les ai'chives de l'hôpital des Quinze-Vingts, en vertu du décret du .')i janvier derni(>r, el le d<'[)ôt fait au Trésor national de l'argent (pii s'est trouvé, tant dans ma caisse qu'au trésor dudit hôpital, j'ai reçu, d'après l'autorisation du Département, à compte dudit dépôt la somme de 20,000'*

J'ai reçu en outre de plusieurs débitcuis celle de 1,682*^ 10'

Total de la recette 21 ,582** 1 o'

Sur cotte somme j'ai payé pour le prêt des aveugles, |)endanl le mois de février dernier, ce!le de (j,82/i** 1 8"

de sorte qu'il ne uk; irsle (pie celle de 1 1 ,7.57** 1 2'

(" Une domaiidc, à jifii près ronrue dans les inc^nios Iim'idcs el revt'luc dos niènics signatures, avait élu adressée à la Coinenlion le iG mars.

J'ai il (aire lo payement du trimeslre ëchdant le i" avril prochain, nionlanl à environ 3G,ooo**

Plus les ddbels depuis le (juartier d'avril \-j[)\ jusqu'au i"' janvier dernier, monlanl à 1 3, 1 1 1>.** i o*

Total des j)ayenienls h faire /iq,! 1 2** lo'

Déduisant sur cette dernière somme celle de 1 1,757*^ 1 9'

il résulte qu'il y aur.i à payer au 1" avril prochain celle de 37,356** 18'

J'observe cependant que , dans les sommes portées en débet, il pourra s'en trouver qui ne soient pas dans le cas d'être acquittées par le décès de plusieurs parties prenantes.

D'après le bref état du compte ci-dessus, je demande que le citoyen Procureur général syndic fasse au Directoire du Département un réquisitoire à l'cfFet do nommer des commissaires pour se présenter h l'Assemblée nationale, afin d'obtenir un décret qui autorise les Commissaires du Trésor national à remoltre enire mes mains, sous l'autorisation du Département, la somme de 36 à Ao.ooo livres pour pourvoil' aux besoins dudit hôpital.

Fait à Paris, le -22 mars 1793, l'an 9" de la République française.

Laugier, receveur de l'hôpital des Quinze-Vingts.

Page 1