DU DIRECTOIRE
a3, 96 mars 1 793.
Séance ordinaire du samedi aS mars 1798.
Un citoyen, membre du Directoire du Département de Paris et commissaire député de cette administration expose que , dans l'état d'incertitude sur son sort où se trouve maintenant l'hôpital des Quinze- Vingts, ses besoins journaliers nécessitent un versement de fonds suffisants pour y subvenir, le Directoire demande en conséquence que la Convention nationale ordonne que, sur la somme de plus de 220,000 livres provenant de la caisse de cette maison et déposées au Trésor national, il soit le plutôt possible prélevé celle de /io,ooo livres pour fournir à ses dépenses courantes.
Le Comité prend cette demande en considération et charge le citoyen Saint-Martin, rapporteur de l'affaire des Quinze -Vingts, de l'examiner et de lui en rendre compte à une des prochaines séances.
Séance ordinaire du mardi 26 mars 1793.
Le citoyen Saint-Martin fait un rapport sur la demande faite par le Directoire du Département de Paris d'une avance de â 0,0 00 livres pour l'acquittement des dépenses courantes de l'hôpital des Quinze- Vingts, ses conclusions sont conformes à la demande, elles sont adoptées.
Extrait des procès-verbaux des séances du Comité des secours publics, Archives nationales, AF* n 89, foi. ia3 r" et v°.
RÉCLAMATION PAR LE SIEUR CUVILLEZ , INSTITUTEUR ET MEMBRE DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA COMMUNE, D'UNE PLACE DONT IL A ETE DESTITUE AR- BITRAIREMENT AUX QUINZE-VINGTS.
26 mars 1793.
Législateurs de la République française,
Vous avez rendu les droits à l'humanité outragée en décrétant que les malheureux aveugles, qui avaient été chassés injustement de l'hôpital des Quinze-Vingts , seraient réintégrés, mais il existe une victime , dont le • citoyen rapporteur, craignant sans doute les détails, n'a point fait mention, c'est celui qui a employé sa plume pour vous présenter les réclamations de ces malheureux, auxquels vous avez rendu l'existence. C'est l'instituteur des enfants de cette maison, père de famille chargé de trois enfants , et qui exerçait depuis quatre ans ses fonctions en vrai républicain, et auquel l'Administration n'a point rougi, après lui avoir fait quitter une autre place dont il s'était pourvu il y a un an, de lui donner ensuite sa démission, sous prétexte de supprimer sa place par économie, tandis (ju'elle avait délibéré secrètement de le faire remplacer par un prêtre ci-devant Récollet, auquel elle devait donner i,5oo^^ au lieu de 600^ qui étaient allouées au laïque.
Ces faits ont été reconnus sur les registres par les citoyens Beauvais, Vadier et Maignet, députés, lorsqu'ils se transportèrent en cet hôpital, en vertu d'un décret de la Convention, et en présence desquels le réclamant a défié l'Administration et tous les aveugles aussi assemblés de lui rien reprocher.
Il est bon d'observer que le chapitre n'a point supprimé l'institutrice qui est célibataire, et qu'il a conservé un suisse d'église, largement payé et babillé, qui ne sert qu'à conduire les prêtres à l'autel.
Citoyens Législateurs, le seul but du chapitre, en voulant supprimer l'insliluleur, était de le réduire , lui et sa famille , sans pain , pour le punir d'iivoir dénoncé à la Municipalité une instilulrice royaliste et créature dudil cha[)itn', la([uelle prêchait à ses élèves les maximes les plus inciviques et les plus fanatiques, et pour le punir aussi d'avoir écrit |)our
la défense des malheureux aveufjlcs (jiic celle Administralion barbare avait chassés i<jnoininieuscment.
J'étais certain, Législateurs, (|u'eu faisanl ces dénonciations publiquement, je courais les risques de perdre ma place, mais un républicain doil-il craindre de perchée sa fortune, ni même sacrifier sa vie pour soutenir la liberté? Non.
C'est de vous, Pères du peuple, qu'il attend justice, ayant persisté dans ses fonctions d'après les ordres de vos Commissaires, il demande que vous décrétiez que son quartier, qui est sur le point d'échoir, lui sera pavé comme ci-devant, ainsi ([u'unc somme de 9 5^ qui kii a été retenue sur le chauffage de sa classe. Il demande aussi d'ctr(> provisoirement conservé dans sa place jusqu'à ce que la Convention ait prononcé définitivement sur l'hôpital des Quinze-Vingts.
Il espère emporter avec lui cette marque de votre zèle pour les patriotes.
La preuve la plus authentique de son civisme est la place qu'il occupe au Conseil général de la Commune, où ses concitoyens viennent de le nommer pour la seconde fois, de cette Commune, qui, quoique tant décriée, a jurée de périr entièrement plutôt que de souffrir qu'il soit porté la moindre atteinte aux jours des Représentants de la Nation.
CUVILLEZ, instituteur et membre du Conseil général de la Commune de Paris.
En lêlc et à la marge de la pe'tilion se trouve cette double mention : f Renvoyé' au Comité des secom-s, 2 4 mars [1790], [an] second de la République. 'i
ff Remis au citoyen Saint-Martin, ce 3i mars 1798, Tan a" de la République française. 7) (Signé) : Maignet.
Original signé, Archives nationales, F'^ 2^0.
DÉCRET DE LA COÎWE^TION NATIONALE, METTANT À LA DISPOSITION D(J DI- RECTOIRE DU DÉPARTEMENT DE PARIS, SUR LES FONDS PROVENANT DE LA CAISSE DE L'HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS, UNE SOMME DE 40,000 LIVRES POUR ÊTRE APPLIQUÉE AUX RESOINS DE CET ÉTABLISSEMENT.
28 mars 1 798.
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son Co-
mité des secours publics, décrète (jue, sur les fonds provenants de la caisse de l'hôpital des Quinze -Vingts, la Trésorerie nationale tiendra à la disposition du Département de Paris la somme de /io,ooo livres, pour pourvoir au pavement des renies, pensions, prêts, traitements et aux aulrt^s besoins de cet établissement, jusqu'au décret qui [)roMoncera sur le mode de son administration.
Miiiuh' de la main de Saiiil-Mnriin , Arcliives nalioiiales, C aAH, n" 3Xi. Ed. Procès-verbal de la Convention nationale, t. VIII, p. agi.
DÉLIBÉRATION DU CONSEIL GENERAL DE LA COMMUNE, ADJOIGNANT AUX AVEUGLES DES COMMISSAIRES CHARGES D'ACCOMPAGNER À LA CONVEN- TION LA DÉPUTATION DES AVEUGLES ASPIRANT AUX QUINZE-VINGTS, AVEC PÉTITION DE LA COMMUNE DE PARIS.
4, 3o avril 1793.