‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 86 sur 206 · AVEUGLES · texte numérisé non relu

AVEUGLES

27 floréal au 11.

Les administmieurs de l'hospice national des Quinze -Vingts aux citoyens membres de I/i Commission des secours publics.

Paris, le 27 lloréal, l'an a" de la Rcjuiblique française, une et indivisible.

Nous avons, citoyens, satisfait à une partie bien essentielle du décret du -2 de ce mois, en remettant au Département, comme nous vous l'avons marqué par notre dernière, les états et renseignements qui vous mettront à même de rendre à la Convention nationale le compte (|u'elle exige sur la situation de cet hospice. Nous ne doutons pas, d'après la réponse du Département, qu'il ne fasse toutes diligences pour vous faire parvenir toutes ces pièces, ainsi que nous l'y avons invité. Il nous reste une tâche bien importante à renq)lir, c'est la répartition de la sonmie de /io,ooo livres, que le nuîme décret met à notre disposition pour soulager, y est-il dit, les j)auvres aveugles, qui, conformément aux décrets du 1" mai, 2fî juillet 1798 (v. st.) et qo ventôse, 9" année de la République, ont droit de prrteiidic à l'hospice des Quinze-Vingts.

On ne trouve (jue dans le décret du 1" mai le prwK ipe du mod(^ de répartition; il v est dit (jue le (lonseil exécutif est autorisé à accorder sur les louds des (Juinze-Vingts à ceux des réclamants dont les de-

mniidos lui paraîtronl justes des secours provisoires à domicile, dont le nijuimiun ne pourra s'élever au-dessus de rpiinze sols par jour. Kn se coni'ormanl au vœu de ce décret, c'est un secours annuel de i 5' par jour qu'il faut accorder aux aveugles indigents ; et comme les Quinze- Vingts ne peuvent fournir aucuns fonds pour cet objet, ainsi que vous vous en convaincrez par le tableau de ses charges et revenus, ce n'est que sur des versements e.vtraordinau'cs de deniers que nous pourrons payer ces pensions.

Parmi les aveugles pétitionnaires, 35 1 jouissent déjà de secours à domicile sur cet hospice, ainsi que vous le verrez par le tableau de ses charges.

3Go autres, dont nous avons également remis la liste au. Département, n'ont encore aucun secours; et cette dernière classe augmente tous les jours.

Tous prétendent que les i5' par jour leur sont dus depuis le i"' mai 1793, les premiers, bien entendu en leur comptant ce qu'ils reçoivent déjà comme pensionnés.

Les observations à la suite du tableau vous donneront l'aperçu des fonds qui seraient nécessaires pour satisfaire à leurs désirs.

Mais, comme nous n'avons dans ce moment que /i 0,0 00^, quelle marche suivrons-nous? Les emploierons-nous à compléter les i5 sols par jour à ceux des aveugles qui jouissent déjà de secours, en commençant par les pensionnaires à 60^, ensuite à 1 oo^ et ainsi de suite? Ou, au contraire, nous bornerons-nous à établir des pensions de i5'par jour à ceux qui n'ont rien?

A quelle époque, dans l'un et l'autre, commenceront à courir ces pensions? Ces /i 0,000 francs sont-ils destinés à subvenir à ces pensions pendant un an, six ou trois mois? C'est ce qu'il est indispensable de savoir j)0ur fixer le nombre de ceux qui doivent y être admis.

La Convention, en décrétant cette somme, dit que c'est pour soulager ceux des aveugles qui ont droit de prétendre aux Quinze -Vingts. Son intention ne serait-elle pas l'on remît à chacun des prétendants une somme, une fois payée, pour servir à adoucir son sort en attendant l'organisation définitive des secours à accorder aux aveugles de la République?

Nous vous invitons instamment, citoyens, à nous tracer la marche que nous avons à suivre dans ce travail. Si l'intention de la Convention

est que tous les aveugles indigents, soit ceux qui ont df^jà des pensions, soll ceux (|ui n'en ont pas encore, jouissont tous de i o' par jour, noire travail sera aisir, mais si, au contraire, elle se borne à remettre une somme lixe par an qui ne pourra suffire à tous, ou ime somme une fois donnée, nous demandons que dans ces deux derniers cas les aveugles qui devront y participer nous soient désignés. Dans le règne de l'égalité, il ne faut rien laisser à l'arbitraire.

Jusqu'à ce jour, il a été d'usage d'exiger des pensionnaires ou des admis aux Quinze-Vingts leurs actes de naissance, une attestation de leur cécité et une de leiu' indigence.

Soit qu'on répartisse les /lo.ooo livres en secours momentané ou en pensions, les deux dernières pièces sont indispensables; mais devons-nous exiger impérativement la première, qui a pour objet, d'une part, d'établir l'identité des noms des prétendants et, fie l'autre, d'avoir la connaissance exacte de leurs Ages, connaissance essentielle surtout, si ne pouvant donner à tous, on se détermine en faveur des plus âgés jusqu'à concurrence des fonds destinés.

Nous observons encore que, dans le cas où les secours ne pourraient être distribués qu'à un certain nombre, il serait juste d'y faire concourir les pères de famille avec les plus anciens d'âge,

Mercieiî, président;

QUENIAR, TaLBOT.

P.-S. Nous recevons à l'instant votre lettre du -^3 floréal, par laquelle vous nous annoncez que le citoyen d'Herbez-Lacour, Représentant du peuple, envoyé dans le département des Basses-Alpes, se plaint de la susj)ension (pi'éprouve depuis deux semestres le payement de la pension de Joseph Bussard, aveugle. Ni l'Administration qui nous a précédé, ni nous, n'avons suspendu ce payement; si le caissier n'a pas payé, c'est ([u'on ne s'est pas présenté pour recevoir pour cet aveugle, ainsi qu'on avait accoutumé de le faire. Nous ne sommes point dans l'usage et nous ne pouvons adresser aux aveugles le montant de leurs pensions; ils ont des personnes de confiance à Paris, auxquelles ils adressent, à cliaiiue trimestre, leurs certilicals d'existence, et le caissier paye sur la j)r('senlation de cette pièce. Bussard en a usé ainsi juscpi'au i" avril 179'*, qu'on a cessé de se présenter pour lui. Nous vous engageons, citoyens, à le faire inviter, par la voie du citoyen d'Herbez,

à rcprendiT colto marche; sur la présentation d'un cortilicat conlorme au modèle ci-joint, il sera payé de tout ce (pii lui sera du jusqu'à l'époipie de la délivrance dudit certificat.

il est à croire, d'après votre ietlre, (pie le porteur du cerlilicat de vie de Bussard lui a payé deux semestres de sa pension sans se présenter ici pour les recevoir, et qu'en recevant tout ce qui lui est du depuis le i"" avril 179'îi Bussard lui devra compte de deux semesires, puisqu'il n'en réclame que deux.

En se présentant pour Bussard |le] 1" messidor prochain, avec un certificat de vie délivré hn de prairial, on touchera deux ans deux mois vingt jours, au lieu de deux ans trois mois, parce qu'ayant fixé les époques de payements, suivant l'ère de la République, le premier trimestre ainsi fixé se trouve nécessairement avancé de dix jours. Nous avons également reçu une deuxième lettre de vous, citoyens, à laquelle étaient jointes les attestations de cécité et d'indigence de Koch Gorret; il va de suite être com[)ris sur le registre de ceux qui aspirent aux places ou secours de cet hospice.

LETTRE DE L\ COMMISSION DES SECOURS PUBLICS AUX VDMINISTRATEURS DES QUINZE-VINGTS, RAPPELANT L'EXPIRATION PROCHAINE DU DELAI POUR I/ENVOI DE L^ETAT DE SITUATION DE CETTE MAISON.

37 florëal il 11 II.

La Commission des secours publics aux administrateurs de la maison des Quinze -Vingts.

Paris, le 27 floréal, l'an 2' do la République, une et indivisible.

Nous vous avons écrit, citoyens, le i5 de ce mois, pour vous rappeler la demande qui vous a été faite depuis longtemps de l'état de situation de la maison des Quinze -Vingts, et vous avez du voir, par les disj)Ositions du décret du 9 floréal dont nous vous avons fait passer une expédition, que la Convention nationale exigeait que cet état lui

fût présenté d'ici au (lornici' Horéal: copondant nous touchons à ce ternio sans avoir reçu de vous aucun des renseignements qui nous sont nécessaires pour remplir le vœu de la (Convention à cet égard.

Nous vous engageons à nous les faire passer sur-le-champ, ou à nous faire connaître ce qui s'oppose à la rédaction de l'état dont il s'agit, pour que nous puissions en rendre compte à la Convention nationale.

Miinile, Archives nationales, F'^ aii.

LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS PCRLICS AUX ADMINLSTRATEURS DU DÉPARTEMENT DE PARIS, RECLAMANT LE COMPTE DE LA SITUATION DES QUIÎSZE-VINGTS EXIGE PAR LA CONVENTION NATIONALE, COMPTE QUI LEUR A ÉTÉ ENVOYÉ PAR LES ADMINISTRATEURS DE L'HOPITAL DES QUINZE- VINCTS.

.3 prairiai an ii.

Lfi Commission des seronvs publics aux admiiiistratrurs du Dep/irtemetit de Paris.

Paris, le 3 prairial, l'an a*' delà République, une et indivisible.

Les administrateurs de l'hospice des Quinze-Vingts nous ont prévenus, citoyens, qu'ils vous avaient adressé toutes les pièces relatives à la situation de cet établissement; nous ne doutons pas que vous ne nous mettiez bientôt en état de rendre à la Convention nationale le compte qu'elle exige sur la situation de cet hospice, et que vous ne vous empressiez de nous faire passer à cet effet ces états avec votre avis et les observations (jui peuvent tendre a remplir les vues bienfaisantes do la Convention nationale à l'égard des aveugles qui sollicitent l'exécution du décret du i" mai dernier.

MJnnlo, Archives nationales, F"" aii.

\()TK EXPLICATIVE ANNEXEE AU CATALOGLE PVIl OIU)l!E \LPII UiETIOl E DE

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