‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 85 sur 206 · Iloréal an ii · texte numérisé non relu

Iloréal an ii

La Commisftion des secours publics aux ndmimstraleurs de la maison des Quinze -Y ingts.

l^aris, io i5 floréal, l'an a de la République, une et indivisible.

[i] Nous VOUS adressons ci-joint, citoyens, une copie certifiée du décret de la Convention nationale, du 2 de ce mois, qui met à votre disposition une somme de ^10,000^ pour soulager les pauvres aveugles, qui, conformément aux décrets du i*"" mai, y 2 juillet 1793 (v. st.) et 20 ventôse dernier, ont droit de prétendi^e à l'hospice des Quinze- Vingts. Ce décret nous impose en outre l'obligation de présenter d'ici au dernier floréal, l'état de situation de cette maison, conformément à l'article 7 du décret du 22 juillet. Nous ne pouvons à cet égard que vous rappeler les demandes qui vous ont été faites successivement par le Ministre de l'intérieur et vous engager à ne pas perdre un instant à nous faire

'*' Jean-Louis Rricard, secrétaire de Tadministration des Quinze-Vinjjts, fut envoyé à Picpus pour avoir lait baptiser un de ses enfants par un prêtre réfractairc, et avoir répondu, aux interpellations qui lui furent adressées à ce sujet par le Comité révolutionnaire de la section des Quinze -Vingts, qu'il n'abandonnerait jamais sa religion, à quel prix que ce fût, et que c'était son opinion. Le Conùlé de sûreté générale prit, le h floréal, un arrêté

décidant sa mise en liberté, pour qu'il eût la possibilité de s'occuper de la reddition de ses comptes. Bricard fut réintégré dans ses fonctions, le 6 floréal. Ce jour, le président de l'administration des Quinze-Vingts lui donna l'accolade fraternelle au milieu des applaudissements universels et des cris répétés : Vive la République! Vive la Convention iiationulel Vive le Comité de sûreté générale! (Dossier Bricard, Archives nationales, F' 46 17.)

passer le coiiiple dont il s'agit, ainsi (|ue les états dont il vous a été adressé des modèles. Nous comptons assez sur votre zèle et votre patriotisme, pour être persuadés que vous surmonterez enfin les difficultés qui ont retardé jusqu'à présent l'exécution des mesures qui vous sont prescrites, et que vous sentirez, comme nous, que. lorsque la Convention nationale s'occupe sans relâche des moyens de procurer à l'humanité souffrante tous les secours qui sont en son pouvoir, nous ne pouvons trop nous empresser de seconder de tous nos efforts l'exécution de ses vues bienfaisantes. Vous voudrez donc bien nous mettre en état de lui présenter à l'époque fixée le compte qu'elle désire, et l'accompagner de tous les renseignements capables d'éclairer la Convention sur la situation de l'hospice dont l'administration vous est confiée. Quant au pay ement des /i o , o o o^, mis à votre disposition , nous le ferons effectuer aussitôt que vous nous aurez prévenus que cette somme vous est nécessaire, et que le travail que sa distribution exige sera prêt. Nous ne doutons pas que vous ne vous soyez déjà occupés de cet objet; il demande la plus grande célérité. Les besoins des aveugles aspirants vous sont connus et votre humanité sollicite trop fortement en leur faveur, pour que vous ne vous empressiez de les faire jouir du secours provisoire que la Convention nationale vient de leur accorder.

Aux Citoyens composant la Commission des secours publics.

l'aris, le a.ô (loréal. liin a' de la République Iranraise, une cl indivisible.

[a] Citoyens, nous avons reçu votre lettre du i 5 courant, à latjuelle était jointe expédition du décret du 2 floréal, qui met à la disposition de l'administration des Quinze-Vingts une somme de /lo.ooo^ pour être distribuée aux aveugles indigents. Aussitôt qu'il nous aura été possible d'établir l'état de répartition de cette somme, nous nous porterons vers vous pour en obtenir la délivrance. Soyez persuadés, citovens, que notre plus grand désir est que les pauvres aveugles jouissent promptcment de ce bienfait, et (|U(î nous mettrons la plus grande célérité à remplir à leur éjrard la tàclie qui nous est imposée.

Nous rcmelloiis aujourd'hui au Dé[)artement l'tUat de situation annuelle di' riios|»i(x' des Quinze-Vingts, les états demandés par le Ministre d»; rmh'neur et tous les renseignements (itii sdiil en noire

HOPITAL DES QIÎINZE-VÏNGTS. 293

pouvoir. S'il nous ost échappé quelques objets, ou que d'autres éclaircissements soient nécessaires, nous les donnerons sans délai à mesure (pi'ils nous seront demandés.

Les administralcuvs des Quinze-Vingts :

(Signé) : Talbot; Mercier, />m/V/c///. Minute of original sijfné (a p.), Arcliives nationales, F" ti'ii.

HÉCLAMATION DES AVEUGLES ET ASPIRANTS DE L'HOPITAL DES Ql INZE- V1N(;TS ADRESSÉE AU COMITE DES SECOURS PURLICS CONTRE LE CHIRUR- GIEN OCULISTE DE LA MAISON.

1 9 floréal an ii.

Citoyens Législateurs, nous nous réunissons tous et vous invitons d'agréer les movens que nous avons trouvé utile de mettre sous votre sagesse pour connaître les auteurs et les moyens de réfuter les abus qui régnent dans cet hospice sous le titre d'aveugle. Le chirurgien de cet hospice, n'étant pas oculiste, ne peut décemment rendre un témoignage authentique, faute d'instruction et hors de pratique. En voici la preuve : il y a un citoyen aveugle, nommé Saget, qui s'est présenté à l'administration de ladite maison, lequel a été visité par le chirurgien et le citoyen Grandjean, qu'ils ont appelé avec eux pour vérifier le fait, d'après ils lui ont dit qu'il était clairvoyant et qu'il pouvait se passer des bienfaits de la Nation. En conséquence, le citoyen a été trouver le citoyen Régent, oculiste, auquel il a été décidé entièrement aveugle, en foi de quoi il lui a délivré un certificat qui atteste son affliction sans ressource.

Il s'est présenté chez le citoyen Vindzel et chez le citoyen Sarus, chef des oculistes de l'Ecole de médecine, et Béquet, oculiste, et lui ont délivré chacun un certificat conforme à celui du citoyen Régent, ensuite il a été se représenter avec ces certificats au chirurgien dudit hospice et au citoven Grandjean, ils ont fait refus de connaître ces certificats, en disant qu'il y avait de la ressource à ses yeux et qu'il

2!)'i L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

pouvait se faire faire l'opération, dont le citoyen Lassus s'est transporte lui-même avec le citoyen aveugle vers ry\(lminislr;ition et le chirurgien de cet hospice pour leur attester qu'il était vraiment aveugle, malgré l'attestation, ils ont refusé de se rendre à l'évidence.

Cito\ens Législateurs, les aveugles et aspirants de l'hospice des Quinze-Vingts sont ohligés de vous faire connaître que ce ciiirurgien ne reçoit que les privilégiés et leurs amis par l'organe de l'Administration, et ils désirent en même temps qu'il soit fait une visite générale, tant au dedans que au dehors, afin de connaître les abus qui régnent dans cette maison, pour la justification des vrais aveugles. Citovens Représentants, le vœu de la Convention nationale est de faire du bien à tous les citoyens aveugles de la République, tous ceux qui sont hors d'état de remplir un état quelconque, votre bonté nous assure de votre sensibilité pour tous nos frères indigents. Nous vous invitons, citoyens Législateurs , de nous nommer des oculistes pour faire cette visite , comme le citoyen Lassus et le citoyen Régent, le mérite de ces deux oculistes leur ont attiré le mérite de la Républi([ue. Nous réclamons également de votre décision, prise dans votre sagesse, de vouloir bien nommer des commissaires, pris dans votre sein, pour être présents, nous attendons de votre fraternité cet acte de justice.

Salut et fraternité à tous nos concitoyens.

(Signé) : Pichard.

En lèle se trouve celte mention : ffReniis au citoyen Mei-lino, ce 99. floréal, fan 9* (le la Ui'pubiique française, une et indivisible. (Signe) : R. Ducos, prôsidcnt.n

Orijjiiial , Archives nationales, F'^ a'n.

nAPPORT DU CITOYEN LEREBOURS À BXRÈRE, PROPOSANT DE CHVNGER LA DESTINATION DE L\ MAISON DES QUINZE-VlNdTS KT DE N'Y \DMETTRE DÉSORMAIS QUE DES AVEUGLES INFIRMES.

<>() lloi'i'ul un II.

liC au lloii'iil, ■'.' Mniii'c (le hi l$c''[)iililii|in'. niii' d in(li\isil)li'.

Il est (le riiuiii.iiiili' cl (le l.i l)i('iir;us;uici' ii;ili(in;ili' (r/'lablir des

maisons d'hospice pour les infirines et malhoiiioux indi{jenls, mais aussi il est de l'écononiie el de la polili(|U(' répuMicaiiie de d'miniier 1(^ noinhrc des iiôpilaiix qui, par leur insliliition, scinbleiil former encore des corporations dillérentes. Un plan d'orjjanisalion gén^^rale sur cette partie se prépare, bientôt on obviera à tous les abus et à tous l(>s inconvénients; en attendant ce travail important, la (iommission croit devoir présenter au citoyen Barère (jnelrpies observations sur la maison des aveugles, dite la maison des Quinze-Vingts.

La Nation, généreuse et compatissante envers bs malheureux, ne détournera pas ses rencards de dessus cette classe inforlunc'e privée de la vue, mais elle doit, dans la sagesse de ses mesures, distinguer deux sortes d'aveugles, les aveugles aisés, qui jouissent de quelque fortune, . el les aveugles indigents, qui n'ont aucuns moyens de subsistance. Ces derniers seuls ont des droits à la bienfaisance et au secours national.

La Convention, par son décret du 23 juillet 1793 (v. st.), avait consacré ce principe, qui doit servir de base à toute administration de secours.

Cette loi : 1" renvoyait dans les départements tous ceux et celles qui y feraient choix d'un domicile.

2° Elle accordait un secours annuel et les sommes nécessaires pour faire leur route.

3° Et exceptait du secours annuel ceux qui jouissaient de quelque fortune.

Ces dispositions sont sages, mais elles ne peuvent obtenir leur exécution qu'en prenant au préalable les mesures suivantes :

1" Supprimer toute nouvelle admission à la maison des Quinze- Vingts;

2" Changer la destination de cette maison, n'y plus admettre indistinctement tous les aveugles, mais seulement les aveugles infirmes et qui joignent à la cécité d'autres maladies graves.

Ces mesures prises, tout individu indigent, qui n'aura d'autre infnmité que la privation de la vue, recevra dans le domicile qu'il aura choisi le secours annuel de 3 00^, comme tout autre citoyen pensionné par la République.

Les revenus des Quinze-Vingts sont de 3 08, 83 G*^. cette somme est suffisante pour secourir mille aveugles, sans distinction d'internes ni

d'extornos, il paraît quo res deux classes aujourd'hui ne s'élèvent pas à plus de 600.

La Nation alors pourrait disj)oser d'iiu bâtiment considérable, propre à établir un hospice d'infirmes, nécessaire dans cet arrondissement.

(Signé) : Lereboirs.

Oriffinal sifjné, Archives nationales, F'^ 9 '11.

LETTRE DES ADMINISTRATEURS DES QLINZE-VINGTS À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, DEMANDANT LA MARCHE À SUIVRE TOUR LA REPAR- TITION DU SECOURS DE -^0,000 LIVRES VOTE EN FAVEUR DES PAUVRES

Page 1