NOURRITURE DES BONS PAUVRES
Il est accordé 5 quarts de pain bis par jour aux ])auvres, y compris un quart pour tremper leur soupe. Ils ont, tous les jours gras, c'est-àdire, les dimanche, mardi et jeudi de chaque semaine, un quart de livre de viande pesée crue, qui se trouve être réduite de moitié étant cuite. Les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, ils ont un quart de litron de légumes, soit en pois, fèves ou lentilles; il est accordé une livre de beurre par boisseau pour l'assaisonnement de ces légumes. Les samedis de chaque semaine, ils ont 1 once de beurre. Lorsque les Bons pauvres ont atteint l'âge de 70 ans, ils ont un demisetier de vin par jour.
Je, économe de l'hôpital national de Bicêtre , maison des Bons pauvres, certifie le présent état véritable.
Fait à Bicétre, le h juillet 1793, l'an a" de la Républi(|uc française.
(Signé) : Létourneau.
Original signé, Archives nationales, F'" 606.
LETTRE DU MINISTRE DE LA JUSTICE AU MINISTRE DE L'INTERIEUR, L'AVI- SANT DES AMÉNAGEMENTS NOUVEAUX PROPOSES PAR LES ADMINISTRA- TEURS AU DÉPARTEMENT DE POLICE, AFIN D'AMELIORER LE SORT DES
DÉTENUS DE BICETRE.
18 juillet 1793.
Le Ministre de rintérieur.
Paris, ce 18 juillet 1798, Tan a" delà République.
Les administrateurs au Déparlement de la police , chargés de visiter
UPHIMERIE NAllONALE.
chaque jour les prisons de Paris, proposent, mon cher collègue, de faire dans celle de Bicétre une distribution nouvelle, qui, sans compromettre la sûreté de cette maison, apporterait quelques adoucissements à ia position des infortunés qui y sont détenus.
Je ne puis que déférer leurs observations à votre justice et à votre humanité. Je vous transmets en conséquence la lettre qu'ils m'ont adressée et dont l'objet est relatif à votre administration.
Le Mhiislre de la justice, (Signé) : Gohier,
En tête de la lettre se trouve cette mention : ff Charger le Département de Paris de prendre très promptement connaissance des changements proposés, en les faisant examiner par une personne de fart et d'en participer le ministre. «
Minute, Archives nationales, l*'"' 606.
LETTRES DU MINISTRE DE L'INTERIEUR AU DIRECTOIRE DU De'pARTEMENT DE PARIS, EXPOSANT LA NECESSITE D'AUGMENTER LES APPOINTEMENTS DES EMPLOYÉS DE LA MAISON DE RICETRE, AVEC REPONSE CONFORME.
20, 28 juillet 1798.
Le Mmistrc de Vintérieiir aux administrateurs du Département. Paris, le ao juillet 1798, l'an 2" de ia République française.
[j] La maison de force de Bicêtre est, de toutes les prisons du Département de Paris, la plus difficile et la plus dangereuse à garder. Sa position isolée hors et loin de Paris y augmente le prix des denrées d'une manière très sensible. Les voyages de l'économe et de ses subordonnés, forcés de rendre des comptes fréquents à l'administration de Police, les entraînent souvent dans des dépenses considérables, et cependant tous les préposés à la garde et au service de cette maison reçoivent des appointements beaucoup plus modiques qu'ailleurs; il en peut résulter une foule d'abus et d'inconvénients par les intelligences que le besoin peut contraindre plusieurs individus d'avoir avec les
prisonniers, et qui peuvent amener des vols, des évasions et quelquefois pis. Il est juste que chacun soit payé en raison de sa peine et de la difficulté de ses fonctions. Il me paraît impossible que ceux qui sont attachés à cette maison puissent vivre avec les appointements qu'on leur donne, tous réclament une augmentation, et je crois leur demande fondée. Je vous transmets donc, citoyens administrateurs, la pétition des employés dans la maison de Bicêtre, et je ne doute pas que vous ne la preniez dans la plus prompte considération.
Le Ministre de l'intérieur aux administrateurs du Département.
Paris, le 2 0 juillet 179-3, Tan 2* de la République.
[ 2 ] Je vous transmets la pétition qui m'a été adressée par le citoyen Thomas, commissionnaire de la maison de Bicêtre, qui, forcé de venir tous les jours à Paris a et 3 fois, réclame d'un côté l'augmentation de ses appointements qui ne sont portés qu'à -yoo^, et demande de l'autre qu'il lui soit accordé un cheval pour pouvoir accélérer le service dont il est chargé. Je crois, citoyens administrateurs, qu'en général les appointements des employés à ia maison de Bicêtre sont trop médiocres, surtout dans les circonstances actuelles, et que vous sentirez que pour qu'une maison de force soit bien servie et bien gardée, ii faut que ceux qui y sont employés soient bien payés. C'est le moyen le plus sûr de corriger les abus , et il s'en commet peu de la part de ceux qui craignent de perdre leur place. Au surplus, je ne puis que m'en rapporter aux mesures que vous suggéreront à cet égard votre prudence et votre équité.
Au Ministre de l'intérieur.
Paris, le 33 juillet 1798, Tan 2' de la République française.
[3] Citoyen, nous recevons à la fois vos deux lettres du 20 de ce mois concernant l'hôpital de Bicêtre.
L'une est particulièrement relative au citoyen Thomas, commissionnaire de cet hôpital, qui représente qu'un cheval lui est absolument nécessaire pour l'exactitude du service, et d'un autre côté que ses
appointements de ■yoo^ ne peuvent plus, dans les circonstances actuelles, suffire à sa subsistance.
L'autre lettre est relative à la généralité des employés de Bicêtre et à leurs appointements, qu'ils vous ont dit être beaucoup plus modiques que dans les autres hôpitaux. Leur exposé à ce dernier égard n'est pas parfaitement exact; il n'en est pas moins probable, cependant, qu'une augmentation générale est nécessaire; nous sommes parfaitement d'accord avec vous sur l'importance de ce soulagement et sur les conséquences fâcheuses qui pourraient résulter du délai qu'on apporterait à cette opération. Nous allons prendre sur-le-champ des renseignements pour établir proportionnellement et avec justice cette augmentation, nous ferons en sorte qu'elle soit terminée avant la fin de cette semaine et nous vous en instruirons sur-le-champ.
Les administrateurs composant le Directoire du Département de Paris. (Signé) : Bourgain, E.-J.-B. Maillard, Lerlanc.
Original signé et minutes (a p.), Archives nationales, F'^ aii, F"^ loi^.
LETTRE DU MINISTRE DE L'INTERIEUR AUX ADMINISTRATEURS DU DEPARTE- MENT DE PARIS, PROPOSANT LA SUPPRESSION D'UN HANGAR SERVANT JADIS DE CHAPELLE, ENTRE LES SALLES DE FORCE ET LES CARANONS , POUR PROCURER AUX DETENUS UN LIEU DE PROMENADE, AVEC LETTRE DE L'ÉCONOME À CE SUJET.
a 5 juillet- ai août 1793.
Le Ministre de l'intérieur au Département.
Le aS juillet 1798, l'an 2.
[ 1 ] Il existe dans la cour de la maison de force de Bicétre un hangar servant autrefois de chapelle , dont la position entre le bâtiment de la gauche, où sont les salles de force, et celui de la droite, où sont les cabanons, ne laisse entre chacun qu'une ruelle où circule difficilement l'air. La suppression de ce hangar procurerait aux détenus l'avantage de jouir dans la journée de quelques heures de promenade. C'est un
HOSPÏGE ET MAISON DK FORCE DE BIGETRE. 3V1
adoucissement qu'on ne peut refuser à des malheureux condamnés à plusieurs années de détention. Je vous engage, citoyens administrateurs, à prendre le plus tôt possible connaissance des changements qui m'ont été proposés à cet égard par les administrateurs au Département de la police. Je vous envoyé en conséquence les réflexions qu'ils m'ont adressées en m'invitant à vous déterminer à donner promptcment les ordres nécessaires pour opérer ces changements utiles; je n'ai pas besoin de vous en presser, l'humanité réclame, et je parle à des administrateurs sensibles. Je vous prie de m'informer du parti que vous aurez jugé convenable de prendre.
Le citoyen Leroij, économe, au citoyen Grandprc, secrétaire du Ministre de l'intérieur,
Bicèlro, ce ai aoùl, l'an i" do la Constitution républicaine, nno ot intlivisihlo.
[a] Il y a environ un mois, citoyen, qu'en passant chez vous, vous me fîtes l'honneur de me dire que la suppression du grand hangar de la chapelle de la cour nationale de la force de Bicêlre était à la signature du Ministre, qu'ensuite elle serait renvoyée au Directoire du Département; quatre jours après cette époque, j'écrivis au Directoire pour presser cette démolition, qui produirait un air infiniment plus salubre, désobstruerait la cour, ce qui produirait une grande facilité pour le service des garçons qui distribuent les vivres aux prisonniers, et un grand avantage aux gardes en cas d'insurrection. Je vous prie, citoyen, d'en renouveler la demande, parce qu'on n'a pas répondu; cette démolition devrait se faire sous huit jours, attendu que les hommes destinés à la chaîne partiront le i o septembre : les voitures qui charrient ne peuvent entrer dans la cour; cela pourrait devenir d'autant plus dangereux que le premier envoi sera peut-être de i5o personnes, nous en avons déjà plus de la/i.
Il est bien étonnant que les bonnes choses aient tant de peine à s'exécuter; d'ailleurs, cette démolition produirait plus de 2,5 oo livres de matériaux et éviterait d'en aller chercher à grands frais à Paris. Je profite de cette occasion, citoyen, pour vous prévenir que, malgré tous vos bons offices pour nous faire augmenter, nous ne le sommes pas encore, et je ne puis deviner quand nous le serons. Si je n'abusais
3/i2 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
point de vos bontés, je vous prierais de nous réitérer vos bons offices, parce qu'il n'est pas possible de subsister avec de si modiques appointements; c'est à tort qu'on parle d'égalité, puisqu'il y a une si grande différence entre les concierges de Paris et nous , . ,
Je compte sur votre zèle à nous servir et suis avec fraternité, citoyen, votre concitoyen.
Julien Leroy,
Econome de la maison de Bicêtrc.
Minutes (2 p.), Archives nationales, F'" 606.
LKTTRE DU MINISTRE DE L'IMERIEUR AUX ADMINISTRATEURS DU DEPARTE- MENT DE PARIS, TRANSMETTANT UN MEMOIRE DES EMPLOYES DE RICKTRE QUI RÉCLAMENT CONTRE LA MODICITE DE LEURS APPOINTEMENTS.
99 août 1793.
Le Ministre au Déparlement de Pans.
Paris, ce 29 août 1798.
Je vous transmets, citoyens administrateurs, un mémoire contenant la pétition de plusieurs signataires qui réclament contre la modicité de leurs appointements dans les circonstances actuelles.
Le gouverneur des infirmeries, celui des salles de la maison d'arrêt de Bicêtre m'observent qu'ils n'ont que Goo livres de traitement, tandis que leurs fonctions demandent tout leur temps et tous leurs soins.
Les porte-clefs des cabanons et des salles se plaignent également de ce qu'à raison du travail pénible de leurs places et de la grande cherté des vivres, il leur est impossible de se nourrir et de s'entretenir avec une somme annuelle de hoo a /i5o livres.
Je vous prie, citoyens, de vouloir bien prendre dans la plus grande considération les réclamations justes de ces pétitionnaires, ainsi que celles que je vous ai déjà adressées de plusieurs autres employés au service de la même maison.
Vous vous rappellerez, citoyens, que, le 2 5 du mois passé, je vous
HOSPICE ET MAISON DE FORCE DE BICETRE. 3Zi3
écrivis relativement à la démolition d'un hangar servant autrefois de chapelle dans la cour de cette maison. J'apprends que cet obstacle y existe toujours, malgré tous les avantages qui résulteraient de sa démolition.
Je connais trop votre zèle pour les intérêts de vos administrés pour croire que vous ayez perdu de vue cet objet.
Je me flatte que vous vous en occuperez incessamment, d'autant plus que, la chaîne devant partir le lo septembre prochain, il est nécessaire que les voitures qui doivent transporter les galériens puissent entrer librement dans la cour, ce qui ne se peut tant que ce hangar en occupera le miheu. Il y a d'autant moins de difficulté à faire proraptement cette démohtion que les matériaux qui en proviendront doivent nécessairement produire une somme plus forte que celle qu'elle occasionnera.
Minute, Archives nationales, I^""^ 606.
APERÇU DE LA DEPENSE QUE PEUT OCCASIONNER, UNE ANNEE COMMUNE PRISE SUR SIX ANNÉES, LA DUANDERIE DE LA MAISON DES BONS-PAUVRES DE
BICETRE.
(Septembre 1798.)
Appointements et gages de l'officière et des buandiers et buandières, ci 5,3 60^
N\ On ne fera [;oint entrer dans ce compte la nourriture de tous ces ouvriers, par la raison que, si la plupart, rotlicière exceptée, n'étaient pas à la buanderie, il ne faudrait pas moins les nourrir comme Bons pauvres.
Bois à brûler, 3i voies à 16^ la voie, ci /igC^
Charbon de terre, environ 67 voies à ^2^ la voie, ci 2,39/1^
Charbon de bois, environ 69 voies à li^ la voie, ci. 276^
A reporter 8,526^ o'
Report 8,526^ 0'
Sicile, environ 3 livres à 90' la livre, ci 3^
Savon, environ 5/io livres à 82^ 10' le cent, ci. . /iA5^io'
Gendre de bois, environ Syi boisseaux à i5' le
boisseau, ci 278^ 5'
Cendre de tabac, environ 20,000 livres à 12' la