‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 109 sur 241 · livre, ci · texte numérisé non relu

livre, ci

Amidon, envirop 60 livres à cf la livre, ci. . . .-. . 21^

Environ 33 bâtons de bois de chêne pour tendre

le linge, à raison de 4' le pied.

Soude, environ 16,000 livres à ho^ le cent, ci. . . 6,/ioo^

Eau, environ /li,ooo muids à l' le muid, ci 2,000^

Entretien pour le grand puits, évalué, y compris

l'abonnement du cordier, à environ hoo^

Total 20,378^ 5'

N". Le blanchissage pour ladite maison paraît y avoir toujours été fait par économie, du moins on n'a pas connaissance qu'en aucun temps il ait été donné à l'entreprise.

APERÇU DU LINGE QUI SE BLANCHIT ANNUELLEMENT A BICETRE POUR LES PAUVRES ET LES PRISONNIERS.

Savoir :

Environ 167,000 chemises, /io,ooo draps petits, 20,000 grands draps, 20,800 tabliers dits cordons, 22,600 paquets de torchons, 858 paquets de tours ou essuie-mains, 4,700 taies d'oreillers, 4,20o paquels de coiffes, i,4oo allaises, 100 nap])es, 5o sacs, 5o bannes en treillis, 1,0/10 paquets de chiffons,' 160 vestes de toile, 1,800 cale-

HOSPICE ET MAISON DE FORGE DE BIGETRE. 3/i5

çons, 800 paires de chaussettes, 5o capotes de treillis, 5o gilets de coutil, 5o serpilières, 680 paquets de menus, 630 serviettes, 3oo toiles à matelas, 3oo toiles à paillasses.

Plus, pour les prêtres et les enfants de chœur :

Environ 200 rochets tant grands que petits, 60 aubes tant grandes que petites, 60 nappes d'autel tant grandes que petites, Go surplis, 200 amits, 200 lavabos, 900 mouchoirs de ceinture, 900 purificatoires, 60 tours d'étoles.

N\ Si on donne le blanchissage à l'entreprise, on y gagnera un terrain considérable sur lequel on pourrait bâtir. On peut d'ailleurs en retirer une quantité de fer et de plomb considi-rable.

Minules (2 p.). Archives nationales, F''' 9/1/1.

LETTRE DD SIEUR WAFFLARD , CAPITAINE COMMANDANT DE LA GARDE DE BICÊTRE, AU MINISTRE DE L'INTERIEUR, AU SUJET DE L'ARRETE DU DÉ- PARTEMENT PAR LEQUEL LA GARDE DE BICETRE EST RÉUME À LA GEN- DARMERIE DES TRIBUNAUX, AVEC LETTRE DU MINISTRE AU DIRECTOIRE.

8, 26 brumaire an 11.

Ce 8 du 2° mois de' l'an 2° de la République, une cl indivisil»!e.

Citoyen Ministre,

[1] Le Département, par son arrêté du 8^ jour de la seconde décade du premier mois, s'est désisté de son droit sur la garde de Bicêtre et nous a réunis à la gendarmerie des tribunaux. Lorsque cette décision vous sera remise, j'espère, citoyen, que vous ordonnerez la plus prompte organisation de cette compagnie; la quantité des détenus, qui nous est envoyée journellement, nécessite de nouvelles mesures de sûreté pour lesquelles je m'entendrai avec le colonel.

En attendant vos ordres, je suis avec fraternité,

Votre concitoyen.

VVafflari),

cajiilainc conimandanl.

3/i6 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

N. B. Il est d'autant plus instant que cette organisation ait lieu que, depuis un an que je suis dans cette maison, le nombre des détenus est triplé et qu'il augmente encore tous les jours. Il est aussi bien intéressant que cette maison, ainsi cjue je l'ai demandé au Département, soit beaucoup mieux éclairée.

Julien Leroy,

Econome delà maison de détention.

Jje Ministre au Département de Paris.

Paris, le 26 brumaire. Tan 2 delà République.

[9] Le citoyen Wafïlard, capitaine commandant de la garde de Bicetrc, m'informe, citoyens administrateurs, que, par votre arrêté du 8'"' de la seconde décade de vendémiaire, vous vous êtes désistés de votre droit sur cette garde et que vous l'avez réunie à la gendarmerie des tribunaux. Gomme je ne puis provoquer cette nouvelle organisation que je n'aie reçu officiellement l'arrêté qui y est relatif, je vous prie de me le faire passer le plutôt qu'il vous sera possible. Original signé et minute, Archives nationales. F"' 101*.

LETTRES DE DETENUS DE BICÊTRE , Y ENVOYES COMME SUSPECTS DE LA FORCE ET DES MADELONNETTES , AU MINISTRE DE L'INTERIEUR ET À SON SECRÉTAIRE, SE PLAIGNANT D'ETRE CONFONDUS AVEC LES CRIMI- NELS ET DEMANDANT LEUR TRANSFÈREMENT DANS LA MAISON DU PLES- SIS, AVEC LETTRE DU MINISTRE DE L'INTERIEUR AUX ADMINISTRATEURS DE LA POLICE DE PARIS, ACQUIESÇANT À LEUR DEMANDE.

i4, 28 frimaire an 11.

Au Ministre de l'intérieur.

A Bici'lre, ce 1 A frimaire, l'an 2" de la République française, une et indivisible.

Citoyen Ministre, [1] Nous sommes arrêtés comme suspects depuis deux mois, nous

HOSPICE ET MAISON DE FORGE DE BICÉTRE. 3/i7

avons été transférés de nos domiciles, de la maison d'arrêt de la Force et des Madelonnettes à Bicétre, lorsque les arrestations se sont multipliées, pour faire place aux autres citoyens détenus comme nous, et en exécution du décret qui a défendu qu'aucun citoyen arrêté soit gardé chez lui.

Nous sommes confondus ici avec des détenus pour délits et même avec des condamnés à une détention déterminée, nous sommes renfermés et traités comme des coupables sujets aux rigueurs des peines portées par le code pénal, nous sommes éloignés de nos foyers, de nos affaires et ne pouvons nous procurer les choses d'absolue nécessité. Nous n'avons pas à nous plaindre de l'économe, des gardiens de cette maison; ils ne peuvent nous traiter différemment des autres détenus, puisqu'il n'existe dans cette maison que des cabanons de 8 pieds carrés, infectés par des latrines dont l'odeur méphitique prend à la gorge, aux yeux et au nez avec une force inexprimable; nous ne jouissons d'aucune promenade. L'intention de la Convention, qui vous a chargé de la surveillance des maisons d'arrêt et des détenus comme suspccls, qui vient de mettre à votre disposition le collège du Plessis et des fonds pour qu'ils soient traités avec humanité, l'intention de la Convention et la vôtre, disons-nous, ne sont pas de nous renfermer comme des bêtes féroces, comme des traîtres, des parricides, des assassins et des voleurs, dont cependant nous supportons le même sort. Nous vous supplions, citoyen Ministre, d'ordonner de hâter notre transfèrement dans une autre maison; l'humanité, la justice, la raison et la loi appuient notre réclamation, nous attendons avec une extrême impatience votre décision.

(Signé) : Louis-Alexandre Legrand'^', Jacques-César Riston '-', Pierre-Constant-Victor Montigny, Pierre-André Montigny, Alexandre-Jean-Baptiste Aclocque.

''' S'agirait-il de Louis-Alexandre Le- lité de faussaire. (Cf. noire Répertoire gé-

grand, curé de Saint-Roch? néral des sources manuscrites de l'histoire

('-) Le sieur Riston était déjà détenu à de Paris pendant la Révolution française,

la Conciergerie eu 1790 et 1791, en qua- t. II, n°' i588, 3378.)

3/r8 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

An citoyen Granâpré^ premier commis du Minisire de V intérieur.

Bicêtre, ce ih frimaire, l'an a^ de ia République française, une et indivisible.

Cifoyen,

[2] Nous savons que vous avez été chargés par le Ministre de visiter les prisons pour en faire extraire les détenus comme suspects. Nous avons été conduits comme suspects dans cette maison au moment où les prisons de Paris, déjà trop surchargées, ne pouvaient nous recevoir. Nous apprenons qu'on destine le collège du Piessis aux citoyens arrêtés comme nous ; nous vous prions , citoyen , de nous y faire transférer. Bicêtre n'est destiné et par son local et par ses cabanons qu'à recevoir des prévenus de crimes ou des condamnés ; nous avons tous des infirmités incurables qui s'aggravent ici. Nous souffrons au moral d'être confondus avec des individus contre lesquels la loi a sévi et qui ont en général des habitudes et une conduite dont le spectacle est odieux. De tous les détenus comme suspects, nous sommes plus qu'aucuns dans le cas du transfèrement; outre que notre situation est affreuse, c'est que nous la supportons déjà depuis quelque temps et qu'aucune prison de Paris n'est comparable à Bicêtre. Nous n'avons qu'à nous louer de l'économe, des gardiens et des officiers de santé, mais ils ne peuvent nous traiter différemment des autres détenus, à raison des localités et du régime général et nécessaire de cette maison.

Nous espérons tout de la justice du Ministre, à qui nous écrivons, et des sentiments d'humanité que vous avez manifestés dans les différentes prisons ou maisons d'arrêt que vous avez visitées.

Salut et fraternité.

(Signé) : Louis-Alexandre Legrand, Jacques-César Riston, Pierre-Victor-Constant Montignv, Pierre- André Montigny, Alexandre -Jean-Baptiste Aclocque.

Le Ministre de l intérieur aux administrateurs de la police de Pans.

Paris, le 28 frimaire de l'an 2° de lajRépnblique française, une et indivisible.

[3] Des personnes détenues à Bicêtre pour cause de suspicion se

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plaignent de n'avoir pas encore été transférées dans les maisons nationales qui ont été désignées pour les y recevoir, et de ce qu'on les laisse confondus avec des individus contre lesquels la loi a sévi, et qui ont en général des habitudes et une conduite dont le spectacle est odieux.

Ils observent qu'ils viennent d'apprendre qu'on destinait le collège du Plessis pour une maison d'arrêt. Ils demandent à y être transférés.

Vous penserez sans doute, comme moi, que la justice exige que des personnes arrêtées pour cause de suspicion ne doivent pas rester confondues avec des criminels que la loi a frappés. Vous voudrez bien en conséquence prendre les mesures les plus promptes pour faire transférer sans délai les gens suspects détenus à Bicêtre dans les maisons nationales consacrées pour servir de maisons d'arrêt.

Originaux signés et minute (3 p.), Archives nationales, F"^ loi^.

LETTRE DU MINISTRE DE L'INTERIEUR AU COMITE DE LA GUERRE, DEMAN- DANT LA PROMPTE ORGANISATION EN SERVICE DE GENDARMERIE DES GARDES DES MAISONS DE FORCE DE BICETRE ET DE LA SALPETRIERE.

1 9 Iri maire an ii.

Au Comité de la guerre.

Paris, ie 19 frimaire, t'an a.

Deptiis longtemps le service des maisons de force de Bicêtre et de la Salpêtrière souffre, faute d'un nombre suffisant de gardes, dont l'augmentation devient urgente en raison de l'augmentation des détenus. J'ai déjà fait sentir à la Convention nationale la nécessité d'organiser promptement en gendarmes la garde attachée à ces deux maisons. Mais comme le nombre des gendarmes consacrés à la garde des tribunaux et des prisons a été porté par un décret à 385 hommes et ([uc ce nombre est au complet, sans qu'on y ait compris les gardes de Bicêtre et de la Salpêtrière, il faut un nouveau décret pour les incorporer dans la gendarmerie nationale. La Convention, à qui j'ai adressé leur réclamation , paraît l'avoir renvoyée à votre Comité. Ces braves militaires m'engagent à solliciter auprès de vous leur prompte organisa-

tion , et , comme leurs instances me paraissent fondées , je ne puis qu'appuyer auprès de vous leur réclamation; et il importe, pour la sûreté de Bicêtre et de la Salpêtrière, qu'elle soit promptement accueillie.

P.-S. Vous trouverez ci-joint la nouvelle réclamation de ces militaires.

Minute, Archives nationales, F"* loi''.

ETAT DU TRAITEMENT ANNUEL ET FIXATION DES APPOINTEMENTS DES EMPLOYÉS À LA FORGE DE L'HOSPICE DE RICÉTRE.

1 1 nivose an ii.

DENOMINATION DES EMPLOIS.

1 économe

1 commis

1 autre

1 contremaître à la filature.

3 gouverneurs des emplois.

1 sous-maître des enfants. .

1 garçon de bureau

1 capitaine de la garde . . .

1 lieutenant

2 porte-clefs

Il autres

9 gouvernantes

1 cuisinier

1 aide

1 fille de cuisine

! 1 garçons de service

1 nile de service

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