GRAND GUICHET ET CABANONS
i6° Terrien, Robelin et Longueville, tous trois guichetiers, aux appointements de chacun i,5oo^, nommés sur ma représentation par le Département, le 2 'y floréal, l'an 2, ainsi que Murelot, Marguerite et Duclos, tous trois garçons de guichet, aux appointements de 900^;
Rameau, barbier depuis longtemps, aux appointements de 3 00^.
Salle, Vachet, Pochard, Roquet et Dune, tous porte-clefs des cabanons, qui ont remplacé d'autres qui étaient avant eux; ces places sont à la nomination de l'économe.
Léguillon, Lemaire, Paumier, Jernet, Nicolas, tous garçons de service, aux appointements de 200^ et à la nomination de l'économe.
Je certifie véritables toutes les nominations ci-dessus et qu'elles sont extraites des copies conformes et signées des secrétaires du Département et de l'Administration des hôpitaux. J'ajoute que la même quantité de personnes et quelquefois plus et quelquefois moins ont été payées par l'Administration des hôpitaux.
Ricétre, ce 12 brumaire, l'an 3^ de la République française, une et indivisible.
Julien Leroy,
é;onome.
Minute, Archives nationales, F'* 606.
LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX AU CITOYEN LEROY, ECONOME DE LA MAISON DE FORCE DE BICETRE, L'AUTORISANT À FAIRE LES DEPENSES JOURNALIERES URGENTES NECES- SITEES PAR LA SURETE DE LA MAISON.
:4 3 hruiiiaire an m.
La Commission . etc. , au citoyen Leroy, économe de la maison de Bicctre.
Du t>.'J l)i'umaiiv an 3°.
Citoyen, par la leltre du i U de ce inois^'\ lu exposes à la Commission que la tenue et la sûreté de ta maison exigent impérieusement des dépenses journalières qui ne peuvent souffrir aucun retard, et qui consistent à faire remplacer les barreaux sciés et carreaux cassés, ou à réparer les e^ets endommagés par les détenus.
La Commission t'autorise à faire ces sortes de dépenses journalières et à y mettre toute l'économie que l'intérêt public exige.
Elle t'observe en outre qu'elle veut qu'il soit tenu un état exact de ces dépenses et que tu retires des quittances de tous les fournisseurs pour être jointes à l'état, lorsque tu en demanderas le remboursement.
Nous écrivons au Comité des secours de la Convention nationale concernant le linge, chemises, etc., que tu demandes par cette même lettre, et nous l'invitons à te faire parvenir le plus [)romptement possible tous les objets qui y sont détaillés.
Minute, Arcliives nalionalcs, F"' 6oG.
Le Chargé provisoire.
^'' Un extrait de cette lettre est joint à «de la dépense journalière dans la maison,
la lettre de la Connnission dos adminis- ([ui ne peut être interrompue sans risquer trations civiles et tribunaux. Leroy y parle de briser les rouages de la machinew.
LETTRES DU SIEUR PIERSIN, SURVEILLANT DES FOUS DE BICETRE, À LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, DEMANDANT S'IL PEUT, SANS ENCOURIR DE RESPONSABILITE, LAISSER AUX FOUS LA JOUISSANCE DES COURS, ET TRANSMETTANT, D'APRES LE DESIR DE LA COMMISSION, LA LISTE DES ALIENES ET DES JUGEMENTS EN VERTU DES- QUELS ILS ONT ÉTÉ INTERNÉS.
28 brumaire-19 frimaire an m.
De la maison nationale de Bicêtre, le 98 brumaire an 3° de la République française, une et indivisible.
Citoyens,
[1] Les commissaires à l'administration des Etablissements publics s'étant transportés, le 20 du présent, à l'emploi des fous en la maison nationale de Bicêtre, m'ont fait connaître le désir qu'ils auraient de faire jouir de la liberté des cours, à cause du froid, les fous détenus, lorsqu'ils ne sont pas trop furieux ; je leur ai répondu que , si ces détenus étaient sous ma responsabilité, suivant la loi du 12 brumaire de l'année dernière, il m'était impossible d'acquiescer à leur demande, vu le peu de sûreté qu'il y a dans l'emploi, qu'au contraire je pourrais le faire , si , étant dans un liospice de fous réputé libre , il n'y avait aucune responsabilité. D'après ces considérations, lesdits commissaires m'ont chargé de m'adresser à vous pour savoir si je suis responsable ou non, que si je suis responsable, que je vous demande des réparations nécessaires à la sûreté, puisqu'il y a des barreaux de fer aux loges qui n'ont pas un pouce de scellement et qu'un fou arrache avec le manche d'une cuillère de bois, que dans un endroit le mur n'excède pas un pied et demi par-dessus le couvert des loges, y compris le chaperon, qu'un autre endroit est également faible. En conséquence, je vous prie, citoyens, de me faire savoir si je suis sous la responsabilité, et dans ce cas d'envoyer quelqu'un pour vous faire un rapport sur des réparations indispensables et nécessaires. Car je dois vous faire remarquer qu'indépendamment de la surveillance des fous au nombre de plus de 900, n'ayant que 900^ d'appointements, j'exerce en outre en
quelque sorte les fonctions de concierge, puisqu'il y a toujours dans mon emploi des détenus même pour le Tribunal révolutionnaire, que je veille spécialement, quoique je n'aie à cet ellet ni garde, ni soussurveillant, ni gens raisonnable pour garçon de service, que c'est à moi à tout voir, tout faire par moi-même, que ce n'est pas seulement le jour qu'il faut veiller sur ces détenus, mais encore faire des rondes à temps et contre-temps pendant la nuit, ayant lieu de présumer que parmi ces détenus, il y en a qui simulent la folie pour tenter une évasion. Salut et fraternité,
PlERSIN,
surveillant des fous.
La Commission, etc., au citoyen Picrsin, surveillant des fous de la maison de Bicêtre.
Paris, ce 6 frimaire an 3'.
[a] La Commission a reçu ta lettre du a de ce mois, dans laquelle tu exposes que les commissaires de l'administration des Etablissements publics t'ayant manifesté la nécessité de laisser les fous circuler dans les cours, pour se soustraire aux rigueurs du froid, tu n'as pas voulu compromettre à ce point ta responsabilité, vu que le local qui leur est particulier a besoin des réparations les plus urgentes, et tu demandes en conséquence que nous envoyons quelqu'un qui constate la nécessité d'y travailler au plutôt. Avant de prendre aucune détermination à ce sujet, nous désirerions connaître la liste générale des fous, et en vertu de quels ordres ou jugements ils sont renfermés à Bicétre. Nous t'invitons donc à nous envoyer incessamment ce tableau et à prendre au surplus tous les moyens de surveillance que ta responsabilité exige.
Le Chargé provisoire.
De la maison nationale de Bicétre, ce lo frimaire an 3^ de la République française, une et indivisible.
Citoyens, 3] J'ai reçu votre lettre en date du 6 de ce mois, par laquelle vous III. 26
iMi'niMEr.iE
me demandez à vous faire connaître la liste générale des fous et en vertu de quels ordres ou jugements ils sont renfermés audit Bicêtre, avant de prendre aucune détermination sur des réparations à y faire pour éviter une évasion. Je vous répondrai que l'administration des Etablissements publics ayant toujours considéré le lieu de détention des fous comme hospice réputé libre, les fous, de quelqu'ordres ou jugements qu'ils y soient conduits, y ont toujours joui de la liberté des cours, lorsqu'ils n'étaient pas trop furieux, pensant que la loi du 12 brumaire de l'année dernière ne s'étendait pas jusques sur eux, n'ayant fait jusqu'à présent distinction que de ceux que vous avez fait passer des cabanons aux fous connue aliénés, lesquels doivent être traduits au Tribunal révolutionnaire. C'est pour eux que je demande une petite réparation à leurs fenêtres, s'ils restent renfermés, ou d'une plus conséquente pour une élévation de mur dans certaine place, si l'on veut les faire jouir de la liberté de la promenade, réparation qui serait indispensable si la responsabilité s'étendait sur tous les fous.
Voici le tableau des différents ordres ou jugements en vertu desquels les fous sont renfermés à Bicêtre :
1° Par arrêt du ci-devant Parlement 5
2° Par ordre du ci-devant Procureur général 12
3° Par jugement et sentence de différents tribunaux 19
U° Par ordre du tyran 28
5° Par ordre du Département de police 18
6° Par ordre de la Commission des administrations civiles,
police et tribunaux -y
7° Par ordre de l'administration des Etablissements publics. 1 28
Total 207
Nota. Dans le dernier nombre de 128 entrés par ordre de l'administration des Etablissements publics, sont compris plusieurs fous amenés de brigade en brigade de divers départements. Quoique une partie des ordres mentionnés au tableau soient cassés par décret, la
loi a excepte de la règle générale les fous comme dangereux dans la société.
D'après l'exposé ci-dessus, je vous prie, citoyens, de me faire connaître si je suis sous la responsabilité, ou non; dans le premier cas d'envoyer quelqu'un pour vous faire un rapport sur des réparations indispensables à la sûreté.
Si la présente ne vous donne pas tous les renseignements que vous désirez, je vous prie de me faire savoir ie jour et l'heure où je [)ourrai vous les communiquer de vive voix.
Salut et fraternité.
PlERSIN,
surveillant dos fous,
Au moment de clore ma lettre, un fou vient de se jeter par dessus les murs et a été porté sur-le-champ à l'infirmerie.
La Commission, etc., cm citoyen. Piersin, surveillant des fous de la maison de Ihcêtre.
Paris, ce i5 frimaire an 3°.
[à] Citoyen, la Commission a reçu ta lettre du lo de ce mois, dans laquelle est compris l'état nominatif des fous confiés à ta garde. Ce tableau nous a paru incomplet et insuffisant, il est indispensable d'y désigner les prénoms, noms. Age, lieux de naissance, professions des individus et les jugements ou ordres en vertu desquels ils sont détenus, soit en quahté de fous, soit en qualité de prisonniers devenus tels. Comme il serait possible que beaucoup de ces malheureux ne soient détenus que par des arrangements de famille, il est convenable de nous donner les éclaircissements les plus positifs et les plus étendus, ils sont absolument nécessaires aux vues ultérieures de la Commission, elle te recommande de commencer au plus tôt ce travail, auquel tu ne saurais apporter trop d'attention, et elle t'enjoint de le lui envoyer dès qu'il sera complet.
Le Chargé provisoire.
•iU.
Aux citoyens membres de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux, place des Piques, à Paris.
De Bicôtre, ce 19 frimaire, Pau 3'' de la République française, une et indivisible.
Citoyens,
[5] J'ai reçu votre lettre, en date du i5 du présent, par laquelle vous me demandez l'état numératif des fous confiés à ma garde, le dernier tableau vous ayant paru insuffisant, désirant connaître les prénoms, noms, âges, lieux de naissance, professions des individus et les jugements ou ordres en vertu desquels ils sont renfermés, craignant que parmi ce nombre il n'y eût des victimes par arrangements de famille; il m'est impossible de vous donner les éclaircissements que vous me demandez, attendu que les ordres ou jugements restent au Bureau et ne parviennent pas jusqu'à moi, le dernier état que je vous ai donné n'étant qu'un aperçu, comme vous le pouvez juger par ma dernière, mais je puis vous certifier que, depuis la Révolution, l'administration des Etablissements publics ne considérant le renfermement des fous dans un hospice libre que comme nuisibles et dangereux dans la société, qu'ils n'y restent qu'autant qu'ils sont malades et qu'aussitôt que l'on est assuré de leur parfaite guérison, on les fait rentrer dans le sein de leurs familles ou leurs amis. La preuve en existe par la sortie générale de tous ceux qui avaient recouvré leur bon sens et de ceux mêmes qui avaient été renfermés à vie par le ci-devant Parlement, l'Administration, dis-je, se faisant un devoir de ne tenir renfermés que les fous hors d'état de jouir de la liberté. Les seuls regardés comme véritablement détenus sont les sept individus que vous avez fait passer des cabanons comme fous et pour lesquels l'Administration m'avait chargé de vous demander de les faire jouir de la liberté des cours comme les autres fous. Parmi les sept, il y en a un qui est rétabli, il se nomme Pierre Perronnet, scieur de bois, garçon, 36 ans, de Pierrcfort, district de Saint-Flour, département du Cantal, passé des cabanons aux fous, par ordre du Département de Paris, le 22 germinal dernier, ledit ordre portant de le faire traiter et après sa guérison, d'en donner avis à l'accusateur public près le Tribunal révolutionnaire, ledit Perronnet fou furieux l'espace d'environ six semaines
et depuis il est rëtabii. Il paraît aux renseignements qu'il m'a donnés, qu'il n'est tombé malade que de désespoir, attendu qu'il n'a été arrêté vers la fin de pluviôse dernier que comme suspect, n'ayant pas de carte de sûreté ... Il atteste qu'il n'y a rien de plus sur son compte. Je pense qu'il est de toute justice de prendre des renseignements à cet égard et qu'il doit être compris dans la loi qui met les ouvriers en liberté. De mon côté je me suis adressé à l'accusateur public, il y a plus de deux mois, je n'ai pas reçu de réponse. Il demande en grâce de lui accorder la permission d'être employé aux fous comme garçon de service pour gagner quelque argent, en attendant le moment de le faire jouir de sa pleine liberté.
Si vous désirez de plus grands éclaircissements à l'égard des fous, je vous prie de vous adresser au citoyen Létourneau, économe de la maison des pauvres de Bicclre, entre les mains duquel sont les ordres ou jugemenls en vertu desquels les fous sont conduits audit hospice.
Salut et fraternité.
PlERSIN, surveiiiant des fous.
Originaux et minutes (5 p.), Archives nationales, F' 8999'^
LETTRE DE JULIEN LEROY, ECONOME DE LA FORGE DE BIGETRE , À LA COM- MISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, ADRESSANT LES RENSEIGNEMENTS DEMANDES SUR DIFFERENTS EMPLOYES DE LA MAISON, ET RÉPONSE INSISTANT POUR OBTENIR DES NOTIONS PLUS PRECISES SUR L'UTILITÉ DE LEURS FONCTIONS.
4 , 5 frimaire an ni.
Le citoyen Julien Leroy aux citoyens des Commissions civiles, police et tribunaux.
Bicêlre, ce d frimaire, l'an 3" de la République française, une et indivisible.
Citoyens,
[1] Vous avez désiré des renseignements sur différents employés dans cette maison, je m'empresse de vous les faire parvenir, ils sont ci-
37Zj L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
joints. Quoique vous ayez jugé convenable de suspendre le payement de leurs appointements, je n'ai guère pu me dispenser de les acquitter, j'ai préféré attendre moi-même quelques jours de plus, parce qu'un plus long retard leur eût été trop pénible à supporter. Je vous prie, citoyens, de faire en sorte que je n'éprouve pas le même inconvénient relativement aux états du mois de brumaire que je vous ai fait passer certifiés, il y a quatre jours. Il vous sera facile de sentir, citoyens, qu'après les malheurs beaucoup trop longs qui m'ont accablé et que plusieurs d'entre vous connaissent, il ne m'est pas très possible de faire les avances de ces employés une seconde fois, quelque peu considérables qu'elles puissent être.
Salut et fraternité.
Julien Leroy,
économe.
P.-S. J'ai également fait passer avant-hier un double état d'ouvriers, montant à la somme de 84^ 16', que j'ai été obligé de payer.