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DE PARIS

9 septembre 1798.

Les citoyens d'Herbelol et Biffé, copropriétaires de l'île du pont de Sèvres, an citoyen Ministre de l'intérieur.

Paris, 2 septembre 1798, l'an second de la République française, une et indivisible.

Deux objets à considérer dans l'administration des hôpitaux d'une grande ville sont sans doute la salubiité et l'économie. Il serait donc à souhaiter qu'on pût retirer dans ce moment de toutes les administrations des divers hôpitaux de Paris les boucheries et fonderies de suif, les boulangeries, Vapothicairerie et les buanderies. Ces quatre parties prennent tous les soins des administrateurs et demandent dans chacune des

^'^ Le texte adopté par la Convention dif- niment avantageux de leur donner un accès

fère de celui qui avait été déposé par Ri- facile dans le jardin de l'Évèché qui est à

cbou et qui a été rayé sur la minute. proximité de cet hospice,

cfSur ce qu'il a été exposé par un membre ^L'Assemblée décrète celte proposi-

que les malades de l'Hôtel-Dieu n'ont aucun lion, n

local salubre pour y respirer un air pur (Signé) : Riohou.

dans leur convalescence, et qu'il serait infi-

maisons de secours un emplacement que l'humanité souffrante a seule le droit de réclamer.

Les boucheries et fonderies de suif doivent en être retirées et transportées le plus tôt possible dans les bâtiments nationaux autour de Paris à la portée des hôpitaux.

Les boulangeries sont aussi nécessaires à translater pour éviter les gaspillages et le danger des incendies.

L'apothicairerie de chacun de ces hôpitaux peut n'être dorénavant qu'un simple dépôt qu'on renouvellerait chaque mois par des fournisseurs obligés à ce service, sous un bénéfice de lo p. o/o au plus audessus de leur facture d'achat, et sous la plus rigide responsabilité pour la nature et la qualité de toutes les drogues et ingrédients devant entrer dans la composition des remèdes.

A l'égard des buanderies, depuis longtemps on a reconnu les grands inconvénients qui résultaient du lavage et lessive du linge dans chacun de ces hôpitaux, et l'on a senti qu'il serait avantageux pour la santé des malades et pour la salubrité des eaux de la Seine que ce service pût être fait en plein air et au-dessous de Paris.

Pénétrés de cette vérité, les citoyens d'Herbelot et Riffé, copropriétaires de l'île du pont de Sèvres et de la blanchisserie du linge qu'ils y ont fait établir en 1788, ont prévenu leurs concitoyens du Département de Paris, ainsi que le Ministre de l'Intérieur, par une lettre du 29 juin dernier à laquelle était joint un plan de leur établissement, qu'étant dans l'intention de vendre cette île et ces bâtiments, il leur avait paru utile d'offrir à la Nation de faire cette acquisition, aux meilleures conditions possibles. Ils se sont aussi adressés à la Commission de bienfaisance et de santé, où les citoyens Tenon et Thourct ont paru goûter leur proposition et n'avoir besoin pour la réaliser que de l'autorisation du Ministre et du Département de Paris.

Aujourd'hui les citoyens d'Herbelot et Riffé s'adressent au citoyen Ministre pour l'engager à se faire rendre compte de l'objet de leur proposition, et du bien et avantage qui pourraient résulter dans l'administration de chacun des hôpitaux de Paris en ordonnant la translation du travail de la buanderie hors de ces maisons et au-dessous de Paris.

Cet objet digne de toute la munificence nationale envers nos frères malheureux pourrait s'effectuer d'autant plus promptement et avec la plus grande économie pour le gouvernement, que tout, dans l'état ou

liS L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

il se trouve aujourd'hui, est disposé pour le blanchissage de plus de cinq mille pièces de linge par jour, et c[u'en faisant continuer les bâtiments dont les fondations sont déjà élevées, on serait en état de blanchir 19,000 pièces ou paquets, chaque jour, ce qui serait suffisant pour le service de la Salpêtrière, Bicetre, l'Hôtel-Dieu et la Pitié. On ferait transporter dans l'île du pont de Sèvres toutes les chaudières, cuviers, baquets et autres ustensiles servant au blanchissage du linge dans ces hôpitaux, en sorte qu'avec une très modique avance la Nation acquerrait une propriété de 34 arpents de prés et des bâtiments considérables propres à un objet de la plus grande utilité pour la chose publique.

Avant l'excessif renchérissement des matières nécessaires au blanchissage du linge, il en coulait, tout compris, pendant l'année i y c) 9, dans les quatre hôpitaux ci-dessus, plus de 2 5 8, 000 livres par an, pour le blanchissage de 2,81 6, 33o pièces de linge, ce qui fait un peu plus de i' 10'' 1/2 la j)ièce, à quoi il faut ajouter les soins, les dangers et les embarras incalculables qui suivent ce service dans l'intérieur des hôpitaux.

Ces considérations paraissent devoir déterminer le citoyen Ministre à engager et à faire autoriser le Déparlement de Paris à faire l'acquisition de l'île du pont de Sèvres'^', ainsi c|ue de tous les bâtiments (|ui y sont établis, pour y former la buanderie générale du linge de tous les hôpitaux de Paris, sous la surveillance immédiate des autorités constituées et la conduite d'un mandataire responsable de tout ce service.

Les citoyens d'Herbelot et Riffé offrent de donner tous les renseignements nécessaires sur la formation de cet établissement vraiment patriotique.

(Signé) : François d'HERBELor, Jean Riffé,

rue Percée, 11° 10. rue I^ercée-Sainl-Audré-tles-Arls, n" 8.

Origiuai signé, Archives nationales, F'^2'ii.

*') Au siècle dernier le pont de Sèvres endroit deux Lras dans la rivière. (Cf. était un pont en bois de ai arches en deux Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, 1757.

parties, séparées par uneile formant en cet t. XII, p. aG.

RAPPORT [de m. de JUSSIEu] SUR LES HOPITAUX DE PARIS, TENDANT À CONFIER LEUR ADMINISTRATION IMMEDIATE ET DIRECTE À LA MUNICIPA- LITE.

iG frimaire an u.

A qui du Département ou de la municipalité de Paris appartient l'administration immédiate et directe des hôpitaux de cette commune? C'est une question agitée depuis longtemps, et dont la solution, toujours différée, entrave d'une manière pénible le service des établissements confiés à notre surveillance. Des entreprises souvent réitérées, et auxquelles on n'a jamais sérieusement renoncé, annoncent de la part du Directoire du Département une prétention soutenue à l'administration dont il s'agit. Appelons à l'examen cette prétention, et voyons si elle peut soutenir les regards de la loi. Avant de retracer les principes qui doivent nous diriger dans cette matière , nous allons parcourir les faits qui ont donné lieu à la discussion "'.

^'^ Le début de ce rapport a été complè- Icinont modifié, comme on peut s'en rendre compte par le texte de la rédaction primitive, que nous reproduisons ci-dessous :

R Chargés provisoirement de Tadministration des hôpitaux, l'une des phis importantes attributions du pouvoir municipal, et celle peut-être que, pour le bonheur de ses habitants, la municipalité de Paris doit le plus s'applaudir d'avoir ressaisie sur le Département qui s'en était emparé, nous venons dénoncer au Corps municipal les nouvelles entreprises du même genre que le Directoire parait vouloir se permettre sur celte administration.

ff La citoyenne David postulait auprès de nous une place d'inspectrice à la lingerie, vacante dans l'hôpital des Incurables, et d'après les bons témoignages qui nous avaient été rendus à son égard, d'après l'intérêt même que le Directoire prenait à sa demande, nous étions déterminés à l'accueillir, lorsque par une lettre du Procureur

syndic , du 8 janvier dernier, nous avons appris que la nomination était faite et que le Directoire se proposait d'installeria nouvelle fonctionnaire. Le Procureur syndic observe que celte conduite du Directoire a pour objet de maintenir le régime des lois qui lui attribuent la nomination exclusive des divers employés dans les hôpitaux.

«Nous sommes instruits que par suite de la même prétention le Directoire se propose de nommer à la place également vacante d'économe de la Salpêtrière, et bientôt, si rien ne s'y oppose, d'usurpations en usurpations, les hôpitaux de Paris vont retomber sous la même autorité dont la journée du 10 août 1792 les avait affranchis.

ffll nous semble indispensable, pour prévenir ce retour, de dénoncer incessamment à la Convention nationale les nouvelles entreprises du Directoire sur l'administration des hôpitaux, et de solliciter une loi qui confirme à cet égard le droit de la Municipalité. Nous allons ici parcourir successivement

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