GERMINAL
1 0 floréai an m.
Paris , ce 1 o floréal an 3' de la République française.
Citoyen commissaire,
Les citoyennes employées à la Maison de détention se plaignent amèrement de n'avoir pas touché leurs appointements depuis quatre mois. Ils sont si modiques qu'il leur est impossible de pouvoir faire aucune économie, et il est à ma connaissance que plusieurs d'entre elles ont vendu ou engagé leurs bardes pour se procurer la nourriture nécessaire à leur existence. Si vous connaissiez, citoyen commissaire, leur position vraiment affligeante, vous donneriez les ordres nécessaires pour qu'elles soient payées aussi exactement qu'elles l'étaient par l'administration de l'hôpital, mais, d'après le rapport que je vous en fais, j'attends tout de votre justice et de votre humanité.
D'après votre lettre du 29 du mois dernier, elles sont toutes consignées, ne peuvent sortir de la prison et sont privées de la faculté de voir leurs parents ou amis; elles vous prient, citoyen commissaire, de vouloir bien donner des ordres pour que cette consigne soit levée.
Salut et fraternité.
L'économe de la Maison nationale de la Salpêtrière ,
(Signé) : Soyer.
Original, Archives nationales, F"^ 596.
SUPPLIQUE DES SURVEILLANTES ET FILLES DE SERVICE DE LA SALPÊTRIÈRE , À L'EFFET D'ÊTRE PAYEES DE LEURS GAGES, EU EGARD À LEUR PRO- FOND DÉNÛMENT.
1 9 floréal an m.
Au citoyen Aumonl, Chargé provisoire de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.
Citoyen,
Les surveillantes, les filles de travaux de la Maison de détention de la ci-devant Salpetrièrc, considérant que, depuis quatre mois révolus, elles ne peuvent plus tenir contre la cherté des vivres, et vous observent que, n'étant point payées depuis ce temps, elles ne peuvent point vivre, ni se faire blanchir sans argent, qu'elles ne peuvent plus emprunter, ayant épuisé toutes les bourses, et qu'aujourd'hui nous nous trouvons sans pain, quoique nous eussions des places. Lorsque nous sommes réduites à la dure nécessité de nous plaindre et de nous transporter de tous les côtés pour nous faire payer, l'on nous dit pour nous tranquilliser que notre argent ne tient à rien. Quoi ! faut-il mourir de besoin contre des gages aussi modiques et aussi bien gagnés. Nous vous croyons assez juste pour prendre notre cause en main et nous faire payer promptement, nos gages ne suffisent pas pour toutes les nécessités et besoins de la vie, et ils deviennent plus insuffisants, lorsque nous ne pouvons pas les recevoir ; il faut considérer que le supplice est trop long de mourir de faim.
(Signé): C. Codvin, Chaillon, Pinu, Thery, Desclais, Neveu, Bourderot.
En tête de ia supplique se trouve cette note : «-Pourquoi ces personnes ne sont-elles pas payées depuis quatre mois ? Me rendre compte, -n
Original signé, Arcliives nationales. F'^ 596.
LETTRE DE LA COMMISSION DES TRAVAUX PLRLICS AU CITOYEN VIEL, ARCHI- TECTE , APPROUVANT LE CHANGEMENT DES CUVETTES ET CONDUITE D'EAU DE L'INFIRMERIE GENERALE DE LA SALPETRIERE.
36 floréal an m.
La Commission, etc., au citoyen Viel, architecte.
Paris, le 96 floréal an 3' de la République, une et indivisible.
La Commission, citoyen, d'après les motifs de convenance, de salubrité et d'économie qui t'ont déterminé à faire reporter dans les cabinets d'aisance de l'infirmerie de la Maison nationale de la Salpêtrière les six cuvettes destinées au lavage des seaux des chaises percées, afin de faire cesser l'odeur infecte que le voisinage de ces cuvettes répandait dans les salles de cette infirmerie,
Approuve cette utile opération et se fait un plaisir de te manifester l'assentiment qu'elle donne à son exécution.
Salut et fraternité.
Minute, Archives nationales, F'^ 1170.
LKTTRi: DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS SOUMETTANT À SON APPRECIATION LE REFUS PAR LE SIEUR BOUILLETTE, CHARPENTIER, DE S'OCCUPER DES TRAVAUX DE LA SALPE- TRIERE ET LES OFFRES DE SERVICE DU SIEUR PIERRE TIREL.