prairial an m
La Commission des secours pnhhcs aux citoyens composant la Commission
des travaux publics.
Paris, le i3 prairial, l'an 3' de la République française, une et indivisible.
L'économe de la Maison nationale des femmes, dite la Salpêtrière, citoyens collègues, nous a remis une lettre à lui adressée le 26 floréal
dernier par le ciloyen Bouillette, charpentier ordinaire des maisons composant l'établissement connu sous le nom d'Hôpital Général, par laquelle cet entrepreneur prévient ledit économe qu'il n'enverra pas les ouvriers qu'on lui a demandés pour différents travaux à faire à la Salpêtrière, parce qu'il ne veut pas travailler davantage sous les ordres de l'architecte de l'Hôpital Général.
D'un autre côté, le citoyen Tirei, charpentier, instruit des intentions du citoyen Bouillette, nous a présenté un mémoire par lequel il demande à être chargé de l'entreprise des ouvrages de charpente pour l'Hôpital Général.
Pensant que c'est à vous qu'il appartient de statuer sur le mémoire du citoyen Tirel, nous vous l'envoyons avec la lettre du citoyen Bouillette et vous invitons à y faire droit le plus tôt possible, afin que les travaux en charpente des différentes maisons de l'Hôpital Général ne soient pas interrompus et que le service de ces hospices ne soit pas entravé.
Salut et fraternité.
(Signé) : Dernirau.
En marge se trouve cette note : «• Faire sur cette affaire un rapport à la Commission, proposer de se faire rendre compte, tant par l'entrepreneur que par l'architecte, des motifs de refus du premier. «
Original signé, Archives nationales, F'-^ 1170.
LETTRE DE L'ECONOME DE L\ SALPÊTRIÈrE AU COMMISSAIRE DES ADMINIS- TRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, ANNONÇANT QUE L\ PRISON EST EVA- CUEE ET LES EMPLOYÉES CONGEDIEES.
9 1 prairial nn m.
Paris, ce 91 prairial an '.i.
Citoyen commissaire,
Au désir de votre lettre d'avant-hier et, aussitôt la prison évacuée, j'ai annoncé aux employées à la Force (|ue, leurs fonctions cessantes.
leurs appointements cessent aussi; je vous foi'ai passer un de ces jours les états de ce qui leur est du.
Salut, union et fraternité.
L'économe de In Maison nationale de la Salpêtrièro ,
(Signé) : Soyer.
Original, Archi vos nationales, F"* 696.
LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS À CELLE DES TRAVAUX PURLICS TOUCHANT LE DESCELLEMENT DES GRILLES ET RARREAUX DE LA S\LI>È- TRIF;RE, en raison du TRANSFÈREMENT DES DÉTENUES \ SAINT-LAZARE.
9 messidor an 111.
La Commission des secours publics à celle des travaux publics.
Paris, le 9 messidor, l'an 3* de la République française, une et indivisible.
Nous vous informons, citovens collègues, que, d'après le transfèrement qui a été fait des femmes détenues à la Salpétrière dans la maison de détention de Lazare, nous venons de donner ordre au citoyen Soyer, économe de la Salpétrière, de faire desceller les barreaux, grilles et portes de cette maison, avec invitation de faire peser le fer et de le déposer dans les magasins de l'hôpital.
Salut et fraternité.
(Signé) : Debnieau.
Original signé. Archives nalionaies, F" 1170.
ARRÊTÉ DU COMITÉ DES SECOURS RELATIF À LA PETITION DU SIEUR TRAVA- NET, DIRECTEUR DE MANUFACTURE À ROYAUMONT, À L'EFFET D'ETRE AUTORISÉ À EMPLOYER UNE CENTAINE DE FEMMES DE LA SALPETRIERE.
1 7 thermidor an m.
Le Comité des secours publics : 1° Sur la pétition du citoyen Tra-
vanet, directeur d'une manufacture à Royaumont, qui demande une centaine de femmes entretenues à l'hospice de la Salpêtrière, pour être employées dans sa manufacture, arrête : i° Que la pétition sera renvoyée à la Commission des secours pour on faire un rapport dans trois jours;
2° Qu'à la même époque la Commission des secours rendra compte au Comité de la manière dont a été exécuté le décret rendu le ... . en faveur du citoyen Butel, manufacturier de toiles à voiles à Bourges. pour un objet de même nature.
Fait et arrêté au Comité, le i '7 thermidor an 3.
(Signé) : Saint-Martin.
Extrait du registre des arrêtés du (iomilédes secours, Archives nationales, F''^* 3 , fol. 182 r°; copie conforme, F'* 2653.
REGLEMENT DE POLICE POUR LES OLVROIRS DE LA MAISON DE DETENTION DE SAINT-LAZARK (SUBSTITUEE .\ LA SALPETRIERE ).
•?.ti thermidor an m.
La Commission des secours publics, considérant que le règlement par elle fait le 22 pluviôse dernier, dans la disposition qui concerne la police des ouvroirs, ne reçoit pas son exécution par l'insouciance des détenues pour le travail; que la plupart préfèrent s'abandonner à la paresse plutôt que de profiter des avantages que leur procure l'établissement de diflerents ateliers, qui ont été formés dans la maison de Lazare '^^ ;
^'^ La Commission des secours avait fait publier l'avis suivant, que nous trouvons reproduit dans la Décade philosophique, politique et littéraire, journal puhlié sous la direction de Guinguené, n° du 3o ventôse an m, p. 676 :
«Les personnes qui désireraient faire travailler, en linge, couture, broderie, filature en laine ou en coton , tricot ou autres ouvrages, sont prévenues qu'il vient d'élre
établi par la Commission des secours publics des ateliers en tout genre, à la maison de Lazare, rue du Faubourg-Denis, destinée, par ia loi du 20 frimaire dernier, à la détention des filles et femmes condamnées, précédemment renfermées à la Salpêtrière.
«S'adressera la citoyenne Bernard, surveillante en chef, à la dite maison de Lazare.»
HOPITAL DE LA SALPETRIÈRE. 5â5
Considérant que le Code pénal, première partie des condamnations, veut que tout condamné à la détention soit enfermé dans une maison de force et employé à des travaux forcés, qu'il n'\ reçoive que du pain et de l'eau et que le surplus de la nourriture soit fourni par le produit de son travail , réparti ainsi qu'il suit , savoir : un tiers appliqué à la dépense de la maison, un tiers au profit du condamné, et le troisième tiers pour lui être remis au moment de sa sortie après le temps de sa peine expiré ;
Considérant, en outre, que de la police à maintenir les ateliers formés par la Commission, dépend le bon ordre qu'elle a entendu établir dans une maison dont l'administration lui a été confiée par la loi du 26 frimaire, et ramener par là les femmes à la subordination et à l'obéissance dont elles ne doivent jamais s'écarter, ari;:le ce qui suit :