vendémiaire an iv
La Commission des secours publics aux citoyens commissaires composant la Commission des travaux publics.
Paris, ie 3 vendémiaire, i'an 4 delà République française, une et indivisible.
Nous VOUS faisons passer avec la présente, citoyens collègues, copie du rapport qui nous a été fait au mois de thermidor dernier par le citoyen Viel , architecte de l'Hôpital Général.
Vous trouverez dans cet exposé un détail des réparations qui sont jugées nécessaires à l'aqueduc situé dans la cour dite du Bâtiment à la Salpêtrière.
Nous vous invitons à prendre cet objet en considération le plus tôt possible et à faire les dispositions que vous jugerez convenables pour que les réparations proposées puissent être exécutées.
Salut et fraternité.
(Signé) : Dernieàu.
La Commission des travaux publics au citoyen Viel , architecte. Paris, le y vendémiaire an 4" de la République.
La Commission des secours vient, citoyen, de nous adresser copie du rapport que vous lui avez fait passer relativement aux réparations à faire à l'aqueduc situé dans la cour dite du Bâtiment à la Salpêtrière, en nous invitant à prendre les mesures convenables pour l'exécution de ces réparations.
Vous voudrez bien, en conséquence, nous envoyer le plus tôt possible
un aperçu de la dépense qui pourra résulter de ces travaux '^\ afin qu'après en avoir fait l'examen, nous puissions, s'il y a lieu, vous transmettre l'autorisation nécessaire à leur exécution. Salut et fraternité.
Originel! signé et minule (2 p.), Archives nation;iles, F" 1170.
RAPPORTS AU COMITÉ ET À LA COMMISSION DES TRAVAUX PUBLICS SUR LA NOUVELLE MACHINE HYDRAULIQUE DESTINEE À L'HOPITAL DE LA SALPE-
TRIÈRE.
i"-i5 vendémiaire au iv.
RAPPORT AU COMITÉ DES TRAVAUX PUBLICS
Le 1" vendémiaire de l'an 6.
[1] Le mauvais état dans lequel se trouve la machine (pii fournit l'eau à l'hospice national de la Salpétrière exige des mesures promptes et très dispendieuses, malgré les réparations qui y ont été faiies et qui n'ont pas remédié aux inconvénients.
Informée depuis longtemps du mauvais service et de la mauvaise construction de cette machine par son usage lent, difficile et pénible pour les chevaux occupés à la faire mouvoir, et qui périssent promptement à ce travail, convaincue d'ailleurs qu'elle ne peut fournir assez pour sa destination , et que l'état de dépérissement dans lequel se trouve la pompe actuelle expose la maison à éprouver une disette totale d'eau , la Commission des secours a pensé qu'il serait plus avantageux de faire construire une nouvelle machine hydraulique, simple et de bon usage, que de réparer à grands frais celle dont le service a toujours été très mauvais; elle a en conséquence invité les citoyens Bralle, ingénieur hydraulicien , et Viel, architecte, de dresser les plans et devis nécessaires à l'exécution d'une nouvelle pompe et d'un manège convenable.
W D'après le devis désignaLit' et appro- Bâtiment, et l'autre sous la Force, devis
ximatif des ouvrages de maçonnerie à faire dressé le 1 /i fructidor an 3 , par i'archi-
pour le rétablissement de deux aqueducs, tecte Viel, la dépense totale devait s'élever
l'un passant sous la cour de l'emploi dit le à 4,376^ 19' 7''.
D'après l'examen du projet du citoyen Bralle . il résuite que la machine qu'il propose d'établir pourra être mise en mouvement par deux ou trois chevaux au besoin, et fera mouvoir quatre corps de pompes à cylindre, dont trois serviront à porter l'eau dans le grand réservoir et le quatrième dans les combles du grand bâtiment, elle donnera facilement 100 muids par heure et plus du quart en sus, pour peu que les chevaux soient vigoureux, ou lorsque les trois seront employés à la fois, et suffira pour remplacer les (rois machines existantes.
La dépense concernant la machine hydraulique est évaluée à /io,5oo^, celle concernant le manège qui lui est destiné est évaluée à 809,1 17^7' 10''.
Tels que soient le besoin et l'urgence de l'étabHssement d'une nouvelle machine hydraulique à l'hospice de la Salpêtrière, attendu la dépense considérable qui doit en résulter, la Commission des travaux publics, avant de prendre aucune décision à cet égard, a cru devoir mettre cet objet sous les yeux du Comité des travaux publics pour obtenir son assentiment.
Le Commissaire demande, avant de prendre une décision sur cette nouvelle construction, qu'il soit écrit aux citoyens Viel et Bralle pour venir à la Commission et lui donner des éclaircissements sur cette machine, et savoir s'il ne serait pas possible de la placer dans un lieu déjà existant, sans être obligé de faire cette construction qui sera très dispendieuse.
L'ingénieur hydraulique en chef du Déparlement, de Pans â la Commission
des travaux publics.
Le i5 vendémiaire, Tan i" de la République française.
[2] Le citoyen Viel, architecte des hôpitaux, m'a communiqué les observations qui lui ont (Ué faites par la Commission sur l'excessive dépense à laquelle s'élèverait la construction du bâtiment qu'il a projeté pour recevoir la nouvelle pompe que je fais faire en remplacement de celle établie sur le puits dit des Marais, à la Salpêtrière; il m'a demandé en même temps s'il ne serait pas possible de se servir provisoirement de l'ancien manège, en attendant que des circonstances moins difficiles permissent de se livrer à la dépense d'une entière et nouvelle construction.
Pour mettre la Comraission à portée de prendre un parti à cet égard, je lui rappellerai quelques articles du rapport que j'adressai le 26 juillet 1793, à la Commission des secours, qui m'avait consulté sur l'état des trois pompes de la Salpêtrière. Je regardais dans ce rapport, comnie un des défauts essentiels de ces pompes, et particulièrement de celle du puits des Marais, le trop peu de largeur donné originairement au manège, qui n'a que 2/1 pieds environ dans œuvre, au lieu de 28 ou 3 0 qu'il devrait avoir, pour que la force des chevaux pût être avantageusement employée. Dans l'état actuel des choses, les leviers sur lesquels ces chevaux agissent ri'ont et ne peuvent avoir que 10 pieds de longueur, et le cercle qu'ils décrivent n'a que 17 pieds, réduits de diamètre ou 8 pieds et demi de rayon; il y a donc une perte réelle de 18 pouces sur la longueur du levier, parce que, de la manière dont les chevaux sont attelés, la- direction de leur force, au lieu d'agir sous un angle de 90 degrés, n'agit que sous un angle de 76 , ce qui, les obligeant à tirer de côté comme les chevaux de coches, les fatigue et les ruine promptement. La seule espèce de remède à opposer à ce défaut originel de la machine serait de diminuer la levée, ou le diamètre des corps de pompe, et conséquemment de réduire son produit, ou bien encore de mettre un cheval de plus; mais ne serait-ce pas alors corriger un défaut par un autre, et puisque l'expérience a démontré que les chevaux employés jusqu'à présent à cette machine ne peuvent pas y résister, qu'en se fatiguant beaucoup ils fournissent peu d'eau , et que depuis que cette machine est en activité , elle n'a pu suffire aux besoins de la maison, quoique secondée par les deux autres; n'est-il pas d'une bonne administration de profiter de son renouvellement pour en établir une qui soit exempte de tous les défauts qu'on lui reproche justement? C'est dans cette intention qu'en soumettant à la Commission les plans de la nouvelle pompe, qu'elle a approuvés, j'ai demandé que le manège fût reconstruit sur 3o pieds de diamètre dans œuvre. C'est conformément à ce plan que j'ai donné aux entrepreneurs les mesures des différentes pièces qui composent la machine. On ne pourrait donc diminuer le diamètre du nouveau manège sans me forcer à réduire les longueurs des leviers, que j'ai déterminé devoir être de 1 q pieds 6 pouces; ces leviers n'étant plus alors en proportion avec le diamètre des corps de pompe, il faudrait diminuer le coude de la manivelle, et ce coude étant diminué, le levier des pistons le serait proportionnellement , donc le pro-
duit ne serait plus celui que j'ai annoncé : autant alors aurait valu laisser les choses dans leur ancien état.
Si l'excessive augmentation des matériaux et de la main-d'œuvre porte à un prix effrayant la construction du nouveau manège, il faut comparer ce prix à celui de 89, et on verra qu'à cette époque on n'aurait pas hésité à adopter les plans du citoyen Viel. Il faut considérer d'ailleurs qu'il ne s'agit pas ici d'un établissement provisoire et que la véritable économie consiste moins à dépenser peu qu'à mettre la plus grande solidité dans l'exécution de semblables ouvrages, que la conservation des chevaux et la réduction de leur nombre dans le rapport de j à 3 sont la véritable économie qu'on doit avoir en vue, parce que leur nourriture, leur entretien et celui des hommes qui les conduisent se renouvellent tous les jours.
Au surplus, je laisse à la sagesse de la Commission à prononcer; elle est instruite, elle sentira de quel poids peuvent être des observations c|ui ne sont dictées que par l'amour du bien et que nul sordide intérêt n'a pu me porter à faire. Je l'invite à les peser mûrement et à ne point se préparer le regret d'avoir manqué une opération que les besoins d'une vaste maison me paraissent commander impérieusement.
Salut et fraternité.
(Signé) : Bralle.
La Commission des travaux publics au citoyen Viel, architecte.
. Paris, le 36 vendémiaire, l'an 4° de ia République.
Après avoir fait l'examen des plans et devis que vous nous avez adressés, citoyen, relativement à la construction d'un manège destiné à la nouvelle pompe qui doit être établie dans la Maison nationale des fçmmes, dite la Salpêtrière, nous vous autorisons à faire procéder à l'exécution de ces constructions, en vous renfermant dans les dispositions contenues dans les plans et devis que vous nous avez adressés à cet effet; nous vous recommandons de faire votre possible pour que les travaux dont il est question soient réduits au strict nécessaire. Nous ne pouvons trop vous inviter à apporter tous vos soins pour que ces ouvrages soient exécutés avec la plus grande célérité et la
plus grande économie possible. Vous voudrez bien aussi vous concerter avec le citoyen Bralle pour tout ce qui dépend de l'ensemble de ces travaux.
Le Commissaire.
Minutes et original signé (3 p.), Archives nationales, F'^ 1170.