DEMANDE D'UN CANOA PAR LES ENFANTS DE LA PATRIE DU FAUBOURG ANTOINE
Législateurs ,
Vos enfants ont une grâce particulière à vous demander : comblés de vos bienfaits, ils en attendent un autre; nous savons l'exercice du fusil, nous désirerions aussi savoir celui du canon, vous seuls pouvez nous en procurer un à notre portée. Il ne faut à des républicains que des vertus et des armes, et la liberté sera imniortelle parmi les Français.
Vive la République !
Vive la Montagne!
Suivent les signatures de l'état-major du bataillon :
Jacob, commandant; Randon, capitaine; Victor Frocard, souslieutenant; Melin, sergent-major; Fromager, premier caporal; Renault, troisième caporal; Prosper;
Mention honorable, insertion au Bulletin, 16 floréal an 11.
Signé : Dornier.
Originaux signés (a p.), Archives nationales, C 3 o 3. 11° 1 1 10.
RAPPORT PRESENTE À LA SOCIETE DES JACOBINS SUR LES RECLAMATIONS DES NOURRICES DES ENFANTS DE LA PATRIE , DENONÇANT LES ABUS CRIANTS QUI EXISTENT DANS CETTE MAISON.
26 prairial an 11.
SOCIÉTÉ DES AMIS DE L'ÉGALITÉ ET DE LA LIBEliTÉ. SÉANTE AUX CI-DEVANT JACOBINS DE PARIS.
PRÉSIDENCE DE FOUGHÉ.
Séance du a 6 prairial.
Dumas, «qui avait été nommé commissaire pour examiner les réclamations des citoyennes nourrices des Enfants de la Patrie, rend compte des observations qu'il a faites dans cette maison où il s'est transporté; il V a distingué deux sortes de personnes employées à l'éducation physique des enfants, les unes sont nourrices, les autres sevreuses, et toutes deux sont également malheureuses, attendu qu'il n'existe, ditil, aucun principe d'humanité dans cette administration.
Les nourrices manquent du nécessaire [miinnurea d'indignation), à 5 heures du soir, on leur donne une portion, assez mince, de légumes secs de la plus mauvaise qualité, et elles ne prennent plus d'autre nourriture que le lendemain à heures du matin, bien qu'elles soient obligées dans ce long intervalle de fournir aux besoins, sans cesse renaissants, de leurs nourrissons. Ces citoyennes qui allaitent ne reçoivent que 60 livres de gratification pour toute l'année; les sevreuses, d'ailleurs aussi mal nourries, reçoivent du moins une indemnité de 200 Uvres par année, quoiqu'elles aient bien moins d'occupations que les premières.
L'orateur dénonce plusieurs autres abus plus affreux qui existent dans cette maison nationale; il se plaint de ce qu'on n'a pris aucun moyen pour guérir les enfants d'une maladie qui fait de si grands ravages, qu'elle a quelquefois frappé du coup mortel jusqu'à six victimes par jour. 11 cite le trait d'une nourrice généreuse qui avait continué d'offrir son lait à un de ces enfants, très malade. Il survint une plaie à cette respectable citoyenne, qui la força de suspendre pendant quelque temps ses fonctions maternelles; l'Administration l'apprend, et elle a la basse cruauté de retenir à cette infortunée une portion du modique traitement, pour le temps, lui dit- elle, qu'elle n'a pas pu nourrir (^ici l'indignation éclate de nouveau). Quand une malheureuse nourrice arrive trop tard pour le dîner, parce qu'elle a voulu remplir les devoirs les plus pressants de l'humanité, au lieu de lui savoir gré de son attention, d'applaudir à sa sensibilité, oa la repousse, on la traite avec une barbarie qui n'a pas d'exemple chez les cannibales; épuisée de fatigue, de besoin, elle a rassasié un nourrisson affamé, et on lui refuse la nourriture pour elle . . .
La plume se refuse à retracer de pareilles horreurs, comme l'oreille ne peut s'accoutumer à en entendre le récit.
L'orateur en a déjà dit trop, s'écrie Couthon, et qui de vous plus que moi, peut retenir la profonde indignation dont il est pénétré? Plus de doute à cet égard; oui ce sont des monstres qui, jusqu'à ce jour, ont administré cette maison, il faut qu'ils soient connus et punis d'une manière aussi exemplaire qu'ils le méritent, et d'abord il faut qu'ils soient remplacés par des administrateurs plus justes et plus humains.
Je demande que vos commissaires soient chargés de se transporter au Comité de salut public ou de sûreté générale, pour y dénoncer les faits dont ils ont connaissance. — Adopté.
Dumas reprend la parole et fait sentir les avantages de cet étabHssement, dans lequel une mère, qui n'a pas les moyens suffisants pour allaiter son enfant, peut entrer et y vivre, elle et cet enfant, en allaitant un nourrisson de la Patrie.
Il annonce que les abus qu'il a détaillés sont une suite des préjugés et du mauvais esprit de quelques femmes dominées, égarées, aveuglées par des misérables prêtres fanatiques, et par la cupidité d'un directeur, qui n'ayant qu'une petite pension de 800 livres, a néanmoins
trouvé le secret de s'enrichir, au point que le Monsieur s'est déjà fait bâtir de belles maisons pour lui et sa famille. Le scélérat!
Moniteur universel, u" du a messidor an ii (n" "271), p. 1106.
RENVOI AU DÉPARTEMENT DE PARIS DE LA RECLAMATION ADRESSEE AU CO- MITE DES SECOURS PURLICS PAR LE SIEUR HOMRRON , EX-ÉCONOME DE L'HOSPICE DES ENFANTS-TROUVÉS, AU SUJET DE SA DESTITUTION.
7 friK tidor an u.
Séance ordinaire du 7 fructidor, l'an a''' de ia République française, une et indivisible.
Le citoyen Mauduyt expose la demande faite par le citoyen Hom~ bron, père de famille, ci-devant économe de l'hospice des Enfants- Trouvés, qui se plaint d'avoir été injustement destitué de cette fonction; elle est renvoyée à l'Administration du Département de Paris, invité à prendre des renseignements sur cette destitution et à en rendre compte au Comité.
Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Comité des secours, Archives nationales, AF* 11 Ao, fol. 69.
Zi Zi
DÉCISION DU COMITÉ DES SECOURS PURLICS AU SUJET DU PAYEMENT DES OUVRIERS ET FOURNISSEURS CHARGES DE DISPOSER LES RATIMENTS DU VAL-DE-GRÂCE POUR Y RECEVOIR LES ENFANTS DE LA PATRIE.
2 sans-culottide an 11.
Séance ordinaire du a sans-cuiotlide, l'an 2" de la République, une et indivisible.
Sur un rapport de la Commission des secours publics qui annonce qu'il est urgent de s'occuper du payement des fournisseurs et des ouvriers employés à disposer les bâtiments du Val de Grâce pour y recevoir les Enfants de ia Patrie, dont la translation a été ordonnée par
un décret du -y ventôse, le Comité arrête que le citoyen Lecointe est chargé de conférer sur cet objet avec le Comité des finances, section de la Liquidation.
Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Comité des secours. Archives nationales, AF* ii Ao, fol. 9/1.
EXAMEN DES PLAINTES FAITES PAR LES NOURRICES DES ENFANTS DE LA PATRIE RELATIVEMENT AU Re'gIME AUQUEL ELLES SONT ASSUJETIES.
7 frimaire an m.
Séance ordinaire du 7 frimaire, Tan 3" de la République française, une et indivisible.
Le citoyen Paganel fait un rapport des plaintes portées par les nourrices des Enfants de la Patrie contre le régime auquel elles sont assujetties, le Comité, après avoir entendu la réponse écrite à la (Commission à ce sujet, passe à l'ordre du jour et laisse à la Conunission de prendre tel parti qu'elle jugera à propos relatif à la citoyenne Victor.
Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Comité des secours. Archives Hationales, AF* 11 4 o, fol. i53.
ARRÊTÉ DU COMITÉ DES SECOURS PUBLICS, PORTANT ()V}\i LA FILLE DE FLEURIOT, CONDAMNÉ, SERA PLACEE À L'HOSPICE DES ENFANTS DE LA