HOSPICE DES ENFANTS NATURELS DE LA PATRIE
COCHR D'ADXERRE.
9 frimaire.
Le commis de ce coche, le citoyen Mutelé, a fait payer la place de
quatorze enfants que l'on ramenait audit hospice, à raison de oo sois chacun.
Et le commis receveur au bureau du même coche a fait payer à l'arrivée le port des paquets d'enfants décédés en nourrice, à raison de 6^ lo'du cent, de Joigny à Paris, et de i o^ du cent, depuis Auxerre.
Jusqu'à présent ces droits de transport d'enfants et de hardes concernant ledit hospice n'ont pas été acquittés dans les coches.
Sur l'observation qui en a été faite aux percepteurs, ils ont répondu qu'il existait un arrêté qui les autorisait à les recevoir. On n'a point connaissance de cet arrêté au Bureau des hôpitaux.
On en demande la suppression, fondée sur la surcharge qui en résulterait pour cet hospice, ces frais ne pouvant être supportés par les meneurs sans accroître leurs émoluments.
Minute, Archives nationales, F'^a'ia.
ADRESSE DES ENFANTS DE LA PATRIE À LA CONVENTION NATIONALE, ACCOMPAGNANT LA REMISE DU SALPETRE PAR EUX FABRIQUE.
* 1 6 ûoréal an ii.
Législateurs,
Vous voyez devant vous les Enfants de la Patrie, ils sont les vôtres, puisque vous en êtes les pères. Depuis longtemps ils désirent avoir l'avantage dont ils jouissent maintenant, mais n'ayant pas rempli leur tâche, ils en ont été privés, ils ne voulaient pas se présenter les mains vides, tandis que tous les citoyens font leurs offrandes à la patrie; ils vous apportent de cette matière, qui doit venger la liberté et anéantir jusqu'au dernier des tyrans. Législateurs, c'est l'espoir de la patrie, qui vous apporte l'instrument qui doit la venger pour le remettre dans des mains plus vigoureuses. Recevez leurs regrets de ne pas pouvoir s'en servir eux-mêmes en ce moment. Mais que l'univers entende leur serment : mourir pour la patrie, ou anéantir ceux qui voudraient l'asservir.
Législateurs, vous avez donné pour première leçon à vos enfants la Déclaration des Droits de l'homme et la Constitution, ils savent l'une et l'autre, ils m'ont chargé de vous en demander une seconde. De grâce, ne la leur refusez pas, ils sentent le besoin qu'ils ont de s'instruire pour conserver leurs droits. La tyrannie s'établit sur l'ignorance, mais les républiques ne se conservent que par les lumières et les mœurs.
Veuillez donc, citoyens législateurs, faire accélérer les ouvrages qui doivent servir à l'instruction publique, afin que nos enfants puissent acquérir assez de lumières pour conserver ce qui nous a coûté tant de sang à conquérir.
Enfants, qui vous plaignez de ne pas connaître vos pères, ouvrez les yeu.v, ceux-là valent bien ceux qui ne sont auteurs de vos jours que parce qu'ils ont suivi les mouvements de la nature, et en qui de honteux préjugés vous ont fait abandonner, préférant à une fausse honte le beau titre de paternité.
Heureux les enfants qui ont de tels pères, cela n'appartient qu'aux Enfants de la Patrie!
Vive la République!
Castille,
Économe de ladite maison.