‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 161 sur 241 · SOCIÉTÉ DES JEUNES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DES JEUNES FRANÇAIS

ADRESSE PRÉSEMÉE \ LV CONVENTION NATIONALE PAR LA SOCIÉTÉ DES JEUNES FRANÇAIS, ÉLEVÉS DE LÉONARD BOURDON.

5 juillet I 79.3.

Législateurs,

Les jeunes Français de la section des Gravilliers viennent aussi vous apporter leur sanction. Vous venez de donner à ia France une constitution vraiment républicaine. Vous avez assuré ia liberté du peuple par la déclaration de ses droits, et par là vous avez mérité sa reconnaissance et ses bénédictions, mais en même temps la haine des agitateurs et des factieux qui voient leurs projets et leurs complots détruits. Ils sentent que bient.ôt l'intrigue ne pourra plus garder son masque, et qu'alors ils porteront infailliblement la peine des crimes qu'ils ont commis; aussi vont-ils se déchaîner contre une Constitution qui les anéantit pour toujours et qui va devenir le point de ralliement de tous les Français patriotes et l'effroi des royalistes et des contre-révolutionnaires. Que les rebelles, (|uo les despotes coalisés osent encore nous attaquer, et ils verront jusqu'où peut aller le dévouement et le courage du Français républicain. Il sera toujours invincible, et soumis aux lois qu'il s'est données lui-même, il apprendra à l'Europe étonnée que la liberté n'est pas un vain mot dans sa bouche et que jamais rien ne sera capable d'ébranler dans son cœur la résolution qu'il a prise de mourir plutôt que de rentrer dans l'esclavage et dans les fers. Pour nous, encore trop jeunes pour voler à la défense de notre patrie, réduits à former des vœux impuissants pour sa prospérité, nous brûlons de marcher sur les traces de nos pères, dont plusieurs sont morts en

la défendant; mais si les dangers devenaient plus pressants, alors nous marcherions aux frontières, nous ne consulterions m notre âge, ni les périls, nous ne prendrions conseil que de notre courage et nous ne reviendrions que vainqueurs '''.

(Signé): Ue^im, président; Lemeule, vice-président; SiLVAiN, secrétaire.

Original, Archives nationales, C afii, n" 5 7 3.

DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE RELATIF À L'EDUCATION DES ORPHELINS DES DEFENSEURS DE LA PATRIE.

18 brumaire an 11.

La Convention nationale, sur la proposition du Ministre de la guerre, convertie en motion par un membre, décrète que les orphelins des défenseurs de la patrie seront reçus dans la Société des jeunes Français, pour y être élevés provisoirement jusqu'à l'organisation définitive de l'instruction publique.

Copie collaiionnée, Archives nationales, A 1A3, dossier 80, n" iii6. Ed. Procès-verbal delà Convention nationale, t. XXV, p. 8/i.

DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE, FIXANT LA SOMME À PAYER PAIÎ L\ COMMISSION DES SECOURS POUR LE TROUSSEAU DES ORPHELINS DE LA PATRIE ADMIS DANS L'ÉTABLISSEMENT DE LEONARD BOURDON.

1" prairial an 11.

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses Comités des secours et de salut public sur une lettre du Chargé provisoire des fonctions du Ministère de l'intérieur, par laquelle il demande

('J Le texte de l'adresse est de la main de Lemerle.

qu'il soit statué sur le payement du trousseau des Orphelins de la Patrie, admis, d'après les décrets , à l'école du citoyen Léonard Bourdon, ainsi que sur la caisse où seront pris les fonds à ce destinés, décrète ce qui suit :

ARTICLE PREMIER

Provisoirement, et jusqu'à ce qu'il ait été prononcé sur l'existence de la Société dite des jeunes Français, la Commission des secours publics est autorisée à payer, comme par le passé, au directeur de cet établissement, à titre de trousseau d'entrée , et ce, sur les fonds mis à sa disposition, savoir : la somme de 3oo livres pour chacun des Orphelins de la Patrie, âgés de douze ans et au-dessus, et celle de 2 5o livres pour chacun de ceux au-dessous de cet âge.

Le présent décret ne sera point imprimé.

Miimlo signoo do Peyssard, rapporteur, Archives nationales, C ;io'i, n" 1 lai. Éd. Prori's-verhal de In Convenlion imlionale, t. XXXVIII, p. H.

ADRESSE PRÉSENTÉE \ LA CONVENTION NATIONALE PAR LES ORPHELINS DE LA PATRIE, REUNIS À LA SOCIÉTÉ DES JEUNES FRANÇAIS, À LA SUITE DES ÉVÉNEMENTS DU 9 THERMIDOR.

i() lliermidor an ii.

Citoyens représentants,

Les Orphelins de la Patrie, réunis à la Société des jeunes Français, seraient-ils les derniers à vous féliciter d'avoir sauvii leur mère? Heureux d'avoir pu nous rendre utiles dans un nouveau lo août, nous n'avons su venir vous parler que lorsc|u'il ne nous est resté rien à faire. Oui, nous avons déjà pu combattre la tyrannie, puisque nous savions déjà la haïr. Grâces soient à jamais rendues aux dignes et courageux représentants qui ont signalé les triumvirs sur leur trône et ont arraché

le masque sacré sous lequel ils se sont cachés si longtemps. Désigner les tyrans aux amis de la liberté, c'était leur demander de les combattre et de les vaincre. A peine la voix de la patrie alarmée se fit-elle entendre que nous jurâmes tous la mort de ces trois scélérats qui n'avaient usurpé une immense popularité que pour mieux subjuguer le peuple, et qui n'affectaient l'amour de la patrie que pour mieux assassiner les patriotes. Etait-ce donc pour ces nouveaux Cromwel que le sang de nos pères a coulé dans les combats, et les cadavres ensanglantés de nos frères et de nos amis n'auraient-ds donc servi que de marchepied à l'infâme Robespierre? Si nos cœurs frémissent encore au souvenir du danger que vient de courir la République, ils sont pénétrés de tendresse et de reconnaissance à la vue des augustes représentants qui l'en ont préservée. 0 vous, dignes pères de la Patrie, vous qui, par votre courage et par votre énergie , venez d'acquérir des droits éternels à la gratitude des Français et 'du genre humain, recevez le serment que nous venons vous faire de vivre et de mourir dignes de vos travaux et de vos bienfaits. N'oubliez pas, aux jours d'orage, s'il pouvait en exister encore, que, dans la Société des jeunes Français, il est près de cent jeunes républicains qui, fiers de répandre leur sang pour épargner le vôtre, se feront un bonheur et une gloire de former autour de vous un rempart de leurs corps et de défendre jusqu'à leur dernier soupir les droits de la Républi(|ue et de bi l'eprésentation nationale.

Lemerle , président.

Original signé, Archives nationales, G 3ii, n" i-^Sq.

Pjà. Moniteur universel, n° du 17 thermidor an 11, p. 1299.

KXAMEN PAR LE COMITE DES SECOURS PUBLICS DES DENONCIATIONS MISES EN CIRCULATION DANS LES JOURNAUX CONTRE L'INSTITUT DES ENFANTS

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