HOSPICE DE SAINT-SULPIGE
autour du lit de l'exposant, mais ledit Aubry n'est point dans l'intention de déposer ce qui est à sa connaissance, vu qu'il est pauvre et sans ressource et qu'il ne reste dans cette maison que parce qu'il n'a point d'ouvrage.
Pour vous assurer des faits ci-dessus, l'exposant vous supplie, Monsieur, de faire paraître par devant vous les deux garçons de l'infirmerie et le jardinier, qui vous déclareront ce qui s'y passe, mais ce qu'ils ne feront qu'après que vous aurez bien voulu leur assurer du pain dans ladite maison, et entendre également ceux que l'exposant aura l'honneur de vous annoncer par la suite.
Voulant s'assurer du nom et de l'adresse d'un malade et désirant qu'il soit entendu, a chargé l'un de ses amis de se rendre chez le suisse, et y étant, lui a demandé, il lui a fait réponse qu'il ne pouvait lui donner cette adresse, et lui a observé en même temps qu'un jeune liomme malade était entré audit hospice dans les environs des fêtes de Noël dernière, et pendant son séjour audit hospice, avait mis la maison sens dessus dessous, et que les sœurs étaient comme des enragées, mais qu'il était charmé d'avoir reconnu dans l'exposant un patriotisme sincère, et qu'il ne se passait dans cette maison que des abominations, et qu'il était prêt de les attester toutes fois qu'il en serait requis.
L'exposant vous supplie très humblement, Monsieur, de vouloir bien vous assurer des faits rapportés ci-dessus, comme de vous faire rendre compte de sa conduite depuis six mois qu'il est en cette capitale, travaillant de son état, depuis deux ans, chez ledit sieur Jonchère, son bourgeois actuel, qu'il s'est exposé non seulement dans les premiers instants de la Révolution, mais encore depuis, au moyen des faits et causes qu'il a pris contre des cabales qui se formaient et cherchaient à tenter à troubler l'Assemblée nationale constituante, qu'il a essuyé à cet effet des disgrâces et mortifications, qu'il a fait son possible pour pouvoir se procurer l'habit national, mais que jusqu'à ce moment, il n'a pu se faire enrôler, vu la maladie qu'il vient d'essuyer, mais qu'il fera son possible pour y parvenir au plus tôt. Il vous supplie aussi, Monsieur, de vouloir bien avoir égard qu'il a déjà été prêt de périr deux fois, dans différentes affaires oii il s'est trouvé, et que pour la troisième il a manqué d'être empoisonné par le breuvage rapporté ci-
dessus, et duquel il n'est pas encore bien rétabli, et avoir égard enfin à la perte qu'il essuyé, quoique n'étant qu'une valeur de 26^ qui lui a été pris avec le libelle, il s'en rapporte à votre équité et justice.
(Signé) : P. Montât.
Sur la chemise du dossier, on trouve la note suivante : frLe me'moire du sieur Montât doit être renvoyé au Directoire, qui est déjà instruit de celte affaire et qui administre directement l'hospice Saint-Sulpice.
Original signé, Archives nationales, F'^ 9 '19.
(Sig-né) : Cousin. 1
DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE, ORDONNANT LE PAYEMENT D'UNE SUBVENTION MENSUELLE DE 4,166 LIVRES 13 SOLS 4 DENIERS À L'HOSPICE DE CHARITÉ DE LA CHAUSSÉE DE SEVRES, JUSQU'À CE QU'IL AIT ÉTÉ DÉFINITIVEMENT STATUE SUR LE SORT DE CETTE MAISON.
9 février 1798.
Un membre présente, au nom du Comité des secours, un projet de décret '^^ qui est adopté en ces termes :
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son Comité des secours publics, décrète que le Ministre de l'intérieur est autorisé à faire payer, chaque mois, par la Trésorerie nationale sur les fonds de k millions mis à sa disposition par le décret du 3 de ce mois, concernant les hôpitaux, à l'hospice de Charité, chaussée de Sèves, faubourg Saint-Germain, à commencer du mois de janvier dernier, la somme de /i,i66 bvres i3 sous h deniers, jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur le sort de cette maison.
Minute de la main de Beauvais, Archives nationales, C 9^5, n" 338.
^'^ Le procès-verbal des séances du Co- et propose de prendre sur le fonds de
mité des secours, du 5 février 1798, porte h millions accordé parla loi du (3 fé-
re qui suit : vrier) aux administrateurs des hôpitaux,
frLe citoyen Beauvais (qui était médecin la somme nécessaire pour subvenir aux
do l'hôpital) fait un rapport concernant besoins de cet hospice. Adopté.» (.archives
l'hospice de la paroisse de Saint-Sulpice nationales, AF*ii 39, fol. \l\l\ v°.)