‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 196 sur 241 · PROPOSITION · texte numérisé non relu

PROPOSITION

Paris, le i3 thermidor, an 3" de la République française, une et indivisible.

L'architecte de cet hospice est très avancé dans ses constructions et bientôt il va pouvoir attaquer la dernière partie de ses opérations , qui consiste dans les plafonds de la grande salle et de la petite au premier étage, côté du nord, dans l'établissement des nouvelles croisées à v pratiquer, et le second grand escalier, le tout conformément aux plans qui sont entre les mains de la Commission.

Le bâtiment de l'hospice Jacques a ses pignons mitoyens au midi et au nord; la structure des bâtiments voisins a bien permis, lors de ses premières constructions en 1780, d'obtenir au midi des jours utiles aux étages du premier et du second, mais cet avantage n'a pu avoir lieu sur le côté du nord. C'est dans la circonstance où le Gouvernement fait des augmentations importantes dans cet hospice, que l'architecte, pour lui procurer tout ce qui peut contribuer à sa salubrité et à sa commodité, propose à la Commission de l'autoriser à établir dans le plancher haut du second étage une ventouse ^^' d'environ G pieds de diamètre, adaptée au mur mitoyen, côté du nord, laquelle s'élancera hors du comble dans la hauteur du faîtage; elle sera couverte d'un châssis vitré, garnie de bavettes de plomb et armée au dehors en ardoise, surmontée de grillage de fd de fer avec son châssis. Cette opération produira deux effets différents : une lumière utile à l'entrée principale de la grande salle, qui existe au deuxième étage, et un cou-

(') En architecture, les vex^ousfs ou barbacanes étaient des ouvertures pratiquées dans les murs de soutien des terrasses pour donner de l'air et laisser passage aux eaux.

rant d'air dans la direction du grand escalier de ce côté de la maison. L'architecte ne fera point de devis estimatif de cette nouvelle construction qu'il propose , car la Commission sait que depuis longtemps tous calculs sont illusoires en estimation d'ouvrages quelconques, d'après le mouvement continuel dans l'augmentation et des journées et des matériaux. Il doit lui annoncer que les maçons, qui étaient payés 26^, la dernière décade, seront payés 3o^, les couvreurs /lo et 45^, les garçons 82 et 35^. Les prétentions des uns et des autres n'ont point de terme; à l'instant même on vient de lui annoncer que la pierre fine est à 1 5^ le pied, le liais à 18^, le moellon à 800^ la toise, le charbon de terre 2,000 et 2,4go^, la livre de clous déliés iB^, les clous d'épingles do^, la latte 8 et 900^ le cent, ainsi de toutes les natures de journées et de matériaux. La rareté des charrois est une des grandes causes de la cherté du moellon et de la pierre.

L'architecte attendra la décision de la Commission sur la proposition de l'établissement de la ventouse qu'il juge nécessaire et qu'il lui soumet.

(Signé) : Ch.-F. ViEL.

RAPPORT FAIT A LA COMMISSION DES TRAVAUX PDBLICS

En dale du 16 thermidor an 3.

Le citoyen Viel, architecte, expose à la Commission que les travaux de l'hospice Jacques-du-Haut-Pas sont près d'être terminés et propose la construction d'une ventouse, indispensablement urgente, pour procurer la salubrité et la commodité qui sont si nécessaires à cet hospice, dans le plancher haut du second étage, et observe qu'il ne donnera point de devis estimatif, vu le mouvement continuel dans l'augmentation des matériaux et des journées des ouvriers, dont les prétentions n'ont point de terme.

On propose en conséquence à la Commission de donner au citoyen Viel l'autorisation nécessaire pour l'établissement de la ventouse dont est question.

Approuvé : Rondelet.

Original signé et minute (9 p.), Archives nationales. F'^ 1 168.

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