DÉPENSE
En garde malade, la somme de 3o^
Pour les certificats de la communauté a 5^
En papier timbré pour quittances 1 !2^ 1 o'
En aumônes, gages des 2 fdles de l'hôpital /ii^ib'
En vin d'ouvriers et autres récompenses 10^
Au portier pour k mois de ses gages 12^
En épicerie, huile à manger et à brûler 92*^ 2'
En drogues et herbes médicinales ^9^ 8'
En eaux minérales i fi
Au marchand de bois, pour solde de son mémoire. . 5oo^
En viande boucherie au comptant 180^
Au boucher, en acompte sur son mémoire 100^
En volaille pour les malades 8^ 1 0'
En lard et petit salé 3o^
En marée, la somme de 808"
En morue, celle de 112"
En beurre frais 1 6/1^ 1 2'
En fromage 66^ 1 0'
Enlait 98'^ 9'
A reporter 2,35()'^ 1 6^
Report 2,356^ 16'
En œufs des Halles c)2^ 5'
En pâtisserie , celle de 6^
En fruit, celle de 96^
En fèves, pois, lentilles /ii 6^
En légumes, pommes de terre 365^1 5'
Au jardinier, pour le quartier de ses gages loo^
A la section de Bonne-Nouvelle pour le salpêtre de la
maison de M^ Minette 279^
Au citoyen fossoyeur, pour les corps de la basse
geôle 90^
Au percepteur, pour les impôts des années 1791 et
1792 lio^ 1'
3,Slii^if
RENTES FONCIERES.
Au citoyen Calone, pour 3 mois des intérêts de ses
mémoires 290^ 7'
A la citoyenne Josse pour 3 mois de rente 1 6^ 1 3' 9'
Au citoyen Fizanne pour 3 mois de rente 1 G^ 1 3' 9^^
PENSION VIAGERE.
A la citoyenne Vinot, pour 3 mois de pension 36^
A la citoyenne Josse, pour 3 mois de pension 34^ 7^6'*
A la citoyenne Guilbert, 3 mois de pension 3o^
A la citoyenne Legrand, 6 mois de pension 81^
A la citoyenne Garon, 3 mois de pension 9/1^10'
Plus, payé au citoyen Pierre Levillier la somme de 1,900 livres qu'il m'avait prêtée, le 26 septembre i7<j3, pour payer pareille somme d'impositions; c'est celle somme qui forme l'excédent de la dépense du
compte de 1 793 , ci 1,900^
IMfntMETllE KATION
Certifié sincère et conforme au registre de recette et de dépense, ce k prairial, l'an 2'' de la République française.
(Signé) : C.-E. Audods,
Econome.
Il a été oublié d'observer que l'hospice n'a aucune provision, ni bois, charbon, chandelle, ni vin, ni huile.
Original, Archives nationales, F'^ 259.
ARRETE DU COMITE DE SALUT PUBLIC DECIDANT, SUR LE RAPPORT DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, LA SUPPRESSION DE L'HOPITAL SAINTE-CATHERINE.
28 messidor an 11.
RAPPORT À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS
[1] Il existe à Paris, rue Denis, une maison appelée jusqu'à ce jour de Sainte-Catherine.
Cet hospice, fondé dans le xi^ siècle, était destiné à recevoir les femmes et les filles qui arrivaient après la fermeture des portes; on les y nourrissait pendant trois jours. Depuis que cet hospice a été renfermé dans les murs de Paris, on a continué de donner, également pendant trois jours, asile aux filles qui arrivent à Paris, mais 19 exreligieuses , qui desservent cette maison , ont fait construire des bâtiments vastes, destinés à leur usage, et, comme il arrive dans les établissements religieux, on avait destiné seulement à l'œuvre de bienfaisance une salle basse pour les filles qui arrivent à Paris. Les abus se sont ensuite accumulés par les circonstances, les religieuses n'ont pas cessé de former une congrégation, de conserver tous les signes de la superstition. D'un autre côté, des filles, tout au moins paresseuses, si elles ne sont pas libertines, se sont perpétuées dans la maison depuis trois mois, et les ex-religieuses, ne pouvant extirper cet abus, ou par mauvaise volonté, le laissant propager, ont été sans force pour le maintien de l'ordre. Il résulte de ce premier aperçu que cette maison est
mal administrée, quant aux formes; une congrégation d'ex-religieuses, d'un côté, un rassemblement de fdles sans asile, de l'autre, nécessite la suppression de l'hospice.
Une autre considération vient à l'appui de ce que l'on avance. L'hospice de Sainte-Catherine a 87,000 livres de renies, dont 82,600 en 62 maisons situées à Paris, et quelques biens de campagne; avec une somme aussi considérable, et d'après l'aveu même des administrateurs, on donne à souper et à coucher à 25 ou 3o filles par jour; en supposant la dépense de chaque fille à raison de 3o sols, il ne devrait en coûter chaque année que 16,200^, mais, outre les 19 ex-religieuses, il ya 8 domestiques à gages, qui absorbent les revenus de l'hospice et lui ont fait contracter, par une mauvaise gestion, près de 1 00,00 o^ de dettes. Les charges, si l'on excepte les frais de réparations et d'impositions, ne s'élèvent guères qu'à 8,2 2 3^. Il faudrait examiner à quels titres sont dues les rentes viagères dont on fait état dans le compte de la maison. Il est une charge particulière à cet hospice et qu'il serait important de supprimer. Les ex -religieuses de l'hospice Catherine étaient chargées de faire enterrer à leurs frais les individus tués, ou morts par accident, et déposés à la basse geôle. Cette dépense, qui monte à environ à /là 5 00 livres par année, pourrait être payée par la Nation aux gardiens de la basse geôle, qui se chargeraient de ces inhumations.
D'après ces aperçus, on propose la suppression de l'hospice dit Sainte-Catherine et de charger les Comités de bienfaisance de chaque section de placer dans des maisons connues les filles sans asile. Les Comités de surveillance et de bienfaisance pourraient se charger d'examiner les motifs de l'arrivée des filles à Paris et ne leur fah^e accorder des secours qu'en prouvant qu'elles en sont dignes; on éviterait par ce moyen des frais d'administration , le danger des rassemblements , et on mettrait une sévérité convenable dans la distribution des secours. Le projet de décret que nous vous présentons paraît réunir les avantages d'une administration simple et équitable.
(Signé) : Lerebours.
li6.
72/i L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
[2] Le Comité de salut public, d'après le rapport de la Commission des secours publics^ arrête ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
L'hospice dit de Sainte-Catherine, situé rue Denis et destiné à recevoir les fdles sans asile, demeure supprimé du jour de la publication du présent arrêté, tous les biens, tant mobiliers qu'immobiliers qui y sont attachés, sont remis dans les mains de la Nation.
Les ex-religieuses desservant cet hospice en sortiront avant le terme d'un mois, et elles seront traitées conformément aux lois du ih octobre 1790 et 18 août 1792 (v. st.).
Lorsqu'une fille arrivant à Paris sera sans asile et sans ressource, elle se présentera au Comité de surveillance de la section dont elle aura fait choix; ce Comité, après avoir examiné ses passeports, pris la déclaration des motifs de son voyage, de l'état qu'elle se propose d'exercer, de la cause de sa pénurie, la renverra au Comité de bienfaisance, s'il y a lieu.
ART. à.
Le Comité de bienfaisance, sur le visa du Comité de surveillance, donnera un bon, pour que la fille dont il s'agit soit logée et nourrie pendant trois jours dans une maison qui sera désignée dans chaque section, d'après la connaissance des mœurs et de la probité du propriétaire, le maximum de cette dépense ne s'élèvera pas au delà de 3o sols par jour pour chaque individu.
Dans le cas où la fille, qui sollicite le secours mentionné ci-dessus, n'en sera pas susceptible, faute d'avoir représenté ses passeports et répondu d'une manière satisfaisante, il sera pris à son égard par le Comité de surveillance telles mesures qu'il jugera convenable.
Chaque propriétaire des maisons destinées 5 loger les filles sans asile remettra tous les trois mois la liste nominative des filles qui auront été placées chez lui et les bons sur lesquels il les aura admis. Ces états visés par les Comités seront acquittés sur les fonds mis à la disposition de la Commission des secours publics.
(Signé) : B. Barère.
Minute, Archives nationales, AF*ii8t, n° Goa, copie conforme, F'^ afjg.
RAPPORT ET PROJET D'ARRETE DE LA COMMISSION DES SECOURS PURLICS AU SUJET DE LA DESTINATION À DONNER A L'HOPITAL DIT DES CATHE- RINETTES, AVEC LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS.
37, 99 messidor on 11.
COMMISSION DES SECODRS PUBLICS. RAPPORT
Le 97 messidor, l'an 2' de la République, une et indivisible.
[1] L'hospice dit des Catherinettes est très avantageusement situé et même presque déjà disposé pour y établir un hospice de malades, si cela entrait dans le plan du Comité.
Le bâtiment des Célestins ayant été accordé aux aveugles par un décret, en date du (21 juillet 1791), et les dépenses occasionnées pour cet établissement ayant été considérables, il ne paraît pas juste de les multiplier une seconde fois. Toute la question se réduit à savoir si la partie de terrain qui reste aux aveugles dans le local très vaste des ci-devant Célestins serait suffisante, moyennant quelques séparations qui empêchassent les communications extérieures.
On propose en conséquence le projet d'arrêté suivant :
PROJET D'ARRETE
Il sera examiné par la Commission des travaux publics : i° si le local actuellement occupé par les Aveugles est suffisant pour leur logement et les travaux auxquels ils se livrent; 2° si au moyen de quelques dispositions, comme des séparations, soit en planches ou autrement, soit par une ou plusieurs sentinelles, il ne serait pas possible d'enbpêcher toute communication extérieure.
La maison dite des Catherinettes reste à la disposition de la Nation jusqu'à nouvel ordre.
La Commission des secours publics à la Commission des travaux publics.
39 messidor, i'an 3'.
[2] On nous a rendu compte, citoyens, des inconvénients qui résultent du local qu'occupe actuellement l'Institut national des Aveugles travailleurs à cause des vols d'ustensiles qui s'y font et des indécences que des ouvriers sans mœurs y commettent. Le désir que nous avons de remédier à ces inconvénients nous porte à vous engager à faire examiner, 1" si le local actuel des Aveugles est suffisant pour leur logement et les travaux auxquels ils se livrent; 2° si au moyen de quelques dispositions, comme des séparations, soit en planches ou autrement, soit par une ou plusieurs sentinelles, il ne serait pas possible d'empêcher toute communication extérieure. Nous vous prions de vous occuper promptement de cet objet et de nous procurer le plus tôt possible les renseignements que nous vous demandons.
Minutes (2 p.), Archives nationales, F^^ aSg.
LETTRE ET RAPPORT DE HAÏJY, INSTITUTEUR NATIONAL DES AVEUGLES- TRAVAILLEURS, À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, RELATIFS AU PROJET DE TRANSLATION DE CET ETARLISSEMENT DANS LE LOCAL DES
CATHERINETTES.
18 vendémiaire an m.
INSTITUT NATIONAL DES AVEUGLES TRAVAILLEURS. SECTION ET PRÈS DE L'ARSENAL.
ffLa Sociëtë leur doit secours, instruction, travaux. — La République honore en eux le malheur.') (Constitution française républicaine, art. 21, 22 et 128.)
Aux citoyens Commissaires des secours publics. 18 vendémiaire, l'an 3° de la République française, une et indivisible.
Citoyens commissaires ,
Je m'empresse de vous faire parvenir les renseignements que vous m'avez demandés, attendu l'extrême urgence dont il est que notre établissement soit transféré ailleurs, par exemple à l'hospice des ci-devant Gatherinettes, rue Denis, près l'apport Paris, si cela est possible, ainsi que la section des Lombards l'a demandé à la Convention, il y a environ six mois.
Je crois, citoyens commissaires, devoir vous prévenir que la Convention a renvoyé la pétition de cette section aux Comités des secours, d'instruction publique et des domaines; que les citoyens Merlino et Grégoire, rapporteurs des deux premiers comités, paraissent désirer que leurs collègues et les membres du Comité des domaines proposent à la Convention le local des Gatherinettes, comme celui qui leur paraît le plus favorable.
Que cet avis ne ralentisse point votre zèle, citoyens commissaires, je ne vous le communique qu'afin de vous apprendre l'état des choses, et afin que vous marchiez d'intelligence avec les trois comités.
Haûy,
Instituteur national des Aveugles travailleurs.
RENSEIGNEMENTS DEMANDES PAR LES COMMISSAIRES DES SECOURS PURLICS À L'INSTITUT DES AVEUGLES TRAVAILLEURS, PAR LEUR LETTRE DU l6.
i" Quel est le nombre des aveugles qui composent l'Institut national?
Jusqu'à présent, il n'y a eu que 3o élèves aveugles. Ce premier essai n'a éié fait et n'a pu d'abord être applique', d'après les circonstances, qu'à la seule commune de Paris, mais on projette de ge'néraliser cet établissement et de recevoir en conséquence au moins un aveugle j)ar département. Si le Trésor public ne pouvait fournir à cette dépense , déjà le produit des travaux des aveugles que l'on vient d'élever peut contribui.r à en instruire plusieurs au delà du nombre pensionné par la Nation.
2" Quel est le genre de leurs travaux?
Les travaux dont s'occupent les aveugles sont la filature, le filet, le tricot, la corderie, la passementerie, la cartonnerie, l'empaillage des chaises, l'imprimerie, la musique, l'enseignement, etc.
3° Quelle est la grandcxir du local qu'exige l'établissement?
On ne peut mieux répondre à cette question que par une énumération des pièces nécessaires à la composition de la maison :
1° Deux dortoirs pour environ loo lits (2/8 de garçons, i/3 de filles).
q" Un réfectoire, cuisine, chambre de cuisinière, etc.
3° Infirmerie. ,
k° Imprimerie pour 6 presses , tremperie , papeterie , étendoirs , etc.
5° Atelier de corderie.
6° Atelier pour les travaux des garçons aveugles.
7° Ateher pour ceux des filles.
8° Deux classes d'écoles primaires destinées à être professées par des aveugles.
9° Classe générale de musique pour les aveugles,
1 0° Très grande salle d'exercices publics , avec vestibule et arrière-salle.
1 1° Deux cours pour prendre l'air.
19° Dortoir et chambres pour des aveugles aisés devant payer leur éducation au bénéfice de l'établissement.
1 3° Une grande boutique pour ia vente des travaux.
1 i° Un hangar pour le plateau roulant ou chai-iot qui conduit les aveugles dans les cérémonies publiques.
15° Logements de 8 répétiteurs aveugles avec leurs ménages.
i6° Logements des 2 chefs d'ateliers, 2 gouvei'nantes des filles, 1 économe, 1 adjoint, 1 second et 1 premier instituteur, dont 3 de mariés.
On n'a indiqué que le strictement nécessaire.
RAISONS Ql'I FONT PRÉFÉRER L'HOSPICE DES CI-DEVANT CATHERINETTES À TOUT AUTRE LOCAL POUR Y PLACER L'INSTITUT DES AVEUGLES.
1° Le couvent des Catherinettes est ramassé sans aucune perte de terrain, propice à la direction des travaux, placé au centre de Paris et conséquemment d'un débouché très favorable à Tindustrie. Il est près de deux ateliers capables d'entretenir de travaux environ 5o aveugles.
•2" Tous les autres couvents sont , ou fort mal situés , ou tellement dégradés qu'on ne pourrait y loger l'établissement qu'à beaucoup de frais.
3° Au contraire, il n'y a aux Catherinettes que quelques portes à ouvrir ou fermer, quelques cloisons à abattre ou construire, quelques scellements et les frais de transport.
4° Peut-être l'Institut des Aveugles étant placé , y aurait-il quelque portion de reste à employer à quelque objet utile, comme le propose la section, ou bien à vendre ou à louer au profit de la Nation.