MAISONS DE RÉPRESSION
Tout ce que l'oisiveté engendre de vices, tout ce que les vices ont de plus révoltant, tout ce que la licence inspire de plus effréné, se trouve réuni dans ces maisons où sont entassées des femmes déjà corrompues, et dont la société a dû réprimer les débauches, en même temps qu'elle en a voulu prévenir les suites mortelles
Nous devons relever ici un abus bien déplorable et particulier à la maison de la Salpêtrière : là sont déjeunes filles nées dans la maison, ou que l'établissement reçut dès leur enfance; ne diriez-vous pas qu'elles y sont comme dans un asile qui les défend du torrent des vices jusqu'à l'âge où le travail, une vie active et les fruits d'une instruction soutenue permettront de les laisser sous leur propre garantie? Eh bien, ces fdles vivent dans l'oisiveté, ne respirent que l'indépendance, ne sont passionnées que pour la débauche. Elles en sont, dans un âge tendre, l'image la plus effrayante, et, à l'époque de leur sortie, elles ont presque toutes mérité une perpétuelle réchision.
Celles-ci transmettent à des enfants plus jeunes le poison qu'ont versé dans leur cœur des compagnes plus Agées.
Dans tous ces établissements, la parcimonie et un régime insouciant fixent la permanence des désordres et de la corruption : celui qui murmure contre la faim et la nudité est peu sensible aux leçons de la morale, elle est impuissante sur un être forcément occupé de ses premiers besoins