‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 23 sur 241 · HOSPICES DE SANTÉ · texte numérisé non relu

HOSPICES DE SANTÉ

Les hospices de santé ont également dû fixer notre attention

Nous avons principalement observé deux abus qui offensent l'humanité et contrarient la saine morale.

Le premier est relatif au régime intérieur des malades, des infirmes et des vieillards.

Nous le dirons avec courage : leur nourriture est plus propre à exciter leurs besoins qu'à les satisfaire. Une homicide parcimonie les

entraîne lentement à la mort qu'ils ont cru fuir en se jetant dans les bras de la bienfaisance nationale

Le second abus que nous vous dénonçons nuit essentiellement au progrès des mœurs républicaines , vous ne serez pas moins prompts à le faire disparaître.

Dans tous les grands établissements de Paris, tels que Bicêtre et la Salpétrière, l'ancien régime a rassemblé avec une cruelle affectation toutes les misères humaines. Dans l'un, des hommes dégradés par jugement ou prévenus de crimes sont placés à côté de la vieillesse honorée , de la respectable infirmité ; dans l'autre , des citoyennes estimables, des mères de famille, assaillies par des infirmités précoces, ou succombant sous le poids des années, voient près d'elles des filles déshonorées et qui, pour la plupart, conservent dans ce lieu de répression le ton, les manières et les discours de la plus scandaleuse licence. Nous ne pensons pas que, dans un gouvernement libre, l'on doive réunir ainsi les objets du mépris général et de la vénération publique, et placer sous le même aspect le malheur et le vice, l'impudeur et la

vieillesse

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