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DKPENSES DES TROIS MOIS ET DEMI RESTANTS

11 convient d'ajouter à ce vide de fonds les dépenses qui auront lieu pendant les trois mois et demi restants de l'année et qui, dans la proportion de celles effectives du 1" janvier 1798 au i5 septembre, sont calculées, sauf des événements imprévus, à environ 9,200**

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Sur quoi est k imputer :

1" Le payement à faire pour le 9' semestre de l'année courante des rentes fondées, appartenantes à la maison hospitalière, lequel semestie, montant par le droit à 7,777** 8' 11'', mais assujetti à une retenue de i,4oo** pour la moitié de 9,800** de pensions laissées à la charge de ladite maison, n'est ici, en conséqu(>nce , porté (|ue pour 6,877** 8' 1 1""

9° Celui qui sera fait en janvier prochain

j)our raison des pensions et loyers qui se- ^

ront dus à la maison depuis le mois de sep- [ ,, « ,,

temiire, tant par les citoyennes qui y sont

logées et nourries, que par celles malades

payant pension , lesquels deux objets sont

évalués ensemble et proportionnellement à 5,70^**

Partant, sauf à faire au 3i décembre une pareille vérification, le déficit pourra se trouver réduit à 19.5/19** 7'

Mais avant d'arriver à ce terme et pour donner aux Hospitalières le moyen indispensable de pourvoira leur consommation en pain et aux autres dépenses quotidiennes et indispensables, payables comptant, la municipalité pense, et le directoire pensera sans doute de même, qu'il est juste et très urgent de leur faire remettre provisoirement une somme de 3,5oo** à valoir sur le second semestre des rentes de ladite maison, puisque, sans celte disposition préalable, et en attendant l'obtention et le payement du secours pécuniaire pour parvenir a liquider ses dettes qui doivent être considérées comme nationales, il serait d'autant plus impossible d'assurer et continuer le service de cet ho|)ital , que, par le détail de l'autre part, il est constaté qu'au i5 septembre il ne restait réellement dans sa caisse que la somme de 170** U\ et que d'ailleurs, il est à craindre que les circonstances actuelles ne rendent lente la rentrée des 1,287** 1*^*^*' '^^ pensions échues.

Du pnvsent travail il résulte donc que, indépeudanuuent du montant du second semestre des rentes et pensions à recevoir, la maison hospitalière a besoin, pour parvenir à la libération de ses dettes , d'un secours ou fonds extraordinaire , que fou

lixe ici à 19,000**, el le corps municipal, en provoquant à cet égard auprès du Département les instances du directoire du district, proteste d'avance que, quoiqu'il n'y ait lieu à aucune mëfiance sur la dépositaire et économe de ladite maison , l'emploi de cette somme au profit des ci'ëanciers ne sera successivement eflectué qu'en sa pre'sence, après le visa des mémoires, et qu'il en rendra un compte exact et détaillé.

Fait à Saint-Mandé le 3o septembre lygS, l'an 2" de la République, une et indivisible , par les maire et ofTiciers municipaux.

(Signé) : Moreau, maire; Duhem, officier nnuiici[)ol; Clappier-Delisle, procureur de la commune.

Originaux signés (9 p.), Archives nationales, F'^ a58.

LETTRE DU DIRECTOIRE DU DEPARTEMENT DE PARIS AU MINISTRE DE L'INTE- RIEUR, EVPOSANT LA DETRESSE DES HOSPITALIERES DE SAINT-MANDE ET DEMANDANT UN SECOURS, AVEC REPONSE DU MINISTRE, DECLARANT QUE LA MAISON EN QUESTION NE PEUT ETRE RANGe'e DANS LA CATl'gORIE DES HÔPITAUX.

aO brimmire au 11.

Les adminislvatcurs composant le Directoire du Département de Pans au Ministre de l'intérieur.

Paris, le 96 brumaire. Tan deux de la République française, une et indivisible.

[1] Nous t'adressons, citoyen, ki demande de la municipalité de Sainl-Mandé pour qu'il soit accordé des secours aux ci-devant religieuses Hospitalières de cette commune, attendu la détresse où elles se trouvent à cause de la différence qui existe dans leur recette et leur dépense. Tu trouveras, à l'appui de cette demande, l'état de leurs revenus et de leurs charges, et le procès-verbal du corps municipal chargé de la surveillance de cette administration, qui attribue le déficit de 1 5,/i23tt 9' 6' à la ciierté des denrées. Nous ne te dissimulons pas que cette somme nous paraît excessive. Au reste, d'après les pièces que nous t'envoyons, tu jugeras si la demande est fondée, el si tu dois leur accorder ce secours, surtout lorsque la municipahté se charge de

veiller scrupuleusement à ce que la somme demandée soit employée à payer les créanciers, et d'en rendre un compte exact et détaillé.

(Signé) : Concedieu, La Chevardière, vice-président; E.-J.-B. Maillard, Momoro.

Le Ministre de Vinténeur aux administrateurs du Département de Paris.

[â] J'ai reçu, citoyens, les pièces que vous m'avez adressées et qui sont relatives aux secours sollicités par la municipalité de Saint-Mandé pour les ci-devant religieuses Hospitalières de cette commune. Je dois vous observer que les fonds qui ont été mis à ma disposition sont spécialement destinés aux hôpitaux chargés de pauvres enfermés et de malades, tels que les hôpitaux généraux et les hôtels-Dieu , La maison de Saint-Mandé ne contenant, d'après l'examen que j'ai fait des pièces, que des ci-devant religieuses, à qui la Nation donne un traitement, et des pensionn*aires tant valides que malades, ne paraît pas devoir être rangée dans la classe des hôpitaux ci-dessus, et sous ce rapport il sera bien difficile de la faire participer aux secours accordés par la Convention nationale. Au surplus, avant de prendre un parti définitif à cet égard, je vous demanderai de vouloir bien vous procurer des renseignements positifs sur l'établissement dont il s'agit et de me les transmettre avec votre avis.

Original signé et minule (2 p.), Archives nationales, F'^ a 58.

RAPPORT DL DIRECTOIRE DL DEPARTEMENT DE PARIS AU MINISTRE DE L'IN- TERIEUR, PROPOSANT D'ALLOUER UN SECOURS DE 5,000 LIVRES À LA MAISON HOSPITALIÈRE DE SAINT-MANDE.

98 frimaire an 11.

Le Directoire du Département de Paris adresse au Ministre un mémoire tendant à obtenir des secours en faveur de la maison des cidevant religieuses Hospitalières de la commune de Saint-Mandé.

Cette maison a environ loo personnes à sa charge, savoir :

Ci-devant Hospitalières a 3

Pensionnaires 3 1

Femmes malades i 3

Autres malades 2 4

Domestiques 8

Chapelains 2

Total 101

Elle est en outre tenue de la pension de cinq ci-devant religieuses.

Les revenus de la maison, y compris le produit des enclos et jardin,

ainsi que celui des loyers et des pensions, sont de 89,923^ 1 7' 1 o'^

La dépense est de 68,787^ 1 7' 1 o''

Le déficit au 3i décembre prochain (v. st.) est évalué à i8,86/i^

La municipalité, qui a examiné les comptes de la maison ci-dessus, annonce que cette maison se suffisait autrefois à elle-même et que le déficit actuel ne peut être attribué qu'à l'augmentation prodigieuse qu'ont éprouvé les prix de toutes choses nécessaires à la vie; elle pense qu'on pourrait apporter plus d'économie dans la maison, mais cette économie se réduirait à peu de choses.

Suivant la municipalité, trois objets principaux sont à considérer au sujet de l'établissement dont il s'agit.

Le premier est le parti à prendre relativement aux pensionnaires, dont la pension est inférieure à la dépense (ju'elles occasionnent et de qui il serait difficile d'exiger une augmentation, attendu la modicité de leur fortune.

Le second est le moyen de rendre l'établissement ci-dessus véritablement utile et principalement avantageux à la Nation.

Le troisième est de remplir l'excédent de dépense et d'acquitter les dettes contractées par la maison.

Pour le premier point, la municipalité pense que cette maison n'ayant pas été instituée pour prendre des pensionnaires, on pourrait prononcer la suppression des pensions pour une époque déterminée,

sauf à conserver celles des pensionnaires qui pourraient payer une pension assez forte pour n'être pas à charge à la Nation.

Sur le second objet, l'opinion du corps municipal est qu'en maintenant la maison, (pii est très nécessaire à Saint-Mandé, on peut former sur de nouvelles bases un établissement qui, en maintenant les Hospitalières sous un nouveau mode et en leur assignant individuellement une somme pour vivre en commun, assure aux malades les secours nécessaires.

Sur le troisième article , la municipalité pense: i" qu'il faut accélérer le payement des revenus fondés de la maison et qui se montent pour les six derniers mois 1798 à 7,777^ 8' 1 r'; 2" accorder un secours extraordinaire et proportionné aux besoins de la maison, sauf au corps municipal à en surveiller l'emploi.

0BSERVATI0^S.

On pense que, dans le moment actuel, il n'y a aucune détermination à prendre sur les deux premières propositions de la municipalité de Saint-Mandé, et qu'il convient d'attendre le parti auquel s'arrêtera la Convention nationale relativement aux petits hospices particuliers, lorsqu'elle prononcera sur l'organisation générale des hôpitaux de la République. On ne peut disconvenir que la maison hospitalière de Saint-Mandé n'éprouve des besoins, mais ces besoins paraissent être l'effet non seulement de la cherté des denrées, mais encore du défaut d'économie qui règne dans la maison. On porte la nourriture des Hospitahères à 700^ par an pour chaque tête, cependant il est à présumer que 2 3 individus réunis et vivant ensemble pourraient dépenser moins. Les journées de malades portées à plus de 2 7' paraissent aussi un peu chères; au surplus, la maison hospitalière ayant, indépendamment du prix des loyers de ses chambres et des pensions qui lui sont payées, un article de plus de 7,000^ à toucher pour son revenu fondé pendant les six derniers mois 1793, on pense qu'en lui accordant un secours de 5,000^ elle pourra faire face à ses besoins, du moins aux plus pressants.

On propose, en conséquence, au Ministre d'ordonner (pje, sur les (S millions accordés par le décret du l 'i juillet 1790 pour secourir les hôpitaux, il sera pay<' par la Trésorerie nationale aux administra-

HOSPITALIERES DE SAINT-MANDË. 789

leurs de la maison hospitalière de Saint-Mandé une somme de 5,ooo^ pour être employée à ses besoins, conformément au décret ci-dessus. En marge : Approuvé le 28 frimaire, l'an 2'.

Une lettre du ministre, du même jour, à l'adresse du Département, approuve rallocation en question.

Minutes (2 p.), Archives nationales, F'^ 958.

REQUÊTE DE L'ECONOME DE L\ MAISON HOSPITALIERE DE SAINT-MANDE AUX ADMINISTRATEURS DU DISTRICT DE BOURC-L'EGALITE À L'EFFET D'OBTENIR UN SECOURS POUR CET ETABLISSEMENT, DENUE DE TOUTES RESSOURCES, AVEC LETTRE DE LA MUNICIPALITE À L'APPUI.

17 pluviôse an n.

Aux citoi/P)is ndminislrateurs du district de F Egalité.

De riiôpilal national do Saint-Mandé, le i3 pluviôse, l'un a* de la République l'raneaise, une et indivisible.

Dans la cruelle el pressante position où je me trouve, citoyens, à qui pourrais-je avoir recours, si ce n'est à vous? J'ose donc encore avec confiance, et sans craindre de me rendre importune, vous faire l'exposé de cette situation, persuadée que vous voudrez bien avoir égard à mes justes représentations et à l'état affreux de disette où est réduit l'hôpital national de Saint-iMandé.

Chargée de sa régie depuis des années, j'ai toujours fait mon possible pour m'acquitter de cet emploi pénible et onéreux avec toute l'économie qu'il est possible, de mériter la confiance et de remplir l'attente des individus qui m'avaient confié cette charge, mais je vois avec la plus vive douleur qu'il m'est impossible de régir plus longtemps une maison qui, malgré mes efforts, s'obère, qui est dépourvue des provisions de première nécessité et de moyens pour s'en procurer, n'ayant aucun genre de ressource, et les fournisseurs refusant les objets de consommation les plus urgents.

Il serait bien plus avantageux , et poiu" la République et pour les

individus, de détruire l'hôpital . que de les laisser languir, ainsi que celles qui en ont soin plus par humanité que par l'appât des avantages pécuniaires.

Je ne sais, citoyens administrateurs, quel moyen employer pour suhvenir aux frais journaliers et indispensables qu'il faut faire, j'avais formé le projet de proposer aux citoyennes pensionnaires de pourvoir elles-mêmes à leur nourriture, mais en y réfléchissant et envisageant que Saint-Mandé est dépourvu de ressources alimentaires, j'ai pensé que ce parti les déterminerait à quitter, et que je perdrais encore le peu d'avantage que je trouve dans les locations.

Il ne me reste d'autre ressource, citoyens administrateurs, que celle de vous supplier d'avoir égard à mes pressantes sollicitations et d'aviser dans voire sagesse aux moyens prompts et efficaces de secourir l'hôpital dans le plus court espace, puisqu'il n'est plus possible de Irouver la nourriture nécessaire à chaque jour, pas même pour les bestiaux qui dépérissent faute de fourrage. La municipalité, dont l'hôpital est sous la surveillance, approuve et appuie la requête cpie j'ai l'honneur de vous présenter. Faites-y droit, je vous en conjure, c'est le seul espoir qui me reste, toute ma confiance est dans voire amour pour l'humanitt'' souffrante et dans votre zèle à la soulager.

(Signé) : C. Vj'Rniqukï,

Econome.

Nous, maire et officiers municipaux de Saint-Mandé, cerlifions et attestons l'exacte vérité de l'exposé ci-dessus et des autres parts, et en attendant l'envoi dn compte dont nous nous occupons, ainsi que du résultat de la situation de l'hôpital national à l'époque du 3i décembre 1793 (v. st.), notre responsabilité nous impose l'obligation de réclamer avec les plus vives instances vis-à-vis des autorités supérieures un secours de fonds d'autant plus pressé que ledit hôpital est absolument dénué de toute espèce de moyens, et que le service y est actuellement même compromis dans toutes ses parties.

Fait en la maison connnune, à Saint-Mandé, ce ih pluviôse de la 2' année républicaine.

(Signé) : Moreau, maire; Duhem, officier municipal; MiNOT, officier municipal ; Clappier- Delisle, agent national.

Les maire el officiers municipaux aux administrateurs du district de T Egalité. A Saint-Mandë, le 17 pluviôse de la 2' année républicaine.

L'économe de la maison hospitalière de Saint-Mandé vous a remis elle-même, citoyens administrateurs, une lettre qu'elle nous avait communiquée et au bas de laquelle nous avons attesté sciemment la vérité de son exposé, qui, sans doute, a dû vous affecter vivement et intéresser votre humanité.

Ce sentiment, loin d'être affaihli, sera, au contraire, plus vif par l'effet du compte et par le résultat de la situation de cet hôpital, que vous ne tarderez pas de recevoir et qui, avec celui que nous vous avons envoyé précédemment, le 3o janvier dernier, formera le complément de l'année 1798 (v. st.).

Mais en attendant que ce nouveau compte vous soit parvenu, et comme, d'une part, les besoins de l'économe sont grands et impérieux, et que, de l'autre, il importe et à elle et à nous de prévenir tous soupçons sur l'emploi, tant des 5, 000^ accordées par le Ministre de l'intérieur, que des 6,020^ dont le payement a été fait en janvier (v. st.) pour le deuxième semestre des rentes de l'année 1793, nous nous empressons de vous en présenter ici le détail par nous vérifié sur pièces.

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