‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 3 sur 241 · ETABLISSEMENTS PUBLICS · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENTS PUBLICS

Sous cet article nous comprenons toute la portion d'administration qui surveille les établissements relatifs à l'instruction, au culte, aux secours dus à l'humanité.

L'administration des hôpitaux a présenté au Directoire, dès le commencement de son administration, beaucoup de difficultés, les anciennes administrations étaient découragées, elles avaient depuis longtemps offert leur démission et l'ont enfin réalisée au mois d'avril. Les revenus d'une grande partie de ces maisons étaient établis sur des droits d'entrée, la suppression des entrées ôtait les fonds les plus nécessaires pour la dépense journalière.

Le Directoire a nommé une commission pour succéder aux anciennes administrations. Douze hôpitaux furent confiés à leurs soins. Les principaux sont l'Hôtel-Dieu, les Incurables, l'hôpital Saint-Louis, sous la dénomination générale d' Hôtel-Dieu, et l'Hôpital Général, qui comprend neuf maisons, dont les principales sont la Salpêtrière, Bicêlre, la Pitié et les Enfants-Trouvés.

Le Directoire a exposé à l'Assemblée nationale les besoins pressants des hôpitaux de Paris, il en a obtenu une avance de 2 5 0,000^ par mois pour l'Hôpital Général et de ioo,ooottpour l'Hôtel-Dieu. Ces secours, avec le faible revenu qui reste à ces hôpitaux, sullisent pour faire face

aux dépenses courantes, mais il reste un arriéré très considérable, et leur régime attend des réformes importanles, soit dans l'administration économique des maisons, soit dans l'administration de leurs propriétés, consistant presque entièrement en maisons d'un entretien très coûteux et d'un produit modique, diminué encore par la contribution foncière, a laquelle elles sont assujetties.

Dans les hôpitaux de Paris, il en est un dont l'administration, absolument différente des autres, n'a pu encore être soumise aux formes qui résultent de la loi du 5 novembre 1790, c'est l'hôpital des Quinze- Vingts. La forme d'administration originaire, composée de frères aveugles et de frères voyants, a été réclamée par les membres de cette maison. L'obscurité de la loi a soutenu cette prétention. Le Directoire la surveille avec exactitude, mais il ne pourra répondre d'une bonne administration que lorsque de nouvelles lois auront fixé, d'une manière bien précise, l'étendue de ses devoirs et la limite de ses droits.

Le dépôt de mendicité de Saint-Denis est resté, jusqu'à présent, dans l'administration du Directoire, avec la même forme qu'il avait sous l'Intendance. Il est toujours regardé comme une maison de force dont les dépenses sont payées sur les fonds généraux de la mendicité. Cette maison, ainsi que la maison de force de Gharenton, attend le système général de réforme des hôpitaux.

Les prisons dans Paris sont aussi dans l'élat qui doit nécessairement résulter d'une crise de désordre, qui a augmenté de beaucoup le nombre des prisonniers et diminué les ressources qui fournissaient à l'entretien de ces maisons, et a amené dans leur régime économique de grands défauts qu'il est impossible de réparer sur-le-champ.

Le Directoire s'occupera, aussitôt que le nouvel ordre de justice criminelle sera en activité, de porter dans cet article la réforme nécessaire, en réduisant le nombre des prisons, suivant les distinctions que la loi leur donne, de prisons, de maisons d'arrêt, de maisons de justice et de maisons de détention.

Jusqu'à ce moment, les dépenses en sont toujours payées, comme elles l'étaient anciennement, sur les fonds du Domaine.

Original signé et minute (2 p.), Aichivos nationales, F'' m, Seine, i3.

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