RAPPORT DE L'ARCHITECTE DD GRAND HOSPICE D'HUMANITÉ DE PARIS
Le 29 messidor, an 3" de ia République française, une et indivisible.
Avant de faire (établir les objets contenus au devis pour l'c'tablissemeut de rÉcole clinique dans les bâtiments de la salle ci-devant électorale de l'Evêché , j'ai cru qu'il était prudent, après les démolitions nécessaires, d'examiner l'état du comble circulaire, qui règne depuis les bâtiments de l'iiospice d'Humanité jusqu'à celui de la chapelle de l'amphitbéâtre; en conséquence, j'ai fait découvrir plusieurs parties du comble, outre celles nécessitées par la suppression des cbeminées et murs de dossier ou de refend, devenus inutiles, j'ai remarqué plusieurs fermes en courbes dans un diamètre de hi pieds, tellement pourries de vétusté qu'il est impossible d'en tirer parti pour leur existence en place, les unes sont démaigries d'épaisseur nécessaire par le passage de murs, cheminées et autres constructions dont on a eu besoin en différents temps , d'autres sont privées de poinçons qui étaient leur principal point d'appui , plusieuis sont sans l)ases , ayant été coupées pour les ouvertures de lucarnes, et quantité d'autres ont leurs portées pourries et hors d'état d'être assurées pour une charpente aussi élevée et d'une largeur aussi considérable.
Un inconvénient plus grand se rencontre encore dans la partie du comble audessus de la salle électorale, toutes les fermes et courbes sont tellement déversées que, sans le gros mur de refend du couchant, tout le comble, dans la longueur de 79 pieds, tomberait aussitôt; on peut juger du penchement de ces fermes du côté du levant, du sommet du faîtage à leur base, il y a jusqu'à 7 pieds de pente, on voit que les arbalétriers, courbes, liens, entraits, aisseliers, tout a suivi le même penchement, de sorte que sans les pannes toutes les fermes se seraient acculées les unes sur les autres et en définitif sur le mur; en outre, ce déversement a rendu le cintre des combles inégal, les fermes étant trop éloignées les unes des autres, il faudrait ajouter entre elles d'autres petites fermes pour recevoir le lattis et on n'aurait encore qu'une voûte inégale et jnanpiée d'ondulations trop sensibles qu'on ne peut même pas corriger.
Je pense donc que ce comble ne peut subsister et suis d'avis de le supprimer
et de le remplacer par uu combie droit, moins dispendieux que les réparations à faire pour maintenir nne mauvaise carcasse de charpente.
L'avantage qui en résultera sera d'avoir des salles carrées et un grenier si commode qu'il pourra même servir de salle en cas de besoin ou de dortoir pour les servants.
Pénétré de la nécessité de ce que j'avance et ne voulant pas que la Cotii mission s'en rapporte à ma déclaration, je la prie de nommer des experts de larl, afin de constater la vérité des faits, pour ensuite ordonner la démolition du vieux comble dont les vieux bois resserviront dans le nouveau à établir.
Je demande aussi la démolition de la tour qui est d'autant plus nuisible qu'elle! arrête la communication entre trois corps de bâtiments et que, par sa suppression, puisqu'elle est inutile , elle nous laissera un espace nécessaire pour déterminer le logement des officiers de santé et des élèves.
(Signé) : Lebrcn.
La Commission des travaux publics au citoyen Lebrun , architecte à Paris.
Paris, le 6 thermidor an 3°.
[2] La Commission vous prévient, citoyen, qu'elle a nommé ies citoyens Garré et Glavareau pour lui faire un rapport tant sur le comble que sur la tour à démolir pour l'établissement de l'Ecole clinique dans les bâtiments de la salle ci-devant électorale de FEvèché; aussitôt que ce rap[)ort sera parvenu à la Commission, elle vous fera connaître la décision qu'elle aura prise à cet égard.