III
sous ce nom, et le â8 mis en liberté pnr le Comité de sûreté générale, sous son nom propre, qu'il avait fait rétablir au procès -verbal de sa première arrestation dressé par le juge de paix de la section des Sans- Culottes; que les Elèves de la maison, conduits par leurs instituteurs, étaient venus assurer le Département qu'il n'avait jamais connu d'autre parti que celui de la Convention, qu'il avait constamment écarlé de ce grand établissement l'esprit de faction, qu'il n'avait été que la victime d'atroces calomnies et que c'était sûrement par erreur qu'il se trouvait réincarcéré ;
Vu encore la déclaration fournie par le citoyen Paillette , ancien caissier de l'Hôpital général, pour renseignements sur toutes les branches dudit hôpital, lors de la rédaction du procès-verbal qui le concerne, porté audit cahier, de laquelle déclaration il résulte que ledit Desmagny est non seulement économe de la maison des Elèves de la Patrie, mais qu'il est en outre garde des archives de tout l'Hôpital général, et que sous ce rapport la loi du 2 3 messidor le concerne plus particulièrement;
Le Département, considérant d'ailleurs qu'administrant les hôpitaux au mois de thermidor, il sentit alors la nécessité et la justice de réclamer la liberté dudit Desmagny, homme singulièrement utile dans sa partie, et qu'actuellement il est pressant que la loi du 28 messidor ait sa pleine exécution; l'agent national entendu :
Arrête :
1° Que copie du discours des Elèves de la Patrie, consigné sur ses registres, lorsqu'ils ont témoigné leur vœu sur la mise en liberté dudit Desmagny, sera envoyée au Comité de sûreté générale;
2° Que ledit Comité de sûreté générale est prié de prendre en considération non seulement la position dudit Desmagny relativement à la loi du 28 messidor, mais aussi celle du Département, auquel elle prescrit des délais et des formes très stricts;
3" Que, dans le cas où le Comité de sûreté générale ne voudrait ordonner la mise en liberté dudit Desmagny, il est prié de faire lever en sa présence les scellés apposés chez lui. . .'^l
L'extrait de cette délibération se trouve incomplet.
COPIE DU DISCOURS PRONONCÉ À LA SEANCE PUBLIQUE DU DEPARTEMENT, LE 7 FRUCTIDOR, L'AN 2" DE LA REPUBLIQUE, PAR LES ELEVES DE LA PATRIE.
Ciloyens adiniiiistraleiiis,
Voire fermeté à seconder la Convention nationale et le zèle que vous avez montré pour Tane'antissement des monstres qui cherchaient à envahir Taulorilé suprême et à nous replonger dans les fers, vous ont acquis de nouveaux droits dans notre reconnaissance, nous venons vous le témoigner en masse et vous convaincre de la joie que nous ressentons d'avoir retrouvé en vous les pères tendres qu'une Commune conspiratrice avait su écarter de notre maison. Etrangers à toutes les factions, par les soins que Ton prend pour notre éducation, et encore trop jeunes pour parler politique, nous nous bornions, citoyens administrateurs, à regretter la perte que nous avions faite de votre sage gestion, mais, grâces soient rendues à l'Etre suprême, la chute des conspirateurs nous a rendus à nos véritables pères, qui ont commencé à manifester la tendresse qu'ils nous vouent par l'empressement qu'ils ont porté à requérir l'élaigissemenl du citoyen Desmagny, noire économe et notre soutien, que la plus atroce des calomnies avait fait incarcérer; cet acte de justice et de vertu, citoyens administrateurs, vous a couverts de notre part des applaudissements les plus mérités et nous a remplis du désir le plus ardent de prendre à pas de géants le chemin de la gloire. L'ombre de Barra, notre cher camarade, nous en fait une loi, et notre honneur nous en fait un devoir.
Recevez, citoyens administrateurs, nos sincères remerciements, et croyez que le vœu de vos chers enfants sera toujours pour la République, une et indivisible, pour la liberté, l'égalité, et pour l'anéantissement de tous les tyrans, de tous les traîtres et de tous les conspirateurs.
Les Elèves de la Patrie.
Pour copie conforme :
(Signé) : Dvpm , secrétaire ijénéral.
ARRETE DU COMITE DE SURETE GENERALE, ORDONNANT LA MISE EN LIBERTE DU CITOYEN DESMAGNY, l'cONOME DE LA MAISON DES e'lÈVES DE LA PATRIE.
Du 98 Iherniidor.
Vu la demande en liberté par le citoyen Desmagny, économe de la maison des Élèves de la Patrie, vu aussi l'attestation des administrateurs du Département de Paris en faveur dudit Desmagny;
Le Comité arrête que ledit Desmagny sera mis en liberté au vu du présent et que les scellés seront levés'''.
Les repvésentanls du peuple :
Signé : Elie Lacoste, M. Bayle, Dobarban, Vadier, Legendre et Merlin de Thionville.
Remis l'original audit Desnia
ARRETE DU COMITE DE SURETE GENERALE, SUBSTITUANT AU NOM DE GAMIEN, Dl'sIGNÉ par ERREUR COMME ÉCONOME DES ELEVES DE LA PATRIE, CELUI DE DESMAGNY, LEQUEL SERA MIS EN e'tAT D'ARRESTATION.
Du ao vendémiaire (an iv).
Vu l'erreur intervenue dans son arrêté d'hier, portant que le citoyen Gann'en, économe des Élèves de la Patrie, sera mis en arrestation, le Comité arrête qu'à ce nom doit être substitué celui de Desmagny, économe des Élèves de la Patrie à la ci-devant Pitié, rue Victor, lequel sera mis en arrestation et les scellés apposés sur ses papiers.
Signé : Clauzel, Collombel, de la Meurthe; Mo.miayou; Mathieu; Levasseur, de la Meurtbe; A. Dumont; Bourdon, de l'Oise; Reubell et Revercuon.
(Signé) : Roland Hugdet, commissaire.
onnt Louchet.
Collationné à l'original
Copies (3 p.), Archives nationales, F' 4673.
^'^ Le 29 thermidor an 11 , la section des Sans-Culottes délivra à Jacques- Georges Desmagny le certificat suivant :
«Nous, membres du comité de surveillance et révolutionnaire de la section des Sans-Culottes, certifions qu'il n'est rien venu à la connaissance dudit comité contre le citoyen Desmagny, et qu'il ne nous est jamais parvenu aucune plainte contre lui ni contre son civisme. Nous attestons qu'il a toujours rempli avec exactitude toutes les missions dont il a clé chargé par notre section, et qu'il a pareillement rempli avec justice et humanité la place d'éco-
nome de la maison des Élèves de la Patrie. Nous croyons qu'il est instant de le rendre le plus tôt possible à son poste, attendu qu'il y est de la plus grande utilité. Fait au Comité, le ag thermidor, l'an 2° de la République française, une et indivisible.
Signé : Cartier, 'prhident; Thuilier, vicesecrétaire; Félix, ïhircuit, Emiot, France et Poirson, commissaires, v
(Extrait du mémoire imprimé, intitulé :
Jacques-Georges Desmagny, économe de la maison des Elèves de la Patrie , à ses concitoyens. Archives nationales, AD xviii" 190.)
ARRETE DU COMITE DE SURETE GENERALE, ORDONNANT LA MISE EN LIBERTE DU CITOYEN DESMAGNY, DETENU AUX M\DELONNETTES.
9/1 frimaire an m.
Du 9/1 frimaire, Tan 3°.
Le Comité de sûreté générale arrête que le citoyen Desmagny, économe de la maison des Elèves de la Patrie, détenu aux Madelonnettes, demeurant section des Sans-Culottes, sera mis sur-le-chàmp en liberté, et que les scellés seront levés à la vue du présent.
Les représentants du peuple.
Signé : Harma>'d, Monmayou, Reverchon, Reubell, Legenore, LoMONT, Meaulle, Bentabole et Mathieu.
Pour copie conforme :
(Signé) : Bourguignon.
Remis l'original au concierge de ladite maison : (Signé) : Vaubertrand.
Copie conforme, Archives nationales, F' ^673.
LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS, L'INVITANT À FAIRE PROCEDER À UN NOUVEAU REGLEMENT DES MÉMOIRES DU CITOYEN RACQUEVILLE, MENUISIER, QUI SE PLAINT D'AVOIR SUBI UNE TROP FORTE REDUCTION.
1"' pluviôse an m.
La Commission des secours publics aux citoyens composant la Commission des travaux publics.
Paris, le 1" pluviôse, Tan 3 de la RépuMique française, une et indivisible.
Citoyens, le citoyen Bacqueville, menuisier, a fait depuis le mois
d'avril ou mai 1793 (v. st.), dans la maison des Elèves de la Patrie, une quantité assez considérable d'ouvrages de menuiserie, dont le mémoire, montant à la somme de 9,680^ 1' 9'', vient d'elre mod('ré à relie de 7,913^ 17' 9''.
Le citoyen Bacqueville, mécontent de ce règlement, demande que nous renvoyions son mémoire à l'un des trois autres architectes attachés aux hôpitaux civils de Paris, pour que le règlement soit examiné.
Désirant concilier la justice qui est due au citoyen Bacqueville avec les intérêts de la Répubhque, nous avons cru devoir vous renvoyer le mémoire dont il s'agit, en vous invitant à en faire faire un" nouvel examen, et à l'arrêter de nouveau, d'après les modifications dont vous le croirez susceptible, afin de nous mettre à portée de reconnaître la créance du citoyen Bacqueville et de lui accorder notre visa, conformément à la loi du 2 3 messidor dernier, pour qu'il puisse la faire liquider ensuite au bureau de la Liquidation générale.
Nous vous observons que les titres de créances sur les hôpitaux doivent êlre produits au bureau du commissaire liquidateur avant le 1" ventôse prochain, à peine de déchéance de leurs droits envers la République.
Nous vous invitons donc à faire procéder le plutôt possible au tra vail qu'exige la réclamation que nous soumettons à vos lumières, et à nous renvoyer ce mémoire aussitôt qu'il sera arrêté ^^'.
Salut et fraternité.
(Signé) : Dernieau.
Minute, Archives nationales, F''' 1168.
(') D'après une lettre de la Commission des travaux publics, du 9 pluviôse, le citoyen Lebrim, architecte, fut chargé de procéder à un nouveau règlement.
I.KTTRK DE LA COMMISSION DES TRAVAUX PUBLICS AU CITOYEIN VIEL , AnCIllTECTE, DÉCLARANT NE POUVOIR AUTORISER LES REPARATIONS PAR LUI PROPOSÉES À LA MAISON DE LA PITlÉ , SANS CONNAITRE APPROXIMATIVEMENT LE CHIFFRE DE LA DEPENSE.
37 ventôse an m.
La Commission des travaux publics au citoyen Viel, architecte.
Paris, le 27 veniôsc an 3° de la République, une et indivisible.
La Commission, citoyen, ne peut t'autoriser à faire exécuter les travaux relatifs aux réparations que tu te proposes de faire à la maison de la Pitié, sans connaître, au moins par approximation, la dépense que ces travaux peuvent occasionner. Si cette méthode, dont la Commission ne peut point s'écarter, se trouve contrariée dans son exécution par la variation qui règne dans le prix des matériaux, elle n'en est pas moins la meilleure qu'elle puisse suivre, l'intérêt public lui faisant un devoir de n'entreprendre aucune opération sans connaître quel peut en être le résultat; tu voudras bien en conséquence suivre cette marche dans toutes les opérations pour lesquelles tu auras à réclamer l'autorisation de la Commission.
La Commission t'engage à traiter chaque affaire séparément, et non quatre ou cinq à la fois dans la même lettre, comme tu viens encore de le faire dans ta lettre du i G courant. Elle te recommande aussi de désigner les maisons dont tu lui parles par des noms qui les fassent reconnaître aisément, et non sous des titres vagues qui laissent dans le doute et l'indétermination. Par exemple tu désignes, dans l'état coté A, la maison de la Pitié par le titre de maison des Elèves de la Patrie; mais comme tu donnes aussi ce dernier titre à l'hôpital du faubourg Saint-Antoine et à la maison du Val-de-Grâce , on ne sait plus de laquelle de ces trois maisons tu veux parler, et la chose la plus simple devient embarrassante..
Enfin la Commission t'observe aussi qu'au lieu de dire V Administration des hôpitaux , il serait plus simple d'écrire la Commission des secours, parce qu'alors elle comprendrait à l'instant ce qu'il est dans ton inten-
tion de faire entendre. Du reste la Commission ne peut qae louer ton zèle, mais elle ne peut trop le recommander de mettre dans la correspondance avec elle l'ordre dont elle a ét(^ jusqu'ici privée, et dont l'absence occasionne une perte de temps préjudiciable à la célérité des affaires '^'.
Salut et fraternité.
Miniilo, Archives nationalus, F" ii68.
LETTRES ET RAPPORTS DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS, AU SUJET DE L'ACHEVEMENT D'UN BATIMENT COMMENCÉ À L'HOSPICE DES ELEVES DE LA PATRIE PAR ORDRE DU CO- MITE DE SALUT PURLIC, DEVANT SERVIR À L'ETABLISSEMENT D'UN ATELIER POUR LA FABRICATION DES ARMES.
8 floréal-97 tliormidor an m.
La Commission des secours publics aux citoi/ens composant In Commission des Irnvauœ publics.
Paris, le 8 floréal an 3^ de la République française, une et indivisible.
[1] Il vient de nous être fait, citoyens, des représentations très
('' Cette lettre accompagne un rapport de Tarchitecte, relatif à raménagemeul du logement du portier, indispensable pour le nouvel atelier de la manufacture de bas, au percement de baies et de croisées dans les dortoirs établis dans les combles d'après l'adjudication du 5 prairial, à la garniture d'une barrière nouvellement placée dans la cour de la justice, à la réfection du plancher du séchoir de l'infirmerie générale.
RAPPORT À LA COMMISSION
Le citoyen Viel vient d'adresser à la Commission le devis approximatif des réparations à faire à la maison de la Pitié, qu'elle lui avait demandé par une lettre du 97 ventôse dernier, lequel s'élève à la somme de 7,9 iS^ 2'.
Ces travaux, dont l'état désignatif est entre les mains de ia Commission, ont pour objet de rendre plus commode l'atelier dans lequel se manufacturent les bas et même do l'agrandir, d'ouvrir plusieurs croisées dans les dortoirs, d'en réparer d'autres, ainsi que l'escalier, les greniers, le séchoir, la cheminée du corps de bâtiment des cuisines.
Comme ces réparations sont pour la plupart très urgentes, que leur utilité et nécessité sont attestées par la Commission des secours, que la dépense qu'elles doivent occasionner peut devenir plus considérable par l'effet du moindre retard, on propose à la Commission d'autoriser le citoyen Vie! à les faire exécuter sans délai, en l'invitant à y mettre toute l'économie possible.
instantes sur la nécessité d'achever le bâtiment commencé, par ordre du Comité de salut public , à l'hospice national des Elèves de la Patrie.
Vous verrez dans le rapport, dont nous vous faisons passer copie, les inconvénients qui résultent de l'interruption de ces ouvrages, et ce qu'il y aurait à craindre si on ne les reprenait pas sans délai.
Vous verrez aussi la proposition qui nous a été faite d'élever le nouveau bâtiment à l'égalité de l'édifice dont il fait partie. Les motifs et les avantages présentés nous ont paru mériter notre approbation. Nous vous invitons à prendre cet objet en considération le plutôt possible. Nous pensons que vous jugerez convenable de prendre les renseignements de l'architecte sur cette addition à son plan, et qu'il vous donnera le devis estimatif du montant de cette dépense.
Nous réitérons nos instances, citoyens, pour que vous preniez votre détermination, et que vous veuillicz donner, sans délai, les ordres nécessaires pour l'achèvement de cette construction.
(Signé) : Dernieau.
RAPPOIiT A LA COMMISSION DES SECOCRS PUBLICS
du mémoire concernant la continuation à l'hospice des Elèves de la Patrie, du bâtiment neuf entrepris à la suite de l'ancien, par ordre du Comité de salut public, avec une proposition accessoire pour l'élévation de ce bâtiment neuf.
Un bâtiment utile à l'hospice national des Elèves de la Patrie a été entrepris par ordre du Comité de salut public.
Cet ouvrage était considérablement avancé et touchait 5 sa fin, lorsque des ordres contraires ont empêché de le terminer.
Dans cette position, l'économe de l'hospice expose à la Commission la nécessité de ce bâtiment pour le bien de l'hospice, les inconvénients qui résultent de l'état dans lequel il reste abandonné et les avantages importants qu'on en recueillerait en le terminant.
Il est nécessaire de mettre ce bâtiment en état de service, parce qu'd est substitué à d'autres bâtiments qui ont été démolis pour lui faire place. Ces anciens édifices, quoique vieux et mal distribués,
avaient des destinations essentielles de service qui n'existent plus. Leur remplacement était désigné dans le nouveau bâtiment.
On devait y former les greniers pour emmagasiner les grains nécessaires à l'approvisionnement de l'Hôpital Général et à sa subsistance journalière; les anciens édifices détruits comprenaient les vieux greniers, ainsi il n'y aura plus de place fixe pour ces subsistances, tant que le bâtiment neuf ne sera pas fini.
Il existait dans ces mêmes bâtiments anciens un vaste emplacement où devait être l'atelier de la fabrication des limes, établissement de la plus grande utilité, tant pour l'administration publique qui en recueillait le produit, que pour les enfants que ce travail doit exercer, en leur procurant pour l'avenir une ressource et un moyen même pour étendre leur industrie à l'avantage de la République.
Non seulement cet atelier entrait dans le projet du nouveau bâtiment, mais il en comprenait plusieurs pour d'autres métiers d'une main-d'œuvre facile et d'une égale utilité.
Ces projets importants d'occupation pour la jeunesse de l'hospice demeurent impraticables, jusqu'à ce qu'il y ait des emplacements propres à recevoir les ateliers et jusqu'à ce que le bâtiment neuf soit terminé.
Un autre préjudice évident résulte de l'interruption de ce travail.
Les matériaux nécessaires à l'exécution du plan ont été apportés et rassemblés sur le local, les cours de l'hospice en sont remplies. Cet embarras est considérable, mais le dépérissement des matériaux est une autre considération plus sérieuse, surtout dans un hospice peuplé d'enfants qui, malgré qu'on les observe, déplacent, endommagent sans malice et brisent par amusement des objets dont ils ignorent l'utilité.
Outre les matériaux de construction, il y a des pièces de clôture, tant en menuiserie qu'en serrurerie, qui sont faites, finies et en état d'être posées. Les différentes saisons et même les variations d'une même saison agissent sur ces ouvrages, dont la cherté aujourd'hui serait excessive et qu'on ne remplacerait pas comme ils sont, sans des frais immenses.
D'après ces faits, on représente qu'il serait de l'intérêt, non seulement de l'hospice, mais plus encore de la République, d'ordonner sans délai la continuation et l'achèvement de ce bâtiment.
A ces demandes toutes conformes aux dispositions arrêtées par le
Comité de salut public et au plan à exécuter on joint la [)roposition motivée d'un accessoire qui, sans rien changer au |>lan, augmenlerait utilement le bâtiment nouveau, lui donnerait, avec le grand corps auquel il tient, une concordance régulière qu'il n'a pas, et h l'édifice entier une symétrie qui, outre l'apparence extérieure, aurait des avantages réels.
L'architecte a restreint son [)lan à un seul étage surmonté d'un grenier. Les édifices attenants à ce bâtiment ont deux étages avec le grenier, les profils sont communs à la construction nouvelle et aux anciennes, et le disparate d'élévation serait choquant.
On observe que le second étage seconderait les vues que l'on a pour l'établissement des ateliers dans le nouveau bâtiment, on pense que l'addition de ce second étage donnerait un emplacement pour 600 lits, ressource importante pour tenir les enfants-ouvriers à portée de leur travail, et moyen simple pour qu'ils n'échappent jamais à la surveillance.
Par ce moyen encore on aurait l'avantage de tenir les enfants plus âgés séparés de ceux qui, plus jeunes, forment avec les autres un mélange, ou incommode, ou même et très souvent dangereux.
Cette proposition paraît mériter par ses avantages que la Commission des secours l'appuie de son autorisation auprès de la Commission des travaux publics.
On propose en conséquence ce qui suit :
Les travaux commencés pour la construction du nouveau bâtiment entrepris par ordre du Comité de salut public à l'hospice des Elèves de la Patrie, seront repris sans délai et continués sans interruption jusqu'à leur entier achèvement.
Il sera écrit à la Commission des travaux publics pour lui faire connaître l'approbation donnée par la Commission des secours publics à la proposition de donner à ce nouveau bâtiment deux étages au lieu d'un, et il sera joint à la lettre copie du présent rapport, afin qu'il soit pris sans délai une résolution définitive sur l'exécution.
(Signé] : Dernikau.
La Commission des secours publics aux citoyens composant
la Commission des travaux publics, t Paris, lo iS messidor an 3" de la RépuLilifjuc française, une et indivisible.
[•2] Le (S floréal dernier, citoyens collègues, nous vous avons transmis une décision que nous avons prise, le même jour, relativement à la continuation des travaux nécessaires au parachèvement d'un bâtiment commencé par ordre du Comité de salut public sur un terrain faisant partie de l'emplacement de l'hospice des Elèves de la Patrie, et sur l'avantage qu'il y aurait à ce que ce bâtiment fût élevé de deux étages au lieu d'un, comme le projet en avait d'abord été fait.
En vous envoyant notre arrêté, nous vous avons fait l'invitation la plus pressante de prendre une détermination sur le projet d'exhausser de deux étages le bâtiment dont il s'agit, et de donner les ordres nécessaires pour que la construction en soit achevée.
Notre lettre étant restée jusqu'à présent sans réponse, l'intérêt de l'hospice nous oblige à vous renouveler notre invitation de prendre un parti sur cet objet, vous en connaîtrez l'importance en vous faisant mettre sous les yeux notre arrêté du 8 floréal, et nous ne doutons pas, quand vous en serez convaincus, que vous ne vous empressiez de déférer à notre demande.
Salut et fraternité.
(Signé) : Dernieau.
Ln Commission des travaux publics à la Commission des secours publics. Paris, lo 97 messidor an 3" delà Répuldiqne, une et indivisible.
[3] Nous avons, en effet, citovens collègues, reçu, avec. votre lettre du 8 floréal dernier, votre arrêté relatif à la nécessité de continuer les travaux du bâtiment commencé par ordre du Comité de salut public dans la maison des Elèves de la Patrie, mais le citoyen Viel, architecte de l'Hôpital Général, auquel nous avions donné des ordres à ce sujet, nous ayant observé qu'il n'avait eu aucune connaissance
des plans de ce bâtiment, et qu'il aurait besoin de les connaître afin d'en suivre l'esprit et de concilier ies augmentations qu'il vous paraît utile d'y ajouter avec ce qui avait été primitivement arrêté, nous ne pûmes que reconnaître la justesse de ces observations, en conséquence nous avons fait prendre des informations, d'après lesquelles ayant appris que le citoyen Tessier, chargé dans l'origine des travaux relatifs à cette construction, en avait remis les plans et devis au citoyen Lenorniand, architecte, l'un de nos agents, nous avons invité ce dernier à nous les transmettre dans le plus bref délai, avec tous les renseignements y relatifs, nous les attendons, et, aussitôt qu'ils nous seront parvenus, nous nous empresserons de transmettre au citoyen Viel l'autorisation nécessaire pour la continuation de cette utile opération.
Telles sont, citoyens collègues, les raisons qui ont un peu retardé l'exécution de ces travaux, dont nous avions senti, d'après votre arrêté, l'utilité et l'importance : nous écrivons au citoyen Lenormand pour presser l'envoi que nous lui avons demandé, et, afin de ne pas perdre un moment pour accélérer la reprise de cette construction, nous venons, d'après votre lettre, de charger le citoyen Viel de se concerter tout de suite avec le citoyen Normand sur cet objet et de nous en faire un prompt rapport; nous espérons vous apprendre sous peu le résultat de ces mesures.
Salut et fraternité.
HOPITAL GENERAL. MAISON DES ELEVES DE LA PATRIE, CI-DEVANT LA PlTlÉ.
A la Commission des travaux publics.
Paris, i5 lliermidor an 3" de la République française, une et indivii^ible.
\lx\ L'architecte de l'Hôpital va rendre compte de ce dont il est convenu , le i -2 du présent mois, avec le citoye:i Lenormand, qui a conduit ies travaux du bâtiment commence' à la Pitié' dans la fin de la campagne dernière jusqu'à l'instant où ils furent suspendus.
Ils sont restés d'accord c[u' il sera fait une description de l'état actuel de ce bâtiment, et non seulement des parties qui existent sur place, mais aussi des ouvrages commencés et prêts à être posés, comme charpente, menuiserie et serrurerie, ainsi qu'un état des matériaux de pierres et moellons qui sont dans le chantier; lesquels sont relatés dans le rap[)ort adressé à la Commission des travaux par la Commission des secours. De ])lus, les divers entrepreneurs vont éti-e invités à produire sans délai les mémoires des ouvrages exécutés, alin d'établir la ligne de
démarcation entre les dépenses faites jusqu'alors et celles qu'exigera le parachèvement de cette grande bâtisse. Le citoyen Lenoi mand va procéder à ce travail préliminaire, sans lequel les nouvelles constructions ne peuvent commencer.
La Commission, en considérant la superficie du corps de bàliment dont il s'agit, leijuel doit être élevé d'un dernier étage terminé par un comble avec mansardes en pierre, telles que sont celles des bâtiments avec lesquels il faut se raccorder, les aires, les carreaux de toutes les pièces, un grand et principal escalier, des distributions qui seront demandées successivement, selon le besoin et l'application définitive à laquelle ce nouveau bâtiment sera consacré, tout ha annoncera une très forte dépense, et dont les résultats peuvent d'autant moins s'apercevoir que la saison s'avance et que tout sera source et cause d'augmentation. En effet, si l'on compare le prix des choses à la piésente époque avec celui qui avait lieu il y a seulement quatre mois, alors qu'elles étaient déjà fort élevées, cependant l'on reconnaît que les parties les plus modérées sont quintuplées dans leur valeur, à quel résultat ne faut-il j)as s'attendre dans la dépense des bâtiments que l'on se propose d'entreprendre I
L'architecte de l'Hôpital, toujours inquiet sur un état de choses aussi mobile, ne craint pas de trop insister sur un chapitre aussi essentiel, chapitre que ne perd jamais de vue la Commission elle-même, et dont les ordres relatifs à la même maison des Elèves de la Patrie, en date du 12 thermidor, terminent par ces mots : exécuter avec la plus grande célérité et la plus grande économie possible. 11 attend en conséquence la détermination d'exécuter de la part de la Commissiou , ainsi que les plans nécessaii-es qu'elle lui fera parvenir h cette fin.
(Signé) : Ch.-F. Viel.
La Commission au citoyen Viel, architecte.
Paris, le 37 thermidor, an 3'' Je la Répuljlique, une et indivisible.
[5] La Commission a reçu, citoyen, la lettre par laquelle vous lui annoncez que vous allez incessamment vous occuper de la continuation du bâtiment commencé par ordre du Comité de salut public dans le local de l'hospice des Elèves de la Patrie, mais que vous étiez convenu, de concert avec le citoyen Normand, de faire constater, auparavant de mettre la main à l'œuvre, la quotité des dépenses qui ont été faites jusqu'à présent, afin que l'on puisse distinguer clairement celles qui se feront à l'avenir par ordre de la Commission de celles qui ont été faites précédemment et qui lui sont étrangères.
Comme cette mesure préliminaire est d'autant plus indispensable qu'elle a pour but d'assurer l'ordre qui doit régner dans les travaux
de la Commission cl de mettre sa responsabilité hors de toute atteinte, elle ne peut que lui donner son approbation ; elle s'en rapporte également à vous relativement à la nécessité de hâter la confection de cette opération préalable, et d'autant plus fprdle connaît votre zèle et qu'elle vous a déjà fait connaître avec quelle ardeur la Commission des secours publics presse la continuation de ces travaux, dont la prompte confection paraît importer beaucoup à l'avantage des jeunes infortunés recueillis dans cet hospice.
Salut et fraternité.
Minutes (5 p.), Arcliives naliouaies, F'' 11G8.
CERTIFICAT DES OUVRAGES DE SERRURERIE FAITS PAR LE SIEUR JULIEN DANS LA MAISON DES ELEVES DE LA PATRIE, PENDANT LE PREMIER SE- MESTRE DE L'AN m.
3o floréal an m.
HOPITAL GÉNÉRAL. MAISON DES ÉlÈVES DE LA PATRIE.
Premier certificat d'acompte.
Nous soussigné, architecte de l'Hôpital Général, certifions avoir entre les mains un mémoire d'ouvrages de serrurerie faits par le citoyen Julien, entrepreneur de cette partie, dans la maison des Elèves de la Patrie, dont la presque universabté est composée des divers entretiens ordonnés journellement pour le service de cette maison par la (iommission des secours, et certifiés véritables par l'économe, lesdits travaux faits dans le cours des six premiers mois de l'an troisième courant; le mémoire est en demande de la somme de 5,5 ii livres 16 sols, sur laquelle il peut lui être payé en premier acompte une somme de 3,000 livres.
Fait le 3o floréal, l'an 'i" de la République française, une et indivisible.
(Signé) : Ch.-F. ViEL.
Original signé, Archives nationales, F^'S^i".
LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À CELLE DES TUÂVAUX PUBLICS, INSISTANT SUR LA CONSTRUCTION D'UN MUR DE CLOTURE POUR EMPÊCHER LES ELEVES DE LA PATRIE DE S'ECHAPPER DE LA MAISON, AVEC LETTRE DU CITOYEN VIEL, ARCHITECTE.
i3 prairial-5 messidor an m.
L(i Commission des secours publics aux citoyens composant la Commission des travaux publics.
Paris, le i3 prairial, l'an 3" de la République française, une et indivisible.
[i] Nous VOUS envoyons , citoyens collègues, copie d'un devis dressé par le citoyen Viel, architecte de l'Hôpital Général, relativement à l'érection d'un mur dans l'intérieur de la maison des Elèves de la Patrie, dont la construction est nécessaire pour clore un emplacement qui se trouve ouvert par la démolition d'un vieil bâtiment.
Pour vous faire sentir combien il est instant de faire construire ce mur, nous devons vous dire que les enfants profitent de l'ouverture existante pour s'évader de la maison, en escaladant un mur peu élevé faisant clôture avec une maison voisine, et se répandre ensuite dans Paris.
Nous vous faisons donc les plus vives instances de donner les ordres nécessaires pour la construction de ce mur.
Nous vous observons qu'il existe, dans la maison des Elèves, des matériaux appartenant à un entrepreneur de maçonnerie, qui n'est pas celui de la maison, lesquels pourraient être employés à cette construction, et qu'il serait peut-être économique d'en charger cet entrepreneur étranger, afin d'éviter les frais de l'approche des matériaux.
Vous pouvez au surplus consulter à cet égard le citoyen Viel.
Salut et fraternité.
(Signé) : Dernieau.
.1 la Commission des travaux publics.
5 messidor an 3" de la R'^pnblique française, une et indivisible.
[a] L'architecte de l'Hôpital Général ayant reçu les ordres de la Commission, le 29 prairial, pour l'exécution du mur de clôture à faire dans la maison des Elèves de la Patrie, et sur les propositions que l'entrepreneur du bâtiment suspendu dans cette maison paraissait avoir fait de le construire à un prix plus favorable, à raison des matériaux qui sont sur les lieux mêmes, cet entrepreneur a été appelé chez l'architecte, et il y a déclaré de vive voix ne pouvoir, d'après la nature des circonstances, faire aucunes soumissions. Il vient d'ailleurs d'annoncer par écrit que, s'il eût fait une soumission, il aurait calculé sur le prix actuel et non pas sur celui que les matériaux qui sont sur les lieux lui ont coûtés, et qu'il renonce à un ouvrage q^ui appartient (ce sont ses expressions) à son confrère, le citoyen Caubert.
En suite de cette déclaration formelle, l'architecte a adressé, ce jour-ci même, l'ordre d'exécution du mur dont il s'agit au citoyen Caubert, entrepreneur ordinaire.
Tel est le compte qui devait être rendu à la Commission sur l'issue dans cette affaire, pour laquelle il s'agissait d'un mode de soumission entre les citoyens Caubert et Duvey (nom de l'entrepreneur inconnu d'abord).
Ch.-F. VlEL.
Miniile el original sijfné ( -i p.), Arcliives nalionales, K -^ i iG8.
LETTRE DE L\ COMMISSION DES SECOURS 1»IRLICS À CELLE DES TRAVAUX PURLICS, AL SUJET DE TRAVAUX INDISPENSABLRS DANS LE DEPOT DES GRAINES DE L'HOSPICE DES l'uI^^ES DE LA PATRIE.
■j thermidor an ui.
La Commission des secours publics aux citoyens composant la Commission des travaux publics.
Paris, le 7 thermidor, l'an 3' de la République française, une et indivisible.
Vous trouverez joint a la présente, citoyens collègues, l'état des-