‹ L'assistance publique à Paris; ses bienfaiteurs et sa fortune mobilièreChapitre 115 sur 144 · FONDATIONS · texte numérisé non relu

FONDATIONS

Fondation de trois maisons de refuge pour les filles mères pour la première fois

Je veux que par les soins de l'Assistance publique, en tant que ma légataire universelle, et seulement si elle le demeure, mais sur l'indication, avec le concours et sous le contrôle de mes exécuteurs testamentaires, il soit fondé aux environs des trois villes suivantes : Lille, Rouen et Chalon-sur-Saône, aux points <(ue désigneront mes exécuteurs testamentaires, trois maisons en tout, avec terrains adjacents, aménagés pour recevoir au moment de leurs couches, et pendant le temps qui les suivra nécessaire à leur rétablissement, les femmes non mariées, ni veuves, de nationalité française, qui auront eu, pour la première fois, le malheur de se voir séduites.

Dans ces maisons de refuge, les filles qui seraient dans ce cas, seront admises au jugement du directeur desdites maisons, du président du Bureau de bienfaisance de la commune sur le territoire de laquelle elles seront situées et du curé, doyen de la paroisse, de la même situation ou le plus rapproché.

Elles recevront dans lesdites maisons, gratuitement, la nourriture et les soins nécessaires. Elles devront quitter la maison de refuge quand, sur l'avis préalable du médecin, il en sera ainsi ordonné par le directeur.

Celui-ci leur remettra, à leur sortie, une somme de vingt francs.

554 LES GRANDKS FONDATIONS

Ces refuges seront aménagés pour contenir chacun dix lils de malades, chacune ayant sa chambre spacieuse, aérée. isolée, pour elle et son enfant.

Le surplus de la maison sera ordonné comme il sera nécessaire, mais je spécifie que chaque refuge devra avoir une modeste chapelle, consacrée au culte catholique.

Je pense qu'avec cent cinquante mille francs que je le^gue pour la construction de chacune de ces maisons, on doit y réussir.

Le personnel médical sera pris dans le voisinage et le service d'infirmerie élémentaire, comme la tenue de la maison, seront faits par les filles de la charité de Saint-Vincent de Paul ou par des religieuses des communautés, dites de « Bon Secours », ou de « Bon Secours de Troyes ».

Je donne et lègue pour l'exécution de chaque type de cette fondation, savoir :

Pour l'achat du terrain cinquante mille francs ;

Pour les constructions et nivellement cent cinquante mille francs ;

Pour l'ameublement quinze mille francs.

Quîmt à l'entretien, la mise en activité et la dépense annuelle d'exploitation, de chacune de ces maisons, j'en estime l'importance à trente mille francs par an en y comprenant, etc....

La dépense annuelle serait donc, à mon estimation, de quatre-vingt-dix mille francs pour les trois maisons.

Si, contrairement à ma pensée, cette évaluation se trouvait en certaines années insuffisante, chacun des directeurs desdites maisons aurait à veiller sur son budget de trente mille francs, non extensible, et proportionner les entrées des malades dans sa maison selon les ressources qui lui resteraient disponibles.

Pour faire face à ces dépenses annuelles, ensemble de quatre-vingt-dix mille francs, j'affecte et je donne et lègue, à titre particulier, à l'Administration de l'Assistance publique, en tant que ma légataire universelle, une somme de deux millions de francs, qui, même au taux réduit du rendement des capitaux au moment où nous sommes, peuvent donner annuellement, en choisissant les placements, un ^^ venu net de quatre-vingt-dix mille francs.

Les placements de ce capital de deux millions de francs seront laissés à l'appréciation de l'Administration de l'Assistance publique, chargée de pourvoir aux dépenses.

Mes exécuteurs testamentaires n'auront sur ce point qu'un droit de surveillance.

Je mets comme condition, à l'entrée des filles-mères, la déclaration à exiger d'elles, et dont mention sera faite et lue en leur présence sur le registre d'admission, qu'elles sont prêtes, s'il est possible, à contracter le mariage qui les réhabilite, et à faire reconnaître, si cela se peut, comme à reconnaître elles-mêmes, leurs enfants.

La direction des refuges devra assister et aider les intéressés par tous les moyens comme démarches et levées de pièces, en vue d'arriver au but essentiellement moral que je désire obtenir.

Le prélèvement sur ma succession des deux millions de francs ci-dessus donnés sera fait par mes exécuteurs testamentaires avec saisine ; lesquels, au plus tôt possible, remettront cette somme à l'Administration de l'Assistance publique, à titre de l,egs particulier, fait à ma légataire universelle, et si cette dernière qualité est conservée.

5° Fondation d'un hospice ou maison de retraite pour vieillards-femmes et d'un ouvroir externe pour jeunes filles

à Bellême (Orne)

Je donne et lègue, par prélèvement sur ma succession, à titre particulier à l'Administration de l'Assistance publique, en tant qu'elle sera ma légataire universelle, seulement, mais non,* si elle ne le demeure pas, ou si, le voulant être, elle n'exécute pas mes volontés intégrales, la maison, jardins, parc et dépendances, m'appartenant à Bellême (Orne), place Boucicaut, ruelle du Cimetière, etc...., tels qu'en jouit et en jouira sa vie durant, Mme veuve Boucicaut, belle-mère de mon mari.

L'Assistance publique, aux conditions ci-dessus, et ci-après prévues, prendra possession de l'objet du présent legs particulier, au décès de cette dame, et dans l'état où elle le laissera, et sans répétition contre elle.

Mais à la condition que ladite Administration affectera lesdits maison, jardins, parc et dépendances (sans qu'ils puissent jamais en être désaffectés) aux usages suivants :

Il y sera installé et à toujours :

r Dans la maison actuelle et dépendances immédiates, en y consacrant locaux et parties de terrains strictement néces-

saires pour rhabitation, les services et la promenadt, (hui5

', retendue restreinte qui convient aux vieillards, une maison

^ de retraite, hospice de vieillards-femmes qui, au nombre de

huit, seront dans cette maison nourries, servies et soignée^ "^^ gratuitement ;

^v; 2'' Et dans le parc, et tout ce qu ou aura pu ne pas donner

\''J à la maison de retraite hospitalière comme espace, un ou-

v- vroir externe pour jeunes filles, à admettre en aussi grand

^r nombre que possible, selon Thabileté et le zèle bien connus

j|* des religieuses qui en seront chargées, ainsi qu'il va être

v.; dit. Le tout construit et aménagé de telle sorte que les jeunes

l' filles en question puissent prendre, sur la plus grande somme

de terrain possible, l'exercice et le grand air indispensables ?;. : à leur âge.

^.:. ' Dans cet ouvroir externe, les jeunes filles recevront les le-

£ çons nécessaires pour leur assurer une vie et des professions

[:• honorables.

5^* Pour l'aménagement, l'ameublement et la séparation de

^1 ' l'hospice des vieillards-fen mes d'avec l'ouvroir de jeunes

j^ .' filles, je donne et lègue à l'Administration de l'Assistance

y publique, chargée de l'exécution, une somme de trente mille

;.. freines.

C}.' Pour la construction de l'ouvroir externe dans le parc, le

'y;-. dégagement de ses abords par la ruelle du Cimetière (dont

t--- je voudrais bien qu'on change le nom) et l'ameublement, je

j':; donne et lègue à la même Administration une somme de

;•; soixante-dix mille francs.

i;. Ces deux sommes, soit cent mille francs, que j'alloue ainsi

.V ' pour les fins ci-dessus, seront prélevées sur ma succession par

>;\ mes exécuteurs testamentaires. Ceux-ci seront seuls chargés de

'{'■ décider dans quelle proportion aura lieu le partage desdits

V: immeubles entre l'hospice et l'ouvroir ; de modifier s'il y a

;.; lieu et d'arrêter les plans d'exécution que l'Administration

;^' légataire aura proposés, tous obéissant aux prescriptions qui

précèdent, et se maintenant dans leurs limites ; ^t de verser

à l'Administration, pour qu'elle s'en libère de suite, lesdils

cent mille francs, au fur et à mesure des règlements de four-

El^ nitures et travaux et après leur réception.

; Les choses mises dans l'état voulu, il s'agira de pourvoir

fr. au fonctionnement des deux fondations, hospice et ouvroir.

: J'en confie la mise en mouvement, la direction et rexploi

■ tation matérielle, intellectuelle, morale et religieuse aux bons

soins des dignes sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, filles de cha-

* rite, dont la Maison mère, rue du Bac, à la porte de mon

* établissement, nous a appris depuis longtemps, à mon mari

et à moi, à apprécier le dévouement, la sagacité dans les

bonnes œuvres, l'esprit d'ordre et la bonté.

Je sais aussi combien elles sont aimées et respectées par les habitants de la Ville de Bellême.

C'est à elles, pour ces raisons, que l'Administration de l'Assistance publique ou autre légataire universel, obéissant à ma volonté, devront laisser l'occupation desdits locaux, maintenus intacts, transformés ou bâtis, pour Içs utiliser aux fins ci-dessus.

Elles décideront des admissions, d'accord avec M. le Curé de l'église paroissiale de Bellême et avec M. le Président du Bureau de bienfaisance de la même ville. Si cet accord ne pouvait être établi pour ces admissions, qui ne porteront que sur les pensionnaires de la maison de retraite hospitalière, il serait procédé ainsi qu'il suit :

Les religieuses admettraient à leur seul jugement quatre vieillards ; le curé de l'église paroissiale, à son seul gré, deux vieillards, et M. le Président du Bureau de bienfaisance indiquerait les deux autres.

En ce qui concerne les admissions à l'ouvroir, elles sont laissées au seul et exclusif jugement, et à la volonté des sœurs.

Les revenus des sommes et valeurs, en faisant l'emploi qui seront consacrées à l'entretien de l'Œuvre actuellement fondée, seront remis aux religieuses occupantes, comme il sera dit plus loin.

Elles les feront servir aux deux œuvres, hospice et ouvroir, dans la mesure et selon les besoins qu'elles apprécieront ; à la seule charge de rendre compte tous les deux ans, à ma légataire universelle, des sommes touchées et de l'emploi qu'elles en auront fait.

Il est bien clair que, dans leurs dépenses, les religieuses auront à porter leur propre nourriture, entretien, accessoires de logement et leur traitement qui sera de six cents francs par an pour chacune d'elles.

J'estime à 1.000 francs par an la dépense de chacune des huit femmes-vieillards à entretenir ci Fr. 8.000

A la même somme celle de chaque religieuse, et j'en suppose quatre pour les deux œuvres, soit 4.000 francs 4.000

Et à même somme encore les réparations de minime importance et les impôts, ci 1.000

Si j'y ajoute pour imprévu et renchérissement de denrées possibles encore 1.000 francs, ci 1.000

Je trouve par an une dépense de 14.000 francs 14.000

Je la considère comme modeste, inférieure proportionnel-

leinent à celle que j'ai prévue pour la maison de retraite ( Fontenay-aux-Roses, mais je la crois suffisante en faisaj fond sur Téconomie, le soin scrupuleux et la profession < pauvreté des bonnes sœurs.

Pour faire face largement à cette dépense annuelle ( quatorze mille francs, je donne et lègue à titre particulier, l'Administration de l'Assistance publique, une somme i quatre cent mille francs qui sera prélevée, par mes exécuteu testamentaires, sur ma succession, employée par eux en ob; gâtions des six grandes Compagnies des chemins de f Français, dont les titres au porteur seront par eux remis l'Administration de l'Assistance publique, qui sera tenue ( leur en délivrer récépissé avec mention spéciale de leur aflfe tation.

Les revenus de ces quatre cent mille francs seront ver» à la supérieure des religieuses occupantes, sur sa simple qui tance, trimestriellement et d'avance, à partir du jour où, U travaux terminés, celles-ci pourront se mettre à TœuiTe.

Je ne demande rien de spécial pour mes funérailles. J désire seulement que tout soit fait comme cela a eu lieu lor des obsèques de mon regretté mari. Je veux qu'il soit dit pou le repos de mon âme et de celle de mon mari, pendant di ans, trois cent soixante-cinq messes par an dont chacun sera rétribuée par trois francs en province et cinq francs i Paris. Ces messes seront dites à Verjoux, à Bellême, ; Cannes, à Fontenay-aux-Roses et à Paris ; en ce dernier en droit les messes seront demandées à des prêtres pauvres e infirmes. Elles seront réparties également entre les localité; sus-visées et mes exécuteurs choisiront les prêtres qui en se ront chargés. A cet effet, je consacre un capital de cinquanti mille francs qui sera retenu par mes exécuteurs testamen taires pour être placé par eux pendant lesdites dix années e le revenu en être employé au paiement des messes. Passé h délai sus-prévu, le capital retenu ou plutôt les valeurs qui ei seront la représentation feront retour à ma légataire univer selle. Mes exécuteurs testamentaires seront seuls juges di placement à faire et n'en seront, à aucun degré, respon sables.

5"* Fondation d'un hôpital à Paris

Je veux aussi fonder un hôpital à Paris, mais, voulant consacrer l'intégralité du résidu de ma fortune, après me legs particuliers assurés, je rejette à la fin du présent testa

ment, quand tous mes legs particuliers seront mis à jour, la disposition qui s'applique à la création de cet hôpital.

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