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L'assistance publique à Poitiers jusqu'à l'an v

L'histoire de l'Assistance publique à travers les siècles estunede celles qui, à notre époque, offrent un attrait particulier ànombre de chercheurs. Si les uns l'étudient dans son ensemble et sur toutes ses faces, les autres se contentent de l'envisager au point de vue de certaines questions spéciales qu'elle comporte, oa se bornent simplement à rechercher comment les différentes villes de France surent la comprendre et la mettre en pratique. Cette dernière manière de l'envisager est celle que nous avons choisie, désirant, avant tout, essayer de faire connaître comment Poitiers secourut les pauvres, tout en combattant la mendicité et le vagabondage. Ses institutions charitables ressemblent à beaucoup d'autres, mais elles offrent quelques différences, dues au caractère de ses habitants et à leur peu de fortune.

Ils ne purent, de la sorte, suivre entièrement l'exemple de Lyon et de Paris, dont les riches marchands pratiquèrent généreusement Taumône.

Notre travail comprendra deux volumes. Le premier sera consacré à l'Assistance pendant le moyen âge, à la création de la Communauté des Pauvres et à la lutte contre la mendicité et le vagabondage. Le second aura pour but de faire connaître les secours donnés aux enfants abandonnés ainsi qu'aux malades dans les hôpitaux dirigés soit par des laïcs, soit par desrehgieux.

Notre documentation est prise pour ainsi dire complètement à Poitiers. Tout ce qui existe des papiers de l'ancien Bureau de la Communauté des Pauvres, appelée la Dominicale, se trouve à la Bibliothèque municipale de la ville et aux Archives de l'Hôlel-Dieu. A vrai dire, les registres de ses délibérations et ceux de ses comptes annuels sont loin d'être au complet. Malgré cela, il en reste un nombre largement suffisant pour nous donner une idée très exacte de ce que fut l'Assistance publique avant et pendant la Révolution.

La Bibliothèque municipale renferme, depuis le carton 49 jusqu'au carton 55, ce qui concerne la Dominicale, à partir du xvf siècle jusqu'au milieu du xvii* ; de plus, les titres de propriété, l'état des revenus et les baux à ferme de l'hôpital des pestiférés, appelé THôpital-des-Champs. Enfin, nous y trouvons la superbe collection des registres des délibérations municipales, qui vont de 1420 jusqu'à nos jours. 11 est vrai qu'il existe parmi eux quelques lacunes particulièrement regrettables. Malgré cela, ils n'en apportent pas moins un appoint considérable de renseignements à l'histoire de l'Assistance.

Les archives de l'Hôtel-Dieu^ en dehors de quelques

documents d'un grand intérêt, des xv\ xvi* et xvii* siècles, possèdent en partie les registres des délibérations et ceux des comptes de la Dominicale pendant le xyiii® siècle. De même, tout ce qui reste des papiers de l'Hôpital Général, des Incurables et de la Charité. Sauf pour ce dernier, les registres se continuent pendant la Révolution,jusqu'en thermidor an V. A dater de cette époque, qui vit la réunion des établissements de charité sous une seule et unique administration, notre travail s'arrête, car ils cessent d'être autonomes. C'est alors que commence la période contemporaine de leur histoire.

Les archives de la Vienne nous ont été particulièrement utiles pour l'étude du moyen âge et surtout pour ce qui a trait aux aumôneries des églises et des abbayes. Pour cela, les séries C, G et H ont été consultées avec grand profit. Nous signalerons spécialement la liasse H*-18, qui nous a fourni nombre de renseignements sur les xvi^ et xvii« siècles. Enfin la série L, comprenant les papiers et registres du District, du Conseil génér;il et de leurs Directoires, a été parcourue avec fruit pour la partie qui a trait à la période révolutionnaire.

Peu d'auteurs poitevins ont parlé dans leurs écrits de notre ancienne assistance publique et de nos hôpitaux. Thibaudeau leur consacre à peine quelques pages dans son Histoire du Poitou. Après lui, l'abbé Bobe-Moreau, aumônier de r Hôtel-Dieu, donne, dans le Recueil des travaux de la Société d'agriculture^ belles-lettres, sciences et arts de la Vienne (1830), un court aperçu historique concernant ces établissements. Il utilise pour cela plusieurs documents pris un peu au hasard dans les archives hospitalières. Vient ensuite Bellin de la Liborlière, qui, dans ses Yieux souvenirs

de Poitiers d'avant 1789, en dit quelques mots. A son tour, M. de la Ménardière prend pour sujet de son discours présidentiel, lors delà séance publique de la Société des Antiquaires de l'Ouest, en 1873, le sujet suivant: les Établissements de charité de Poitiers. L'étude qu'il en fait, loin d'être complète^ ce qui eût été difficile dans la circonstance, n'en contient pas moins certains faits fort intéressants joints à des aperçus qui ne manquent point d'originalité. Enfin, le docteur L. Delmas publie, en 1896, une Histoire de l' Hôtel- Die H de Poitie)'s, et de son hospitalisation militaire^ de iSOS Jusqu'à nos jours. Cet opuscule de 92 pages n'en renferme guère qu'une cinquantaine ayant trait à la période ancienne. L'étude qu'il nous en donne est fort incomplète, sans compter qu'on y trouve quelques erreurs provenant de. la lecture des textes. La seconde partie concernant les secours donnés aux soldats malades est particulièrement bien traitée et laisse peu à désirer, surtout pour ce qui a trait à la période la plus moderne. Ce travail, malgré ses imperfections, est encore le mieux fait de ceux qui ont paru jusqu'à nos jours.

Nous avons naturellement été appelé à lire et à consulter nombre d'ouvrages publiés à diverses époques sur ce qui concerne l'Assistance publique. Ceux de Léon Lallemand pour le moyen âge et de Christian Paulte sur la Répression de lamendicitéet du vagabondage nous ont été fort utiles. Notre attention s'est portée principalement sur la belle et savante étude de Camille Bloch intitulée: l' Assistance et l'Etat en France dla veille de la Révolution (1908). Grâce à ces deux derniers, nous pouvons constater que les mesures prises à Poitiers pour faire cesser le fléau du vagabondage tout en portant secours aux pauvres, incapables de tout travail,

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restent, sous bien des rapports, semblables à celles que l'on préconisait jadis dans toute la France.

Qu'il nous soit permis, en terminant, d'adresser, avec nos respectueux hommages, l'expression de notre reconnaissance à iM. le président Fontant et à MM. les Membres de la Commission administrative des Hospices qui nous ont largement ouvert les portes des archives de l'Hôtel-Dieu. Nousne saurions non plus oublier l'aimable empressement et la complaisance inlassable que M. F. Brégeon, secrétaire, et M. G. Petit, économe des Hospices, nous ont toujours montrés chaque fois qu'il s'est agi de faciliter nos recherches. C'est avec grand plaisir que nous tenons à les en remercier bien sincèrement.

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