‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 110 sur 132 · CHAPITRE SEPTIEME I^Q · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME I^Q

Malgré sa bonne volonté, la Commission centrale ne se faisait pas d'illusion ; « en rendant hommage aux bonnes intentions du Gouvernement, il est une vérité qu'il est impossible de taire. Pendant les trois années que la Commission centrale a exercé ses fonctions, peut-on dire que les pauvres aient été soulagés, même proportionnellement à leurs revenus ? * »

Au total, l'état des répartitions se montait à 4-441 '7^3 livres lo sous. Ce chiffre, prodigieux au premier coup d'oeil, se réduisait, d'après l'échelle de proportion des assignats, à 616.760 livres, soit 200,000 livres par an. « Or, ajoutait mélancoliquement la Commission, il est constant que pendant les deux premières années le nombre des pauvres de Paris a excédé 72.000 et qu'aujourd'hui il excède 100.000. On le demande maintenant : 200.000 livres ont-elles été suffisantes pour fournir à une aussi grande quantité d'infortunés les médicaments, le lait, les layettes, le linge, les suppléments indispensables de pain et de viande, en un mot les secours de première nécessité ? »

Les organes secondaires de l'assistance à domicile ont souvent changé de nom. Quand on feuillette aux Archives de l'Assistance publique les quatre registres déposés par le bureau de bienfaisance du faubourg Saint- Antoine, on suit facilement, sous les changements de dénomination, la continuité de l'action charitable. « La Commission de charité pour la paroisse de Saint-Antoine » (21 octobre 1791) devient le 3 mai 1798 « le Comité de bienfaisance provisoirement établi en la paroisse Saint-Antoine », puis « la Commission de bienfaisance de la Section des Quinze -Vingts ». Les quatre registres se continuent sans interruption jusqu'au 3 décembre i8i3. Du début à pluviôse an IX (janvier 1801), il s'est tenu 675 séances. On peut y suivre, jour par jour, l'histoire monotone,

Page 1